‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 64 sur 111 · POISONS I MUT ANS · texte numérisé non relu

POISONS I MUT ANS

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de chlorure d’argent , par le chlore et tous les hydro 68 chlorates. Ce chlorure est d’un blanc mat , caillcboté 1“ insoluble dans l’acide nitrique , soluble dans l’ammo niaque, décomposable et réductible, lorsqu’on le cal ■’ cine avec de la potasse. L’acide hydrosulfurique et le ■ hydrosulfates donnent un précipité de sulfure noir; 1 ' potasse et la soude un précipité olive, d’oxide d’argent ”

Le nitrate d’argent mêlé à des substances anima- lt,; les se reconnaît en faisant calciner les substances des séchées avec de la potasse , ou en les traitant pa l’acide nitrique. Dans le premier cas , l’on obtient un culot du métal ; dans le second , une solution d<| nitrate d’argent.

Action sur l’économie. Quarante ou cinquante grain:! de nitrate d’argent introduits dans l’estomac ne déterminent la mort qu’au bout de plusieurs jours; la muqueuse est ramollie et tachée d’escarres d’un gri blanchâtre , quelquefois d’un violet foncé. Pris en plus grande quantité , ce sel amène rapidement la mort , et paraît agir particulièrement sur le système nerveux et l'appareil pulmonaire. Lorsqu’on, le donne à doses frac Données médicamenteuses , la peau prend une couleur bronzée caractéristique.

Préparations antimoniales.

Tartrate acide de potasse et d’antimoine ( émétique). L’émétique est incolore, cristallisé en tétraèdres et octaèdres transparens , d’une saveur caustique et nauséabonde : mis sur des charbons incaudesccns , il

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e décompose , et il reste un petit globule d’antimoine {ui est d’un blanc bleuâtre , brillant , très cassant et acile à pulvériser. Traité par l’acide nitrique bouillant, il est transformé en deuloxide d’une couleur griàâtre. La dissolution d’émétique est troublée par les iecides sulfurique , nitrique , hÿdrochlorique ; la posasse , la soude , l’ammoniaque ou leurs carbonates en précipitent l’oxide d’antimoine ; l’acide bydrosulfuriiiique , y fait naître du sous-hydrosulfate d’antimoine iyui est jaune orangé (kermès). Les décoctions de planées astringentes et amères , de quinquina , par exemple ,

I décomposent l’émétique , et rendent son action sur l’éonomie à peu près nulle.

L’émétique est seulement mêlé aux matières des voiihissemens , à des substances alimentaires , ou bien il ii été décomposé. Dans ces deux cas , l'on procède aux expériences suivantes :

1° Si les matières que l’on examine sont liquides, mn les filtre et on agit sur la liqueur obtenue ; si elles oont solides, on rétablit les mêmes circonstances en i’es faisant bouillir dans de l’eau distillée , et l’on esaie les liqueurs par les dilTérens réactifs que nous avons ndiqués. La noix de galle en est un très bon ; elle lonne un précipité violet clair qui renferme tout l'oxide l’antimoine.

2° Lorsque cette première opération a laissé quelques doutes, on précipite la liqueur par la noix de pâlie ; on fait sécher le dépôt à une douce chaleur, puis on le mêle avec de la potasse , et l’on calcine le

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mélange dans un creuset. On obtient ainsi l’antimoij :i métallique. Cette opération est presque toujours la coi t sequence et le complément de la première , parce qu, dans un cas de rapport sur l’empoisonnement, on de se mettre a 1 abri des plus légères objections , et la pr senlalion du métal obtenu les lève toutes.

3“ Lorsque les matières solides soumises à Lébulii Iran dans l’eau ,,’out rien cédé à ce liquide , on les m{ avec du charbon cl de la potasse, et en les calcina, ans un creuset, on obtient un culot métallique, cornu, dans la seconde opération.

Sous-hydrosulfate d’antimoine ( kermès ). Ce com posé est solide , d’un brun pourpre , velouté , insolubl, dans l’eau. En le faisant bouillir avec une solution d, potasse, on obtient de l’oxide d’antimoine; en le calciliant avec du charbon et du sous-carbonate de potasse on met à nu l’antimoine.

Sous-hydrosulfate sulfuré d’ant imoine ( soufre doré ) Cette préparation est solide, sous forme de poudre d’ur jaune orangé , et insoluble dans l'eau ; elle se comporte avec les réactifs comme le kermès.

Chlorure d’antimoine ( beurre d'antimoine ). Est blanc, demi-transparent, onctueux en apparence, déliquescent , volatil , fusible et crislalli sable en tétraèdres. L’eau en précipite une poudre blanche de sous-hydrochlorate d’antimoine.

Oxide d’antimoine sulfuré vitreux ( verre d'antimoine ). C’est un composé de sulfure d’oxide d’antimoine et de silice; il est brillant et de couleur bya-

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-utlie. Calciné avec- du charbon , il donne de l’antioine métallique; l’acide hydrochlorique le dissout, à tBxœption de la silice ; et la potasse, la soude et l’aiuoniaque , l’acide hydrosulfurique , les hydrosulfates et i noix de galle agissent de la même manière qu’avec s» solutions d’émétique.

Action sur l’économie. Quoiqu’il soit reconnu que i à 40 grains d’émétique puissent produire des acei- ■i ns mortels , cependant lorsque l’on administre suc- ■'ssivement o à G grains de ce sel à peu d’intervalle , on

uut en faire prendre ainsi jusqu’à GO, 80 grains, sans

(•terminer de symptômes d'empoisonnement. La lolé- :nce est établie comme l’expriment les contre-stimuites, et la muqueuse gastro-intestinale n’est que légèment irritée. Mais dans les cas malheureux où ce recède devient funeste, il enflamme très violemment les -sus, occasione de petites escarres, des perforations ontanées , et semble agir principalement sur les apinreils de la circulation et de la respiration. Les autres éparations antimoniales agissent à peu près de la même tanière, à l’exception du beurre d'antimoine, qui déluit les tissus sur lesquels il est appliqué, mais dont ction est toujours locale.

Préparations de bismuth.

Le bismuth est solide , d’un blanc jaunâtre , fragile , d’une structure lamelleusc ; il fond facilement à 256° ; eest soluble dans l’acide nitrique.

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Nitrate de bismuth. II est sans couleur, très styptique; en poudre 01Ÿ en cristaux qui forment des prismes d’un assez gros volume. L’eau, versée sur ce sel, le partage en nitrate acide et en sous-nitrate (blanc de fard). Le nitrate acide donne un précipité d’oxide blanc, par la potasse, la soude et l'ammoniaque; de sulfure noir, par l’acide hydrosulfurique et les hydrosulfates. Le sous-nitrate est blanc , en poudre ou en paillettes nacrées ; il noircit par l’hydrogène sulfuré. Les oxides et i les sels de bismuth , mêlés à du charbon et calcinés au rouge dans un creuset, donnent un culot de bismuth métallique.

Action sur l’économie. Tous ces composés sont irritans. Il paraît qu’ils peuvent exercer une influence funeste sur le cœur, lorsque l’on continue long-temps Jeur emploi.

Préparations d’or.

Hydrochloratc d’or. 11 est d’un jaune orangé très I] foncé, d’une saveur styplique et désagréable ; il cristallise en aiguilles, est déliquescent et par conséquent»)1 très soluble dans l'eau. Le proto-sulfate de fer donne, A; dans la solution d’hydrochlorate d’or, un précipité brun i qui acquiert par le frottement les caractères de l’or :» l’hydrochlorate d’étain y fait naître le précipité pourpre* de Cassius. L’ammoniaque précipite des flocons d’uni jaune rougeâtre ; l’acide hydrosulfurique un sulfure , brun rougeâtre. Si ce sel était décomposé par les ma- ,

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i ières avec lesquelles il se trouve mêlé, ce qui arrive ordinairement, on obtient l'or à l’état métallique, en les calcinant.

Action sur l’économie. 11 occasione sur la peau des jtaches pourpres qui ne disparaissent que par la chute Ide l'épiderme ; à la dose d’un dixième de grain, et employé en frictions sur les gencives, il est sudorifique et diiurétique; il produit de petits ulcères sur les mem- Ibraues muqueuses avec lesquelles il est en contact.

Préparations de zinc.

Sulfate de zinc. Il est blanc, inodore, d’une saveur ajere cl styptique. Lorsqu’on le calcine avec du charbbon, le métal est réduit. Il se dissout dans deux fois et ddemie son poids d’eau, à la température ordinaire; il ddonne alors un précipité d’oxide blanc-verdâtre par ri’ammoniaque , dont un excès redissout le dépôt. Le «sulfure de zinc est noir ; l’hydrocyanate ferruré de poi.tasse fait naître dans sa dissolution un précipité bleu fi foncé.

Action sur l’économie. 11 est très rare que ce sel ne • soit pas rejeté par le vomissement : son action est peu énergique.

Préparations de plomb.

Plomb. Est solide, blanc-bleuâtre et brillant : c’est iuii des métaux les plus mous; il est facilement rayé par

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l’ongle et il marque sur le papier ; il est fusible comme le bismuth.

Acétate neutre de plomb ( sel de saturne ). Il cristallise en longs prismes à quatre pans; il a une saveur sucrée qui devient bientôt astringente ; il est efüorescent et très soluble dans l’eau ; sa dissolution dans ce liquide donne par les alcalis un précipité de proloxide de plomb hydraté; les acides sulfurique et carbonique forment un sulfate et un carbonate insolubles , l’acide chromique et les chromâtes un précipité jaune-serin.

Pour reconnaître la présence de l’acétate de plomb, dans des recherches sur l’empoisonnement, on doit d’abord se procurer sa dissolution aqueuse et incolore : pour cela on soumet les matières solides à l’ébullition, on filtre les matières liquides, on les décolore par le chlore , et l’on opère sur les liqueurs obtenues avec les réactifs que nous avons indiqués. S’il restait quelque doute, on précipite par l'acide hydrosulfurique, et en mêlant le sulfure de plomb avec du charbon , et faisant calciner le mélange, on obtient du plomb métallique , ce qui est le complément obligé de pareilles expériences.

Si l’acétate de plomb avait été décomposé et transformé en un composé insoluble , on dessèche lds matières que l'on étudie, et en les faisant calciner avec de la potasse et du charbon, le métal est réduit et il suffit de constater ses caractères.

Oxide de plomb. Protoxide (Massicot , Litharge). Est jaune, fusible au dessus du rouge-brun, et cristal-

rOISOüVS IRRITAIS.

?e en lames jaunes par le refroidissement. Chauffé avec

I charbon , il est réduit ; il est facilement soluble dans icide nitrique.

IDeutoxide (minium). Rouge-jaunâtre , pesant, est •alement réduit par le charbon. L’acide nitrique le nnvertit en proloxide qui se dissout, et en tritoxide mr qui est insoluble.

S Sous-carbonate de plomb ( Blanc de céruse ). Ce

I I est blanc et pesant , soluble avec effervescence dans i cide nitrique.

l Action sur l’économie. Il serait dangereux de faire i âge de vases de plomb/pour renfermer ou préparer I ■ s alimens et des boissons ; ces substances peuvent se il arger d’une petite quantité d’oxide ou de sels de ce i étal, et causer de graves accidens. Les personnes qui itt été soumises à des émanations de plomb et partilllièrement les peintres , sont atteintes d’une affection nmarquable ( colique des peintres ) , caractérisée par s coliques très vives , revenant par intervalles, la réiction des parois abdominales qui semblent comme liées sur la colonne vertébrale, une constipation opi- Ure etdes vomissemens fréquens. Lorsque les malades ' | ccombent, on ne trouve aucune trace d'inflammation ns le canal digestif ; les gros intestins sont contractés, ! -enus sur eux-mêmes, et il est impossible de découi r la présence du métal. Lorsque des préparations de >mb ont été données à des doses un peu fortes, la ►rt arrive avec les symptômes et les lésions que nous ■ b "Mis décrits. ( Voy. Action des poisons irritans. )

POISONS irritais».

Verre cl émail en poudre.

On a prétendu à tort que ces poudres, étaient vénéneuses; les dissertations de MM. Sauvages et Chaussier (Franck) , qui a rassemblé dans son travail les faits observés par le vénérable Chaussier, son père , démontrent complètement que les accidens qui peuvent suivre dans quelques cas l’ingestion de ces poudres , dépendent entièrement de l'irritation mécanique qu’elles sont capables de causer.

Poisons tirés du rogne animal..

Cantharides. ( Meloe vesicatorius , L. JÀtta vesi catoria, Fabr. ) C’est un insecte de la famille des coléoptères hétéromères : il a six à dix lignes de longueur et est d’une belle couleur vert doré, avec des antennes noires. On le trouve en Europe , mais surtout dans le midi. Pendant les mois de juin et de juillet, lorsqu’on le rencontre réuni en troupes , on le reconnaît de loin à son odeur fétide et pénétrante.

Cantharides pulvérisées. La poudre de cantharides est d’un gris verdâtre , et mêlée de points brillans d'un très beau vert. Lorsqu’on la projette sur un charbon incandescent, elle répand une odeur de corne brûlée. Le principe épispastique contenu dans ces insectes est une substance blanche , sous forme de petites lames cristallines, qui se dissout dans les huiles, et l’alcool

POISONS IRRITANS.

auillant qui en laisse précipiter une partie par le reoidissement: en paillettes cristallines , insolubles dans eau. C’est sur cette propriété qu’est fondée la préiration de la teinture alcoolique des pharmacies. Action sur l’économie. Les cantharides exercent une Gfluence spéciale sur les organes génitaux urinaires , >nnt on a souvent abusé en se servant de doses trop fortes î cette substance , pour provoquer des désirs vénéeens et donner la possibilité de les satisfaire. Lorsque ss symptômes d’empoisonnement s’observent , on les ■oconnaît semblables à ceux des poisons irritans , et en litre, toute la région hypogastrique est douloureuse , s urines sont rouges et brûlantes ; il survient de la fsurie et les hommes sont affectés d’un priapisme ouloureux. Les exemples de pareils accidens ne sont as rares, et l’on a vu un gros de poudre de canthaides mettre la vie dans le plus grand danger et proii lire des accidens qui eussent été presque infaillible— Idement mortels sans les secours de l’art. A l’autopsie î observe une inflammation extrêmement vive sur nites les parties qui ont été touchées; les signes d’irtalion que donne le système nerveux, prouvent que absorption a eu lieu.

Les moules provoquent quelquefois de très graves ccidcns sans que l'on puisse en assigner la véritable anse. On observe alors des vomissemens , et de vives ouleurs dans l’abdomen ; la respiration est difficile , certoreusc ou convulsive; la suffocation est imminente; u face est rouge et bouffie, plusieurs parties du corps

POISONS IRRITANS.

sont tuméfiées, et la peau, qui se rerouvre quelquefois d’éruptions vésiculaires et pétéchiales , est le siège d’une démangeaison insupportable; les extrémités se refroidissent, le pouls est petit et misérable, les muscles se contractent convulsivement, et la mort survient dans quelques cas.

M. le docteur Chisholm a rapporté cette observation curieuse , que parmi les poissons que l'on pêche dans les mers des Indes-Orientales, il en est quelques uns qui deviennent de véritables poisons depuis le mois de février jusqu’au mois de juillet. On ne connaît nullement la cause de ce phénomène.

Poisons irritons tirés du régne végétal

Nous les présentons dans l’ordre des familles naturelles de Jussieu.

Narcisse des prés ( Narcissus , pscudo-narcissus). TTexandrie mono gy nie , L. Narcissées, J. L’extrait de cette plante est doué de propriétés émétiques très énergiques ; il est rapidement mortel , à la dose de un à deux gros. L

Garou ( Daphné gnidensis ). Octandrie monogynie, , L. Thymélées, J. On se sert en médecine de l’écorcc et de la racine , en poudre, comme substance vésicante. Un ou deux gros peuvent occasioner la mort.

Gratiole. Diandrie monogynie, L. Scrophulariées ,

J. M. le docteur Bouvier a publié quatre observations qui sembleraient prouver que la décoction de feuilles

POISONS IRRITA NS

: gratiole , donnée eu lavement, peut occasioner tous ; symptômes de la nymphomanie ; mais M. Orlila use que cette opinion demande à être confirmée. Les filles et l’extrait aqueux de cette plante sont des poi- ,ns irritans très énergiques.

EEmétine. C'est un alcali végétal découvert par Pelletier dans l’ipécacuanlia : il est solide , blanc , lvérulent, peu soluble dans l'eau ; sa solution alcoojifue jouit de propriétés alcalines , et forme avec tous . ; acides minéraux des sels précipités en blanc sale rr la noix de galle. Celte substance est un irritant très rergique qui provoque de violens vomissemens etdeent mortel à la dose de dix à vingt grains. 'Staphisaigre ( Delphinium staphisagria ). Poandrie trigynie, L. Renonculacées, J. La graine rémite en poudre et donnée à la dose d’une once tue m chiens en quarante ou cinquante heures. Elle doit >i propriétés vénéneuses à un alcali végétal, décourrt par MM. Lassaigne et Ferneulle, auquel ils ont uné le nom de Delph ine ; cette substance est solide , anche , pulvérulente et opaque lorsqu’elle est sèche; le est cristalline lorsqu’elle est humide ; insoluble dans au, elle se dissout facilement dans l’alcool et l’éther, acide nitrique la colore en jaune, ce qui la distingue î la strychnine et de la brucine , que cet acide colore rouge. Les sels de Delphine sont solubles et plus létères que l’alcali à l’état de pureté ; six à dix grains oduiraient la mort, qui est précédée de vertiges et mouvemcus convulsifs.

POISONS IRRITA N S

Anémone. Pulsatille , Polyandrie polygynie , L. Renonculacées, J. Les feuilles et la racine de cette plante , ainsi que son extrait aqueux , agissent à la manière des poisons irrilans énergiques. Les feuilles perdent de leur vertu par la dessiccation.

Renoncule acre. Polyandrie monogynie, L. llcnonculacées, J. Les feuilles , le suc qu’on en retire , et l’extrait aqueux de la tige sont des irrilans très violens. ,

Chélidoine ( Chelidonium majus). Polyandrie monogynie, L. Papavéracées, J. Les feuilles , leur extrait et celui de la plante enflamment violemment les parties sur lesquelles on les applique : mortelles à la dose de plusieurs gros.

Gomme gutte. Suc résino-gommeux , obtenu par incision , des feuilles et des racines du G ut tæ fer a vera. Polygamie- monœcie , L. qui vient de Ceylan. Administrée en médecine à la dose de vingt grains , elle est fortement purgative : deux gros causent la mort des chiens les plus robustes en moins de vingt-quatre heures , lorsque l'on a la précaution d’empêcher le vomissement.

Lu lis radicans. Pentandric digynie , L. Térébintliacées. J. L’observation démontre que les gaz qui se dégagent des feuilles de celle plante lorsqu’elles ne sont pas exposées au soleil, sont très vénéneux: lorsqu’on les recueille et que l’on y plonge les mains , ils déterminent la chute de l’épiderme. Il en est de même lorsque l’on touche les feuilles ; celles - ci , ainsi (pie leur

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extrait aqueux , donnés à la dose de deux à trois gros , occasionent la mort à la manière des autres poisons irritans, et paraissent en outre jouir d’une action stuf pédante sur le syslèine nerveux.

Ricin ( Ricinus communia , P aima Christi ). Motncecie monadelphie , L. Euphorbiées, J. Les graines i fournissent une huile dont on administre une à deux t onces comme médicament laxatif ; introduites dans i’es- Itomac à la dose de un à deux gros , elles sont susceptibles de provoquer des accidens mortels.

Pignon d’inde. C’est la graine du médicinier ca- Ithartique ( Jatropha curcas , Croton tiglium). Tithy- ' maloïdes, J. Cette graine et l’huile que l’on en retire et que l’on nomme huile de Croton tiglium, produisent des purgations extrêmement violentes, à la dose de quelt ques grains de la première, et de quelques fractions de ; grains de la seconde.

Euphorbe. Substance gommo - résineuse , obtenue par incision des plantes du genre euphorbia. Les espèces dont on la retire sont E. officinarum. E. Antiquorum. E. Canariensis. ( Dodécandrie trigynio , L. T itky maloïdes, J.) Employée comme purgative à la dose de quelques grains , elle cause une inflammation gastro-intestinale mortelle à la dose de un à deux gros.

Elaterium ( Momordica clateriiim ). ( Concombre sauvage. ) Monoecic syngénésie, L. Cucurbitacées, J. Cette plante est célèbre en botanique par la propriété qu’ont ses fruits , lorsqu’ils sont parvenus à leur maturité, de lancer au loin les graines qu’ils contiennent et

POISOIYR irritais.

le suc qui les enloure. On s’est servi en médecine de la racine et du fruit ; on fait un extrait avec le suc de ce dernier. A la dose de deux ou trois gros , il peut déterminer la mort.

Bryotïe. ( Bryonia alba ou dioica). Monœcie syngènésic , L. Cucurbitacces , J. On emploie en médecine sa racine comme purgative ; elle détermine des accidens graves et même funestes , à la dose de un à deux gros.

Coloquinte (Cucumis colocynthis). Monœcie syngénésie, L. C.ucurbitacées , J. Ou ne se sert que du fruit qui entre dans la compositipn de plusieurs préparations purgatives ; son action est très énergique , et il peut devenir mortel à la dose de un à trois gros.

Sabine ( Juniperus sabina ). Biœcic monadelphie, L. Conifères, J. On emploie les feuilles de sabine en poudre ou en infusion dans l’eau. Elles sont regardées comme un violent einménagogue.

Il est encore un assez grand nombre d’espèces végétales qui jouissent de propriétés irritantes, telles qu’une foule d e renoncules , la joubarbe des toits (sedûm acre), plusieurs clématites et rhododendron, la couronne impériale (fritillaria imperialis) , la pédiculaire des marais fpedicularis palustris ), plusieurs arum. Mais nous avons étudié les plantes les plus remarquables, celles dont l’action est la plus énergique, et il suffit d’appliquer les détails dans lesquels nous sommes entrés sur les symptômes et les lésions qu’elles pro-

sent, à ces dernières espèces, pour en connaître -tsloire.

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