DE L ASPHYXIE
la corde sera dirigée obliquement en haut , du côté du O.œud , vu la pesanteur du corps ; mais cette preuve peut induire ên’erreur, lorsque la suspension a eu lieu avec une corde un peu mince et serrée en nœud coulant , la çonstriction , déjà en partie opérée , s’achève si rapidement que l’impression est circulaire et que le nœud seul offre de l’obliquité en haut, caractère tout à fait insuffisant. On examine si le corps ne présente pas des signes de violence ; car il est impossible qu'un homme se laisse pendre sans résistance ; mais il faut distinguer ces lésions de celles que se serait faites le suicide lui-même , car Deliaen cite l’exemple d’un homme qui se fit des meurtrissures à la face avant de se pendre , et des hypocondriaques ne se sont pendus qu’après s’êlre porté plusieurs blesswes : leur position et leur nature pourront servir à établir de fortes présomptions, comme le prouvent les faits suivans : Un jeune homme de dix-huit ans est trouvé pendu à la campagne , et le chirurgien chargé du rapport prononce que les dents avaient été enfoncées par violence, et qu’elles étaient sanglantes. Ce fait seul permit de démontrer, ainsi que le confirmèrent les débats, qu’il avait été renversé et étranglé à terre , et que la suspension n’avait eu lieu que consécutivement. Un autre homme avant été également trouvé pendu , on reconnut que le lien était sanglant , circonstance en apparence légère, mais qui éloignait l’idée de suicide et qui fit découvrir le crime. Depuis la mort du prince de Condé, trouvé pendu à l'espagnolette d’une fenêtre , trop basse pour que les pieds eussent quitté le
DE l/ ASPHYXIE.
sol , on a réuni ( M. Marc ) un très grand nombre d’exemples qui prouvent d’une manière irrécusable que la volonté sulüt pour se donner la mort par suspension, en se servant de supports peu élevés. Ainsi , les uns se sont pendus, en se mettant dans une position assise, les autres à genoux , d’autres en s’étendant obliquement le cou sur la corde. Dans beaucoup de cas , il a fallu une grande force de volonté ; dans quelques autres, l'apoplexie^ pu suspendre immédiatement l’intelligence et expliquer alors plus facilement la mort. Il ne faut, au reste, négliger aucune remarque , et se conformer aux règles que nous avons tracées au chapitre de l’examen cadavérique. On devra s’aider autant que possible de la connaissance antérieure des habitudes , de la moralité et de l’étal intellectuel de l’individu , et il est inutile de rappeler ici toutes les causes de suicide.
Suspension par suicide.
11 nous reste quelques remarques à faire sur les luxations et les autres lésions de la colonne vertébrale vers la région cervicale , pour décider si elles peuvent se rencontrer dans les cas de suicide; question intéressante , puisque, si elle était résolue négativement, ces accidens seraient une preuve certaine de l’homicide. La principale objection que l’on apporte est l’histoire d’un sabotier de Liège , qui s’était pendu à une poutre , la tète fixée dans l’anse simple d’une corde , dont la partie moyenne était sous le menton, et les deux extrémités