DE L ASPHYXIE
passant derrière les oreilles et se rapprochant vers l’occiput, fut trouvé par le docteur Pfefler, pale sans bouffissure, la tète renversée fortement en arrière et sans -autre altération remarquable. Quoique l’autorité eût cempêché qu’on en fît l’autopsie, ce médecin conclut qqu’il y avait compression de la moelle épinière , produite ppar une lésion de la région cervicale. Antoine Petit juggea également qu’il y avait luxation de la colonne vertébrale , causée par la pesanteur du corps , et il dit que t cet accident expliquait la promptitude de la mort du sabotier, et l’absence des signes propres à la suspension. MMais M. Esquirol s’est élevé contre ces conclusions, démontrant « que lorsque le célèbre Pfefler entreprit la défense de la femme et du gendre du sabotier, il n’avvait pas vu un grand nombre de pendus ni de suicides ; qqu’il vit le cadavre du sabotier immédiatement après la iimort , et après que l’on eut enlevé du cou le lien avec Idequcl il s’était pendu. Quoiqu’il n’aperçût aucun des - signes indiqués par les auteurs comme propres à caraci.tériser la suspension avant la mort, cependant il était convaincu que cet homme était mort suicidé. 11 chercha donc à expliquer , par une supposition , l’absence des signes ; il prétendit que celle absence de signes et la promptitude de la mort prouvaient qu’elle avait eu lieu parla luxation des vertèbres cervicales, comme si l’asphyxie par l'occlusion des voies aériennes n’était i pas un genre de mort subite. Pfefler n’eût pas eu recours à cette explication , démentie par l’observation, -s’il eût tenu compte du prompt enlèvement du lien, et
I>Jï i’ASPHTXIK.
de 1 heure à laquelle il avait visité le cadavre, i Ces paroles de M. Esquirol exposent sa doctrine , et élèvent des doutes bien difficiles à détruire sur l’explication de Pfeffer, d’autant plus que la pâleur de la face ne doit pas être le résultat d’une luxation vertébro - cervicale, puisque , dans ce cas , la mort arrive également par asphyxie.
La seconde objection consiste dans un fait semblable, rapporté dans les leçons orales de M. Chaussier, qui né l'a pas publié dans son recueil de mémoires sur la médecine légale ; oubli qui est de nature à faire douter de l’authenticité de celle observation.
Enfin le docteur Ansiau , de Liège, a donné l’obser-jl ration d’une femme robuste, qui s’était pendue ellemême, et qui, selon lui, avait un diastasis vertébral ij qui a\ait été cause de la mort. Malheureusement la lé- |r sion de la moelle épinière ne fut pas constatée , quoique ! ce fut le seul mojen de prouver la vérité de cette assertion. Aussi nous conclurons, avec 31. Orfila , que ces lésions vertébrales prouvent, dans la grande majorité des cas , qu’il n’y a pas eu de suicide , et nous en dirons au- i tant des fractures de 1 os hyoïde et des altérations du larynx et des muscles de la région cervicale.