I. Poisons minéraux. — Phosphore
Ce corps est ductile , plus ou moins transparent, lumineuv dans l’obscurité et presque aussi facile à couper que la cire. Il est fusible à 40°, d’une odeur alliacée, et répand dans l’air des vapeurs blanches ; il ten absorbe l’oxigène et donne naissance à de l’acide phospha tique ; il s’enflamme et brûle très vivement, dès qu’on le met en contact avec un corps en combustion , en produisant de l'acide phosp’.iorique.
L’eau le précipite sous forme de poudre blanche, de sa dissolution dans l'alcool et dans l’éther.
Iode.
L’iode présente un aspect métallique; il est bleuâtre, lamelleux, et se volatilise en vapeurs d’un très beau violet, lorsqu’on le chaufle légèrement ; il fait sur le papier et la peau des taches jaunâtres qui ne tardent pas à disparaître.
Action sur l’économie. Ce corps introduit dans le tube digestif, produit sur la muqueuse des taches d’un jaune clair, et le point coloré est ramolli et s’enlève facilement. On trouve ça et là de petites ulcération»
TOISONS IRRITAI*»
linéaires qui offrent la même teinte sur leurs bords. On le considère en médecine comme un puissant absorbant.
Chlore. — Liquide .
La dissolution de chlore est d’un jaune verdâtre , lTune odeur désagréable qu’il suffit d’avoir sentie une feule fois pour toujours la connaître ; elle décolore ooules les substances végétales; dégage du chlore gazeux iar l’élévation de la température, et donne par le nirrate d’argent un précipité blanc et cailleboté , insoluble
Iians l’acide nitrique, soluble dans l’ammoniaque.
Eau de javelle.
Ce liquide qui est très employé dans nos usages donaestiques, est composé de chlore et de potasse; il jouit le.es mêmes propriétés que le chlore , et dans les cas où on aurait à constater son existence au milieu de difféentes matières alimentaires, on devrait s’attachera lémontrer la présence du chlore et de la potasse. (Voy. shlore et Potasse , p. 309.)
Acide sulfurique.
C’est un liquide blanc et inodore d’une consistance déagineuse ; il désorganise rapidement toutes les madères végétales et les charbonnc. Lorsqu’on le mêle à 1 le l’eau , le mélange acquiert uue très grande chaleur ;
3U6 l'OISON 3 IRRITA Pi S.
si l’acide est très concentré , il y aurait même du dange à faire le mélange rapidement et sans précautions; vers sur du cuivre, du mercure, il se décompose et laiss dégager du gaz a ide sulfureux, facilement reconnais sable à l’odeur d’ailumelles brûlées. Il forme, avec tou les sels de baryte, un précipité insoluble qui ne se dissou pas dans un excès d’acide nitrique, et qui , calciné avei du charbon , acquiert la saveur et l’odeur des œuf pourris.
Si cet acide était uni à l’indigo , ce qui forme le blei de composition , ses caractères seraient les mêmes, e l’on pourrait enlever la couleur de l’indigo parle chlore Si l’on n’avait pas ce réactif à sa disposition , on saturerait l’acide par la potasse , et en faisant calciner le II sulfate dépotasse produit, on décomposerait l’indigo, et il suffirait de dissoudre le résidu pour lui reconnaître tous les caractères des sulfates. Les procédés employés pour constater la présence de l’acide sulfurique dans des substances alimentaires, sciaient également simples : on le saturerait par le sous-carbonate de chaux , afin de ne pas décomposer les sulfates de soude, de potasse ou de magnésie, qui pourraient se trouver accidentellement dans la liqueur, et l’on agirait sur le sulfate calcaire obtenu, soit en le faisant dissoudre dans l’eau bouillante et l’essayant par un sel de baryte, soit en le calcinant avec, du charbon , ce qui donne un sulfure, dont on dégage l’hydrogène sulfuré par quelques gouttes des acides nitrique ou hydrochlorique.
Action sur l’économie. Les parties vivantes touchées
i’OlSO'N S 1KK1TA > S.
oar l’acide sulfurique sont converties en une matière oulpeuse et noirâtre. Les traces de l’inflammation sont i manifestes, et les tissus voisins sont fortement injectés. >!>i l’acide était introduit dans l’estomac ou le rectum liprès la mort, on reconnaîtrait que l’altération ne porte |i[ue sur les points immédiatement en rapport avec lui , >tt qu’il n’eviste pas la moindre trace de rougeur dans ees parties contiguës. La démarcation est tranchée et )»rome l’absence de toute réaction organique.
Acide nitrique ( eau forte ).
C’est un liquide, blanc dans son état de pureté , mais ■rdinairement coloré en jaune, par quelques matières égétales ou animales, ou un peu d’acide nitreux; ses mrincipaux caractères sont de dégager de l’acide nitreux »ar la chaleur, ou lorsqu’on le met en contact avec de a» limaille de cuivre ou de fer, parce que le deutoxide L’azote qui es*! produit, s’empare de l’oxigènc de l’air, et orme du gaz nitreux qui se reconnaît à sa couleur rouge ut orangée et à son odeur. Lorsque l’acide nitrique est •aêlé à des substances animales , on le salure par le arbonate saturé de polas-e. On filtre la liqueur, et en ; a faisant évaporer, on obtient des cristaux de nitrate de ■Otasse. ( Yoy. Nitrate de potasse. J Action sur l'économie. L’acide nitrique tache , en aune plu* ou moins foncé , les parties avec lesquelles I a été en contact , et les dérorgar.ise.
POISONS IRRITANS.
Acide hydroclilorique.
Nous ne le considérons ici qu’en solution dans l’eajï il est incolore lorsqu’il est pur, mais ordinairement le j» en jaune par un peu d’oxide de fer. Il répand dans 1’; des vapeurs blanches, très piquantes ; chauffé avec . peroxide de manganèse , il se décompose et laisse c gager du chlore ; il précipite tous les sels d’argent forme un chlorure blanc et caillebolé qui noircit p son exposition à la lumière , et est insoluble dans t excès d acide nitrique , tandis qu’il disparaît lorsqi l’on y verse de l’ammoniaque.
Acides phosphorique et phosphatique.
On les reconnaît en les évaporant jusqu’à siccité les saturant par l’ammoniaque, et les précipitant \yc l’hydrocblorate de chaux; en traitant le phosphate ca caire par un peu de charbon , on obtient du phosphor à l’extrémité du tube de verre dans lequel on fait l’ex périence.
Acide oxalique.
Ce corps qui appartient à la classe des substances vé gélales est blanc, solide, inodore, cristallisé ou pulvérulent et très acide; avec la chaux il donne un précipité blanc qui se dissout difficilement dans une petite quantité d’acide hydroclilorique , tandis qu’il est trw
POISONS ÏRR1TANS.
iluble dans l’acide nitrique ; l’oxalate de cuivre , d’un lanc bleuâtre, est également insoluble dans l’acide ydrochlorique. Le nitrate d’argent y fait naître un récipité d'oxalate d'argent. Si on le fait sécher et qu’il ait chauffé sur la pointe d’une spatule , il brunit sur les )Drds, et fulmine tout à coup en se dissipant en une limée blanche.
IL’empoisonnement par cet acide a été souvent obrrvé parce qu’il est fréquemment choisi en Angleterre inr ceux qui veulent se suicider, et que la ressemblance ■ ses cristaux avec ceux du sulfate de magnésie , les a lit souvent confondre.
1. Les autres acides végétaux , tels que les acides tactique , citrique, maliquc , acétique, etc., ont des proiétés trop faibles pour que nous les considérions ; imime des poisons et que nous en tracions l’histoire.
Potasse ou oxide de potassium.
LL’oxide de potassium pur se nomme Potasse à l’alol ; s’il est mêlé à de l'hydrochlorate et du sulfate de tasse, à de la silice et à de l’oxide de fer, on le connaît us le nom de potasse à la chaux ou pierre à cautère ; fin ce que l’on appelle potasse du commerce, n’est autre ose que du sous-carbonate de potasse impur. Tous ces rps attirent l’humidité de l’air et sont déliquescens ; verdissent le sirop de violette , ramènent au bleu le pier de tournesol et saturent les acides. Leur solution îufcuse n’est pas troublée par les sous-carbonates de
l'OISONS IRRITAIS.
soude ou d’ammoniaque; l’hydrochlorate de platine fait naître ( pour peu quelle soit concentrée ) un prt^ cipité jaune-serin, composé de potasse, d’oxide df platine et d’acide hydrochlorique. Le sulfate acide d’a ^ lumine se combine à la potasse et forme de l’alun (sulfal i d’alumine et de potasse ).
JSitrate dépotasse ( sel de niti'Cj salpêtre }.
Di
On le trouve en cristaux prismatiques ou sous form de poudre blanche ; il a une saveur franche et piquante Il suffit d’en jeter quelques parcelles sur un charbo ardent pour favoriser singulièrement la combustion, c le charbon est creusé dans le point de coniact. L’acid sulfurique concentré , versé sur ce sel, s’empare de 1 potasse et en dégage l'acide nitrique en vapeurs blan châtres et piquantes. Si l’on mêle au liquide dans leque on soupç onne le nitrate de potasse, autant d'indigo qu’i en est nécessaire pour le colorer en bleu distinct, e qu’après y avoir ajouté quelques gouttes d’acide sulfuri que concentré , on chauffe à l’ébullition , la liqueurs» décolore. Ce caractère suffit pour déceler 0,0004 d’acid» nitrique. M. Jusl Liebig, en publiant ce procédé dan! un travail très intéressant, l’avait cru nouveau ; mai: M. Orfila a annoncé qu'il le mettait déjà en usage depuh plusieurs années, et qu’il ne l'avait pas publié, parce qu'il n’était pas décisif, attendu que les acides iodique et chlorique donnaient les mêmes résultats. Ce savani auteur pense que le meilleur moyen , pour déceler la
POISONS JRRÏTANS.
êsence du nitrate de potasse , est d’en mêler quelques i icelles avec une goutte d’eau , de la limaille de cui- ! e, et quelques gouttes d’acide sulfurique : il se dégage e eulôt des vapeurs orangées d'acide nitreux.
Action sur l’économie. Le nitrate de potasse , emooyé à la dose d’un gros, enflamme le tube digestif,
, abolit les fonctions cérébrales. On a observé la perle la voix , la paralysie des membres ou des conlrac- »ns convulsives ayant quelque analogie avec le tétanos.
Foie cle sou fre.
Ce corps , que la plupart des chimistes regardent auurd’hui comme un composé de soufre, de potassium de sulfate de potasse, est solide, jaune-verdâtre , et uune saveur âcre et amère ; il est inodore , l’eau le Recompose , et il se forme de l’hydro-sulfate sulfuré de Masse ; la liqueur est alors transparente , jaune ou H/uge et sans odeur. Elle précipite en noir ou en rouge •un foncé les sels de plomb, de mercure, de bismuth de cuivre, et lorsque l’on y verse un acide un peu rt, il se dégage du gaz acide hydro-sulfurique, que )n ne peut méconnaître à son odeur. Si la liqueur était ès étendue d’eau , les précipités ne seraient pas aussi ncés en couleur , et ils prendraient une teinte orangée i rougeâtre.
Action sur l’économie. Quelques gros de ce corps
Fàlfisent pour donner la mort, s’ils ne sont pas rejetés nr le vomissement. On trouve dans l’estomac des ta-
POISONS IRRÏTANS.
ches d’un rouge très vif, qui sont recouvertes d’untl, couche de soufre jaune-verdâtre assez épaisse. Il y itt, des ecchymoses au dessus de la membrane musculaire u qui est brune sur cette face , et verdâtre sur celle quü répond à la séreuse; quelquefois il a été impossible d’apercevoir dans le tube digestif aucune de ces taches formées de soufre.
Di
Soude.
Les dissolutions de cet oxide et des sels qu'il concourir à former, ne sont pas troublées par le sous-carbonale| de potasse et d’ammoniaque, ni par l’hydrochlorate de! platine ou le sulfate d’alumine : le sous-carbonate de soude est efflorescent. Les autres particularités de l’histoire de ce corps sont celles que nous avons étudiées , en parlant de la potasse.
Chaux.
Ce corps est solide, d’un blanc grisâtre ; lorsqu'il est desséché et qu’on le mouille, il développe une énorme chaleur et se délite : sa dissolution verdit le sirop de violette , précipite en blanc par les acides carbonique et oxalique ; l’acide sulfurique étendu ne trouble pas sa transparence : lorsqu’on l’évapore, elle laisse un ré-* sidu déliquescent et soluble dans l’alcool.
Baryte.
Ce corps est solide , léger, grisâtre , d’une saveur
POISONS IRRITAI*?
astique : sa dissolution , qui verdit le sirop de vioe, est troublée par les sous-carbonates alcalins qui raient un sous-carbonate de baryte insoluble. Il en ide même de l’acide sulfurique, et le sulfate de ba- -• obtenu est insoluble dans l'acide nitrique (caracr i essentiel ). Si cet alcali était mêlé à des matières Linales, on les calcinerait avec du charbon, et l’on t endrait l’oxide caustique.
1 1 est inutile d’exposer les caractères du sous-carbol|>: et de l’hydrochlorate de baryte; on les reconnaît j I Mes procédés indiqués pour découvrir leurs acides e|;tur base.
ction sur l’économie. Les poisons irritans que nous J'is étudiés jusqu’ici n’exercent qu'une influence ; llde; la baryte la partage, mais elle porte surtout son
on sur le système nerveux , ce qui démontre qu’elle absorbée. Appliquée à la dose de quinze ou vingt nas sur une plaie ou un ulcère, elle détermine la . Outre les symptômes indiqués page 301 , on rrve des mouvemens convulsifs, subits et violens; acuités sont perverties ; il y a surdité, céphalalgie ; •gularilé dés mouvemens est impossible ; la bouche uelquefois remplie d’écume ; à cette scène d’exci- I n succède une prostration extrême ; la figure est l| mposée et la mort imminente : les lésions que l’on I ontre à l’autopsie sont les mêmes que celles des i-;s poisons irritans.
Mit
314 POISONS IRRITA*»
Ammoniaque Liquide ( alcali volatil fluor).
La solation aqueuse du gaz ammoniac est incolore, verdit le sirop de violette, et laisse dégager des vapeurs piquantes qui provoquent le larmoiement , et dont l’odeur se fait toujours facilement reconnaître. Elle forme , avec l’hydrochlorate de platine , un précipité jauneserin.
Sous-carbonate d’ammoniaque , très volatil , est décomposé et laisse dégager l’ammoniaque par les acides , la chaux , la potasse , etc.
L’hydrochlorate d’ammoniaque (sel ammoniac), que l’on rencontre en pains très épais dans le commerce , est solide, inodore et volatil , facilement décomposé par la chaux et la potasse ; c'est sur cette propriété que repose la préparation du gaz ammoniac.
Action sur l'économie. Outre les accidens locaux que nous avons décrits ( Voy . pag. 301 ) , l’hydrochlorale d'ammoniaque produit l’inflammation du tube digestif et du système nerveux, lorsqu’il est appliqué sur une plaie ou dans le tissu cellulaire , ce qui démontre que son absorption a eu lieu.
Préparations mercurielles.
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Deutochlorure de mercure (sublimé corrosif). Dans le commerce , on le trouve sous forme de masses blanches et compactes, demi-transparentes sur leurs bords, hémisphériques et concaves , à parois extérieures polie»
ni
Je
l'OISONS IRRITAIS.
st luisantes , tandis que les intérieures sont hérissées de petits cristaux très brillans. La saveur de ce sel est .extrêmement styplique , et elle laisse dans la bouche et dans la gorge une impression métallique très marquée. 111 est très soluble dans l'eau ; jeté sur des charbons uirdens , le sublimé corrosif se volatilise en formant des vapeurs épaisses et très irritantes, qui ternissent le cuivre lorsqu’il est bien décapé, et le recouvrent d'une éégère couche de mercure dont on fait ressortir par le rtottement tous les caractères physiques; la chaleur luuffitpour le volatiliser de nouveau. En mêlant dans un aube de verre fermé à une de ses extrémités, du sutioümé et de la potasse , le mercure vient se déposer • Hir les parois du tube en petits globules, qui ne lais- •osent aucun doute sur la présence de ce métal. Si on , ressaie par diflerens réactifs sa dissolution aqueuse, ou Observe qu’elle précipite en jaune rougeâtre par la poj \asse ou l’eau de chaux ; en blanc , par l’ammoniaque ( liquide; en noir, par les hydrosulfates solubles ; enfin, I Thydrocyanate ferruré de potasse y fait naître un dé- ^ >ôt blanc , qui passe successivement au jaune , et au i)leu plus ou moins foncé , parce qu’il se forme du )leu de Prusse , par la combinaison de l'hydrocyanate erruré de potasse avec le fer, qui altère toujours la | jureté du sublimé corrosif du commerce. Une lame de uivre , bien décapée, lorsqu’elle est plongée dans la olulion mercurielle, se recouvre d’une légère couche “j le ce métal , comme dans le cas où on l’expose à sa * vapeur,
POISONS IRRITANS.
Lorsque les solutions de sublimé sont mêlées à des liquides qui ne les ont pas décomposées , tels que le vin , le lait, etc. , ou qu’elles sont si étendues , que l’action des réactifs est insensible, on les concentre par le moyen de l’éther, qui jouit de la propriété d’enlever ce sel à l’alcool et à l’eau , etc. Il suffit alors de décanter l’éther qui surnage , et de le faire distiller à une très douce chaleur, pour obtenir un résidu que l’on traite de nouveau par l’eau, et qui fournit une dissolution plus concentrée et presque pure.
M. Ellittson a proposé un procédé extrêmement délicat pour découvrir les plus faibles traces d’un sel mercuriel. On plonge dans la liqueur une petite pile électrique formée d’une lame d’or recouverte d'une spirale d’étain, et l’on y ajoute une ou deux gouttes d’acide hydrochlorique ; le mercure se dépose sur la lame d’or et la blanchit. M. Orfila a remarqué que le même effet avait lieu dans toute liqueur acidulée par l'acide hydrochlorique , et contenant du sel commun ; une portion de l’étain de la pile se porte alors sur l’or. Mais il est facile de rendre l’expérience concluante, en faisant chauffer la lame d’or dans un petit tube de verre ; si elle est combinée à du mercure, celui-ci se volatilise et se condense sur les parois du tube.
Dans tous les cas où le sublimé corrosif a été décomposé, soit par les matières qui ont été rejetées par le vomissement , ou qui sont contenues dans le tube digestif, soit par les tissus avec lesquels il se combine, on démontre la présence du mercure en faisant dessécher
POISONS ÏKRITAN9. 317
ces substances au bain-marie , les mêlant avec de la potasse à l'alcool , et les calcinant au rouge ; le métal se sublime et vient se déposer en globules sur les parois ddu col de la cornue, ou du tube. S’il était sali par son umélange avec une huile animale fétide et noirâtre , il «suffirait de le laver en l’agitant avec soin dans un vase rrempli d’eau , puis de décanter la liqueur.
Action sur l’économie. Le sublimé corrosif, mis en ccontact avec le tissu cellulaire, la surface d’une plaie iiou d’un ulcère , est absorbé et détermine l’inflammation ddu cœur, qui offre quelquefois dans sa membrane in- Interne des taches d’un brun noirâtre, ainsi que celle du canal intestinal. Porté dans l’estomac, il laisse sur les 1 points avec lesquels il a été en contact, des taches Iggrises, blanchâtres, qui ne sont produites par aucun aautre poison. Les symptômes qu’il provoque, et ses léguions, sont ceux que nous avons décrits page 301.
Les oxides de mercure , le sulfure ( cinabre ), le sulfate (et le nitrate , agissent de la même manière, quoiqu’awec moins d’énergie que le sublimé; les mêmes moyens , démontrent l'existence du mercure à l’état métallique; , aaussi renvoyons-nous à un traité de chimie l’étude des . i propriétés physiques et chimiques de ces composés. ÏNous en dirons autant du cyanure mercuriel, qui est
I beaucoup plus vénéneux. M. OHivier, d’Angers, s’est ' Il , x
livre a quelques recherches sur l’action de ce poison, et il est arrivé aux conclusions suivantes : 1° Ce cyanure ( I cesl absorbé ; '2° son action immédiate sur les parties ■ avec lesquelles on le met en contact est à peu près nulle
BOISONS IRRITAIS.
dans les premiers instans , de sorte qu’on ne peut la considérer comme essentiellement irritante. Cependant il produit quelquefois des phénomènes évidemment inflammatoires, mais dont l’intensité n’est pas assez grande pour qu’on puisse lui attribuer les symptômes généraux qui se manifestent. 3° Il semble agir sur ie système nerveux cérébro-spinal, comme l’annoncent les convulsions générales et le trouble des fonctions circulatoires et respiratoires. Tout porte à croire qu’il affaiblit directement la force centrale des muscles; car ils ont cessé d'être irritables au moment où l’animal vient d’expirer. 4° La mort paraît résulter du ralentissement graduel et de la cessation complète des mouvemens du cœur et de la respiration. ( Journal de chimie médicale, année 1825. )
Préparations d’étain.
Les oxides d’étain sont au nombre de deux. Traités par le charbon , ils sont réduits , et l’on obtient un culot métallique. L’acide nitrique convertit le proloxide en deutoxide , qui est blanc et insoluble dans cet acide.
L’ hydrochlorate d’étain que l’on rencontre dans le commerce , formé de proto et de dcuto-lndrochlorates, mêlés à un sel ferrugineux ( sel d’étain du commerce) , est soluble dans l’eau, d’une saveur styptique, rougissant le papier de tournesol, et se volatilisant en fumée blanchâtre et épaisse lorsqu'on le projette sur des charbons ardens. L’hvdrochlorate d’or, versé dans sa disso-
POISONS IRRITAN3.
u.ution, forme un précipité pourpre (pourpre de Casûus); l'acide hydrosulfurique, un précipité brunâtre. (Lorsque ce sel est mêlé à des substances animales, on es dessèche après y avoir ajouté de la potasse caustique, puis on les calcine avec du charbon; on obtient
Pisi de l’étain métallique.
Action sur l’économie. Ces préparations agissent mme les sels mercuriels , mais avec beaucoup moins jnergie.
Préparations arsenicales .
Acide arsénieux. ( Arsénic. Mort aux rais. ) Ce orps est obtenu par sublimation sous forme de couches treuses, presque aussi transparentes que le cristal, ans le commerce , on le débite en poudre blanche E-îssemblant assez à du sucre pulvérisé; il est âcre et aauséabond ; il se volatilise au dessous de la chaleur [>ouge,et répand dans l’air une fumée blanche qui a une leur d’ail très prononcée. On s’est beaucoup attaché ce caractère , et l’on a proposé de recevoir les vapeurs I ••sénicales sur une lame de cuivre. Mais les auteurs , îi ont parlé de cette expérience r.e se sont pas monés d’accord sur ses résullats; les uns ont annoncé que | i vapeur se déposait sous forme de poudre blanche , et ,1-j autres sous forme de poudre noire. Cette différence , :nt à la manière dont on fait cet essai : si la lame de , |j|i; ivre n’est placée qu’à une ou deux lignes du charbon , irr lequel on projette la préparation arsénicale , on ob-
1‘OISONS IRRITAIS
tient de la poudre noire ou de l’arsenic métallique qui n’a pas eu le temps de se combiner avec l’oxigène de l’air ; si , au contraire , l’on éloigne la lame de cuivre de deux à trois pouces , Parsénic est passé à l’état de deutoxide , et il se condense alors sous forme de poudre blanche. Lorsqu’on sublime l’acide arsénieux dans un malras , il s’attache à la voûte et au col de ce vase , et forme une croûte blanche sur laquelle on aperçoit de petits tétraèdres demi-transparens. pi
Traité par la potasse et le charbon , il est réduit, et ç on recueille sur les parois du tube où l’on fait l’expé- ([ rience de l’arsenic métallique qui est solide , gris d’acier < et fragile , brillant lorsque sa cassure est récente.
L’acide hydroclilorique bouillant dissout l’acide arsénieux, qui se précipite en partie par le refroidissement; il suffit de verser de l’eau dans la liqueur, pour n en précipiter une nouvelle quantité. ir
Quoique cet acide soit très peu soluble dans l’eau, p il donne cependant à ce liquide des propriétés caractéristiques. L’acide hydrosulfurique y fait naître des 8 flocons de sulfure jaune d’arsénic entièrement solubles , dans l’ammoniaque. Le deuto-sulfarte de cuivre ammoniacal donne un précipité vert. En faisant bouillir de ! n l’acide arsénieux et de la potasse , on obtient un liquide 0 qui précipite en jaune le nitrate d'argent. ^ «
Quelles que soient les matières végétales ou animales >f avec lesquelles l’ox de blanc d’arsénic ait été en con- ' !t tact, il n’est pas décomposé; mais ses caractères peu- j vent être plus ou moins masqués, et il est quelquefois Lj
POISONS 1K1UTANS.
ellement retenu dans la trame de nos tissus, qu’il est difficile de l’en séparer pour en reconnaître la présence , ou se livrer aux expériences suivantes, auxquelles on i recours successivement lorsque les premières n’ont oas levé tous les doutes.
1° On prend une partie des substances que l’on veut vxaminer, et on les traite par l’eau bouillante pendant minze ou vingt minutes, l’on filtre et l'on essaie la liuueur par les différens réactifs que nous avons déjà dé~ idgnés pour distinguer la solution aqueuse d’acide ar— fénieux. L’acide hydrosulfurique ou les hydrosulfates
J'blublcs auxquels on ajoute quelques gouttes d’acide Urique, sont les meilleurs, parce que le précipité de îlilfure jaune d’arsénic est difficilement méconnaissable.
2° Si les substances que l'on étudie sont très colorées , et qu’on ne puisse facilement reconnaître les cametères des précipités que l’on obtient dans la première opération , on verse sur elle une quantité suffimnte de solution concentrée de chlore , et l’on convertit aar ce moyen l’acide arsénieux en acide arsénique qui fit très soluble. On filtre la liqueur et l’on observe l’clle donne un précipité blanc avec l’eau de chaux 1 de baryte, blanc-bleuâtre avec l’acétate de cuivre, mge-brique avec le nitrate d'argent. L'acide hydrodfurique est sans action à froid ; mais il suffit de porrr le liquide à l’ébullition pour qu’il se forme du sulre jaune d’arsénic.
3° Lorsque la liqueur obtenue dans la première opéition contient une telle proportion de matière animale
Ï'OISONS IRRITAIS
que les précipités ne se forment pas, ou ne sont pro- j duits qu’incomplétement, on la fait concentrer par une j douce évaporation, et l’on verse sur le résidu un excès jj d’acide nitrique que l’on porte à l’ébulliticn, et qui sert |» à détruire toute la matière animale; on sature l'excès j) d’acide par la potasse , et quelques goultef d’acide hy- j( dro-sulfurique font paraître des flocons jaunâtres de sulfure d’arsénic.
I 4° Il doit être extrêmement rare que ces moyens ne 1 réussissent pas à éclairer les recherches que l’on a entreprises ; mais dans les cas où la première ni la seconde Œ opération ne donneraient des résultats satis'aisans , et où l’on ne voudrait pas recourir à la troisième , on I pourrait mettre en usage le procédé suivant qui appar- I tient à M. Rapp. On prend une petite quantité des matières que l’on veut examiner ; on les dessèche à une douce chaleur, qt on les partage en parcelles de deux à trois grains ; puis ayant fait fondre du nitrate de potasse en excès dans un matras à long col , on les y projette successivement dès que la déflagration et les vapeurs qui la suivent ont disparu. S’il y avait de l’oxide d’arsénic ou un autre sel de ce métal, il sera converti en arséniate de potasse , qu’on reconnaîtra facilement.
( Voy. Arséniate de rotasse, p. 324.)
Action sur l’économie. L’acide arsénieux ,est excessivement vénéneux : il n’en faut qu’une très pelite quantité pour donner la mort ; il est absorbé , arrête les mouvemens du cœur dont il enflamme la membrane interne, qui offre asseï souvent des taches rouges, et
POISONS IRRITA NS
des ecchymoses; il porte son action sur la muqueuse . gastro-intestinale ; en outre il produit ordinairement tous les symptômes des poisons irritans : quelquefois cependant il ne détermine pas de phénomènes bien remarquables. Laborde a rapporté l’histoire d’une jeune fille qui succomba après avoir éprouvé seulement quelques (Mouleurs d’estomac. Chaussier a observé un cas sembblable ; la mort ne fut annoncée que par de légères «syncopes. Le docteur Gérard , de Beauvais , a été témoin d’un cas d’empoisonnement par une assez grande quantité d’acide arsénieux , qui ne détermina pas le moindre accident dans les cinq premières heures de ;on introduction dans l’estomac : il survint au bout de :e temps quelques vomissemens : les extrémités se reroidirebt et la mort arriva presque aussitôt.
Les lésions sont celles des autres poisons irritans , limais elles manquent quelquefois , ou consistent en une 1 égère injection de la muqueuse gastro-intestinale, nullement suffisante pour expliquer les accidens graves que ’on a observés pendant la vie, et leur funeste terminaison.
Oxide noir Û’ arsenic ( Poudre aux mouches ). Il suffit de dire , pour son histoire , que la plupart des Miimistes le regardent comme un mélange d’acide arvsénieux et d’oxide métallique.
Sulfures d’arsénic. On en connaît deux, l’orpiment K et le réalgar. En les chauffant avec de la potasse, ou uobüent de l’arsénic métallique par sublimation.
Miff. Geiger et Heimann ont pfoposé à la sgcliou de
POrSONS IRRITA*».
SU
pharmacie le procédé suivant qui peut faire reconnaître les plus petites traces d’arsénic combiné au soufre, un 0,0U66 d’arsénic selon ces auteurs. On fait digérer le composé pendant quelque temps avec de l’ammoniaque liquide ; on filtre la dissolution et on y verse de l’acide hydrochlorique en excès. Si l’on voit se former un précipité jaune , ce sera un indice d’arsénic ; si l’on n’obtient pas de précipité , il faudra , avant de prononcer négativement, évaporer le liquide jusqu'à siccité, reprendre le résidu par un peu d’ammoniaque , saturer par l’acide hydrochlorique comme précédemment, et ajouter ensuite quelques gouttes d’acide hydrosulfurique qui, dans le cas de la présence de l'arsenic, donnera toujours un précipité jaune.
Arséniates de potasse, de soude, d’ammoniaque. Lorsque l'on projette un de ces sels sur des charbons ardens, il se volatilise de l’acide arsénieux. Mêlés et chauffés avec du charbon , on obtient l’arsénic métallique. La dissolution précipite comme celle de l’acide arsénique.
Il est presque inutile de donner l’histoire de la poudre de Rosselot , et de la teinture minérale de Fowler, puisque ces préparations médicinales contiennent de l’acide arsénique et arsénieux, qui sont reconnus par les épreuves que nous avons indiquées.
Préparations cuivreuses.
Cuivre. C’est un métal solide , jaune rougeâtre , très
poisons irrita ns. 325
! brillant ; il colore la flamme en vert, se dissout à froid dans l’acide nitrique peu concentré. Il n'a aucune ac- .ion vénéneuse sur l'économie.
Oxide de cuivre. — Protoxide, jaune-orangé à l’éaat d’hydrate, rougeâtre lorsqu’il a été fondu, passe à 'l’état de deutoxide lorsqu’on l'expose à l’air libre à inné température peu élevée.
Deutoxide. Lorsqu'on l'obtient à l’état d’hydrate, il ■?st bleu ; mais il devient bientôt d’un bleu noir par la ldessiccation. Insoluble dans l’eau, il se dissout facilement Mans l'ammoniaque qu'il colore en bleu ; il absorbe l’aide carbonique de l’air, et passe à l’état de deuto-car- )onate de cuivre vert. C’est ce composé qui est insoluble lans l'eau, que l’on désigne habituellement sous le nom Ide vert-de-gris.
Veut o -acétate de cuivre ( Verdet cristallisé ). Deuto-sulfate de cuivre ( couperose bleue vitriol bleu ). Nitrate de cuivre.
Les dissolutions de ces dilférens sels sont d’une belle I couleur bleue: la potasse, la soude , la baryte les dé- I composent et en précipitent le deutoxide de cuivre à 1 état d’hydrate. L’acide hydrosulfurique et les hydro- | ulfales solubles donnent un précipité de sulfure noir | le cuivre. Lorsque l'on plonge dans la liqueur une lame j'ide fer bien décapée, elle se recouvre d’une couche de j uuivre. En voici un exemple remarquable : La veuve | fi***, sou fils et un ouvrier sont incommodés pour avoir
32fl POISONS IRntTANS.
mangé les restes d'une soupe, préparée dans une marmite de fer. Le docteur O*** les déclare empoisonnés. Des pharmaciens experts sont chargés de faire l’analyse de la soupe ; ils reconnaissent une substance vénéneuse dont la nature est masquée. MM. Baruel et Chevalier expérimentent à leur tour que la soupe filtrée , etc. , ne blanchit pas une lame de cuivre ; prend une couleur brun -verdâtre par l’acide bydrosulfurique ; couleur brun-pourpre par le prussiate de potasse ; enfin traitée par une Lame de fer, celle-ci se recouvre d’un brillant rouge de cuivre métallique. Précipitée par quelques gouttes d’acide sulfurique et un morceau de zinc pur, on recueille des flocons d’un brun rouge qui , recueillis, séchés, et introduits dans un tube de verre, où on les chauffe au rouge, en faisant passer un courant d'hy* drogène , prennent une belle couleur brillante de cuivre pur. Ils déclarèrent donc que la soupe a été empoi-
sonnée avec un sel de cuivre. Cependant , comme l'accusation établissait que ce sel de cuivre n’avait pu être déposé par l'accusé dans la soupe que pendant son dépôt dans la marmite de fer, ces chimistes font un second rapport dans lequel ils demandent à examiner la marmite , qui doit être recouverte d'une couche de cuivre. L’examen de la marmite donne lieu à un troisième rapport dans lequel il est indubitablement établi , que le sel de cuivre n’y a pas été déposé, parce que , dans ce cas, le fond du vase aurait présenté un dépôt cuivreux facilement reconnaissable , et incrusté dans le fer.
Dès lors l’accusation est abandonnée.
POISONS IRRITANS.
Lorsque ces sels sont mêlés à (les liquides qui masjuent leurs propriétés , ou les précipite par l’acide hyi irosulfurique ; on filtre et l’on recueille le dépôt que on fait bouillir avec de l’acide nitrique , qui fait passer p ; sulfure du cuivre à l'état de sulfate. On évapore , et ! s sel étant dissous dans de Feau distillée , est reconnaissable à ses propriétés.
:Si les sels de cuivre étaient décomposés par du lait , ee l’albumine , etc. , ou combinés aux tissus , on évai ire les substances dans lesquelles on veut découvrir ces [réparations cuivreuses , et on les fait calculer à la chamr rouge , pendant vingt-cinq à trente minutes. On ouve au fond du creuset dans lequel on fait l’expéence , un petit culot de cuivre métallique. Si la qualité du métal était si faible qu’il fût resté en parcelles u milieu du charbon , on traite la masse par l’acide uiüque , et par le moyen du filtre ou obtient une liqueur inntenant du nitrate de cuivre. 4.
Action sur l’économie. Toutes les préparations de livre sont très vénéneuses ; elles agissent à la manière -;s poisons irritans.
Préparations d’argent.
' Nitrate d’argent. Ce sel qui sert à former la pierre ■fernale , donne une solution transparente et d’une sali ur acre et très caustique. Projeté sur des charbons i‘ ?andescens , le métal est réduit, et il se dégage du |h acide nitreux : mêlé à la potasse et calciné , il donne Il culot métallique : sa solution donne un précipité