‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 65 sur 111 · CLASSE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CLASSE DEUXIÈME

Poisons narcotiques.

.a plupart des poisons narcotiques dont nous allons ccer l’histoire, sont employés en médecine comme diicamens , et leur nom est l’expression de leur mode ection, puisqu’il dérive du grec vxptui, qui signifie ;ourdissement, torpeur, assoupissement. Quelle que : ; la manière dont on les donne, qu’ils aient été induits dans l’estomac ou le rectum, dans les vais*ux, les séreuses ou le tissu cellulaire, ils détermii it toujours les mêmes symptômes.

! donnés à des doses capables de causer des accidens ||vves et funestes, on observe qu’ils agissent primilive- ] liât sur l’encéphale et la moelle épinière , dont ils • iblent et paralysent les fonctions. Les individus sou- | à leur influence éprouvent de l’engourdissement et la pesanteur de tête , tombent dans l assoupissement, succombent à un sommeil insurmontable; Ils sont h s un véritable état apoplectique. D’autres voient igmenter toutes leurs (acuités, leur imagination iume, puis ils ont des vertiges, sont pris d’un dégai ou furieux ; bientôt des douleurs , qui n’étaient ! ; légères, deviennent insupportables, ils jettent des plaintifs et s’agitent convulsivement. Les membres

plient, et n’offrent plus de résistance; la paralysie suit la faiblesse, les impressions ne sont plus ressenties , la pupille est contractée ou dilatée ; le pouls acquiert de la plénitude et de la dureté ; souvent ralenti , il offre quelquefoisdela fréquence. Fréquemment on remarque des nausées et des vomissemens; la respiration devient lente et stertoreuse, ou fréquente et incomplète, la torpeur apoplectique fait des progrès, on n’aperçoit plus que quelques mouvemens convulsifs partiels; ils cessent, et la mort est arrivée.

A l’autopsie, on trouve une forte congestion du cerveau et de ses membranes ; le cœur est mou et flasque, le sang noir et fluide, quoique l’on ait remarqué qu’il était quelquefois coagulé peu de temps après la mort; les poumons sont gorgés de sang, et le corps reste long-temps chaud et flexible ; le canal gastro-intestinal n’offre aucune trace d’inflammation.

Opium (opium thebaicum).

On nomme ainsi le suc des capsules du papaver somniferum, L., que l’on obtient par incision"; il est solide, noirâtre, ou d’un brun rougeâtre, d’une consistance molle, il doit se laisser facilement ramollir sous les doigts; son odeur est forte et désagréable; on l’exprime par le nom de viveuse: sa saveur est âcre, amère et nauséabonde.

Un grand nombre de chimistes ont analysé cette substance , dans laquelle on sépare une matière saline

poisons narcotiques. 345

narliculière , aperçue par M. Dcrosne, et que l’on îonmie sel de Derosne, ou narcotine. Une autre base dcaline dont l’histoire est due à M. Sertuerner, et qui avait été entrevue, en 1804, par M. Séguin; de l'acide unéconique, de l’huile fixe, de la résine et de la gomme, ■lit une matière qui partage quelques unes des propriétés Idu caoutchouc. „

M. Hare a proposé un nouveau procédé pour décourrir de très petites quantités d’opium : il est fondé sur .a propriété que possède l’acide méconique, de préciniiiter par les sels de plomb, et de donner une belle oouleur rouge avec les sels de tritoxide de fer. On erse quelques gouttes d’acétate de plomb dans le liquide qui contient la préparation d’opium, et l’on préfipite ainsi tout l'acide méconique. Cette opération est l-ssez longue, et n’est souvent terminée qu’au bout de

Ilcouze heures. On sépare le précipité, et on le dissout l.ians quelques gouttes d’acide sulfurique étendu ; on y ijijoute une quantité à peu près égale de sulfate de riritoxide de fer, et l’on obtient un méconate de fer il’ un très beau rouge.

Comme il est prouvé aujourd’hui que les propriétés le l’opium dépendent de la narcotine et de la morihine qu’il renferme, on peut juger à priori de l’éner- ! ie de ses préparations , d’après les procédés que l’on 1 uit pour les obtenir. Leur action sera d’autant plus nergique, qu’elles contiendront une plus grande proi lortion de ces alcalis.

Pour procéder avec méthode, et par voie d’analyse.

il est nécessaire que nous commencions par leur histoire.

Morphine.

A l’état de pureté, elle est solide, incolore, sans aucune odeur, elle cristallise en prismes rectangulaires à quatre pans, d’une transparence légèrement opaline; presque insoluble dans l’eau, dans l’éther et dans les huiles fixes; l’alcool bouillant en dissout une grande proportion, dont il laisse déposer la majeure partie par le refroidissement. Cette solution ramène au bleu le papier de tournesol, .leléc sur des charbons incandescens, elle fond avant de se décomposer, se comporte comme un alcali avec les acides quelle sature, et prend une très belle couleur rouge lorsque I on verse sur elle quelques gouttes d’acide nitrique.

Acétate clc morphine. Ce sel est inodore, d un blanc grisâtre, extrêmement déliquescent ; aussi est-il -fort difficile de l'obtenir cristallisé. Il est très soluble dans l’eau et l’alcool ; l’ammoniaque en précipite la morphine , mais la redissout lorsqu’on l'emploie en excès; aussi, pour donner de la certitude à son expérience, est-il nécessaire de faire évaporer la dissolution, et de chasser ainsi l’excès d’ammoniaque. L’acide sulfurique dégage l’acide acétique, et il se forme un sulfate; l’acide nitrique donne une belle couleur rouge. L'infusion de noix de galle, versée en petite quantité, donne un précipité blanc grisâtre qui se dissout facilement, pour

POISONS narcotiques.

i peu que l'on y ajoute de l’eau ou un excès d’infusion.

M. Lassaigne a fait connaître un fort bon procédé 1 pour découvrir l’acétate de morphine , qui serait mêlé i aux matières des vomissemens, ou à celles que reni fermerait le tube digestif. On filtre ces liquides, et après les avoir légèrement desséchés au bain-marie, on les l traite par l’alcool bouillant à 3(>°. Les graisses et l’acétate de morphine sont dissous ; la solution est de nouveau évaporée en consistance d’extrait que l’on traite par l’eau, qui, sans action sur les graisses, s'empare du sel de morphine , et le laisse déposer en cristaux lors- . qu’elle est convenablement évaporée.

Dans le cas où la solution d’acétate de morphine qui i est obtenue en traitant par l’eau le résidu alcoolique de l’expérience précédente serait colorée en jaune ou en brun , on devrait précipiter les matières colorantes par l’acétate de plomb, la liqueur filtrée ne contiendrait plus que le sel de morphine, et un excès d’acétate de plomb, que l’on décomposerait par quelques bulles de gaz acide hydro-sulfurique. L’excès de ce dernier serait chassé par la chaleur, et en filtrant la liqueur sur du charbon, on obtiendrait une solution incolore d’acétate de morphine, qu’il suffirait d’évaporer pour qu’il se déposât des cristaux. Ces nombreuses manipulations devraient être exécutées avec les précautions les plus minutieuses, et si l’on opérait sur de très petites quantités de sel de morphine, elles ne donneraient aucun résultat.

Action sur l'économie. La morphine, malgré son

insolubilité dans l’eau, provoque à peu près les mêmes accidens que son acétate lorsqu’elle est portée dans l’estomac; probablement qu’elle se combine à des acides contenus dans ce viscère. Les personnes soumises à l’action de cette substance, à des doses trop faibles pour causer l’empoisonnement, présentent de la céphalalgie, de la rougeur de la face et des yeux, des étourdissemens et des vertiges. « La pupille est contractée dans les dix-neuf vingtièmes des cas, à moins que l’action ne soit violente ; car alors il y a quelquefois dilatation de la pupille (Orfila). y> L’affaiblissement et l’engourdissement sont généraux , il survient des nausées et des vomissemens , les muscles sont agités de contractions convulsives , l’abdomen est sensible et douloureux ; la constipation constante , mais quelquefois subitement remplacée par de la diarrhée; l'émission des urines est difficile, le pouls perd de sa fréquence, la peau devient le siège de démangeaisons, que M. le docteur Bâilly regarde comme tellement constantes, qu’il n’oserait pas affirmer, dit-il, qu’un individu fut empoisonné par la morphine, s’il n’avait pas éprouvé de démangeaisons à la peau.

Lorsque l’on augmente la dose de cette substance ou de l’acétate de morphine, et qu'on la porte de cinquante à cent grains, on détermine la mort chez des chiens d’une forte stature, avec tous les symptômes d'une violente excitation encéphalo-rachidienne, tels qu une vive sensibilité au moindre contact, l’affaiblissement et la paralysie des extrémités, des cris plaintifs et des cou-

lisions. Ces préparations ont une action beaucoup dus marquée, lorsqu’elles sont injectées dans les veines, 1 portées dans le tissu cellulaire. Trente ou quarante Tains suffisent alors pour provoquer les mêmes acci-

?EDS.

111 résulte d’une expérience de M. Desportes, qui a mumis une poule à l’action de l’acétate de morphine , oont chaque jour il augmentait la dose, ayant commencé aar un huitième de grain , et l’ayant portée jusqu’à 36 vains, dans un intervalle de 25 jours, pendant lequel animal prit 6 gros et 53 grains de ce sel, que le phéomène dominant a été l’irritation gastro-intestinale ; ue le narcotisme ne survenait que pendant une ou aux heures, et seulement lorsque la quantité de poison ! ait augmentée ; car les jours où l'on donnait la même oose que la veille, il n’y avait aucun symptôme de narcotisme; et qu'il serait possible que l’usage de l’aftitate de morphine, long-temps continué, causât la ort, par l’accroissement de la phlegmasie intestinale, ms occasioner aucun phénomène incontestable de naratisme.

Toutefois le travail de M. Bailly sur l’acétate de mor- ! hine, les expériences de M. Chevallier, pharmacien, ni s'est courageusement soumis à l’action de ce sel pour n mieux observer les effets, et une foule d’autres obarvations établissent qu’il y a iiritation et congestion e l’axe cérébro-spinal , et que ce dernier phénomène \xpliquc les vertus calmantes et somnifères que I on lllribue à l’opium.

350 TOISONS narcotiques.

A l’autopsie, on ne rencontre souvent aucune altération manifeste; dans d’autres cas, on observe une forte congestion sanguine de l’appareil encéphalique , et DI. Flourens a particulièrement signalé l'existence d’une elfusion sanguine sur les lobes cérébraux des oiseaux qu’il avait empoisonnés par l’opium. Le sulfate etl’hydrochlorate déterminent les mêmes accidens que l'acétate de morphine.

Narcotinc ( sel de Derosne ).

Cette substance est solide, blanche, sans la moindre odeur, et insipide. Elle est très soluble dans l’éther, beaucoup moins dans l’huile d’olive ou d'amandes douces, elle ne manifeste aucune propriété alcaline, se dissout bien dans les acides; le nitrique ne la colore pas en rouge, comme la morphine , mais en jaune.

Action de la narcotine sur l’ économie. M. -Bailly , qui s’est livré à de nombreuses recherches sur les effets de la narcotine , a pu donner cette substance à la dose de 120 grains par jour sans provoquer d’accidens; et en ayant essayé l'emploi sur douze paralytiques qui étaient extrêmement sensibles à l’action d’une très petite quantité de strychnine, il ne détermina que de légers vertiges chez l’un d’eux, en leur faisant prendre 15 grains, malin et soir. J1 résulte d'un assez grand nombre d’expériences que , dissoute dans l’acide hydrochlorique ou nitrique, la narcotine peut cire donnée à des chiens à la dose de 50 à 60 grains, sans qu’ils eu

irouvent d’accidens, tandis qu’elle produit une vive , teitation et la mort , lorsqu’elle est dissoute dans les «des acétique ou sulfurique, et donnée à la dose de ) ou 40 grains. On observe alors des convulsions qui i renouvellent à de courts intervalles; la tête est rennrsée en arrière, et la faiblesse trop grande pour que -5 animaux puissent se soutenir; ils tombent de côté, mussent des cris plaintifs , et périssent huit ou dix mures après l’ingestion du poison. La narcotine, dis— iute dans l’huile, détermine la mort à la même dose,

: i même à une dose plus faible, en jetant les animaux ins une profonde stupeur.

L’autopsie fait découvrir une vive irritation du canal testinal, et une forte congestion encéphalo-méninenne.

(Action de l’opium sur l’économie. Rien de plus rriables que les symptômes attribués par les auteurs à împoisonnement par l’opium , et quoique l’on fasse , médecine, un usage continuel de cette substance, < est encore loin d’être d'accord sur scs effets. Quelles auteurs ont voulu les expliquer par les propriétés fférenles de la morphine et de la narcotine , en préntant la première comme éminemment calmante,

ndis que la seconde produirait seulement l’excitation, iis les expériences sur les animaux et l’observation

r l’homme contredisent complètement cette séduinte théorie; et en admettant que la narcotine ne dé- . rmine pas l’assoupissement et l’état apoplectique, il

un resterait pas moins démontré que la morphine la

plus pure occasione des convulsions, du de-lire, des cris plaintifs, qui ne paraissent pas propres à mettre hors de doute sa vertu sédative. L’opium, donné en nature, produit de l’assoupissement ou de l’insomnie , selon la dose à laquelle on l’administre, et le grand nombre d’explications que l’on a données de ces phénomènes prouvent toute leur incertitude. Voici toutefois l’opinion qui nous paraît le plus près de la vérité, celle qui esl professée par un assez grand nombre d’auteurs. L'opium, les principes qu’il renferme et ses diverses préparations provoquent toujours une congestion cérébrale qui cause cette exaltation intellectuelle, ce surcroî de vie, ce vif sentiment de bien être qu’éprouveni ceux qui en font un usage habituel, lorsqu’ils se bornent à en prendre de faibles doses. Si la congeslioi augmente, les facultés sont perverties, cl tous les signe: d’une vive irritation apparaissent, délire, cris' plaintifs, rêvasseries, images effrayantes, mouvemens convulsifs, contraction de la pupille. La congestion est-elh encore portée à un plus haut degré? symptômes apoplectiques, relâchement des muscles, paralysie de: extrémités inférieures, parce qu’elles sont plus éloignées du centre nerveux, et que l’innervation ne leu arrive plus, le cœur et la poitrine ralentissent leur mouvemens, et la face est congestionnée, parce qui l'irritation, qui appelle le sang au cerveau, s’étend.; toute la tète. Cependant la face est pâle lorsque le mouvemens du cœur se ralentissent plus tôt que ceu: de la respiration. La mort ne tarde pas à survenir.

tOISONS NARCOTIQUES- 353

Ici, comme dans toutes les actions organiques, nous : n’apercevons que les phénomènes apparens; les modifications plus profondes nous échappent, et nous somii mes obligés d’établir des relations de cause et d’effet e entre des laits qui sont peut-ctre complètement indéj pendans.

Je transcris ici une observation publiée par M. Bar- Ibier, d’Amiens, qui me paraît l’expression la plus consstante de l'empoisonnement par l’opium, k Une jeune 1 fille , âgée de quatre ans, avala, le matin à sept heures, l'deux gros de liqueur d’opium de Cliaussier, au lieu de vvin d’ipécacuanha. Une heure après, il y eut de l'agitation, des cris, des convulsions bien prononcées; ces convulsions se renouvelaient de temps en temps; à onze heures moins un quart, la malade était dans l’état j apoplectique, et offrait les symptômes suivans : Figure .gonflée d’une couleur violacée, paupières supérieures llombantes, yeux entr’ouverts , langue et lèvres d’un vio- Uet foncé, pléthore capillaire bien prononcée, tous les t muscles dans une paralysie complète, tête pendante ainsi que les membres; déglutition nulle; on ne sentait le pouls que par momens, et il était très petit; la chaleur animale semblait s’éteindre par degrés, les membres étaient froids, respiration lente et entrecoupée de - soupirs, mort à deux heures sans aucune réaction.

Autopsie. Le sang ruisselait à la surface de la duremère, l'arachnoïde était gonflée par une sérosité qui formait comme une couche sur toute la surface du cerveau. Les vaisseaux gros cl gorgés de sang formaient un

réseau très compliqué autour de l’encéphale et de la moelle alongéc qui étaient fortement congestionnés. On trouva une cuillerée de sérosité dans chaque ventricule. Il y avait dans la cavité encéphalique une surabondance de sang bien marquée ; il en restait , après avoir enlevé le cerveau et le cervelet, un grand verre à la base du crâne : tous les autres organes étaient sains.

Le célèbre ïtéaumur a rapporté , dans les Mémoires de l’Académie des Sciences, une observation d’empoisonnement par l’opium, arrivée au Caire. Dans l’intention d’endormir un de leurs camarades , des jeunes gens lui donnèrent , à son insu , un drachme d’opium dissous dans un verre de vin; quelques heures après le jeune homme montre beaucoup d’exaltation , puis est pris de délire et d’un profond assoupissement. Le lendemain, on le trouva sans pouls, livide, la bouche fermée et mourant. Il expira quinze heures après avoir pris l’opium. Son cadavre était couvert de tumeurs livides de la grosseur du poing, qui étaient remplies de -sang extravasé.

Ji'SQCiAXin ( Tfyoscyamus niger). Fcntandric monogynie, L. Solanées, J.

Action sur l’économie. Les médecins ordonnent quelquefois la poudre de jusquiamc , ou son extrait , lorsqu’ils veulent agir sur le cerveau et tout l’appareil nerveux ; ses préparations commencent par provoquer de la céphalalgie et du trouble dans les perceptions; la vue est confuse et affaiblie, le sommeil agité par des rêvasseries; il survient des vertiges, un larmoiement

onlinuel ; si l’on continue à élever les doses de cette Ubslance, l’on voit paraître des nausées cl des vomisicmens, des secousses convulsives , du délire ou un désrdre plus ou moins marqué dans les idées , le caractère; n rapporte que deux époux qui avaient toujours vécu n parfaite intelligence , avaient des accès de colère et ’î querellaient vivement toutes les fois qu’ils étaient ééunis dans une des pièces de leur maison. L’on découvrit que ce changement d’humeur était causé par des ixkhalations d’un paquet de graines de jusquiame, qui ?>. trouvait dans l’appartement et qui était échauffé par ■| poêle.

I Dans les cas où les accidens sont plus graves, on ob- ;rve l’assoupissement, l’état apoplectique, ou une stueur marquée, et la mort. M. Runga, docteur de l’Unijrsité de Berlin, a indiqué un nouveau moyen pour («assurer si l’empoisonnement a eu lieu par cette plante,

0 belladone ou la pomme épineuse. 11 suffit de toucher ii conjonctive d’un chat avec un liquide qui contienne |i aelques traces de ces végétaux, pour que la pupille jldte aussitôt une dilatation très marquée, phénomène

1 ai ne peut être produit par aucun autre corps connu.

1 n trouve à l’autopsie des signes de légère phlogose du 1 ibe digestif et l’injection sanguine de l’appareil encé- |! îalo-rachidien.

Les exemples d’empoisonnemens par cette plante sont (l ès nombreux , et l'on a souvent pris ses feuilles radi- 1 îles pour des feuilles de chicorée, et ses racines pour ii ;lles du panais.

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Laitue tireuse. Chicoracées, J. On l’emploie. en médecine à cause de ses propriétés calmantes ; elle a une action moins énergique que l’opium, mais elle a sur lui l’avantage d'être beaucoup moins excitante Trois ou quatre gros de l’extrait de cette piaule pourraient causer des accidens mortels.

Solamine. Substance alcaline découverte en 1821 par M. Desfosses , et retirée des baies de la morelle et des fruits de la tige de la douce-amère. Elle est blanche, pulvérulente et inodore, soluble dans l’alcool susceptible de neutraliser les acides et de former avec eux des sels solubles.

M. Desfosses compare son action à celle de l’opium et il l’a vue , à la dose de quelques grains , causer de; vomissemens, de la somnolence et un assoupissement profond pendant plusieurs heures.

Plusieurs autres végétaux jouissent de propriétés à peu près analogues, quoique moins énergiques : tels sont diverses espèces de solanum , le taxus baccata, etc.

Acide iiïdroctanique. Cet acide est composé de carbone d’azote et d’hydrogène ; ou le nomme aussi acide prussique. Celui qui a été décrit par Sclièele esi étendu d’eau; celui de M. Gay-Lussac est pur. A la température ordinaire il est liquide, transparent et incolore; son odeur est si forte qu’elic occasionc instantanément de la céphalalgie et des étourdissemens ; répandue dans une grande proportion d’air, elle rappelle celle des amandes amères d'une manière très prononcée. Ce liquide est très volatil cl décomposable en peu]

l’OISON S NARCOTIQUES. 357

le temps ; lorsqu'on l’abandonne à lui-même , il perd sa ransparence et se noircit ; il brûle avec flamme lorsqu’on l’approche d’un corps en combustion ; sa propriété caractéristique est de former du bleu de Prusse lorsqu’il est un peu étendu d’eau et mis en contact avec tl’ie la tournure de fer. Il en est de même lorsqu’on le naiêle avec une petite quantité de solution de potasse et qjuelques gouttes de persulfate de fer; la liqueur prend lune belle couleur bleue , et il se précipite bientôt du bbleu de Prusse.

M. Lassaigne , dont nous avons déjà cité plusieurs fois Ides travaux , a donné un moyen de reconnaître cet acide dans un liquide qui n'en contiendrait que le vingt-millième de son poids ; il faut pour cela le saturer avec un peu de potasse, on ajoute une solution de deuto- ■ sulfate de cuivre, dont une partie est précipitée par la ipotasse, et il suffit de verser quelques gouttes d’acide Ihydrochlorique , qui dissout l’oxide de cuivre, pour que Ida liqueur prenne un aspect laiteux plus ou moins marqqué, caractéristique de la présence de l’acide hydrocyau nique.

M. Lassaigne a encore fait une remarque assez importante , c’est que cet acide est indiqué par le deutosulfate de cuivre presque immédiatement, tandis que l’action du persulfate de fer n'est opérée qu’au bout de quelques heures, de sorte que l'apparence laiteuse de la liqueur a disparu bien avant que le bleu de Prusse ne commence à se produire.

M. Orfila a aussi proposé dernièrement un réactif

POISONS NARCOTIQUES, propre à indiquer cet acide et à en constater ia

^ -“.as

dans l’acide nitrique, soluble dans «^acidc h * -u01*1 q<ule décompose, et dans l’ammoniaque Ce ’ ^

lavé et séché donne la quantité d’ae' i i C}anure

j:zz! z;to^7i?r; * «• c»“-

aucun doute sur l’action excessivement'^ 13,836111 ce PO,„„. Voici comment C « L extrémité d’un tube de verre tremn • i ■ * '

( on hydrocyamque ) , r„t Irmmponé dans Ia „e ... CB, en v, g„„re, „ , J pci„c Ie lube araiW] *

lo longue que l’animal « deut ou trois grau le, rouons précipitées et tomba roicle mon. ,1 nous tut impossible ,1e trouver dansses organes musculaires aucune trace d’irritabilité. ^

Bans une autre expérience quelques atomes d’acide ayant etc appliqués sur l’œil d’un chien, les effets furent presque aussi soudains que ceux dont je viens de parler et d’ailleurs semblables.

t ne goutte d’acide étendue de quatre gouttes d’alcool ajanl été injectée dans la veine jugulaire d’un troisième chien, l’animal, à l’instant meme, tomba mort comme s’il eut été frappé d’un boulet ou de la foudre.

En Unmot> racide Pmssique pur est, sans aucun doute, de tous les poisons connus, le plus actif cl le

lins promptement mortel ; sa puissante influence déléère nous permet de croire ce que les historiens rapportent du coupable talent de Locuste, et rend moins extraordinaires ces empoisonnemens subits et si comuQuns dans les annales de l’Italie. »

Lorsque l’on donne l’acide hydrocyanique à des doses jrcop faibles pour causer instantanément la mort, on

ÎLbserve une gêne momentanée de la respiration, quelques convulsions, des paralysies partielles ou gétérales, de la douleur vers l’estomac, des vomisse- ||:aens, et des déjections fréquentes. La contractilité et | i sensibilité s affaiblissent , et les animaux périssent J n présentant les différons degrés de narcotisme.

Lorsque les effets de ce poison ont été prompts et ra- !' Renient mortels, on ne découvre aucune lésion sur ps P°illts de l’économie avec lesquels il a été mis en Ir ontact. Les veines sont gorgées d'un sang noir et épais, - Iles tissus exilaient une odeur d’amande amère; la pile i c parvient à déterminer aucune contraction muscuj lire : ce qui prouve que la contractilité et toute inj ervation sont complètement anéanties. Lorsque les I ffels de ce poison ont été plus lents , on découvre les

I aces d’une phlogosc très vive de l’appareil gaslro-in- ] estinal.

L’ac’dc hydrocyanique existe dans plusieurs végé- 1 ÎUX , tels que le laurier-cerise, le pêcher et le merisie gi ;ip|ics , ainsi que dans les amandes amères ■ c’es I sa présence qu'il faut attribuer la mort des insecte >.ut vont aucçy les fleurs du laurier-cerise; l’eau distillé'

de ces plantes détermine l'empoisonnement chez les animaux et chez l’homme, comme on en possède des observations nombreuses et authentiques, et les propriétés médicinales du lait d’amandes amères dépendent certainement de cet acide. Quelles que soient les préparations dans lesquelles il serait contenu, on pourra toujours le reconnaître à son odeur et à sa propriété de former du bleu de Prusse, lorsqu’on le mêle avec un peu de potasse et de persulfate de fer.

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