X. Ces trous ont leurs bords inégaux et frangés, ces
lords sont poussés du dehors eu dedans, en sorte nue
es inégalités vont toujours en sc rapprochant de la surlace de la peau.
XI. La circonférence du trou observé à la redingote est manifestement moins inégale à l’extérieur que celle
es autres vêtemens. Il manque, en cet endroit, une parde du tissu de drap, ainsi que de la doublure.
XII. Tous ces vêtemens sont plus ou moins tachés d un liquide sanguinolent, selon qu'ils ont été plus ou moins immédiatement appliqués sur la peau.
XIII. Nous avons fait, à quelques pouces de la plaie mie incision circulaire pour la cerner de toutes parts, et nous avons ensuite ouvert la cavité droite du thorax. Aussitôt s’est écoulée une grande quantité de sang liquide, qui remplissait tellement cette cavité, que le poumon était refoulé contre la partie antérieure supérieure de la colonne vertébrale, réduit à un très petit volume, et' non crépitant, quoiqu’il n’y eut aucune trace d inflammation ni dans son parenchyme, ni dans son enveloppe séreuse.
XI\ . 1 oute cette cavité de la poitrine était tapissée par une couche fibrineuse d'un blanc rougeâtre , disposée en fausse membrane, n’adhérant ni à la plèvre, nau poumon. Celte couche nous a paru formée par là partie fibrineuse du sang, constituant une espèce de poche, dans laquelle les parties cruorique et séreuse de ce liquide étaient contenues, ainsi qu’on le voit dans les grands épanchemens de sang contenu dans les cavités splanchniques.
'Nous indiquerons avec détails cette disposition , pour i^naler la différence de cette espèce de kyste fibrineux, aavec les autres fausses membranes produites par inflammation de la plèvre.
)XV. Nous avons ensuite disséqué , couche par cou-
■e, le trajet de la plaie, et nous avons vu qu’il suivait -ie direction oblique de haut en bas, de dehors en Idans , et d’avant en arrière , que le corps vulnérant ,iait successivement parcouru une ligne qui, partant bord antérieur du tiers interne de la clavicule, ^versait les muscles, grand et petit pectoraux, le emier espace intercostal, les muscles qui le remissent, puis passant au dessus du sommet du pou- >n droit, arrivait sur le côté droit du corps de la îquième vertèbre dorsale, le traversait de part en rrt, et se terminait au côté gauche de cette vertèbre. (Que dans ce trajet la clavicule avait été froissée, et la rne sous-clavière effleurée à sa partie antérieure, que muscles pectoraux et la plèvre costale avaient été versés , que le sommet du poumon droit avait été nlus , et la veine azigos ouverte un peu au dessus de «courbure qu’elle décrit avant son embouchure dans veine cave, sur le côté droit du corps de la cinquième tèbre dorsale; enfin que cet os avait été traversé, - si que la plèvre qui recouvre sa partie gauche. v Jue tout ce trajet était comme enduit par une mare purulente ; que les tissus voisins étaient plus ou inscontus; que l’ouverture de la paroi du thorax, respondant à la partie externe du trajet, était fer-
niée par la couche membraneuse que nous avons décrite; de manière que le sang épanché dans la cavité droite du thorax ne pouvait s’écouler par la plaie antérieure, tandis que l’orifice du trajet du corps vulnérant, traversant la colonne vertébrale, était béant du côté de la cavité thoracique droite, de manière à laisser écouler dans cette cavité le sang venant du tronc de la veine azygos.
XYI. Enfin, après avoir enlevé la portion antérieure du corps de la vertèbre, nous avons reconnu que le canal rachidien n’avait pas été atteint par le corps vulnérant, et à côté de celte vertèbre, près de l’orifice, qui s'ouvrait dans la cavité gauche du thorax, nous avons trouvé un corps étranger, que nous avons reconnu être la portion du drap et de doublure , que nous avons dit manquer à la redingote.
XYII. Continuant nos investigations jusque dans le côté gauche du thorax, nous avons reconnu que le poumon et la plèvre de ce côté étaient dans l’état sain , et qu’un peu de sérosité rougeâtre y était épanchée.
XVIII. Enfin, à la partie supérieure de la même cavité, nous avons trouvé une balle de plomb de quatre lignes et demie de diamètre, paraissant être celle d’un pistolet d’un assez fort calibre.
N’ayant aucun doute sur la cause de la mort, nous avons jugé inutile de faire l'ouverture du crâne ou de l’abdomen , et nous avons cru devoir ne pas pousser plus loin des recherches que la religion hébraïque, professée par le jeune M*** et par sa famille, nous obli-
KAFPORT». 48»
geait à ne raire qu’autanl qu’elles eussent été indispensables.
D’après cet examen attentif, et bien circonstancié, pour répondre aux questions contenues dans le réquisitoire de M. le procureur du roi, nous disons :
1° Que la plaie a été produite par une arme à feu ;
2° Que dans le rapport ci-dessus, nous avons décrit avec tous les détails sutlisans la direction du coup ;
3° Que la plaie extérieure a été primitivement faite par une balle, et qu’elle a été ensuite agrandie par un instrument tranchant (débridementjugé nécessaire par le chirurgien qui a soigné le jeune M*** ) ; que tout le trajet traumatique a été produit par le projectile trouvé dans la poitrine ;
4° Que la mort est résultée de l’épanchement considérable de sang dans la cavité droite du thorax, lequel épanchement a été produit par la lésion de la veine azygos, et comme la circulation dans ce vaisseau se fait de bas en haut, qu'une valvule, existant vers son orifice, du côté de la veine cave, s’oppose au reflux du sang de la veine cave dans la veine azygos ; et l’épanchement n’a pu être produit que par le sang ramené de l’abdomen, parla grande veine azygos, et par conséquent être lent et successif , ce qui explique suffisamment pourquoi la mort n’a pas été l’effet immédiat de 1 la blessure.
3° Qu’il est présumable qu’au moment du coup de ! feu le blessé présentait , à l’arme de son adversaire , le côté droit du corps, l’épaule droite fortement relevée,
de telle façon que la clavicule étant alors obliquée , et la balle arrivant sur cet os angulairement , ce projectile a pu être dévié de sa direction primitive et prendre la route oblique que nous avons indiquée ;
6° Que le coup n’a pas été tiré à brûle-pourpoint, puisque nous n’avons reconnu ni brulure, ni bourre, ni traces de poudre sur les vêlemens , ni aux enviions de la blessure ; que la distance entre le blessé et son adversaire n’a pas été moindre de huit à dix pas, mais qu’elle n’a pu être guère au delà du double , car il a fallu que le projectile arrivât avec !orce sur le blessé, pour traverser toutes les parties que nous avons signalées , et surtout le corps de la cinquième vertèbre ;
7° Enfin, en réponse aux soupçons qui se sont élevés contre l’adversaire du jeune M***, étant d une très haute taille, et son adversaire d’une très petite, on n’a pas pu concevoir comment un coup tiré de bas en haut, a produit une blessure, dont la direction est oblique de haut en bas, et de dehors en dedans, nous dirons que l’obliquité de la plaie peut très bien être expliquée par la déviation du projectile, rencontrant obliquement un plan résistant et incliné, tel que la clavicule dans la direction rapportée ci-dessus (V), que laligne oblique, sous laquelle la balle a rencontré la clavicule, explique comment un projectile , qui a eu la force de traverser les parois du thorax et le rachis, a pu être détourné de sa direction primitive par un os beaucoup moins fort, et moins épais que le corps d’une vertèbre, et que les chirurgiens qui ont observé un grand nombre de blés-
■sures d'armes à feu ont de nombreux exemples de faits i analogues.
En foi de quoi nous avons délivré le présent rapport, tque nous certifions conforme à la vérité et aux principes de l'art.
Paris, ce...
' XVe Rapport.
Fratricide. — Fracture du crâne. — Identité mise hors de doute après trois ans d’inhumation.
Le 21 août 1825, le frère de L. M. Guérin , qui habitait la commune de Sanois, disparut tout à coup, et personne ne l’a revu. Des soupçons s’élevèrent contre Guérin , mais les indices ne parurent pas suffisans pour le faire poursuivre. Le 12 juillet dernier, le sieur Charlrin , sous-locataire de la maison des deux frères, ayant enlevé un tas de pierres dans un des coins de la cave, s’aperçut que le terrain s'affaissait et formait une espèce d’excavation. Un procès-verbal dressé par le juge d’instruction , par le procureur du roi , et trois médecins, a constaté l’exhumation d’un squelette, ayant les os du crâne brisés, et présentant une si grande ressemblance avec K. J. Guérin , qu’il était impossible
RAPPORT*
de douter de l’identité. ( Ext. de la Gazette des trib. du 15 février 1829. )
Nous soussignés, docteurs en médecine de la Faculté de Paris, domiciliés à Versailles, sur la réquisition de H. le juge d’instruction près le tribunal de première instance, nous nous sommes transportés le 29 juillet 1828, dans la commune de Sanois, à l’effet deprocéder à l’exlmmation et à l’examen d’os trouvés enfouis dans une cave , et de reconnaître : 1° Si les os dont il s’agit, appartiennent à l’espèce humaine ; 2° Si ce sont ceux d’un homme ou d’une femme ; 3° Depuis combien de temps ils ont été inhumés; 4° La taille du corps auquel ils appartiennent ; 5° Son âge, et autant que possible, son signalement; 6° Enfin, de déterminer le genre de mort auquel il a succombé.
Nous avons trouvé en arrivant à Sanois , M. le juge d’instruction , et M. le substitut du procureur du roi , assistés du maire de l'endroit , et du juge de paix d’Argenteuil, enpiésence desquels nous nous sommes livrés à l’examen, dont nous consignons ici les détails.
Ayant été introduits dans une ea\e séparée de la maison par une cour peu spacieuse , nous avons remarqué que le sol qui était gras et humide , et qui nous a paru composé de chaux et d’argile , était affaissé de deuxpouces et demi , dan* l’étendue de près de cinq pieds.
depuis le bas de l’escalier jusqu’au mur du fond. Il y avait au centre de cet affaissement un trou large de deux pieds et demi , sur le bord duquel nous avons trouvé quatre côtes sternales gauches, l’humérus du même côté, les os des avant-bras , et le second métacarpi us gauche. Ce trou se trouvait au centre d’une sorte de voûte formée par la terre , qui s’était ainsi moulée sur la poitrine et le bas-ventre.
La portion iliaque de l’os de la hanche gauche , qui ressortait au milieu d’une terre grasse, noire et pâteuse, nous indiqua la position du squelette , et servit de point de départ à nos recherches.
Après avoir enlevé avec soin , à l’aide d’un couteau de table, d'une petite pelle à feu, et de la main, la première couche du sol , nous avons trouvé une assez grande quantité de poils blancs frisés, mêlés à une espèce de terreau noir, gras, savonneux , qui n’exhalait que l’odeur de la moisissure; le bassin fut mis à découvert, puis les extrémités inférieures , et ensuite toute la portion supérieure du squelette, dont les pieds répondaient à l’escalier, et la tête au mur qui forme le fond de la cave. La fo se avait à peu près dix-huit pouces de profondeur, et le squelette y était placé incliné sur le côté droit , de manière que la partie gauche , à peine recouverte de quatre pouces de terre , formait le point le plus saillant , tandis que le côté droit était plus profondément enfoncé. Le sternum et l’appendice xiplioïde se trouvait sur la partie antérieure de vertèbres corvetpondans. La colonne vérlébrale était entière et avait
conservé tous ses rapports. Les deux genoux étaient assez rapprochés pour que les rotules se correspondissent par leurs faces antérieures. Les os de la jambe avaient conservé tous leurs rapports, et étaient enveloppés vers leur tiers inférieur, par deux mètres d’une étoile de laine, dont les dessous de pied en cuir, n’avaient éprouvéaucune altération ; une assez grande quantité de poils courts et blancs adhéraient sur les parties de ces guêtres qui avaient été en contact avec la peau.
Le squelette, mesuré dans la fosse , pendant que les os conservaient tous leurs rapports , nous a donné pour ré ultat quatre pieds onze pouces et demi.
Le crâne était recouvert dans toute son étendue par une assez grande quantité de cheveux d’un blanc cendré, dont la longueur moyenne était de trois pouces. La mâchoire inférieure était placée sur le corps des vertèbres cervicales. Le corps de l’os hyoïde, séparé de ses branches, occupait le même endroit. Nous reconnûmes à la tête une fracture complète de l’apophyse zygomatique droite , dont la portion détachée par la violence du coup n’a pas été retrouvée, et plusieurs autres fractures des régions temporo-pariétales droite et gauche se continuaient à la base du crâne, en passant par les conduits auditifs. Nous remarquâmes sur la région temporo-pariétale droite , et sous les fosses temporale et zygomatique du même côté, des taches d’un rouge assez vif, qui nous parurent être du sang desséché, et conservé dans cet état par les cheveux dont il était recouvert.
Le temps et le lieu ne nous permettant pas (le nous livrer à un examen plus approfondi de toutes les parties du squelette , celles-ci furent réunies dans un sac, qui fut scellé du cachet de la commune, et transporté à Versailles dans le cabinet de M. le juge d’instruction.
Voulant apprécier le degré de décomposition qu’avaient subies les parties molles du cadavre dans la fosse, nous continuâmes nos recherches, et nous trouvâmes, outre le terreau dont nous avons parlé, de larges plaques d’une matière grasse savonneuse, occupant le fond de la fosse, et couverte aux endroits correspondans aux omoplates, de quelques débris de linge grossier, qui joints aux restes d’une boucle de fer fortement oxidée, enveloppée d’un morceau de peau de bretelle, nous ont indiqué que le cadavre n’était pas complètement déshabillé, lorsqu’il fut inhumé. Au milieu de ces produits de la décomposition , on rencontrait quelques débris plus secs, plus consislans, d’un blanc jaunâtre , d’un aspect fibreux, et que nous jugeâmes être les restes des ligamens vertébraux.
Le vendredi août 1828, nous procédâmes en présence du ministère public , à un examen plus détaillé de toutes les pièces du squelette que nous recomposâmes artificiellement. Aoiei le résultat de nos dernières recherches : La colonnne vertébrale est complète , le le corps de la cinquième vertèbre lombaire, déprimé et moins épais à droite, semble indiquer qu’à une époque que nous ne pouvons pas préciser, cet os a
subi une espèce d’altération commune dans le rachitisme. Les cotes sont intactes; la on ième du côté gauche n'a pas été retrouvée. Les trois pièces du sternum sont désarticulées ; le bassin, dont le détroit supérieur est moins large à gauche qu’à droite, présente tous les caractères d’un bassin d’homme. Ainsi le peu d’évasement et la profondeur de cette cavité osseuse, comparés au peu de largeur de ses détroits, le rapprochement plus grand des tubérosités ischialiques, la forme ovale des trous sous-pubiens, la hauteur des pubis, et le peu de largeur de leur arcade; les cavités clytoïdes plus creuses et plus rapprochées à l’axe du corps, etc., le distinguent assez d’un bassin de femme. Le coxis manque ; le fémur n’otfre rien de remarquable. Les deux tibias présentent un vice de conformation que nons attribuons au rachitisme; ils offrent dans leur t ers supérieur une courbure remarquable, mais bien plus forte au tibia gauche qu’au droit. Les péronés sont aussi le siège du même vice de conformation : il en résulte que la jambe gauche est de six lignes plus courte que la jambe droite, la clavicule gau- \ che est de quatre ligi.es plus courte que la droite , ainsi que l’humérus de même coté.
Les os ont acquis tout le développement qu’ils présentent dans l’age adulte. Les éminences d’insertion , et leurs courbures sont fortement prononcées; toutes les épipliyses sont entièrement soudées ; les sutures sont bien apparentes , et leurs engrenurcs ont peu de profondeur ; l’occipital est entièrement soudé au
corps du sphénoïde, et les traces d’union des os de la face entre eux sont encore très distinctes.
Il existe seize dents à la mâchoire supérieure. Les deux dents de sagesse sont au niveau de leurs alvéoles, et devaient encore 'être recouvertes par les gencives ; les deux incisives externes offrent conjointement avec les canines qui leur sont contiguës , une perte de substance de forme demi-circulaire, qui nous semble avoir été produite par le frottement long-temps continu d’un corps dur et cylindrique, que nous pensons devoir être un tuyau de pipe de terre.
Il existe dans les dents et la mâchoire inférieure quelques particularités assez remarquables , pour aider à établir un caractère d’identité incontestable. Trois incisives assex grêles restent encore ; deux sont intactes ; celle qui avoisine la canine gauche est plus mince que les autres : sa couronne est presque entièrement détruite par un point de carie, apparent seulement en arrière , mais qui a diminué son niveau de plus d’une demi-ligne. On ne retrouve dans l’os aucune trace de la quatrième. Deux canines très fortes, chevauchent sur les dernières incisives, et forment en arrière une saillie assez considérable. Entre ces dernières dents et les petites molaires , se trouve une échancrure , qui complète l’ouverture circulaire qui recevait le tuyau de pipe dont nous avons parlé; la seconde petite molaire gauche, détruite en partie par la carie , laisse entre elle et la première grosse mola rc , une échancrure assez considérable. La deuxième
AM
grosse molaire gauche a été extraite. La dent de sagesse droite est entièrement sortie, la gauche est encore dans son alvéole.
La tête présente à la réunion des portions écailleuses et mastoïdiennes de chacun des temporaux, une large fente qui produit à droite un écartement d'une demiligne , et s'étend de la partie antérieure du conduit auditif à l’angle rentrant dans lequel est reçu l’angle inférieur et postérieur du pariétal , sur lequel elle se continue, en se portant en haut et en arrière , où elle se termine en décrivant une ligne courbe dans la suture sagittale , à sa jonction avec l’angle supérieur de l'occipital. La suture écailleuse du temporal est disjointe, et au dessus d’elle se trouve à un pouce une petite fêlure , qui de la fente dont on vient de parler, se porte en avant et en bas sur le pariétal , en gagnant son bord inférieur. L’apophyse zygomatique de ce côté est brisée de la base à son sommet, qui a été désarticulé d’avec l’os de la pommette. Bans la fosse temporale ou remarque une fêlure qui occupe la grande aile du sphénoïde, depuis le temporal jusqu’à l’apophyse orbitaire de l’os malaire, en suivant sa direction, et à six lignes environ de son point d’union avec le coronal. La portion de l’aile du sphénoïde, qui s’articule avec l’apophyse orbitaire de l’os de la pommette, est disjointe et enfoncée dans l’orbite.
La région temporo-pariétale gauche est le siège de fractures plus larges, plus nombreuses et plus étendues que du côté droit. Ces fractures vont en quelque sorte
en se ramifiant, du conduit auditif, qui est largement fendu , à toute la région pariétale. Ainsi, une seule fente à bords écartés, monte de la partie la plus reculée de ce conduit , et divise perpendiculairement la portion écailleuse dans la réunion de ses quatre cinquièmes antérieurs, avec son cinquième postérieur ; elle se jette dans la suture écailleuse , se confond avec elle, reparaît ensuite deux lignes en avant, conservant le même écartement , et monte toujours verticalement dans l’étendue d’un pouce, sur le tiers antérieur du pariétal où elle se bifurque; de cette bifurcation, une fente moins considérable s’avance , en montant sur le pariétal, jusqu’à la la suture frontale qu’elle traverse pour se terminer sur l’os frontal. A dix lignes au dessous d’elle, une fêlure secondaire se dirige parallèlement à la première sur la suture frontale, et circonscrit ainsi dans le pariétal une esquille quadrilatère jointe imparfaitement à l’os. La branche postérieure de cette bifurcation , n’est autre chose que la continuation de la fente principale, avec laquelle elle forme en arrière un angle droit, dont se détache imparfaitement du corps de l’os une petite esquille quadrilatère de trois lignes. Cette fente dégénère bientôt en une fêlure, qui continue à se porter en arrière, en décrivant une ligne courbe jusqu’à la base pariétale , d’où part une nouvelle bifurcation, dont la branche supérieure va en diminuant , et s’arrête dans la suture sagittale à deux pouces et demi de l’occipital, tandis que l’inférieure olfre une fêlure , longue d’un
i'Jti
K APPORTS
pouce et demi , qui se porte un peu en bas et se termine dans le pariétal.
Nous allons maintenant reprendre les fractures auprès des conduits auditifs, et les suivre dans les désordres qu’elles ont produits à la base du crâne, sous laquelle e les forment un V dont la pointe serait à l’articulation sphéno-ethmoïdale , et les extrémités de chaque branche aux deux condu is auditifs, qui nous ont servi de points de départ dans l’examen que nous avons fait de chaque côté de la boîte osseuse. La fracture droite divise l’entrée du conduit auditif, dans la direction d’une ligne, qui, de la base de l’apophyse mastoïde , irait à la fissure glénoïdale , en suivant la direction du bord antérieur du rocher, où elle produit un écartement d’une demi-ligne qui sépare exactement, à cet endroit, la portion pierreuse de la portion écailleuse. Cette fracture continue à marcher en avant et en dedans, traverse les trous sphér.o-épineux et maxillaire inférieur, divise le bord de l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde dans son tiers supérieur, reparaît au fond de la fosse du même nom et gagne son aile interne; redescend sur le corps du sphénoïde, qu’elle brise transversalement dans son articulation avec l’ethmoïde; de là revient du côté opposé en divisant obliquement le voilier près de son bord supérieur ; sépare l’aile gauche du sphénoïde du corps de cet os, dans la direct. on de la rainure qui reçoil le voilier; se jette dans le trou déchiré antérieur ; reparaît entre le bord antérieur du rocher et la portion écailleuse . et se termine
RAPPORT*
enfin au conduit auditif gauche , après avoir traversé la fosse glénoïde dans la direction de sa fissure , derrière laquelle une esquille détachée du resie de l’os interrompt par sa base , dans l’étendue de deux lignes , la racine de l’apophyse zygomatique qui concourt à former l’orifice de ces conduits. Les différens points d’union qui existent entre l’occipital et les temporaux ont été fortement ébranlés et présentent un léger écartement (1).
Nous pouvons conclure de tout ce qui précède :
1° Que le squelette dont il s’agit appartient à l’espèce humaine ;
2° Qu’il est du sexe masculin;
3° Que sa taille est d’environ cinq pieds;
4° Que, d’après l’état avancé de l’ossification, il a dépassé vingt-cinq ans, mais qu’il nous est impossible de préciser plus au juste, d’après l’examen des os, l’àge que devait avoir l’individu auquel ils appartiennent, attendu que ces organes n’oflrent, pendant cette période de la vie, que nous prenons de vingt-cinq à
(i) Op pourrait, je crois , s'abstenir d’enlrer dans (les de’tails aussi longs et aussi arides, sur toutes les fractures, fentes et fè= lures pre'sente'es par le crâne. L’important est de baser son avis sur les principaux faits, et dans le cas où l’on demanderait un rapport contradictoire, les pièces osseuses ri’e'tant soumises â aucune espèce de nouvelle alteration, seraient toujours plutôt consultc’os que le rapport des premiers experts.
cinquante, aucun caractère assez tranché pour que nous puissions nous prononcer plus affirmativement; mais que, d’après l’état des sutures et particulièrement des dents, on peut présumer que ce squelette est celui d’un adulte qui n’avait pas atteint cinquante ans (t);
5° Que toutes les fractures de la tète sont le résultat de violences extérieures exercées sur les parois du crâne au moyen d’un instrument contondant à large surface; qu’elles ont été faites pendant la vie, ce qui paraît démontré par la présence du sang que nous avons pu reconnaître sur l’os de la pommette droite , sur le temporal et au sommet de la fosse zygomatique du même côté; lequel sang a probablement été préservé de la décomposition par les cheveux dont il était recouvert; que le nombre, la grande étendue des fractures et leur siège nous portent à établir que la mort a du être instantanée, par la violente commotion quia été communiquée au cerveau ;
7° Que le gissemenl du squelette dans la fosse et particulièrement la position des avant-bras qui étaient croisés sur la poitrine indiquent que l’individu auquel ils appartiennent a été inhumé avant que la rigidité se fut emparée du cadavre (2) ;
8° Enfin que, d’après l’aspect des parties molles entièrement passées au gras, et réduites à une espèce de
(1) L’etat des dernières dents molaires devait faire supposer un âge muius avance.
(2) Cette assertion me paraît au moins très < optestabl*.
avon animal, l’absence de tout gaz fétide, la nature Idu sol et de son humidité, la décomposition du cadavre i dù s’effectuer complètement dans l’espace de deux à rrois ans.
Versailles, 1er août 1828.
Signé , Laprent, Noble, Vitrï.
Toutes les conclusions de ce rapport ont été confirmées par les débats du procès , et l’assassin condamné aux travaux forcés à perpétuité , parce que le jury a écarté la question de préméditation. (Ext. d’un méiiQOire de M. Marc, Annales d’hygiène et de médecin# eégale, t. I, 2e partie. 1829. )
XVIe Rapport (1).
y Suspension apres la mort déterminée par une blessure du crâne.
Nous, soussignés, docteurs de..., etc., demeurant u...., conformément à l’ordonnance de M. le juge de
(i) L’affaire qui motive ce rapport était extrêmement délicate et ompliquée ; uti premier rapport avait été fait par trois chirurgiens I u pays, et il était remarquable par la négligence, l’ignorance et j ;s inconséquences que l’on y observait. Chaussier, ayant été conulté par le tribunal criminel, réunit et compara toutes les cir- 1 onstances qui auraient dû particulièrement attirer l’attention des
B APPORTS
paix..., nous sommes rendus aujourd’hui...., heure
de..., au domicile du nommé , où nous avons trouve
M. le juge de paix avec son greffier, qui nous a dit qu’ayant été informé hier au soir que l’on avait trouvé la femme Col..., pendue à un arbre dans le clos appartenant à sa maison, il nous ava t mandés pour examiner, conjointement, le corps de cette femme, constater le genre de mort et faire notre rapport.
Après avoir prêté, entre les mains de M. le juge de paix, le serment requis, nous avons été conduits dans le clos, et ayant traversé un herbage qui est à son entrée , nous avons trouvé, à une extrémité dudit clos, une femme vêtue de ses habits, grosse, grasse, qui nous a paru âgée d’environ soixante ans, et qui était suspendue par une sorte de mouchoir, passant sous la mâchoire inférieure, et noué à la branche d’un gros pommier, et nous avons remarqué :
1° Que le tronc de cet arbre, mesuré à la moitié de sa hauteur, avait trente-trois pouces de circonférence ;
2° Qu’il ne se divisait en branches qu’à la hauteur de six pieds ;
3° Nous avons vu sur le terrain une espèce de grosse et lourde échelle , de sept pieds de longueur, composée de deux jumelles carrées, épaisses, assemblées par de longs et forts fuseaux, et qui avait évidemment servi
experts, et ne les a pre'sente'es sous la forme d'un rapport que pour servir d'exemple dans les cas analogues. (Voy. mémoires , consultations et rapport s , par (".haussier.)
RAPPORTS. JJül
dde râtelier dans une écurie de chevaux. La distance de cette échelle au pied de l’arbre était de quatre pieds, cet après avoir fait planter dans le sol deux pieux, pour (marquer la position et la distance de l’échelle, nou iiavons vu qu’en partant de ce point, et en la relevant, celle ne parvenait contre le tronc de l’arbre qu’à peu ]>près à la moitié de sa hauteur;
4° Considérant ensuite la position du corps suspendu, mous avons trouvé que le point de suspension à la tbranche de l’arbre était élevé au dessus du sol de huit pieds sept pouces, qu’il était éloigné du milieu de l'arbre de trois pieds six pouces; que le dos du cadavre rrépondait au centre de l’arbre ; que la tête était un peu fléchie en devant, les bras pendans, les mains à (demi fermées, la pointe des pieds inclinée en bas, et les talons élevés un peu au dessus du sol d’un peu plus • de deux pieds et demi;
5° Ayant ensuite, l’un après l’autre, monté sur l’arbre, nous n’avons pu atteindre le point de suspension qu’avec peine, et en nous penchant beaucoup sur la branche. Nous avons aussi remarqué que l’écorce de la partie supérieure de la branche était lisse et même un peu éraillée dans une étendue de onze pouces, fiandis qu’au delà du point de suspension , elle était visqueuse et couverte de petits lichens;
6° Après ces premières observations , nous avons, du consentement de M. le juge de paix, fait couper avec une scie à main la branche de l’arbre, un peu au delà du point de suspension , puis, en soulevant et soutenant
I'";1*’"' “ -1 fail Sli^er l'anse du mouchoir ,„i ,e
(le h transporté dans une chambre
de là maison pour en faire un ciaraen ultérieur
L» nous avons fait déshabiller le cadavre et nous a ons remarqué sur la tête un bonnet de loite propre
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et principalement en devant • les >mc • ’
tan- • • les bas’ <1UI couvraient
c« )»mbes étaient aussi mouillés et humides depuis
imcu de la jambe jusqu’au pied, et celte humidité
' *y7,ne °deur ’ et ne dépendait pas d'un écoulement de I urine. La chemise était sèche et très propre 1 empeigne et les semelles des souliers étaient nette/ sans boue, leur pointe un peu rougea'tre , et on y aner- !;C'a,l, en divers endroits, des brins d’herbes fraîchesanse, qui avait servi A la suspension du corps, était formée par un mouchoir, inégalement roulé sur la longueur, et dont les extrémités étaient réunies par un double nœud. En déroulant ce mouchoir, nous aH)ns vu en différons endroits quelques taches de sang; nous avons vu aussi que ce mouchoir avait été coupé d’une manière fort inégale, et par hoches, en demi-portions, qm avaient ensuite été réunies par un nœud fort serré, et ce nœud , ainsi que les taches de sang, se trouvaient cachés au milieu des plis roulés qui formaient l'angle de suspension.
Enfin, après ces diverses observations, nous avons
rapports.
tcxaminé successivement toutes les parties du corps, .iant internes qu'externes, et nous avons reconnu :
I. La face pâle, d'une teinte un peu jaunâtre, sans [tuméfaction, les paupières molles, à demi-ouvertes , «ans gonflement ni altération de couleur. Les yeux enfoncés, affaissés, ternes, et couverts d’une couche muqueuse; les oreilles pâles et molles dans toute leur étendue; les lèvres sèches, un peu brunâtres sur leurs >oords, mais sans gonflement, et pâles à leur face ineerne ; les mâchoires rapprochées, serrées, la langue me dépassant pas le contour alvéolaire, mais seulement mes bords étant un peu engagés entre les deux mâchoires, fBn devant et sur les côtés, dans les endroits où manquaient des dents, et ces bords saillans étaient rougeâtres ; enfin , il n’y avait ni à la bouche, ni aux narines, asucune mucosité écumeuse ou sanguinolente.
II. Sur le cou, dans l'endroit où était l’anse de la suspension , une dépression ou enfoncement serni-cir- 1 'u,aiie clui * de !a pallie moyenne de l’os hyoïde, s’éi -eudait sous le menton, avait en cet endroit un peu plus
1 un j oui e de large, et de la montait obliquement der-
lere chaque oreille, et se perdait un peu au dessus
les apophyses masloïdes. La surface de celte dépres-
-ion présentait aussi quelques lignes saillantes, inégales,
1 une teinte légèrement violacée sur leurs bords ; et ces
ignés, qui correspondaient aux enfoncemens formés
par les plis du “ouchoir, se perdaient insensiblement mur les côtés.