‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 148 sur 234 · DES SUBSTANCES ORGANIQUES AZOTÉES · texte numérisé non relu

DES SUBSTANCES ORGANIQUES AZOTÉES

Dans cette section nous comprenons trois sortes de substances azotées, qui sont caractérisées par des propriétés bien tranchées; ainsi elles peuvent être acides^ ou basiques^ ou neutres. Il est remarquable que c’est dans cette section que viennent se classer tontes ces substances immédiates qui sont connues s<jus le nom ^alcalis 'végétaux ,, attendu que, jusqu’à pré.sent , ou n’a reconnu de propi iétés alcalines bien prononcées qu’à certaines substances qui coutienueut de l’azoîe.

Ces siibsiauces sont toujours solides ou liquides à la température ordinaire. Quelques unes sont volatiles sans décomposition;

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mais elles sont en p tit nombre. Les antres propriétés physiques sont aussi variables que celles des substances précédentes.

Soumises à la dislillatinn , ces substances donnent différents produits analogues à ceux que nous avons indiqués pour les substances non azotées, seulement l’azote s’associe à une certaine quantité d’hydrogène, d’où résulte de l’ammoniaque qui forme, avec 1 acide carbonique , du carbonate d'ammoniaque, que l’on rencontre toujours dans le produit de la distillation. Toutefois l’azote ne se combine pas entièrement, et il s’en dégage toujours une certaine quantité à 1 état de liberté. Il se forme de plus une huile noire , épaisse et très fétide , qui donne cette odeur que l’on couuaîl SI bien quand on brûle une n.atière animale. Quant au charbon qui forme le résidu de la distillation, il a cela de remarquable, qu’il est volumineux, brillant, difficile à incinérer, et qu’il contient des quantités variables d’azote.

C’est en dislilianl, dans des vases convenables, des matières animales azotées, que l’on prépare le carbonate d’ammoniaque dans les arts, ainsi que le charbon animal employé si souvent pour la décoloration des liquides. Remarquons seulement que pour l’obtenir on se sert plus souvent d’os d’animaux , lesquels contiennent beaucoup de gélatine, matière très riche en azote.

L’oxigène n’abère ces substances qu’autant qu’elles sont humides, et donne lieu à ce phénomène que l'on aj^pdle ferment tation putride^ et sur lequel nous allons revenir.

Si l’on élève la température, alors 1 hydrogène et le carbone de la subsl mce se combinent avec l’oxigène et forment de l’eau et de l’acide caibonique. Quanta l'azote, il devient libre et accompagne les produits. Si l’on fait la même expérience au contact de l’air, la combustion est moins vive , et alors des produits analogues à ceux qui se forment en vase clos viennent compliquer les résultats. Le chlore, s’emparant de leur hydrogène, forme de l’acide chlorhydrique et d'autres produits non étudiés.

L’eau, l’alcool et l’éther eu dissolvent quelques unes. Les oxides métalliques, faciles à désoxigéner, les décomposent entièrement à une hante température, en formant de l’eau, de l’acide carbonique et de l’azote. Si l’on chauffe au rouge une de ces matières, avec de la potasse ou de la soude , alors au nombre des produits ordinaires de la décompovit'on par le leu se trouve du cyanure de potassium ou de sodium qui reste a\ec le charbon. Si , au lieu d’opérer à une haute température, on se sert d’une d ssolution concentrée de potasse ou de soude, dans laquelle ou

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fait bouillir la substance, il se fait un dégagement d’ammoniaque, et il se produit de l’acide acétique, de l’acide c rboniqne et une matière azotée particulière qui se combinent avec l’alcali.

L’acide nitrique à chaud détruit toutes les substances azotées et les produits de ces décompositions sont généralement des acides oxalhydrique, acétique, carbonique, indigotique, carbazotique, oxalique, cyauhydrique , de l’eau, de l’azote ou des oxides d’azote.

L’acide sulfurique concentré les charbonne en donnant lieu à de l’acide carbonique , de l’acide sulfureux et de l’azote.

Parmi ces substances , celles qui jouissent de propriétés alcalines , se combinent aux acides et forment des sels bien définis; telles sont la morphine, la quinine , la strychnine , la brucine , la cinchonine , etc. Toutes ces substances , qui se trouvent toutes formées dans les végétaux, ont une saveur amère, âcre; elles verdissent le sirop de violettes, et neutralisent fort peu d’acides par rapport à leur masse ; on dit qu’elles ont une faible capacité de saturation.

Elles se dissolvent bien dans l’alcool et l’éther. Parmi ces substances, plusieurs sont employées très souvent, seules ou à Tétai de sel; telles sont la morphine, la quinine et la strychnine, etc.

Toutes ces substances sont des médicaments énergiques qui empoisonnent à la dose meme de quelques grains.

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