‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 53 sur 111 · BLESSURES DE L’ABDOMEN · texte numérisé non relu

BLESSURES DE L’ABDOMEN

Le pronostic de ces blessures varie selon les organes iqui en sont le siège; nous allons les étudier dans leurs différences.

Parois abdominales.

Ces blessures sont toujours simples lorsque l’on peut empêcher le développement de l’inflammation , mais elles peuvent devenir dangereuses et même mortelles, lorsque les muscles droits et obliques sont enflammés ; fortement bridés alors par les aponévroses , ils éprouvent nue forte compression; le cerveau s’irrite sympathiquement et le pronostic devient très grave. Heureusement que cet accident est assez rare. L’ouverture de l’artère épigastrique donnerait lieu à une hémorrhagie facile à suspendre , si le péritoine n’était pas ouvert ; autrement le sang s’écoulerait par l’abdomen et l’on 1 Pourrait a>oir beaucoup de peine à l’arrêter.

Colonne vertébrale , moelle épinière.

Les symptômes qui suivent les blessures de ces organes dépendent, soit de la faiblesse accidentelle de cette tige osseuse, soit du défaut d’action du cordon nerveux qu’elle renferme ; ainsi différentes paralysies , la paraplégie (paralysie des extrémités inférieures du rectum et de la vessie ) , peuvent en être le résultat.

Vaisseaux sanguins.

L’aorte abdominale, les artères iliaques, hypogastriques et cœliaques , la veine cave inférieure , les veines qui accompagnent les troncs artériels, peuvent être lésés. L’hémorrhagie est plus ou moins abondante, selon le degré de l’ouverture, le volume du vaisseau, l’état du sang et de la circulation. Le sang épanché se rassemble ordinairement en un seul point circonscrit par les pressions intestinales, qui ne laissent aucun espace vide dans la cavité abdominale.

Viscères abdominaux. Foie.

Les commotions et les contusions du foie déterminent souvent son inflammation et la production de tubercules et d'abcès. Les plaies par inslrumens tranchans ju piquans ne sont dangereuses que lors de l’ouverture de quelques gros vaisseaux sanguins, des conduits excréteurs ou de la vésicule biliaire. L’on1* regarde gêné-

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r râlement comme promptement mortel l’épanchement de la bile dans la cavité abdominale , par la péritonite f funeste qu’il détermine. Mais les auteurs ont rapporté un cas curieux , dans lequel plusieurs ponctions donnèrent successivement, et à des intervalles assez éloignés,

1 issue à une grande quantité de bile rassemblée en dé- ] pôt vers l'hypogastre. Le malade succomba.

Pancréas. Reins. Vessie.

Une plaie de cet organe pourrait ne pas être très . grave , si aucun vaisseau important n’était blessé , parce qu’il y a ordinairement deux canaux excréteurs, et l’un d’eux pourrait facilement remplacer celui qui aurait été divisé. Les reins , les uretères et la vessie ne sont jamais blessés sans danger. L’épanchement de sang et i d’urine, les abcès gangréneux, par suite du contact de • ce fluide, l’inflammation , etc., sont desaccideus dani gereux et souvent mortels.

Estomac et intestins.

Tous les viscères abdominaux sont tellement pressés les uns par les autres, ainsi que nous l’avons indiqué, que les divisions de ces parties par un coup de fleuret ou d’épée n’ont pas toujours amené d’épanchement. En outre la séreuse s’enflamme par adhésion avec tant de rapidité, qu’il suffit de quelques heures pour qu’il se forme des adhérences capables de mettre obstacle à la sortie des matières gastro-intestinales. Telle est la seule

explication que Ton puisse donner des terminaisons promptes et heureuses de plaies qui avaient traversé 1 abdomen de part en part. Lorsque des circonstances favorables ne se présentent pas , des matières rnucosobilieuses, des substances alimentaires s’écoulent parla plaie, tombent dans la cavité péritonéale et en déterminent l’inflammation. En général le pronostic est d'autant plus grave que la blessure est plus profonde, a intéressé plus de parties , et les a ouvertes plus largement. Quoique plusieurs moyens aient été proposés pour rétablir la continuité d'un intestin complètement divisé, et que dans ces derniers temps on ait beaucoup varié ces expériences , cependant ces plaies sont très dangereuses, et un anus contre nature est quelquefois la terminaison la plus favorable. Quant aux hernies, elles sont un accident simple, à moins que l’épiploon et l’intestin ne soie d fortement enflammés, blessés, ou mortifies.

5° IiLESSURES DES ORGANES GÉNITAUX.

Toute personne coupable de crime de castration subira la peine des travaux forcés à perpétuité ; si la mort en est résultée avant l’expiration des quarante jours qui auront suivi le crime, le coupable subira la peine de mort. ( Code pénal , art. 31G. )

Le crime de castration , s’il a été provoqué par un outrage violent à la pudeur , sera considéré comme meurtre ou blessure excusable.

des blessi res. 263

Les contusions des testicules peuvent amener lesarcocèle et déterminer leur ablation. Les simples incisions au scrotum sont légères : lorsque l’un des cordons est livisé, plusieurs auteurs regardent cette plaie comme mortelle , si l’art ne parvient à suspendre l’hémorrha- :,pe, mais l'on a des exemples de gens en délire ou atfeints de folie qui se sont amputés eux-mêmes les tesicules et qui ont guéri sans accident. L’ablation de ces 'organes , celle de la verge, constituent le crime de aastralion ; les blessures de la prostate , des canaux .i;jacu la leurs , des vésicules, pourraient causer l’imimissance, sans qu'il parût aucune altération dans les parties génitales externes et que la santé générale eu ouffrît. Les piqûres de la verge, les torsions, lorsu’elle est en érection , peuvent déterminer des anévrysmes variqueux, qui rendent le coït impossible; liez les femmes la matrice seule lorsqu’elle est rembe par le produit de la conception , peut entraîner es accidcns très graves , par la lésion de ses vaisseaux ui ont alors un très grand volume, son inflammation, mi prolapsus, sc.'. renversement, etc.

6 BLESSritES DES EXTRÉMITÉS.

Blessmes des vaisseaux. On les divise en artérielles veineuses, leur pronostic varie beaucoup. A selon ■ volume du vaisseau; B, sa position plus rapprochée » tronc; C, l’étendue de la lésion. Ainsi une contu- '•on qui affaiblirait seulement ses parois, et qui pré-

disposerait à un anévrysme , serait moins grave qu’une plaie qui donnerait une large issue au sang, et rendrait vains les secours de l’art. La simple piqûre serait moins dangereuse que la division transversale ; ce serait mêmei; un accident léger s’il avait lieu sur une veine, parce! qu’alors l’hémorrhagie s’arrête spontanément. D, la facilité avec laquelle on peut atteindre le vaisseau blessé, exercer sur lui la compression ou recourir à la ligature. C’est ainsi qu’il est extrêmement difficile d’atteindre l’artère axillaire , lorsque les parties voisines sont remplies de sang, que l’on ne peut exercer aucune compression sur les artères tibiales antérieures et postérieures, la péronière, tandis que l’humérale, la ra— )| diale, etc., peuvent être comprimées sur les os au devant desquels elles sont placées. E , le nombre de j branches vasculaires qui peuvent entretenir la circula- i tion lorsqu’elle est suspendue dans un des principaux troncs. C’est ainsi que la ligature de la crurale est moins grave , si elle peut être faite à quelques pouces au dessous de la musculaire profonde, et que la division complète de la veine crurale au dessus de l'orifice de ls saphène , serait probablement un accident morte par l’absence de veines collatérales suffisantes poui ramener le sang veineux qui stagnerait dans le membre et pourrait déterminer la gangrène. F , les circonstances de l’hémorrhagie : si le sang s’était écoulé ai dehors, que la plaie fût nette et les parties voisines intacles, il y aurait moins de danger que dans le cas oï ce fluide se serait infiltré dans les gaînes aponévroti-fi

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ques, ou formerait (les tumeurs sanguines dans divers points du membre , parce que ce sont autant de complications. Si une balle de fusil ou de pistolet a produit une escharre qui ferme la plaie du vaisseau , c’est l’hémorrhagie consécutive à laquelle il sera important de remédier et qui pourrait être cause de la mort si elle n’était pas prévue. Si les obstacles à la circulation amenaient des plaques gangréneuses, la mortification des doigts , des orteils et même d’une partie plus considérable du membre , ces aecideus , qu’il faudrait raporter à la plaie , en rendraient le pronostic bien plus grave. Il est rare que la varice anévrysmale empêche les fonctions d'un membre. Ce fait a toutefois été observé.

Nerfs.

Dans le plus grand nombre des cas la paralysie est complète et incurable, toutes les fois qu’un nerf a été coupé, excisé, fortement contus ou alongé, comme on le voit quelquefois à la suite des luxations. Cependant des expériences de Béclard semblent avoir prouvé que, dans les simples sections des nerfs, lorsque les deux bouts ne sont pas écartés , par suite des adhérences et de l’immobilité des parties , une cicai trice se forme et les fonctions du cordon nerveux se rétablissent. Une simple piqûre occasioue quelquefois des mouvemens convulsifs, des spasmes, des douleurs intolérables et le tétanos , accident que l’on voit aussi survenir à la suite de la lésion d’un nerf par un coup de feu.

Muscles et tendons.

11 se forme entre les muscles divisés une cicatrice fibreuse, qui rétablit la continuité de l’organe et en affaiblit peu les mouvemens. Il eu est de même pour les tendons, qui se cicatrisent, comme on l’observe pour le tendon d’Achille, mais la guérison est plus longue que celle d’une fracture. Lorsque des tendons moins volumineux et traversant des bourses synoviales sont blessés , le mouvement est en partie aboli par les adhérences qui se forment. Si ces organes sont mis à nu et exposés au contact de l’air, ils s’exfolient et sont détruits souvent complètement, comme on le voit dans quelques panaris.

Contusions des os.

La contusion peut déterminer la nécrose et la carie, qui sont des accidens très longs et qui entraînent quelquefois la perte du membre.

Fractures.

La gravité des fractures dépend, 1° de leur état de simplicité ou de complication , qui comprend tous les phénomènes qui ne sont pas nécessairement la suite d’une fracture, comme A. Les grands désordres produits par un boulet, une contusion extrêmement violente, B. L’hémorrhagie, C. Le déchirement des muscles. I>. L’is-

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sue des fragmens de l’os à travers les tégumens, E. Les inflammations étendues, F. Les suppurations qu’elles déterminent , etc. ; 2° de l’os affecté. Ainsi les fractures du membre supérieur se consolident plus vile que celles du membre inférieur : celle des os courts , plus vite que celle des os longs : l’olécrane , la rotule et le calcanéum , lorsqu’ils sont fracturés , guérissent lentement et par une substance fibreuse intermédiaire dans la grande majorité des cas. Il n’v a pas encore très long-temps qu’un chirurgien de l’Académie royale de Chirurgie portait le défi auv gens de l’art de lui citer une observation contraire. Les plaies des os ont un pronostic qui se fonde sur les mêmes circonstances que celui des fractures.

Pluies des articulations.

Les plaies des articulations donnent souvent lieu à des accidcns mortels; lorsque les surfaces articulaires sont lésées et mises à nu, la carie, l’infiltration du membre, etc., en sont les suites fréquentes, mais l’on a mal à propos attribué le danger h la seule circonstance de la pénétration de la plaie. On voit tous les jours des plaies pénétrantes guérir en peu de temps. L’aukylose peut, dans les complications d’abcès, de carie, etc., être considérée comme une terminaison heureuse. La contusion ne peut être jugée que par ses suites : considérée en elle-même, c’est un léger accident. L’entorso arrive fréquemment à l'articulation libio-tarsienne.

Si le péroné est fracturé à son extrémité inférieure, que les ligamens soient déchirés, la guérison est longue. Si l’individu négligeait cet accident, et qu’il fût scrophuleux, la carie, les abcès, les infiltrations purulentes, seraient à craindre et pourraient nécessiter l’amputation de la jambe. Le genre de blessure, l’étendue plus ou moins grave de la plaie, etc., font encore varier le pronostic.

Luxations.

Les luxations sont plus ou moins graves, 1° selon l’articulation luxée. Celle de l’épaule est la moins dangereuse parce qu’elle est produite sans qu’une grande violence soit nécessaire , tandis qu’il n’en est pas de même pour celle de la cuisse, qui exige toujours l’application de forces énormes. Les articulations ginglymoïdales ne peuvent être luxées sans que des ligamens soient rompus, et les surfaces articulaires altérées. Le sens dans lequel la luxation est opérée , doit entrer aussi dans les raisons du pronostic ; etc. 2° selon les complications telles que des contusions , des plaies des parties voisines, les fractures de l'os luxé, la paralysie causée par la commotion ou la subite compression des nerfs ; 3° selon que la luxation a été ou n’a pas été reconnue, car le temps écoulé met un grand obstacle à la réduction; 4° enfin, selon les suites probables de l’accident. On observe ordinairement qu’à l’épaule tous les mouvemens se rétablissent, et que cet

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heureux résultat s’obtient difficilement pour les luxations du coude.

Il faut avoir présent à la mémoire que certains individus se luxent facilement et à volonté l’épaule, la rotule, et qu’ils pourraient ainsi faire croire à des violences plus graves qu’elles ne le seraient véritablement.

Examen des circonstances qui peuvent aggraver les blessures ou retarder leur guérison.

Nous avons déjà exprimé notre opinion ( Voy . pag. 228) sur la manière de juger les suites des blessures, alors que leur gravité semble résulter d’un état particulier de l’économie , capable de rendre dangereuses et même mortelles les lésions les plus simples.

Cette question est d’un grand intérêt, et quelle que soit l’opinion que chacun puisse adopter , il est nécessaire qu’il en connaisse tous les élémens, afin que son jugement ne soit pas incomplet. Outre les causes que nous avons signalées, il en est encore d’autres qui i changent la marche ordinaire d’une blessure , et on les

a i rencontre dans le défaut des secours chirurgicaux.

I dans l’ignorance de l’homme de l’art qui a donné ses ■ soins, dans la négligence, la cupidité et les désirs de * vengeance du blessé, qui entrave lui-même sa guérison, ou se soumet aux chances de nouveaux accidens , pour

obtenir une indemnité plus forte , ou aggraver la condamnation de l’aggresseur dont il veut se venger.

L’on voit que l’examen qui nous occupe se partage

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naturellement en deux sections déjà suivies par Piouqucl et Mahon : 1° examen des causes manifestes ou occultes, préexistantes à la blessure; 2° examen des circonstances qui s’y rapportent immédiatement.

1° Causes manifestes. Toutes ces causes dépendent de l’état de l’organisme au moment de la blessure. Mais les unes sont latentes ou cachées , les autres sont manifestes, et ont été appréciées par le coupable, qui doit en porter dès lors la responsabilité ; car si ls but d’un homme est l’assassinat, on soutiendrait une pitoyable défense, en prétendant que la blessure, ne pouvant être mortelle pour un autre homme , perd sa gravité par cela seul. Autant vaudrait dire que percer le crâne d’un enfant nouveau-né avec une longue aiguille ne doit entraîner qu’une faible peine , parce que ce moyen ne ferait qu’une blessure légère à un adulte. L’on conçoit que l’accusé doit nier quelquefois qu’il fût instruit des circonstances qui ont rendu ses violences dangereuses ou mortelles; mais c’est une question que l’homme de l'art et les débats éclaircissent.

Personne ne doutera que les sévices exercés contre une femme enceinte , un vieillard faible et valétudinaire , un convalescent qui est à peine guéri d’une fracture, d’une plaie d’articulation, etc., n’aient un caractère de gravité dont l’agresseur ne soit responsable ; c’est donc au médecin à faire ressortir ces circonstances, et à les exprimer dans son rapport.

Causes latentes ou cachées. On nomme ainsi les circonstances pii ont pu échapper à l’agresseur, et dont

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il ne saurait être responsable sans injustice. Le médecin doit en faire mention dans son rapport, et elles peu- \ vent être rapportées à deux conditions principales. A,

■ selon qu’elles sont inhérentes à la constitution de l’individu ; B, selon qu’elles dépendent d'altérations mor- I bides.

A. Il est des hommes qui ne peuvent éprouver les i moindres blessures sans qu’il ne survienne de graves . accidens. Boyer cite l'histoire d’un ambassadeur d’Espagne, chez lequel une légère égratignure amenait la I gangrène ; chez d’autres individus , de vastes suppui rations sont déterminées par une piqûre , une contusion. Ces accidens résultent d’un état organique particulier, qu’il est impossible de reconnaître autrement i que par ses effets. Des blessures semblables, et égalei ment légères , pourront déterminer des affections convulsives et le tétanos chez un homme d’un tempérament nerveux; des inflammations gangréneuses chez un pléthorique. Qui pourrait assurer que l’homme qui vient d’être blessé n’était pas dans la période d’incubation de quelques maladies qui , se développant après la blessure, en seront regardées comme une complication et une suite. Lorsque l’on observe de fréquens exemples de morts subites causées par des impressions trop vives, ne peut-on attribuer la marche longue ou funeste d’une blessure, aux circonstances dans lesquelles s’est trouvé le plaignant ? La crainte, la colère , tant de mouvemcns impétueux n’ont-ils pu causer des troubles profonds dans l’économie? Aussi arrive-t-il souvent qu’une lé-

sion que l’on aurait jugée susceptible de guérison en quelques jours devient bientôt alarmante, et que la santé n’est rétablie que long-temps après.

11. Les altérations morbides qui peuvent être des circonstances aggravantes seront les hernies, les varices, la syphilis constitutionnelle, les dartres invétérées, le i! scorbut, affections qui sont toutes de nature à augmenter le danger de certaines blessures, ou à retarder leur heureuse terminaison.

2° Examen des circonstances qui se rapportent immédiatement aux blessures.

A. Defaut de secours. Il ne peut être question ici que de ceux qui pouvaient être donnés à l'instant de la blessure ; car l’accusé ne saurait être responsable de la négligence que le plaignant aurait mise à se faire traiter, de la difformité qui suivrait une fracture abandonnée à elle-même , ou de Pankylose qui aurait été amenée par le défaut volontaire de la réduction d’une luxation. Il ne s’agit donc que des blessures rapidement mortelles, comme l’hémorrhagie d’un gros tronc vasculaire, tel que les artères carotide, axillaire, crurale, etc., dont les blessures sont extrêmement graves, et pour lesquelles les secours de l'art sont inutiles ou échouent dans un grand nombre de cas.

B. Impéritie de l’homme de l’art. S’il est prouvé que l’homme de l’art n’a pas employé les moyens évidemment convenables, et qu’il ait ainsi retardé la guérison.

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et que la mort ou des lésions incurables et graves dépendent de ce qu’il s’est mépris dans son mode de traitement, soit par ignorance, soit par négligence de ses devoirs, l’accusé ne peut être jugé responsable d’accidens qui ne résultent pas des blessures qu’il a portées. Mais on pourrait à peine trouver à citer de pareils exemples; car l’humanité et la science sont l’apanage de tous les hommes de notre profession ; la plupart des reproches sont faussement intentés, et l’on découvre leurs véritables motifs, dans les imprudences ou la mauvaise volonté des malades, qui ne comprennent souvent pas leur position , et refusent de se soumettre aux remèdes qui leur sont nécessaires.

C. Conduite du malade. Il est beaucoup de cas dans lesquels l’indocilité ou les imprudences du malade retardent sa guérison. Le médecin doit les reconnaître pour l’en rendre seul responsable. C’est ainsi qu’une opération étant jugée nécessaire, comme un débridement , l’extraction d’un corps étranger, des évacuations sanguines, le malade s’y refuse. Celui qui est atteint d’une fracture ne se soumet pas à l’immobilité qu’on lui recommande, et la non-consolidation, ou une fausse articulation , en sont la suite. Tel blessé s’exposera à toutes les émotions de la colère , de l'amour, quoique l’on lui en ait dit les dangers; tel autre s’abandonnera à des excès de table, fera usage de liqueurs fortes, et ses blessures changeront aussitôt de caractère , et présenteront un danger qu’elles n’avaient pas. Ici l’agresseur ne doit pas être condamné po»r des accidens

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qui dépendent d’autres causes que de ses violences. Il en serait de même s’il était reconnu que le blessé s’est volontairement opposé à sa guérison , qu’il a entretenu sa plaie par des applications de substances irritantes, de poudre de cantharides, des caustiques, du sulfate de cuivre, etc. Pans ce cas, l’on est le plus souvent conduit à soupçonner la fraude, et l’on doit employer tous ses soins à la découvrir ; on visitera plusieurs fois par jour le blessé, à des heures inattendues; on examinera la surface de la plaie , et l’on pourra peut-être trouver le corps du délit, ou des effets si marqués, qu’ils fassent cesser le doute. Si l’on ne réussissait pas, on ferait sur le bandage des raies qui perdraient leur régularité s’il était défait dans l’intervalle du pansement; on applique un cachet, véritable scellé qui ne peut être levé , et l’on arrive ainsi à la certitude , qui est souvent, dans de pareils cas, d’une haute importance.

La blessure a-t-elle été faite pendant la née?

Rappelons les changcmens successifs qu'éprouvent nos tissus en passant de l’état de vie à celui de mort , et celle question sera éclairée cl résolue sans qu’il soit besoin de recourir à des expériences directes. i\ous avons dit que l’on 6e trompait en prenant les conditions de la mort pour la mort même, cl que celle-ci n'avait lieu véritablement qu’après la cessation de tout mouvement, de toute irritabilité. Pts lors il devient facile de distinguer une blessure qui aura clé faite pendant la

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vie. Il y aura eu un écoulement de sang, ce liquide aura rempli les aréoles du tissu cellulaire voisin ; il recouvrira la surface de la plaie , et sera coagulé en caillots plus ou moins épais. Les lèvres de la solution de continuité seront également tuméfiées par l'infiltration ( et la congestion sanguine ; puis surviendra la sécrétion ! de la lymphe plastique, du pus, et tous les autres phéinomènes naturels de toute plaie, qu’il est inutile d’é- 1 numérer, parce que jamais le doute ne peut alors exister.

1 Dans une contusion il en sera de même; on aura toujours des signes d’épanchement de sang et de conges- Ition de ce fluide. Mais après la mort, le tableau sera complètement changé. Les lésions physiques, telles que la solution de continuité, l'arrachement, seront les mêmes, attendu que nos tissus ne sont pas plus résisttans; mais là se borneront tous les phénomènes : plus (d’écoulement de sang, à moins que l’on n’ait ouvert un :gros vaisseau, et que la pression ou la pesanteur n’en ( ait fait sortir le liquide contenu; et encore il suffira de laver la plaie pour enlever la coloration ; on n’en trouvera plus les bords sanglans et tuméfiés, plus de légères couches sanguines formant un mince caillot : tout est pâle et cadavérique. Il n’y a que la rétraction des tissils qui sera à peu près la même, parce que l’élasticité ne cesse qu’au moment de la décomposition; une méprise serait donc impardonnable. Mais l’on dit : nous voulons savoir si la blessure a été faite seulement quelques imomens après la mort , chez un homme qui a péri sul'bitement par une plaie contuse du crâne, avec altéra-

lion profonde de la masse encéphalique; l'on demande également s'il est possible de juger la priorité de deux blessures qui auraient été faites à quelques heures d’intervalle? Un examen attentif pourrait éclairer cette question s’il avait lieu peu de temps après l’accident ; car un praticien exercé pourra reconnaître depuis combien de temps à peu près existe une blessure, par la connaissance des phénomènes successifs qui se présentent depuis l’instant où elle existe, l'écoulement du sang plus ou moins mêlé à la lymphe coagulable, le gonflement des bords et des parties voisines, l'infiltration sanguine plus ou moins fixée aux tissus, sont des élémens de jugement ; mais tous ces signes doivent être altérés, lorsque celui qui les présente ne peut pas continuer de vivre, et que les mouvemens, le jeu de ses organes se ralentissent et s’arrêtent. Les seuls moyens de s’éclairer seraient alors de comparer l’intensité des phénomènes avec la force et le développement de l'individu, la petite quantité de sang écoulé avec l’énergie du système vasculaire, et en tenant compte de toutes les circonstances accessoires, telles que la possibilité d’une apoplexie, d'une syncope, et la nature et la gravité de la blessure , on arriverait à former son opinion. M. Christian, professeur de médecine légale à Edimbourg, a fait plusieurs expériences dont voici le résultat. Les coups violens portés sur le cadavre après la mort ne diffèrent pas, sous le rapport de la couleur, de ceux qui sont portés pendant la vie, mais ils n’offrent pas dégonflement, ni des caillots dans

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le sang épanché ; caractère , au reste , qui se trouve quelquefois à la suite de violences exercées pendant la i vie. En outre , le tissu de la peau n’est jamais complétei ment infiltré de sang. M. Devergie a cité M. Lenoir comme ayant vu survenir une hémorrhagie nasale chez i une vieille femme de la Salpétrière, morte depuis très I peu de temps, et tombée sur le nez et sur la face, pen- < dant une expérience de suspension. Nous avons déjà in-

• diqué la cause de ces phénomènes, qui n’ont rien

* 4'extraordinaire.

Terminons , en concluant , qu'il est toujours possit blc de distinguer une blessure faite avant ou après la mort ; mais que le problème deviendra d’autant plus obscur, que les lésions auront été produites depuis un t temps moins éloigné de la cessation complète de tous les mouvemens organiques ; que d’ailleurs la question posée à l’homme de l’art chargé du rapport sera toujours de ( décider quelles auront été les blessures faites les prei mièrcs , à quel intervalle elles auront été faites , quels accidens elles sont de nature à déterminer , problèmes qu’il n’est jamais difficile de résoudre , au moins d’une manière approximative.

i Une blessure a-t-elle été volontaire , accidentelle, ou le résultat d’un meurtre?

Quoique les débats judiciaires servent mieux à éclait rer ces questions que les rapports médicaux , il est ce- 1 pendant des cas nombreux dans lesquels notre art seul

peut éclairer la justice , lui donner même des élémens de certitude, comme nous en rapporterons plusieurs exemples. En outre , il est nécessaire que le médecin appelé à donner son opinion , le fasse avec toute l’attention , la sagacité et l’instruction dont il est capable , afin de ne pas voir son rapport attaqué comme fautif, incomplet, ou même inexact. La situation du corps, la position des membres , l’état des vêlemens qui sont sans désordre , ou plus ou moins dérangés ou déchirés, l’expression des traits, doivent être indiqués, et peuvent mener à la vérité. L'on examine si la blessure a pu être faite par uri suicide. On arme la main de l’instrument qui a causé la mort, et l’on compare la longueur du bras, la forme de l’instrument, la direction de la blessure. Presque toujours une plaie, par piqûre, est dirigée de droite à gauche, ou d’avant en arrière, dans un cas de suicide ; tandis qu’elle est dirigée de gauche à droite, si c’est une incision faite avec un rasoir, un bistouri , etc. La position de la blessure prouvera quelquefois qu’il est impossible quelle soit volontaire ; et c’est avec raison que Fodéré observe qu’en général les plaies de la face postérieure ou latérale de la tête, du tronc ou des membres, ne sont pas le résultat du suicide. Certainement, de pareils exemples se rencontrent, même assez fréquemment, mais ils ne sont pas nombreux, et l’observation de Dance, qui a vu un homme affecté d’une espèce d’hypophondrie maniaque , se tuer d’un coup de pistolet, tiré derrière, et un peu au dessus de l’apophyse mastoïde droite ,

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comme la situation de la plaie le fit reconnaître , n’infirme nullement la justesse de celte assertion. On a également avancé que les suicides ne se portaient ordinairement qu’un seul coup , quoique les exemples contraires soient très fréquens. Il y a environ quatre ans , dit M. Orfila , que M. G***, habitant de Rouen , fut trouvé mort dans sa chambre , où l’on voyait deux pistolets; l’un auprès du cadavre, et l’autre dans le lit . qui était à peu près éloigné de six pas. L’enquête, faite à l’instant même , prouva d’une manière évidente, que le malheureux jeune homme s’était porté un premier coup de pistolet dans son lit, et que la blessure qui avait été faite à la partie gauche de la poitrine avait brisé deux côtes , l’une en avant, l’autre en arrière; le poumon avait été perforé par la balle. Malgré une bles-

Isurc aussi grave, M. G*** se leva pour aller chercher un autre pistolet dans une armoire, se porta un second coup au front , et mourut sur-le-champ. Les hommes de l’art et les ministres de la justice furent tellement convaincus qu’il y avait eu suicide , que l’on n'eut point « l'idée de faire la moindre poursuite. ( Observation communiquée par le docteur Yiugtrinicr.) Tous les jours on recueille des observations d'hommes qui se portent plusieurs coups, et même d’armes différentes, dans l’intention d’attenter à leur vie ; et j’ai déjà cité l’histoire d'un jeune homme qui s'ouvrit les vaisseaux cruraux, après s'être déjà percé le cœur.

On ne pourrait non plus alléguer contre le suicide la nature de la blessure, quelque douloureuse ou ex-

Lraordinaire qu’elle parût. Fodéré rapporte qu’un ma-1 niaque du village de Lanslebourg s’onvrit le ventrei à deux reprises différentes, et en retira ses intestins, qu’il s’amusait à dérouler hors de la cavité abdominale. Le Journal de Médecine de l’année 1810 a donné l’histoire d’un fou qui, fatigué de ses mouvemens érotiques, commença par s’amputer les testicules, et se mit ensuite dans un bain froid, puis s’amputa encore la verge, et se plongea de nouveau dans le bain , ayant, par ces deux opérations et ces deux immersions, recouvré la sagesse et la santé. La Gazette des Tribunaux vient de faire connaître l’histoire d’un homme qui renouvela, pendant onze jours , ses tentatives de suicide , en s’enfonçant une alêne dans la poitrine, et qui finit par se donner un coup de couteau pour hâter sa mort.

La comparaison de la plaie avec l’instrument vulnérant a quelquefois fourni des renseignemens précieux, comme le prouve l’observation suivante de M. Desgranges. Le 8 février 1792 , Samuel D*** , âgé d'environ trente ans, s’enivre dans un cabaret des environs de Morges (en Suisse). Il ne se retire qu’à onze heures du soir, se soutenant à peine, et ayant une demi-lieue à faire par un froid très vif, et un chemin couvert de neige. Le lendemain, on le trouve mort sur le bord d’un fossé, à peu de distance de son domicile : le bruit court aussitôt qu’il a été assassiné ; et l’on désigne déjà le coupable. M. Desgranges ayant été chargé de l’examen du cadavre, reconnut qu'il n’existait aucune trace de coups , meurtrissures , ni violences quelconques.

DES BLESSURES

Mais en soulevant la tête , on aperçut une plaie oblique, à la hauteur du larynx; elle était plus évasée et plus ample en dedans , que ne semblait le comporter l’incision extérieure. Cette blessure ne se rapportant à aucun des insl rumens connus et d’un usage familier, on jugea qu'elle avait pu être faite par un perçoir ou tarière, avec lequel Samuel était sorti du cabaret, portant cet outil de fer sous le bras, le manche tourné en arrière. On le trouva près de lui teint de sang, et connue il s’adapta parfaitement à la blessure , l'on conjectura que celle-ci avait eu lieu dans une chute, et que les mouvemens convulsifs du blessé l’avaient éloigné; présomption qui fut reconnue de toute justesse.

Si l’accusé prétendait pour excuse que le blessé s’est lui-même précipité sur une arme , dont il ne voulait pas se servir, on comparerait la force et la taille des deux individus; car les blessures seront dirigées de haut en bas, ou de bas en haut, selon qu’elles auront été portées par un agresseur plus grand ou plus petit. On a observé il y a quelques années; à Marseille, la preuve de cette assertion , sur deux hommes d’un taille différente, qui s’étaient, en duel, blessés tous deux au cœur. La forme de la blessure peut quelquefois aussi lever tous les doutes. 31. le docteur Kopp, professeur à Hanau, a publié dans ses Annales de Médecine pratique une observation curieuse communiquée par 31. le docteur Eldcrs. «■ Un meunier est assassiné vers les dix heures du soir, sur le seuil de sa porte, par un boucher ; ce dernier prétend n’avoir pas eu le des- <

sein de le tuer, mais avoir seulement menacé (le son couteau le meunier, dont il avait été maltraité, et qui se disposait à recommencer, lorsqu’un faux pas le fil tomber sur l’instrument tranchant. Une plaie extérieure simple, qui conduisait à deux plaies du ventricule gauche du cœur, séparées l’une de l’autre par un intervalle de deux lignes, démontra que l’accusé, pour se défaire de son ennemi, avait employé la méthode dont on sc sert dans le pays pour saigner les animaux, c’està-dire , qu’après avoir fait pénétrer le couteau dans la crosse de l’aorte , ou dans le cœur, on relire l’instrument , sans cependant le faire ressortir tout à fait de la plaie tégumentaire pour le replonger dans le sein de l’animal. » Il était certainement impossible de trouver une preuve plus sûre et plus accablante.

Enfin les signes de violence que l’on observe sur le corps , et qui indiqueraient une lutte , une résistance, qui ne peut avoir lieu dans le cas de suicide ; la rougeur de la face, qui serait de nature à faire présumer l’apoplexie ou l’asphyxie, survenues par suite des moyens employés pour étouffer la voix; la quantité de sang qui entoure le cadavre , salit ses vêtemens , et l’examen le plus scrupuleux de la plaie , sont autant de preuves que l’homme de l’art doit rassembler, et qui , indifférentes au moment du rapport , peuvent acquérir un grand intérêt, par les circonstances imprévues qui sont révélées aux débats.

DES BLESSEHES.

Examen juridique des blessures.

L'homme de l’art, chargé de l’examen juridique d’une blessure, doit se rappeler les diverses circonstances que nous venons de faire connaître, afin que ses conclusions ne puissent être attaquées avec avantage , et rue la justice y trouve des éclaircissemens plutôt que ees sujets de doute. Il faut donc qu’il ait la blessure ojus ses yeux , ce qui n’est pas toujours possible , parce uu’un bandage a quelquefois été appliqué , et que, dans uuelques cas , il pourrait être dangereux de lever le reuiier appareil ; ainsi , une hémorrhagie a été arrêtée ar le tamponnement, ou la compression,* une plaie ar instrument tranchant a été réunie par première itention, et l’on espère une prompte cicatrisation en •issant les parties dans un repos complet, il en serait 5 même d’une fracture compliquée , si l’on avait déjà cmédié aux principaux accidens. La levée inopportune ; l’appareil pourrait être dangereuse; on attend alors iclques jours, en se bornant à indiquer l’état dans quel on a trouvé le blessé à sa première visite, et • s raisons qui ont mis obstacle à un examen plus cornet.

l' Si la blessure peut être observée , on commence par terminer dans quelle situation on a trouvé le malade, l était levé, assis ou couché, affaibli ou encore plein force. On indiquera la nature de la blessure, si c’est c plaie, une luxation, une fracture; la parlie du rj-ps qui en est le siège ; le tronc ou les membres, les

extrémités supérieures ou les inférieures; les diverse complications qui influent sur sa gravité, telles que 1 présence d’un corps étranger, la lésion des nerfs, de vaisseaux, des viscères.

Si c’était une fracture, une luxation, ou une entorscD on établirait quelles sent leurs causes et leurs caractèjif res , si elles sont simples on compliquées ; quel est ln membre qu’elles affectent. Si c’était une plaie dont 01 dût déterminer les caractères , on la distinguerait , seloH l’instrument qui l'aurait faite, en plaie par inslrumeil piquant, tranchant, ou contondant. On noterait sa s H tuation, à la tête, à la poitrine, aux membres; on d ni rait quelle est sa direction longitudinale, transversal! ou oblique; le sens dans lequel l’arme aurait été poil tée , de dehors en dedans, de droite à gauche , d'avanli, en arrière, ou dans des directions contraires. La plai est plus ou moins étendue , plus ou moins profonde elle intéresse seulement la peau , le tissu cellulair sous-cutané , ou les muscles et les parties dures. Si ell atteint la poitrine ou l'abdomen , elle est pénétrante o non pénétrante, régulière ou à lambeaux: elle estcon pliquée d’hémorrhagie, de la lésion des nerfs, d’u épanchement de bile, d'urine, de matières alimentai! res , de chyle ; enfin, d’après les caractères qu'elle pré sente, on juge approximativement de l’époque à la- 1 quelle elle a été faite.

Aucune circonstance ne doit être négligée, et il Lui beaucoup de sagacité et d'expérience pour ne pas êtn induit en erreur. En 1827, un jeune homme d’une haut<

DES BLESSURES

stature fut tué à Paris , dans un duel au pistolet , par un adversaire beaucoup plus petit que lui : la balle avait pénétré un peu au dessous de la clavicule droite, et s'était dirigée de haut en bas, et de dehors eu dedans , ce qui avait donné naissance à quelques soupçons de surprise et de trahison. Cependant MM. Bresfchet , Denis et Prellat , ayant été chargés par M. le procureur du Roi de donner un rapport sur ce fait , Idemontierent que la balle allant fi'apper obliquement aa clavicule , avait été déviée dans sa marche par la résistance de cet os, et que l’obliquité de la plaie, dans e sens que nous avons indiqué, en avait été le résultat.

L’homme de l’art s occupera ensuite de porter son pronostic, et de décider si la blessure est légère, susceptible de guérison en moins de vingt jours, ou si lîlle est grave et mortelle; mais il devra toujours rester ' *ans réserve obligée de la science, pour ne pas s’exooser à voir ses jugeinens démentis par les faits , puisqu il est une foule de circonstances aggravantes, qu’il •si toul-à-fait impossible de prévoit'. Il ne négligera cependant aucune des lumières.quO'lui fournit son art, :t il invoquera le témoignage et' fftutopitë des auteurs es plus recommandables. Il n’affirmera pas qu’une fracure de crâne, par exemple , sera exemple d’accidens, nais il exposera les raisons qui lui font espérer une irompte guérison , tout en mentionnant la possibilité les complications. 11 est également des blessures que on ne pourra qualifier de mortelles, malgré l’imporance des organes qu elles auront atteint, leur étendue

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