RECHERCHE DE L'EMPOISONNEMENT
les intestins qui avoisinaient la vésicule biliaire , ils se crurent suflisammènt convaincus, et déclarèrent que l’estomac était gangréné, et que les preuves du poison n’étaient pas équivoques.
Heureusement le juge de paix se douta de l’ignoranee et de la légèreté de ces experts ; il s’opposa à l’inhumation, et écrivit à l’autorité pour demander d’autres hommes de l’art qui constatassent l’exactitude du premier rapport. Deux nouveaux chirurgiens ayant été nommés, ils recommencèrent l’autopsie en présence de leurs premiers confrères et de deux autres qu’ils avaient appelés, et ils reconnurent que l’estomac n’avait pas été ouvert, qu'il contenait peu d'alimcns dont la nature était facilement reconnaissable par l’absence de tout travail digestif, et que ses membranes étaient parfaitement saines , ainsi que les autres portions du tube digestif. Ils portèrent en vain leurs recherches sur les autres viscères ; ils ne trouvèrent aucune altération propre à expliquer la rapidité de la mort. Les matières alimentaires contenues dans l’estomac furent données à des animaux, qui les mangèrent sans répugnance, et n’en furent nullement incommodés ; on en projeta sur des charbons ardens, et elles n’oflrirenl aucun caractère étranger à leur composition connue.
L’analyse prouva également que la poudre saisie sur la domestique n’était autre chose que du suc pilé; et les charges ayant ainsi disparu, l’accusation n’eut pas de suite. On n’avait découvert , il est vrai, aucune altération, mais tous les médecins savent (pie les lésions
m aladies qui simulent l'empoisonnement. 383
ilu système nerveux sont souvent impossibles à reconnaître, et, à cette époqne , l'anatomie chirurgicale i n'avait pas fait les immenses progrès qui lui ont assigné, depuis quelques années, une place importante dians la science. Que l’on juge maintenant des suites probables de cette affaire , si l’on eût cru à l’exactiliude du premier rapport !
Ces exemples suffisent , je crois , pour faire apprécier toute la valeur des questions que nous allons étudiier.
Maladies qui peuvent simuler V empoisonnement.
11 peut arriver qu’une personne qui jouit d’un bon état lie santé apparent soit prise subitement, et sans causes connues, d'aecidens très graves, auxquels elle succombe en vingt-quatre heures, ou dans un court espace de temps. Si un médecin a été appelé auprès du naïade, il doit avoir la précaution de faire conserver es matières rejetées , les vases dont on s’est servi, et il toit surtout uoter avec le plus grand soin la marche et es symptômes de la maladie, afin que l’on puisse les apporter plus facilement à sa véritable cause, et en nieux constater la nature. Les tableaux que nous i vous tracés des accidens déterminés par les poisons des ifferentes classes reçoivent ici toute leur application ; ' servent à établir des présomptions sur les caractères ! I ce la substance vénéneuse, et l’autopsie fournit de