‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 61 sur 111 · MENT · texte numérisé non relu

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On donne le nom de poison à toute substance ca pablc de donner la mort dans les conditions où 01 l’emploie.

Le devoir du médecin chargé d'un rapport, dans ui cas présumé d’empoisonnement, est de constater l’existence et la nature du poison, ou d’exposer les circonstances qui rendent l'empoisonnement exccssivemeu

1>E L’EMrOISONNEBlENT.

P probable , quoiqu’on n’ait pu en saisir la cause matéii > rielle. S'il n'existait aucun indice d'un pareil crime , et qi que l'on trouvàtdans des altérations organiques la raison des accidens observés, on déclarerait que la mort doit pr uleur être attribuée , et l’on détruirait ainsi toute espèce l< dde soupçon d’un attentat criminel. Pour porter un juin ggement éclairé sur ces circonstances, il faut donc con- »i naaîlre les divers poisons qui ont pu être employés, leurs P1) (caractères physiques et chimiques , leurs effets sur l’éco- .’tiumomie animale, et les moyens de les distinguer, au mini lilieu de substances étrangères qui masquent leurs caan nractères , ou dans leurs combinaisons avec nos tissus, ari Ces études sont indispensables pour tous les médecins, .( ifin qu’ils puissent satisfaire avec honneur et conscience plaaux exigences de la science et de la justice, so

iy Mode d’action des poisons sur l’économie.

Chaque poison offre , dans ses effets sur l’organisme. Iles caractères qui indiquent la classe à laquelle on doit e rapporter, et qui le distinguent comme espèce. 11 peut Etre employé et administré de plusieurs manières. La

Iplus commune est son introduction dans l’estomac ; mais il peut être porté dans le rectum , les muqueuses, dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans les poumons, par cjn a respiration (voy. Asphyxie), ou injecté dans les ,îj. reines. Tous les poisons n'agissent pas aux mêmes doses, on- na‘s d’après leur degré d’énergie. Quelques grains de ieot - strychnine causeraient la mort, tandis qu’il faudrait une

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assez grande quantité de nitrate de potasse, ou d’i autre corps aussi peu actif, pour déterminer des acc dens funestes. Tantôt l'action du poison est locale ne s etend pas au delà du contact; tantôt elle ne se nr infeste que sur des organes éloignés, tels que les J ternes vasculaire et nerveux, les poumons; phénomène qu. démontrent que l’absorption a lieu, et que les sut stances vénéneuses sont mêlées aux fluides circula»* opinion contraire à celle de plusieurs physiologiste* mais qui est mise hors de doute par les expérience suivantes. Fodéré ayant injecté dans l’estomac d’u chic» quelques grains d’hy drocyanate ferruréde potasse examina les urines, qu’il forçait à s’écouler continuelle ment, par I introduction d’une sonde dans la vessie Dans une première expérience, la présence de ce se dans les urines fut constatée au bout de dix minutes I suffisait de faire tomber une goutte d’une solution d< sulfate de fer sur du papier imprégné du liquide excrété pour lui donner une couleur bleue, que l’on faisaii ressortir par une autre goutte d’acide hydrochlorique Dans une autre expérience, la présence de ce sel fui reconnue dans les mêmes circonstances, cinq minutes seulement après son injection dans l’estomac, chez ces animaux; la sérosité du sang veineux et artériel, les reins et les ganglions lymphatiques, la muqueuse bronchique, en contenaient également, comme on le démontrait par remploi du sulfate de fer. M. Tiedmann et Gmclin reconnurent également dans le sang du système veineux abdominal, la présence du surate de potasse.

DE DEMPOISOXNEMENf. 299

le l’acétate de plomb, du cyanure de mercure, et de ii'hydrochlorale de baryte.

Plusieurs autres substances , il est vrai, n’ont pu être etrouvées dans le sang ou les fluides sécrétés; mais il •:st probable alors que les recherches n’étaient pas aâites dans un temps convenable; la morphine a é!é reconnue dans le sang, par I»I. Lassaigne, dix minutes i| près 1 avoir injectée dans la veine jugulaire d’un cheval, !tt ce chimiste se convainquit par d’autres expériences |iue 1 on n’en rencontrait plus la moindre trace , lorsque ’« on avait laissé écouler cinq quarts d’heure depuis l’in— rcoduclion du poison.

Indications generales sur les moyens de reconnaître les substances vénéneuses .

Toutes les fois que l’on rencontre des parcelles encore intactes du poison, il suffit de les essayer par quelques réactifs pour se convaincre de leur nature ; mais lies peuvent être altérées par leur mélange avec des uubstanccs colorées qui changent leur caractère, et endent les recherches beaucoup plus difficiles, surtout i le poison est un végétal ou un produit animal ; il peut ussi cire combiné d’une manière intime avec nos tissus, e sorte que, dans tous ces cas , il faut les plus grands oins et des précautions minutieuses pour n’êlre pas ompé dans ses recherches. Tantôt on décolore les mémges avec la poudre de charbon animal , tantôt en se tenant du chlore. QuelquefO's il faut distiller ou calci-

HISTOIRE DE l’EMPOISONTXEMENT.

ner les produits obtenus; et d'ailleurs, les indications que l’on tire des accidens observés, et des expériences négatives que l’on a faites , font connaître le petit nom- 111 bre de substances dont la présence est possible, et les 1 moyens qui restent à employer pour la mettre hors de doute.

Souvent on a recours à des expériences comparatives sur les animaux pour déterminer si les effets du poison sont les memes que ceux que l’on a observés , et si les réactifs donnent alors les mêmes résultats ; quoique l'on ait prétendu que l’action des substances vénéneuses n’élait pas semblable sur l’homme et sur les animaux, M. Orfila remarque que cette assertion n’est pas exacte, et que les progrès de la toxicologie sont dus à ce que les phénomènes son identiques et comparables. Ces généralités nous conduisent à des éludes plus précises.

ÉTUDE DES POISONS , LEUR DIVISION ET LEURS CARAC- TÈRES) LEUR MODE D’ACTION SUR L’ÉCONOMIE ) MOYENS DE LES RECONNAITRE ET D’EN CONSTATER LA PRÉ- SENCE.

Classification clés poisons.

La seule division que l’on puisse suivre dans la classification des poisons repose sur leur analogie d'action sur l’économie animale , quel que soit le règne naturel auquel ils appartiennent. Aussi M. Orfila, auquel nous sommes redevables des travaux les plus importans qui

POISONS IRRITANS.

ient éclairé la toxicologie , les a-t-il partagés en quatre lasses : 1° poisons irritons ; 2° narcotiques ; 3° narcoi icq-âcres ; 4° et septiques ou putréfions ; ordre que ous avons adopté.

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