CLASSE PREMIÈRE
Poisons irritons.
ILes poisons compris dans cette classe appartiennent nx trois règnes de la nature , et leur action sur l’écoomie animale offre des rapports si tranchés , que nous immençons par en tracer l’histoire générale, en nous ! ^servant de la compléter par l’exposé des particularités datives à chaque substance.
üction des poisons irritons sur l’économie animale.
ILes symptômes de l’inflammation la plus vive, sont eux que déterminent les poisons irritans, introduits mns l’estomac. On éprouve immédiatement, ou peu de mps après, selon l’énergie d’action de la substance , î sentiment de cuisson et de brûlure dans la bouche, gorge et l’estomac ; la douleur est aiguë et s’étend ms tout l’abdomen ; elle augmente par l’ingestion des I lissons, et lesmouvemens respiratoires; la chaleur est Inre et corrosive, la soif ardente ; l’haleine devient exces- ' veinent fétide ; on observe des nausées et des rapports lunlinuels; des vomisseraens fréquens de matières bru-
POISONS IRRITAIS
nés, noirâtres, souvent sanguinolentes et qui causc(|« dans la bouche un sentiment d’amertume et d’àcretip les plus petites quantités de boisson sont rejetées ; survient du hoquet, beaucoup de gêne dans la respir tion ; quelquefois de la constipation , niais plus ordim rement des déjections alviues copieuses, fétides et mêlé de sang; la peau est pâle, glacée aux extrémités, coi verte d’une sueur froide, épaisse et visqueuse; da quelques cas elle devient le siège d’éruptions doulo reuses ; la face est grippée , pâle ou plombée , agitée < contractions convulsives; la prostration est complète le pouls est irrégulier , petit , déprimé et misérable l’angoisse et l’anxiété sont extrêmes ; quelque puissai que soit le besoin d’uriner, il ne peut être satisfait; tar tôt les facultés intellectuelles ne sont pas affaiblies, ■ le malheureux a la conscience de ses douleurs et de ü fin prochaine ; tantôt elles sont anéanties, tout le sv; tême nerveux semble stupéfié et la mort termine cell affreuse agonie.
Lésions de tissu.
On trouve à l’autopsie tous les signes d’une infiani mation intense, d’autant plus vive que les poisons joui! saient d'une action corrosive plus marquée : l’étendue < la profondeur des altérations est en raison de la natur et de la quantité du corps irritant, et du temps pendai lequel son contact a eu lieu ; c’est ainsi que les nu queuses buccale , pharyngienne , l’œsophage peuvei
POISONS IKIUTÀNS.
fîrir une simple rougeur, une injection plus ou moins onsidérable, tandis que l’on trouve dans l’estomac des aches noirâtres provenant du sang épanché entre les membranes; le ramollissement et la destruction de la muqueuse , du sang exhalé à «a surface ; l’inflammation ees deux autres membranes ( musculeuse et séreuse ), uui sont quelquefois également perforées. Si les lésions irroduites sont moins graves , on observe des plaques ’i’un rouge foncé, la muqueuse est piquetée et fortement injectée dans les points qui sont restés plus de temps un contact avec le poison ; les intestins offrent les mêles désordres , mais dans quelques cas, les intestins nrêles sont presque intacts, tandis que l’estomac , les r ros intestins et principalement le rectum, offrent des races d’une inflammation très vive. Ce phénomène est aaeilement expliqué par la rapidité avec laquelle les matières ont traversé celte portion du tube digestif, tan- I is qu’elles ont séjourné beaucoup plus de temps dans ’eeslomac et le rectum .
Lorsqu’au lieu d'introduire dans l’estomac les poisons rritans, on les applique sur le tissu cellulaire soussulané, la sur ace d’une plaie ou d’un ulcère, ils déterminent d’une manière plus ou moins marquée les symitôraes d’une brûlure ; quelques-uns bornent là leur acion, et l’altération reste locale; d’autres sont absorbés it vont déterminer des lésions dans le système nerveux, es poumons , le coeur et le tube digestif.
Lorsqu'on les injecte dans les veines, les aecidens ont beaucoup plus prompts ; le sang est coagulé cl la
BOISONS IRRITAIS».
vie détruite instantanément , ou ils agissent de la même manière que s’ils eussent été absorbés, mais plus rapidement.