‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 66 sur 111 · CLASSE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CLASSE TROISIÈME

Poisons narcotico-âcres.

Le nom de narcotico-âcres, sous lequel on désigne ces poisons, semblerait indiquer qu’ils possèdent deux sortes de propriétés , l’une narcotique, semblable à celles des substances de la classe précédente ; l’autre acre ou irritante , propre à exciter l’inflammation des parties avec lesquelles ils sont en contact; mais il n’en est pas ainsi, et en étudiant les corps nombreux qui sont rangés dans cette classe , nous leur reconnaîtrons des propriétés fort différentes, et dont quelques unes sont difficilement expliquées ; aussi les auteurs qui les ont étudiés les ont rangés en plusieurs groupes d'après l’analogie de leurs effet?.

POISONS NARCOTICO— ACRES.

A. Colchique , v araire > s cille , digitale , belladone y datura stramonium , tabac , laurierj rose j ciguës, œnanthe, ellébore , aconit-napel .

TTous les symptômes déterminés par ces substances ggétales prouvent leurs effets irritans sur le canal injtitinal et le système cérébro-spinal ; ils sont continus me présentent pas d’intermittence. Après lenr ingesnin dans l’estomac , on observe des nausées et des vo- ■ssemens, de nombreuses déjections, de la douleur ns l'abdomen. Les malades éprouvent une grande italion, ils ont du délire, des mouvemens convulsifs ns les muscles de la face et des membres , la pupille contractée, ils jettent des cris aigus, le pouls est tilit , fréquent et irrégulier. Chez quelques-uns le narliisme domine, ils sont abattus, accablés, ont la pull le naturelle ou dilatée, et tombent dans un état d in- ! lisibilité et de stupeur.

IV l’autopsie on remarque les lésions que produisent I poisons des deux classes précé lentes.

Colchique ( Colchicum autumnale). Hexandrie trinie, L. Junci , J. On se sert de la racine que l’on uve dans le commerce , sous la forme d’un corps d'de de la grosseur d’un marron ; convexe d’un côté présentant la cicatrice occasionée par la petite lige , j! :usée longitudinalement de l’autre, d’un gris jaunâtre Il ^extérieur, blanc et farineux à l’intérieur, d’une

POïSONB TV AK COïTCO -ACRE S .

( Gui -

odeur nulle, d’une saveur acre et mordicante bourt. )

Lorsque la racine de colchique est fraîche , on en retire un suc laiteux, dans lequel on a reconnu du gallale acide de vératrine. Lorsqu’on la fait prendre en nature à des animaux , ou que l’on donne le suc qui en est exprimé, on voit survenir des vomissemens , des mouvemens convulsifs dans les membres , les animaux tombent de côté et expirent au milieu de convulsions télaiques.

Varaire ( Veratrum ). Ellébore blanc. Polygamie vionœcie, L. Junci, L. Cette plante, dont on emploi quelquefois la racine , jouit des mêmes propriétés vé-j néneuses que laprécédente ; elle contient comme elle du gallate acide de vératrine.

Cévadille (Veratrum). Polygamie monœcie , L. Junci, J. Les graines contiennent du gallale acide de vératrine et possèdent les mêmes propriétés -que ce) alcali.

Yératritve. Alcali végétal découvert par MM. Pel lctier et Caventou, dans les racines du colchique, d la varairc et dans les graines de la cévadille. Cette su stance est solide, blanche et pulvérulente; elle n possède aucune odeur , mais est d’une dcrcté excessive elle se dissout facilement dans l’alcool, moins bien dan| l’éther et esta peu près insoluble dans l’eau. Ses sel sont incrislallisables et toujours acides.

Action sur l’économie. ( Voy. Colchique .)

Soi LEE ( Scilla maritima ). Hexandric monogynie

POISOJXS XAUCOUCO-ACRES. 3Ü3

Liliacées, J. Ou emploie beaucoup eu médecine. bulbe (le cette plante , que l’on fait entrer dans une de de préparations diurétiques. Son volume est souît celui d’un petit melon, et elle répand uue odeur re et pénétrante, assez analogue à celle du raifort. \iction sur l’économie. La scille enflamme les parsj avec lesquelles elle est mise en contact, mais paît principalement agir sur le système nerveux. Elle évoque le vomissement, une grande gêne de la respiion , et peut causer la mort lorsqu’elle est appliquée ;ir dose d’un gros sur le tissu cellulaire d’un chien de yenne taille.

Digitale ( üigitalis purpurca ). Didynamie anspermie , L. Scrophulariécs, J. C’est une plante bisîuellc , qui est commune aux environs de Paris, et aarquable par ses longues colonnes de fleurs. On fait Lge, en médecine, de ses feuilles et de leur extrait, imr ralentir les mouvemensdu cœur ; mais pour obtenir effet , il faut que la muqueuse gastro-intestinale soit ae. Lorsque l’on porte subitement les doses de cet rail à huit ou dix grains, et à un demi-gros sur des ens soumis aux expériences , on observe tous les nés d’une violente irritation gastro-encéphalique , usées , vomissemens , céphalalgie , secousses muscu" ?es, anxiété, puis somnolence et stupéfaction. Delladoae ( Atropa belladona). Penlandrie mojynie, L. Solanées, J. Plante vivace, qui croît sur bords des bois montueux. Sa racine, scs feuilles et fruits ont été employés en médecine; quelles que

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soient leurs préparations , elles jouissent de la remarquable propriété de dilater fortement la pupille , lorsqu’elles sont données à l’intérieur, ou appliquées sur la conjonctive.

M. Barbier, d’Amiens, décrit ainsi les symptômes de l’empoisonnement qu’elles occasionent, et dont on a eu de nombreux exemples sur l'homme :

« Sécheresse de la gorge et du gosier, soif, efforts pour vomir, cardialgie, coliques, figure rouge et gonflée, yeux hagards, pupilles dilatées, injection des conjonctives, vision confuse, délire ordinairement gai, vertiges, difficulté ou impossibilité de se tenir debov rire sardonique, trismus des mâchoires, impossibilité d’avaler, agitation continuelle, convulsions, soubresauts des tendons , rigidité de l’épine du dos , battemcns convulsifs du cœur, oppression, éruption de taches gangréneuses à la peau , pouls petit, sueurs , lipothymies, froid des extrémités, mort.i

L’on voit que les principaux symptômes dépendent de l’action de cette substance sur le système nerveux , beaucoup plus que de l’irritation produite dans le canal digestif. M. Flourens a conclu de ses expériences que les tubercules quadrijumeaux étaient principalement affectés , et devenaient le siège d’une effusion sanguine.

Pomme épineuse (Datura stramonium). Pentandrie monogynic, L. Solances , J. La médecine ss sert des feuilles, de la tige, et de l’extrait de cette plante.:

POISONS NARCOTICO-ACRES. 365

ï la dose de deux ou trois grains , elle paraît posséder -es mêmes propriétés que la belladone.

Tabac ( Nicotiana ). Solanées , J. A été employé n médecine , sous forme de sirop , comme un puissant expectorant, et en lavement comme excitant; donné à urne dose un peu élevée, le tabac produit des vomiseeméns, des déjections sanguinolentes, des trembleniens, le désordre des facultés intellectuelles, la somnolence, cl la mort. M. Ansiaux, professeur à Liège , rapporté l’histoire d’un empoisonnement suivi de lort subite, causé par un lavement fait avec une déoction de deux onces de tabac à fumer. M. Chevallier fait connaître une autre observation recueillie en An- ;leterre , d’un empoisonnement par un lavement préiaré avec une once de tabac en infusion. Il survint Thorribles convulsions, et l’individu périt au bout e quinze minutes.

Les faits recueillis par MM. Desgenettes, Willermé ttParent-Duchatelet, Pointe, etc., ont établi contra- I lictoirement aux opinions de Ramazini et de M. Mérat, i;ue le travail dans les manufactures de tabac n’est pas i langereux en France , où l’on a soin d’hurnecter cette ubstance , ce qui empêche les émanations.

Laurier-rose ( Neriurn ). Apocynées, J. Les feuilles, e bois, l’eau distillée, l’extrait de cette plante, proluisent des symptômes d’empoisonnement, dont le voaissementel la stupéfaction paraissent les caractères les dus saillans.

Ciguës. Grande ciguë ( Conium maculatum. ) Ci-

Si.

BOISONS NARCOTICO— ACRES.

guë aquatique ( Cicutaria aquatica ). Petite ciguë ( Æthusa cynapium L. ), Pcntandrie digynie , L. Ombclliferes , J. La petite ciguë a quelquefois été confondue avec le persil, quoique ces deux plantes se distinguent par les caractères suivans. L'odeur du persil est connue et agréable , tandis que celle de la ciguë est nauséabonde. Le persil a des ombelles pédonculées , et souvent garnies d’une collerette à une seule foliole; la petite ciguë a des ombelles sans collerette , et ses feuilles sont d’un vert noirâtre sur leurs faces supérieures, et luisantes in' erieurement; en outre, sa racine est plus petite que celle du persil.

Action sur l'économie. Que l’on emploie les feui».. >. la racine ou le suc de ces plantes, lorsqu’elles sont en pleine végétation, on leur trouve des propriétés vénéneuses d’une grande énergie. La ciguë aquatique est la plus active. Toutes déterminent les symptômes indiqués page 361 , qu’elles soient portées dans l’estomac , que leurs sucs exprimés soient injectés dans les veines ou dans le tissu cellulaire.

OEnanthe safranée ( Crocata ). Pcntandrie digynie, L. Ombellifercs , J. D’après les résultats des expériences entreprises sur les animaux, il paraît que les effets de cette plante diffèrent peu de ceux de la belladone.

Ellébore noir ( IleUeborus nîger ). Polyandrie polygynie, L. Renonculacées , J. Les Anciens regardaient la racine de cette plante comme un remède contre les aliénations mentales. Lorsqu’elle détermine

POISONS NARCOTICO-ACRES.

empoisonnement, on remarque des nausées etdesvo- ■issemens qui surviennent en peu de temps ; car l'on ne mnaît aucune substance qui provoque aussi rapidement cet accident, lorsqu’elle est mise en contact avec me plaie saignante ; la circulalion est ralentie, ia resrration gênée; les animaux respirent fréquemment, mme s'ils étaient essoufflés par une longue course. La iiigue dépasse la bouche et est pendante ; il survient 'ss vertiges, des trcmblemcns convulsifs; les animaux •- peuvent plus se soutenir , ils tombent de côté et exrent dans des convulsions tétaniques, avec opisthoj nos et emprosthotonos.

L’on trouve le canal digestif enflammé, les poumons >rgés de sang et hépatisés en rouge.

Aconit napel ( Aconitum napcllus). Polyandrie ; igynie, L. Renonculacées , J. Les effets vénéneux iioduits par les feuilles de cette plante sont moins vio- ; ns que ceux que déterminent la racine ; et I cxtrait i sineux est plus actif que l’extrait aqueux. L'empoimncmcnl a également lieu, quel que soit le mode administration de ces substances; portées dans les 1 :ines, leurs effets sont beaucoup plus prompts. L’inflammation du tube digestif et une espèce d’aénation mentale sont les symptômes les mieux carac- :risés.

POISONS NARCOTICO-ACRES.

1° C. Feve de Saint-Ignace , noix vomique, upas lieuté, strychnine. Ecorce de fausse anguslure, hrucine.

Fête de Saint- Ignace ( Noix igasur des Philippines'). Pentandrie monogynie , Apocynées, J. Celte graine, qui provient de l’ignacia ainara , doit ses propriétés à la grande quantité de strychnine qu’elle renferme ( trois fois autant que la noix vomique , selon MM. Pelletier et Caventou). M. Guibourl l’a ». -i décrite. « Elles (ces graines) sont grosses comme des olives, arrondies et convexes d’un côté, anguleuses, et à trois ou quatre faces de l’autre; offrant, à une extrémité, la cicatrice du point d’attache. Leur substance intérieure est cornée, demi-transparente, très dure. Elles ont une saveur très amère et sont inodores.

IVoix vomi oie ( Nux vomica ). Pentandrie monogynie, Apocynées , J. C’est la graine du strychnos nux vomica. Elle est ronde et plate, d’un tissu très résistant et comme corné , très difficile à écraser; elle a une telle amertume, qu’il suffit qu'elle ait touché la langue pour qu’on la ressente encore long-temps dans la bouche. Elle est formée, selon MM. Pelletier et Caventou, 1° d’igasurate de strychnine; 2° d'une matière colorante jaune; 3° d'huile concrète, de bassorinc, d’amidon , d’un peu de cire et de quelques fibres végétales. UrAS tieiité. On appelle ainsi un extrait, que l’on

poisons narc:otico-acres. 369

ppose obtenu d’une espèce de strychnos , et dont se rvent les hommes de Java pom- empoisonner leurs ches ; M. Pelletier l’a trouvé composé de strychnine :ie à un acide et à deux matières colorantes. ^Strychnine. C’est à cet alcali végétal, découvert 1818 par M>I. Pelletier et Oaventou, qu’il faut attriicer les propriétés vénéneuses des substances précénntes. Il est sous forme de poudre blanche , que l’on m\e composée de petits prismes à quatre pans, ternnéspar des pyramides à quatre faces surbaissées; il ! ; d’une amertume insupportable, se dissout assez »n dans l’alcool elles huiles volatiles, salure les acis et rougit ordinairement un peu par l’acide nitrique ; qui dépend de ce qu’il est impossible de l’obtenir rfailement pur de la noix vomique, car celui que m extrait de l’upas tieuté ne présente pas ce caractère. FFausse angestere. On nomme ainsi l’écorce d’un bbre dont on ignore encore le nom. Lorsque l’on la fet macérer dans une solution très faible d’acide hyochlorique, et que l’on ajoute de l’hydrocyanale fer- ! ré de potasse , la liqueur verdit aussitôt , et il ne larde s à se déposer du bleu de Prusse ; ce que ne produit s l’angusture vraie. Les recherches de MM. Pelletier Caventou ont démontré dans ces écorces l’existence un nouvel alcali végétal , auquel ils ont donné le nom brucine.

Brucine. C’est une substance solide, cristallisée en lits prismes obliques, à base parallélogrammique , üs qui s’obtient quelquefois sous forme de masses

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feuilletées d’un blanc nacré ou en champignons. Elle est d’une grande amertume , jouit de propriétés alcalines, fond un peu au dessus du centième degré du thermomètre centigrade, et se prend en masse comme de la cire; combinée avec les alcalis, elle forme des sels j solubles. Le nitrate de brucine est rouge, passe ensuite au jaune, et le protohydrochlorate d’étain lui communique uue très belle couleur violette.

Action sur l’économie. Un grain d’extrait alcoolique de poix vomique, dit M. Magendie, absorbé dans un point quelconque du corps, ou mêlé aux alimens, cause promptement la mort d’un chien assez gros, en produisant des accès de tétanos, qui , en se prolongeant, s’opposent à la respiration jusqu'au point de produire l’asphyxie complète. Quand la dose .est beaucoup plus forte, l'animal paraît périr par l'action même de la substance sur le système nerveux, ainsi que M. Ségalas vient de s’en assurer.

Quand on touche l’animal soumis à l’action de cette substance, il éprouve une secousse semblable à une forte commotion électrique ; cet elfet se renouvelle chaque fois que l’on reproduit le contact.

La section de la moelle épinière derrière l'occipital, et même la décollation complète, n'empêche pas les effets de la substance d’avoir lieu et même de se continuer quelque temps; ce caractère distingue l’action de la strychnine de celle de toutes les autres substances excitantes connues jusqu’à présent. Après la mort, on ne trouve aucune lésion de tissu qui puisse indiquer la

POISONS narcotico-aores.

use qui l’a produite ( Magendie ). Les symptômes déirminés par l’emploi de la brucine sont à peu près uiblables.

i C. Camphre , coque du Levant , picrotoxine , upas antiar.

CCampiire ( Laurus camphora). Lauri, J. Onnorume issi une substance blanche solide , plus légère que au, d'une odeur caractéristique, d’une saveur amère i brûlante , soluble dans l’alcool , les huiles fixes et latiles, quelques acides, brûlant facilement en rendant une flamme blanche. On l’extrait de la famille -s lauriers, mais on le trouve aussi dans celle des lacées et des ombellifères.

<Goqpe du Levant ( Fruit du menispcrmum coclus). Diœcic décandric, L. fflénispermes , J. Elle est la grosseur d’un pois , légèrement déprimée et échange sur un de ses côtés, ce qui lui donne un peu la ure d’un rein. Elle renferme une amende blanchfi- ; , amère , qui contient de la picrotoxine , selon Boullay.

Picrotoxine. Ce nouvel alcali est blanc et brillant, istallisé en aiguilles, d’une amertume insupportable, lubie dans l'alcool , et dans vingt-cinq parties d’eau j millanle. Ses diverses solutions ramènent au bleu le picr de tournesol. Le nitrate de picrotoxine est d’un Lune verdâtre.

POISONS NARCOTICO-ACRES.

Upas antiar (Suc de l’anthiaris toxicaria). Ur ticées , J. L’analyse démontre dans cette substance amère et jaunâtre une résine élastique particulière, d( la gomme, un principe colorant, un acide indéterminé et un nouveau principe immédiat que MM. Pelletier cl Caventou regardent comme un alcali végétal soluble. C'est à lui que l’on doit rapporter toute l’activité vénéneuse de l’upas antiar, dont se servent les Indiens poui empoisonner leurs flèches.

Action sur l’économie. Toutes ces substances n’ont pas la même énergie : la picrotosice et l’upas antiai sont les plus actives : il ne faut que dix à douze grains de la première pour causer la mort , tandis qu’il faut trois ou quatre gros de camphre ou de la coque du Levant pour donner le même résultat. 11 survient des convulsions terribles, les muscles de la poitrine perdent leur régularité d’action, la respiration s’embarrasse, el la mort paraît dépendre de l'asphyxie. On trouve à l’autopsie des inflammations locales qui prouvent combler cur contact immédiat est irritant. M. Andral, qui ? étudié les effets de l’upas antiar, a remarqué qu’il déterminait des convulsions cloniques avec alternative de relâchement ; l’inflammation de l’estomac, quoiqu’il ail été injecté dans les veines; phénomènes que l’on n’observe pas lorsque l’on emploie l’upas tieuté dont nom avons fait l’histoire.

POISONS NARCOTICO-ACRES. 373

4° D. Champignons.

^Quoiqu’il soit extrêmement difficile de reconnaître au eemier coup d’œil les propriétés vénéneuses de quelles champignons, et que l’on ne puisse assigner de rraclères invariables qui puissent servir à les faire jjijours distinguer, voici cependant ce que l’on a reir.rqué de plus constant à cet égard selon M. Richard . En général il faut rejeter les champignons dont deur et le goût sonl désagréables ; ceux dont la chair . mollasse et aqueuse ; ceux qui croissent dans des ux ombragés et trop humides, qui se gâtent avec faité ; ceux dont le goût est amer, astringent ou trop ivré ; ceux qui changent de couleur quand on les ennne. Une teinte rouge, brillante, est souvent l’indice < qualités délétères, comme on l'observe dans la fausse mge et plusieurs autres espèces dangereuses; Cendant l’oronge vraie, qui offre cette coloration, est e des espèces les plus saines. (Richard, Botanique édicale. )

Voici le tableau des espèces les plus vénéneuses.

A. Genre amanite.

1° Fausse oronge. ( Agaricus muscarius, L. )

’1° Amanite vénéneuse. ( Anianita venenosa. ) On a lingué trois variétés de cette espèce. A. L’agaricus itilbosus, oronge ciguë jaunâtre; l’agaricus bulbosus

Si

,1V4 POISONS narcotioo-ackrs.

vernus, oronge ciguë blanche; et l’amanila viri oronge ciguë verte.

3° Oronge visqueuse dartreuse ( hypophyllum j culatum de Paulct ).

4° Oronge blanche ( hypophyllum albo-citrim Paulet. )

8° Oronge à pointes de trois quarts ( hypo tricu. datum).

6° Oronge à râpe ( hypo rapula ).

B. Genre agaric.

1° Agaric annulaire ( tête de Méduse).

2° Agaric brûlant ( agaricus urens ).

3° Agaric meurtrier ( agaricus necator ).

4° Agaric caustique ( agaricus pyrogalusj.

8° Agaric stgptiquc ( agaricus slypticus ).

Action sur l économie. Les symptômes d'empoist nement produits par les champignons n’apparaissent immédiatement après leur introduction dans l’estom. ce n’est qu’au bout de cinq ou si\ heures, et quelque d’un temps beaucoup plus long, que l’on les voit si venir. Les malades éprouvent des nausées, de la chah abdominale , des douleurs presque continues et l 'iyes. Ils ont des vomissernens fréquens etdenombrcu évacuations alvines ; la soif ne peut ètreapaisée: le po est petit, dur et fréquent. Plus tard on observe < convulsions générales ou partielles, des défaillanci

POISONS HURCOTICO-ACRES. 373

i sueurs froides et de l'assoupissement, le plus ordi- 11 renient l’intelligence persiste jusqu’à la mort.

L l’autopsie on remarque des taches nombreuses et ' ue couleur violette, répandues sur les tégumens; le îitre est ballonné , les intestins, l’estomac, ainsi que “ "’Ophage offrent de larges plaques gangréneuses, des cces d une violeute inflammation, et ses organes sont J œrnent contractés que leur cavité a disparu. Lesau- •i viscères sont le siège d'une forte congestion veinse, et ils présentent des points enflammés, d’autres à désorganisés, et on a observé de semblables léos sur les méninges, les plèvres, les poumons, l’utérus même sur le fœtus d’une femme enceinte. Il est très e que l’on trouve dans le canal intestinal des vestiges champignons.

-JEIGLE ergoté ( Secale cornulum). Graminées, L. Idenow a considéré l’ergot comme une graine dégéée, dont l’embryon serait resté rudimentaire, tandis ; 1 album aurait pris un accroissement excessif. • Panlet et de Candolle pensent qu’il n’en est pas

I si, et que l’ergot est une espèce de champignon qui

8,1 ^ la halle dans laquelle le grain devrait se déve-

' per. ®I. Tessier, dans son mémoire sur les obser- •' ions faites en Pologne en 1777, en a donné la des- Jc !)lion suivante. L’ergot est un grain ordinairement

II 11 et alongé; il déborde de beaucoup la balle qui 1 tient lieu de calice; ses deux extrémités, moins 01 "*ses (lue la Partie moyenne, sont tantôt obtuses,

i L<^ pointues; rarement il est arrondi dans toute sa

ce

POISONS NARCOTICO— ACRES.

longueur; la couleur de l’ergot n’est point noire, mais violette, avec dilferens degrés d’intensité; réduit en poudre, son odeur n’est pas sensible, sa saveur est légèrement mordicante. L’ergot ne saurait être confondu ni avec le charbon, ni avec la carie.

Lorsque le pain a été fait avec du seigle ergoté, il est marqueté de taches violettes , que l’on aperçoit aussi dans la pâte.

Action sur l’économie. On vante aujourd’hui beaucoup celte substance comme un médicament héroïque, propre à déterminer des contractions utérines dans les accouchemens laborieux, et à hâter le travail ; donnée à des doses considérables, elle occasione des douleurs très vives aux extrémités, des éruptions cutanées, semblables à des morsures de puce; un état d’ivresse et d’engourdissement , des convulsions; les pieds se sphacèlent , deviennent noirs et racornis ; les mains, le nez et les oreilles sont aussi affectés quelquefois de gangrène. Si les accidens ne cessent pas, la mort en est souvent la suite.

Il arrive, dans les années pluvieuses, que les pauvres gens sont réduits à se servir de seigle ergoté, et que les symptômes prennent alors un caractère épidémique.

Alcool (esprit de vin). C'est un liquide très volatil, transparent et incolore, d’une saveur chaude et agréable, dont il suffit de respirer la vapeur pour éprouver tous les effets des boissons spirilueuses.

Action sur l’économie. L’alcool provoque l’ivresse.

FOISONS NARCOTICO-ACR’ES.

phénomène trop connu pour qu’il soit nécessaire de l’éi tudier ici dans tous ses détails. M. Garnier a partagé i cet état morbide en trois degrés: dans le premier,

• exaltation cérébrale ; dans le second, désordre de l’in- 1 telligence , qui n’est plus soumise à la raison , et qui i s’égare complètement ; ensuite , perte totale des sens ,

: sommeil profond, qui dure plusieurs heures, et pendant lequel la transpiration est très abondante, et amène la i terminaison de cet état pénible ; dans le troisième degré,

■ on observe les symptômes de l’apoplexie : abolition des I : sens et de l’entendement, pâleur ou lividité de la face, i respiration stertoreuse, coma prolongé pendant deux ou

i : trois jours, au bout desquels la mort survient quelque-

fois sans convulsions. Les lésions sont celles des poisons

ii irritans, l’encéphale est évidemment alTecté , et, selon M. Flourens, le cervelet devient le siqge d’une suffusion

j : sanguine.

Ether. Nous ne nous occupons ici que de l’éther sul- I ! furique , que l’on trouve en grande quantité dans le commerce. Il est plus volatil que l’alcool, liquide et i transparent, d’une saveur chaude et brûlante, d’une odeur caractéristique ( odeur étliérée ) , suave et très i agréable. Mêlé avec parties égales d’alcool, il forme la liqueur d'Hoffmann. Ses effets sont les mêmes que ceux de l’alcool , dont ils surpassent l’énergie.

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