MÉDICO-LÉGALE DE L’EMPOISONNEMENT
C'est un axiome en médecine légale, que l’homme
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de l’art ne peut affirmer l’empoisonnement que dans le cas où il démontre la présence du poison ; autrement, il doit se borner à établir des probabilités , plus ou moins convaincantes, plus ou moins près de la certitude, mais qu’il serait imprudent de présenter comme des preuves démonstratives.
La plupart des auteurs, en établissant ces préceptes, se so it proposé ces deux questions à résoudre : 1° l’empoisonnement a-l-il eu lieu ? 2° quel est le poison qui l’a produit ? Mais il est évident que la solution d’un de ces deux problèmes renferme nécessairement celle de l’autre, puisque, pour affirmer qu’il y a eu empoisonnement, il faut avoir constaté l’existence du poison. Dès lors l’un des deux est inutile , et ne doit pas nous occuper.
Cependant, observe-t-on des symptômes qui décèlent ordinairement l’empoisonnement, quelques circonstances viennent-elles fortifier les soupçons? aussitôt la voix publique se prononce , déjà elle désigne les coupables; leur sort, leur réputation, dépendent du rapport médico-légal qui va être fait, les moindres doutes seraient ineffaçables ; aussi l’homme de l’art ne pourrait, sans se rendre coupable, agir avec légèreté; il doit se rappeler que les lésions anciennes et longtemps méconnues, des affections aiguës et violentes, ont souvent simulé l’empoisonnement ; la connaissance de leurs symptômes, et des altérations qui les révèlent, pourra lui servir à démontrer que la mort dépend d’une cause naturelle ; qu’elle est facilement expliquée par les
I>E e’empoisonivemeist.
«nombreuses observations que possède la science, et il -sauvi ra ainsi la vie et l’honneur de personnes innocentes, accablées sous d’injustes présomptions.
De pareils exemples ne sont pas rares; dernièreument, l’examen médico-légal du corps de madame Hullin :ta fail taire tous les soupçons, eu démontrant quelle «avait succombé à un étranglement intestinal ; mais aaucune observation n’est plus frappante que la sui-
Svrante , qui est digne de faire naître de sérieuses ré- JQexions.
Vers l’année 1810, une dame du Dauphiné, qui ne paraissait aucunement malade, fut prise subitement de maux de cœur au milieu de son souper, se renversa - sur sa chaise , et expira presque aussitôt.
La voix publique accusa son mari de l’avoir empoisonnée. On savait qu’il vivait en mauvaise intelligence jHvec elle, qu’il lui avait fait plusieurs scènes désagréa-
Iibles , et qu’il entretenait de coupables liaisons avec une Uomestique dans sa propre maison. On disait que cette ille était la complice du crime, et que, lors de son mrrestation, l’on avait saisi sur elle un paquet de pou- Ire blanche , que l’on annonçait être du poison.
Le mari fut tellement effrayé de ces circonstances à charge , qu’il offrit des avantages à la famille de sa emme , si l’on voulait faire cesser les poursuites ; dénarche qui avait encore aggravé sa position.
Trois chirurgiens ayant été chargés de l’examen calavérique, firent une incision cruciale peu étendue à 5 (/abdomen, et ayant aperçu des taches verdâtres sur