PREMIÈRE SECTION
NOTIONS GÉNÉRALES d’aNATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE,
Quels sont les éléments anatomiques qui entrent dans la cornposition des animaux^ et qn* entend^on par solides, Lioin- DF.H et PRODUITS.^ QiCest^ce qu* une fibre ^ un tissu? Combien distin^ie-t’On de tissus dans les animaux ^ et dans quel ordre doivent-ils être classés? Qu est- ce quart parenchyme? qiêest-ce quun organe?
I,e corps de tous les animaux est composé de solides qui en iléterminent la forme, et de liquides qui y entretiennent la vie. La quantité de liquides contenus dans un animal est bien plus considérable qu’on ne serait porté a le croire au premier abord. Ainsi le corps d’un homme contient environ les neuf dixièmes de son poids de liquides.
Nature des liquides. — Dans les nnimaux dont la structure e.sl plus uniforme, tous les licjuides de réconomie sont semblables entre eux ; ils ne paraissent être que de l’eau plus ou moins chargée de particules organiques. Mais dans les êtres qui occupent un rang plus élevé dans l’échelle zoologiquc^ les* liquides sont de nature très différente. Il en est un que nous allons étudier à cause de son importance; c’est le sang liquide destiné aux besoins de la nutrition.
Chez la plupart des animaux inférieurs, le sang ne’ consiste qu’en un liquide aqueux, tantôt incolore, tantôt légèrement coloré en rose ou en lilas, ex. les insectes , les araignées, les écrevisses, les vers intestinaux, etc.
Le .sang est rouge chez tous les animaux qui se rapprochent plus de l’homme par leur structure, ex. tous les animaux verlé-
HISTOIRE NATrRELLE.
brés. On trouve encore le sang ronge dans les vers de la classe des anbélides.
Composition anatomique du sang. — En examinant le sang au microscope, on voit qu’il est composé d’un liquide jaunâtre et transparent qu’on a nommé sérum^ et d’une foule de petits corpuscules solides, réguliers et d’une belle couleur rouge, qui nagent dans le fluide dont nous venons de parler, et que l’on appelle les globules du sang.
Dans l’homme et chez tous les autres animaux de la classe des mammiières (le chien, le bœuf, par exemple), les globules du sang sont circulaires, tandis que chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, ils ont constamment une forme elliptique. Ces corpuscules sont d’une petitesse extrême. Dans l’homme, le chien et quelques autres mammifères , leur diamètre n’est égal qu’à environ la cent cinquantième partie d’un millimètre; dans le mouton, le cheval, et le bœuf, iis n'ont que douze centièmes de millimètre.
Lorsqu’on examine ces globules au microscope, on voit qu’ils SC composent de deux parties, et qu’ils consistent en une espèce de vessie ou de sac membraneux au milieu duquel se trouve un corpuscule sphéroïdal.
Le sang contient la plupart des autres substances qui entrent dans la composition des divers organes du corps qu’il est destiné à nourrir. On y trouve chez l'homme, sur loo parties de sang, 78 d’eau, 6 à 7 d’albumine; c’est elle qui forme presque à elle seule le blanc de l’œuf; elle peut se dissoudre dans l’eau, mais par l’action de la chaleur elle se solidifie et devient insoluble ; 1 4 à 1 5 de fibrine, qui forme la base de la chair musculaire. Le sang contient en outre des matières grasses, de la soude, des sels, de l’oxide de fer, etc. On peut admettre enfin que le sang contient tous les autres principes qui se trouvent dans les diverses humeurs, et que les organes qui sont chargés de leur sécrétion agissent seulement en les séparant du sang.
Les autres humeurs sont le chyme, le chyle, la lymphe, la synovie, la mucosité, etc.
Des tissus organiques ou formes propres aux éléments organl^ ques du corps animal.
Tous les corps vivants ont un tissu aréolaire composé de diverses formes de mailles. On appelle tissu toute partie distincte
ZüOLOGlË.
par sa texture. Le tissu ne diffère de la fibre qu'en ce que celleci est plus fine et eu est la partie composante. Un tissu peut être formé par des fibres semblables ou ddférentes; un ré-
sulte ordinairement de la réunion de plusieurs tissus. Il y a trois sortes de formes de tissus ou de matériaux organiques : le tissu cellulaire ou la cellulosité , tissu musculaire ou \si fibre musculaire^ le tissu nerveux ou la matière médullaire. Tous ces tissus paraissent formés en dernière analyse de petits globules seulement visibles à Taide du microscope , et réunis en chapelet dont la disposition varie.
Le tissu cellulaire se compose d’une infinité de petites lames etées au hasard et interceptant de petites cellules qui communiquent toutes ensemble. C’est une espèce d’éponge qui a la même forme que le corps entier, et toutes les autres parties la remplissent ou la traversent. Sa propriété est de se contracter indéfiniment quand les causes qui la tiennent étendue viennent à cesser; cette force est ce qui retient le corps dans une forme et dans des limites déterminées.
La cellulosité serrée forme ces lames plus ou moins étendues que Ton appelle membranes ; les membranes contournées en cylindres forment ces tuyaux plus ou moins ramifiés que l’on nomme vaisseaux; \q& filaments nommés fibres se résolvent en cellulosité durcie par l’accumulation de substances terreuses.
La matière générale de la cellulosité est cette combinaison qui porte le nom de gélatine^ et dont le caractère consiste à se dissoudre dans l’eau bouillante et à se prendre par le refroidissement en une gelée tremblante.
Le tissu musculaire , ou fibre charnue, est une sorte particulière de filaments dont la propriété distinctive, dans l’état de vie, est de se contracter en se plissant quand ils sont touchés ou frappés par quelque corps, ou quand ils éprouvent, par l’intermédiaire du nerf, l’action de la volonté.
Les muscles, orgaues immédiats du mouvement volontaire, ne sont que des faisceaux de fibres charnues. Toutes les membranes, tous les vaisseaux qui ont besoin d’exercer une compression quelconque, sont armés de ces fibres, El les sont toujours intimement unies à des filets nerveux ; mais celles qui concourent aux lonctions purement végétatives se contractent à Tinsu du moi, de sorte que la volonté est bien un moyen de faire agir les fibres, mais ce moyen n’est ni général, ni unique.
. La fibre charnue a pour base une substance particuUcre ap-
liiSTOIKli: NATÜRtiLLE.
pelve fibrine^ qui est indissoluble dans l’eau bouillante, et dont la nature semble cire de prendre d’clle-meme cette forme filamenteuse. , . , .
Le tissa nerveux ou matière médullaire n a pu etre encore réduite en ses molécules organiques. Elle paraît à 1 œil comme une sorte de bouillie molle où l’on ne distingue que des globules infiinnient petits; elle n’est point susceptible de mouveinents apparents, mais c’est en elle que réside le pouvoir admirable de transmettre au moi les impressions des sens extérieurs, eide porter aux muscles les ordres de la volonté. Le cerveau , la moelle épinière, en sont composés en grande partie, et les nerfs, qui se distribuent à tous les organes sensibles, ne sont, quant a leur essence, que des faisceaux de ses ramifications.
Des tissus fibreux^ muqueux^ osseux, etc. Les autres tissus organiques qui concourent à former les diverses parties du corps, sont les membranes séreuses et muqueuses, les tendons , les aponévroses ou les diverses variétés de tissus fibreux, les os. Mais il paraît évident que tous ces tissus ne sont que des modifications de tissu cellulaire.
Les ori^anes sont les parties solides ou contenantes du corps; ce sont eux surtout qwi déterminent la fofme et qui impriment le mouvement; ce sont les instruments par lesquels la vie se manifeste dans le corps animal*
QiCest-cc qu’un appareil? Quels sont les principaux appareils qui constituent la machine animale, et quelles sont les fonctions qidils exécutent?
Les appareils sont des ensembles d;organes quelquefois liés
distincis par leur conformation , leur situation , leur structure et même leur action particulière, mais qui concmirent a un but commun, lequel est une des fonctions de la vie. C est a to t que l’on a confondu cette réunion de parties avec celle qui constitue un système ou un genre d’organes. La classification des appareils repose eiitièremeiit sur la considération des lonttions, tandis que celle des systèmes ou genres scmbîance des parties entre elles. Voici comment les organes
sont réunis en appareils de fonctions. . . * 1»
Les os et leurs dépendances, savoir : le périoste, la moelle, la plupart des cartilages, les ligaments, les capsu es synovia e , constituent un premier appareil d’organes qui déterminent la
ylooLOGii’.»
l’orme J U corps , qui servent Je sonlien a loutes les jiaîtits et notamment d’enveUq)};c aux centres nerN eux, et qin, par la mobilité des articulât fous, reçoivent et communiquent les mouvements déterminés par les muscles.
Les muscles, les tendons, les apoucNroses, les bourses synoviales, forment l’appareil des mouvements.
Les cartilaejes et les muscles du larynx, et di\ erses atilics parties, forment celui de la phonation ou de la voix.
la peau, les autres sens et les muscles qui les meuvent, etc., forment l’appareil des sensations. Les centres nerveux et les nerfs forment celui de riuuervation. Le canal alimentaire, depuis la bouche jusqu’à l’anus et toutes ses nombreuses dépendances, constituent celui de la digestion.
Le cœur et les vaisseaux, celui de la circulation.
Les poumons, celui de la respiration. Les glandes, les follicules et les surfaces respiratoires, forment l’appareil des sécrétions; mais la plupart de ces organes servant à d’antres fonctions, sont compris dans leurs appareils. Il ne reste guère que la sécrétion urinaire, dont les organes forment à eux seuls un appareil.
Les organes géritaux constituent un appareil différent dans chaque sexe. Enfin l’œuf, et le fœtus qu’il renferme, forment un dernier groupe ou appareil d organes.
Qu’entend-on par foncûons et appareils de la -vie animale et de la mie organique Donner un exemple «n déjimssant comparativement ce que c’est que l’ahsorption, l exhalation, la sécrétion, la sensation, la locomotion.
Les fouclions des auiniaux se rapportent à deux objets , la conscrvalion de riiidWidii et la conservatiou de sa race. Mais iiarnii les premières, il est une distinction importante a établir, les unes servent à assurer l’entretien et l’accroissement du corps, les autres à mettre ranimai en relation avec les êtres qui environnent. Quant ;iux fonctions de reproduction, elles ont pour résultat la formation d’êtres nouveaux semblables à ceux dont i.s proviennent.
Il en résulte que les fonctions ou actes de ces elres peuvent se diviser en trois grandes classes, savoir ; \es fonctions de nutrition, les fonctions de relation, et \es fonctions de génération. Les fonctions de nutrition et de gciiération, ainsi que nous 1 a-
Histoire naturelle.
\ons déjà vu, sont communes aux plantes et aux animaux. Aussi leur donne-t-on le nom collectif de fondions de la 'i>ie •végéta-tive ; mais les fonctions de relation n’exislent que cliez ces derniers, et constituent ce que les physiologistes appellent fonctions de la •vie animale.
Pour mieux faire comprendre ces distinctions, nous allons définir successivement l’absorption, l’exhalation et la sécrétion parmi les fonctions de la vie organique, et la sensibilité et la locomotion parmi les fonctions de la vie animale.
V absorption est l’acte par lequel les êtres vivants absorbent et font pénétrer dans la masse de leurs liquides les substances qui les environnent ou qui sont déposées dans la profondeur de leurs organes.
JJexhalation et les sécrétions sont les actes contraires de l’absorption; ce sont les moyens par lesquels des substances contenues dans la masse générale des liquides et renfermées avec eux dans les vaisseaux , peuvent en sortir , soit pouT pénétrer dans les cavités intérieures, soit pour sortir au dehors. Si c’est seulement une partie aqueuse du liquide contenu dans ces vaisseaux qui en sort, n’entraînant qu’une petite quantité de matière soluble déjà contenue dans ce liquide, on donne à ce phénomène le nom déexhalation. S’il se sépare du liquide intérieur (sang dans les animaux) des produits nouveaux qui difièieiit de ce liquide par leur acidité ou par leur grande alcalinité , et qui renferment souvent en abondance des substances dont on ne trouve plus que des traces dans le sang, ce travail, en quelque sorte chimique, constitue ce que les physiologistes nomment sécrétion.
La sensibilité est la plus remarquable des propriétés inhérentes aux êtres animés ; c’est la faculté de recevoir des impressions des objets extérieurs, et d'en avoir la conscience. Quand l’animal a reçu une sensation, et qu’elle détermine en lui une volition, c’est par les nerfs que cette volition est transmise aux muscles, dont les contractions produisent le mouvement de l’animal, ou la locomotion,
La locomotilité est la faculté qu’ont les animaux de déplacer volontairement, en tout ou en paîtie, leur propre corps pour chercher le bien-être ou pour fuir le danger.
ZOOLOGIE
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Donner V analy se de quelques uns des appareils et de leurs fonc’-dons ^ comme celui de l* audition et de la vision, dans le sys^ terne sensorial ; de la production de la ^oix, de la marche, du Dol, de la natation, dans le système locomoteur; de la di-~ gestion, de la respiration, de la circulation, dans le grand appareil de la nutrition , etc.
Nous avons précédemment énuméré (pag. 517) les principaux appareils qui constituent la machine animale. Pour nous conformer aux intentions du programme de TUniversité, nous allons maintenant donner l'analyse de quelques uns des appareils et de leurs fonctions.