‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 41 sur 111 · DE D’ASPHYXIE · texte numérisé non relu

DE D’ASPHYXIE

il n’en serait pas de même si son rapport portait sur ur nouveau-né, parce qu’il serait évident qu’il n’aurait pu se précipiter lui-même. Il serait seulement nécessaire! de constater s’il était vivant, mort-né, ou non viable. (Yoy. Infanticide.)

B. De l’asphyxie par strangulation.

On entend par strangulation une pression mécanique du cou , par une corde , une cravate ou tout autre moyen capable d’empêcher le passage de l’air et de déterminer l’asphyxie. On distingue l’étranglement de la suspension , parce que , dans le premier cas, la constriction est due à une cause active et volontaire , tan-l: dis que , dans le second elle est opérée par le poids du corps. C’est ainsi que nous rapportons à la suspension les exemples d’individus qui ont glissé sur le sol , ou se sont mis à genoux, en se penchant sur le lien, afin que cette suspension partielle accomplît leur suicide. Dans les temps où l’on employait le supplice de la corde, on raconte, et le célèbre Louis le rapporte dans ses mémoires , que quelques bourreaux faisaient périr immédiatement les condamnés, en déterminant la luxation des premières vertèbres cervicales, par un mouvement de rotation imprimé au tronc , pendant que la tête était fixe. C’est un accident que l’on rencontre aussi dans des cas de suspension , ainsi que la déchirure des ligamens vertébraux, le diastasis et l’alongement mortel de la moelle , comme le croit le profes-

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< seur Ansiau , de Liège ; mais ces exemples sont très r rares. Alors l’asphyxie reconnaît pour cause le défaut d d’action des nerfs respiratoires, ce qui produit l’immob bilité du thorax , et si la mort paraît instantanée c’est

Iq qu’il y a paralysie du système musculaire; car l’interrruption de la respiration étant le phénomène principal, >ses etTets doivent toujours être les mêmes.

( Quels sont les signes qui indiquent que la mort a été produite par la strangulation? Peut-on reconnaître les cas où un cadavre a été suspendu pour détourner les soupçons sur la véritable cause de la mort? La strangulation a-t-elle été volontaire ou criminelle ?

II faut avouer que, dans la plupart des cas, les dé-

1 h bats judiciaires éclaireront mieux ces questions que les rarapporls des gens de l’art ; mais, malgré ces circonstances défavorables, ils doivent se trouver confirmatifs !'lde la vérité , et ils pourront quelquefois acquérir un caractère de certitude qui sera le triomphe de la Vscience.

Le lien qui est placé autour du cou détermine tou- . | jours une dépression sur la partie de la peau qu’il a i touchée. Elle est comme desséchée, amincie, d’un jaune ; noirâtre, et a été comparée à du parchemin. Ces effets sont les mêmes, que la conslriclion ait été exercée , svant ou peu de temps après la mort ; l'existence des , ecchymoses a beaucoup occupé les auteurs , et il sem-

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ble résulter de leurs recherches que la strangulation peut avoir eu lieu pendant la vie , sans trace d’ecchymoses, mais que ce signe existe le plus souvent. On ne trouve pas ordinairement de sang épanché dans le tissu cellulaire sous-cutané, et la coloration en brun de la peau du sillon a pu seule induire en erreur. Si de véritables ecchymoses sont rencontrées , elles prouvent que la strangulation a eu lieu pendant la vie, mai» ellesnc peuvent établir des soupçons fondés de violence.

La face est presque toujours tuméfiée, les lèvres et les paupières sont violettes , les yeux saillan3 , la langue injectée ; cet organe fait saillie entre les dents , quelquefois même sort de la bouche, qui est remplie d’une écume sanguinolente. Ces signes de la congestion de la tête ne sont pas constans ; ils peuvent aussi n’avoir lieu que quelques heures après l’accident , et M. Esquirol les a attribués à la persistance de la constriction , opérée par le lien. Ils manquent lorsqu'il a été appliqué sur un cadavre , quel que soit le temps qui s'est écoulé ; et il a été établi par de nombreuses expériences qu’ils n’existaient pas alors au bout de vingtquatre heures. Ces remarques seraient de nature à engager le médecin à attendre quelques heures , dans un cas de doute, avant de desserrer le lien, afin de constater s’il y a boufiisurc, coloration violette de la face, et de pouvoir décider sur ces preuves si la strangulation a été produite du vivant de l’individu. S’il s’était écoulé dix ou douze heures depuis la mort , on devrait regarder l’état du corps comme définitif.

DE JLASPHÏXIE.

Quoique des auteurs qui méritent toute confiance r aient avancé que les poumons, le cœur et les gros vaisseaux veineux n’étaient pas toujours distendus par le sang, c’est un caractère tellement constant de l’asphyxie q que l’on doit regarder ces laits comme exceptionnels ; le -sang est rarement pris en caillots denses et résistans, ilil conserve sa fluidité ; mais il faut avouer que ces ^phénomènes s’observent à la suite de lésions si nomhbreuses, que l’on ne peut les regarder comme caractéristiques de l’asphyxie.

L’érection et l’éjaculation du sperme sont des preuvves non douteuses que l’individu était vivant ; mais elles manquent très fréquemment, et ont pu être observées dans des cas de luxation ou de blessure de la moelle à la région cervicale. Toutefois on peut même alors les rapporter à l’asphyxie. L’éjaculation peut avoir eu lieu, sans que le pénis soit érigé; il est fortement | congestionné, rougeâtre, flasque ou en demi-érection. iJe ne sais si l’on ne pourrait donner ce fait comme un témoignage du suicide , car aucune observation d’homicide par strangulation ne le présente , et il est peutêtre incompatible avec le degrc d’agitation et de ten- - sion cérébrales qu’éprouve l’homme que l’on assassine.

Pour décider que la strangulation a eu lieu après la mort, il faudrait trouver des plaies, des fractures, des contusions du crâne ou d’autres organes importans de l’économie ; reconnaître des traces de poisons dans le canal digestif : si le corps était intact et que l’on ne trouvât aucune lésion mortelle, on devrait dire que

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tout fait présumer que l’individu dont on examine le cadavre a été pendu ou étranglé vivant. Les recherches ont donc une grande importance. C’est ainsi que Devaux raconte que , n’avant pas aperçu les symptômes de la strangulation chez une femme dont la face était décolorée, il continua ses recherches, et trouva une très petite plaie , cachée par la mamelle , à la région cardiaque , et l’ayant suivie dans la poitrine , il reconnut que le cœur avait été traversé de part en part , et que l’épanchement du sang était la véritable cause de la mort, qui aurait pu être attribuée à la suspension , si l’examen cadavérique avait été fait superficiellement et avec peu d’attention.

11 est également difficile de juger si la strangulation a été volontaire et appartenant dès lors à l’histoire du suicide , ou si elle a été l’effet d’un homicide. On a dit qu’un homme manquait de la force et de la volonté nécessaires pour s’étrangler lui-même et que tous les cas d’étranglement devaient être rapportés à l’homicide. Cette remarque est généralement vraie , mais ne forme qu’une présomption, parce que des faits contraires ont été observés. M. de Villeneuve a offert à l’Académie de médecine l’histoire d’un mélancolique qui s’étrangla lui -même avec deux cravates, « dontl’une faisait trois fois le tour du cou, et offrait trois nœuds , et dont l’autre ne faisait que deux tours et était fixée par deux nœuds simples, s La direction de la corde, que l'on connaît par les traces qu’elle a laissées , peut servir à distinguer l’étranglement de la pendaison , parce que , dans ce dernier cas ,

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