CLASSE QUATRIÈME
i Poisons septiques ou putréfions.
Les altérations caractéristiques de ce genre d'empoisonnement sont celles des liquides, qui , portant leur influence délétère sur les principaux organes de l’économie , suspendent leur jeu , occasionent une prostration extrême, des lipothymies, des syncopes, et déterminent la mort. Ordinairement l’intelligence conserve toute son intégrité.
A l’autopsie, on remarque des taches livides et gangréneuses à la surface du corps, le canal digestif en présente de semblables dans différens points de sa longueur, le cœur est flasque, affaissé, les gros troncs veineux sont gorgés d’un sang noir et fluide sans caillots fibrineux.
On range parmi les poisons de cette classe, le gaz hydrogène sulfuré (Vov. Asphyxie, p. 212), la vipère commune, le serpent à sonnettes, le scorpion d’Europe, la tarentule , ainsi que les matières animales en putréfaction, ou lorsqu’elles ont subi une altération particulière dont on ne peut encore assigner la nature, comme le pensent MM. Orfila cl Cadet Gassicourt.
M. le docteur Rerncr, médecin à Weinsberg, a publié un travail très intéressant sur les empoisonnemens mortels qui arrivent fréquemment dans le Wurtern -
bberg , par l'usage des boudins fumés. Leurs propriétés '.vénéneuses dépendraient , selon cet auteur, d’un commencement de décomposition putride. Les personnes qui avaient fait usage de ces alimens éprouvaient , com-
I.munément au bout de vingt-quatre heures, une dou- Meur aiguë et brûlante à l’épigastre , des vomissemens ^sanguinolens et des syncopes fréquentes. Le pouls était lient et petit, à peine sensible, la respiration gênée, la vvue troublée, les pupilles dilatées et immobiles; la Ipeau froide, sèche et presque insensible ; la voix était aaltérée , ou complètement perdue , et les malades expirraient le deuxième ou le troisième jour, dans une extrême prostration, ou après quelques légers mouvemens convulsifs. Dans la plupart des cas d’empoisonnement qui furent observés, l’intelligence persista jusqu’au ddernier moment ; quelquefois, cependant, il survint du 1 ildélire et de véritables accès d'hydrophobie.
A l’autopsie , on rencontrait de larges plaques gangréneuses dans toute la longueur du tube digestif, et lie ramollissement de la muqueuse gastrique ; le cœur était flasque et alTaissé, et la membrane interne de l’aorte était enflammée.
Préceptes généraux relatifs a la recherche