CHAPITRE IL
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DE LA GROSSESSE
Les lois présentent beaucoup de circonstances qui peuvent être , pour une femme , des motifs de simuler ou de cacher une grossesse; mais il est rare que les médecins soient appelés à en décider. Ce n’est que dans des affaires criminelles que de telles visites sont ordonnées. La séquestration est le moyen le plus convenable d’arriver à la vérité , en permettant d’attendre l’époque naturelle de l’accoucbcmcnt. Voici quelques dispositions de la loi : ic Pour succéder, il faut nécessairement exister ci l’instant de l’ouverture de la succession, c’est-à-dire lors de la mort de l’époux. Pour être capable de recevoir entre vifs, il suffit d’être conçu au moment de la donation. Pour être capable de recevoir par testament, il suffit d’être conçu à l’époque du décès du testateur. j> (Code civil, art. 906.)
« La loi n’accorde que des aliment aux enfans adultérins. » (Art. 7ü2.)
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« Dans le cas où le ravisseur aurait épousé la fille qu’il a enlevée , il no pourra être poursuivi que sur la plainte des personnes qui, d’apr'cs le Code civil, ont le droit de demander la nullité du mariage , ni condamné qu’après que la nullité aura été prononcée. (Code pénal, art. 557.) La recherche de la paternité est interdite. Dans le cas d’enlèvement, lorsque l’époque de cet enlèvement se rapportera à celle de la concejition, le ravisseur pourra être, sur la demande des parties intéressées , déclaré père de l’enfant. (Code civil, art. 340.) Si une femme condamnée à mort se déclare enceinte, et qu’il soit vérifié qu’elle le soit, elle ne subira lapeine qu’après sa délivrance. » (Code pénal, art. 27.)
Les articles des Codes que nous avons cités s’expliquent d’cux-mêmes. L’on voit que le rfiédecin peut être appelé à donner son opinion sur diverses questions qui ont directement trait à la grossesse. Nous allons les étudier successivement.
Quels sont les signes cle la grossesse ?
Les professeurs d’accouchement sont les premiers à faire connaître combien les signes de la grossesse o'Trent quelquefois de difficulté et d’incertitude. Il est plusieurs états morbides qui peuvent simuler ce phénomène naturel; ainsi, les moles, les polypes, les corps fibreux, diverses sortes d’hj dropysies ; la tympanite, ce que l’on nomme grossesse nerveuse : en outre, la grossesse peut être utérine ou extra-utérine; elle peut être simple, compliquée ou composée, toutes causes qui augmentent encore,
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comme on doit le prévoir, la difficulté du diagnostic. IVous entrerons dans quelques détails sur chacune de f ces circonstances.
Grossesse utérine simple.
M. Capuron lui distingue trois sortes de preuves , celles qui la font présumer, celles qui la rendent vraisemblable, et enfin les dernières qui la mettent com- j plétement hors de doute.
A. Signes qui rendent la grossesse présumable.
Parmi les premiers, on compte les diverses sympathies de l’utérus sur l’estomac, les nausées ou maux de cœur, les appétits dégradés, les goûts bizarres. L’écoulement périodique se supprime, pour l’ordinaire, pendant tout le temps de la grossesse ; il n’est pas néanmoins très rare , que des femmes répandent quelques gouttes de sang dans les premiers mois, qu’elles soient i même réglées comme auparavant jusqu’à leur terme ; |
enfin il existe souvent une foule de modifications de l’économie qui sont loin d’être constantes, mais quoiqu’elles revêtent toujours un caractère individuel, elles indiquent le nouvel état dans lequel se trouve la femme.
B. Signes qui rendent la grosses se vraisemblable.
Avant la conception, l’utérus n’avait pas plus de trente lignes de long , sur deux pouces de large et un
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pouce d’épaisseur. Au moment de l’accouchement, c’est un ovoïde dont le volume est onze fois, ou onze fois et demie plus considérable ; il a environ un pied de longueur dans son plus grand diamètre , et de sept à neuf pouces dans ses diamètres transverse et antéro-postérieur. L’on conçoit qu’un tel développement doit fournir des signes appréciables , qui varient selon les époques de la grossesse. Dans les deux premiers mois, l’utérus ne sort pas du petit bassin ; il est au niveau du détroit supérieur à la fin du troisième mois, et le déborde de plusieurs travers de doigt à la fin du quatrième. A cinq mois révolus , il est à deux pouces au dessous de l’ornhilic; il est à sa hauteur quinze jours après, et le dépasse de deux doigts à la fin du sixième mois. Jusqu’à cette époque le corps et le fond de la matrice avaient seuls contribué à son développement; dans les trois derniers mois, il se fait aux dépens du col, qui s’amincit, prend de la souplesse, et s’efface complètement vers l’époque de l’accouchement. L’obliquité de la matrice en avant s’explique facilement par la saillie de l’angle sacro-vertébral , et la faiblesse des parois abdominales antérieures. L’obliquité à droite, qui a lieu quatrevingt-dix-neuf fois sur cent, dépend delà présence du rectum , et de l’S iliaque du colon ; mais l’obliquité à gauche échappe à toutes les explications dans le plus grand nombre de cas. Les parties génitales externes offrent aussi quelques changemcns, tels que la dilatation cl l’humidité du vagin , le gonflement presque œdémateux des grandes lèvres et de la vulve. La symphyse
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pubienne peut acquérir un peu de mobilité; mais faut de causes peuvent amener de pareils états, que l’on ne doit pas leur accorder trop de valeur. Quant à l’opinion de Stein , qui croit que la forme arrondie du col utérin est un signe non équivoque de grossesse , elle est contredite par des exemples contraires, on en trouve dans Morgagni et dansLoder, et il est pour ainsi dire impossible de recourir au procédé de M. Chambon , qui veut que l’on recueille , au moyen d’une tige de métal, le mucus épais et blanchâtre qui bouche, selon lui, l’ouverture du col chez toutes les femmes enceintes.