‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 158 sur 234 · DE LA VISION · texte numérisé non relu

DE LA VISION

La vision est la fonction qui a pour but de rendre les animaux sensibles à l’action de la lumière, de faire connaître, par l’intermédiaire de cet agent, la forme des corps, leur couleur, leur éclat, leur grandeur, leur position, etc.

L’appareil chargé delà vision se compose d’un nerf particulier nomme nerf opticjue, de l’œil et de diverses parties destinées à protéger et à mouvoir Cüt organe.

Le globe de l'œiWiX. une sphère creuse un peu renflée en avant et remplie d’humeurs plus ou moins fluides; son enveloppe externe se compose de deux parties, l’une blanche, opaque et libreuse, sclérotique', l’autre transparente qu’on appelle

cornée , qui occupe le devant de l’œil et qui est enchâssée dans uue ouverture circulaire de la sclérotique; à une petite distance, derrière la cornée, on trouve une cloison membraneuse qui est tendue transversalement et fixée au bord antérieur de la sclérotique tout autour de la cornée, et qui, diversement colorée chez les iudividus, se nomme iris, et présente dans son milieu une ouverture circulaire nommée pupille. On nomme chambre aiité^ ricnre de l’œil, l’espace compris entre la cornée et l’iris; on donne le nom de chambre postérieure à la cavité située derrière l’iris, elles communiquent ensemble par l’ouverture de la pupille ; elles wnt toutes les deux remplies d’un liquide transparent composé

HISTOIRE KATÜRELLE.

d’eauj d’albumine et de quelques sels , nommé humeur aqueuse. On donne le nom de procès ciliaires à des replis rayonnants d'une membrane qui se trouve derrière Tiris, Le cristallin est situé presque immédiatement derrière la pupille; c'est une lentille transparente , sécrétée par une membrane particulière qui lui sert d’enveloppe , et que l’on nomme capsule du cristallin. Le cristallin est composé d’un grand nombre de couches concentriques dont la dureté va toujours en croissant depuis la circonférence jusqu’au centre; sa face postérieure est beaucoup plus convexe que l’antérieure. On donne le nom à^humeur 'vitrée à une masse gélatineuse et diaphane qui ressemble au blanc d’œuf et qui est enveloppée par ta membrane hyaloïde d’une grande fermeté qui se replie en dedans pour former des cellules. La rétine est répanouisseraent du nerf optique; c’est une sorte de membrane molle et blanche , qui entoure partout l’humeur vitrée, excepté en avant, où se trouvent le cristallin et l’iris; elle n’est séparée de la sclérotique que par un lacis de vaisseaux sanguins, imprégné d’une matière noire qu’on choroïde.

Mécanisme de la 'vision, — Lorsque des rayons lumineux viennent tomber sur la cornée, une partie doit être réfléchie par elle, tandis que le reste la traverse; ceux-ci passent dans un corps beaucoup plus dense que l’air, ils sont par conséquent réfractés et rapprochés de la perpendiculaire avec d’autant plus de force que la surlace de la cornée sera plus convexe. Si les rayons lumineux rentraient dans l’air au sortir de la cornée, en se réfractant dans un sens contraire, ils reprendraient leur direction primitive; mais l’immeur aqueuse qu’ils doivent traverser après la cornée a un pouvoir réfringent plus considérable que l’air, et les rayons en y eiïtrant s’écartent moins qu’ils ne s’étaient rapprochés; l'iris absorbe ou réfléchit une grande partie de la lumière qui entre dans l’œil ; celle qui tombe sur la pupille pénètre seule; de là ces admirables alternatives de dilatation et de contraction de la pupille, selon que la lumière est faible ou forte. Les rayons lumineux qui ont traversé la pupille, tombent sur le cristallin, changent de nouveau de direction, convergent vers un foyer commun qui se trouve sur la surface de la rétine, épanouissement nerveux dont la paralysie entraîne la cécité, et qui jouit d’une sensibilité tout-à-fait spéciale.

La matière noire qui est située derrière la rétine et qui tapisse tout le fond de l’œil ainsi que la face postérieure de l’iris , sert à absorber la lumière immédiatement après qu’elle a traversé

ZOOLOGIE

Id rétine; si c«tte Ininière était réfléchie vers d’autres points de cette membrane , elle troublerait considérablement la vue et empêcherait la formation d’images bien nettes au fond de l’œil. Aussi chez les hommes et les animau\ albinos, où ce pigment manque, la vision est-elle extrêmement imparfaite; pendant le jour ils voient à peine de manière à pouvoir se conduire.

L’iris remplit l’office d’une espèce de lunette, mais c’est un instrument d’optique plus parfait qu’aucun de ceux que les physiciens sont encore parvenus à construire; car en même temps qn’il est parfaitement acromatique et qn’il ne présente point d’aberration de sphéricité, sa portée peut varier considérablement.

Avant de terminer la vision , nous devons éuumérer les parties accessoires et protectrices de l’œil. On nomme orbites les cavités osseuses qui logent les yeux ; les sourcils sont des saillies transversales, formées par la peau qui, dans ce point, est garnie de poils et pourvue d’un muscle spécial ; les paupières sont des espèces de voiles mobiles ])lacés au-devant de l’orbite, et dont la forme s’accommode à telle du globe de l’œil ; leur face interne est tapissée par une membrane nommée conjonctive; leur bord libre est garni de poils nommés cils^ derrière ces poils des petits trous communiquent avec des follicules sébacés nommés glandes de Meibomius. Les larmes sont une humeur composée d’eau et de quelques millièmes de matière animale et de sels, elles sont fournies par une glande assez volumineuse située sous la voûte de l’orbite.

DE d’audition ou DU SENS DE l’oUÏE.

L’audition est une fonction destinée à faire percevoir aux animaux les sons produits par les corps vibrants.

jéppareil de l* audition, — Cet appareil varie beaucoup dans les diverses classes d’animaiix; à l’état de plus grande simplicité il consiste dans des filets nerveux et une pulpe nerveuse qui sont des subdivisions du nerf acoustique^ et qui flottent dans un bulbe meinl)raueiix nommé 'vestibule. C’est dans la pulpe nerveuse que réside le siège de la sensation , ainsi le vestibule qui la contient existe dans tous les animaux pourvus du sens de l'ouïe. Les parties accessoires, propres à renforcer ou à modifier la sensation, qui ne se trouvent point dans toutes les oreilles, mais qui s’ajoutent successivement à mesure que l’organe se perfectionne.

sont : lO le limaçon et les canaux semi^circulaires que l’on peut regarder comme une extension de la partie essentielle ou du vestibule, et qui composent avec celui-ci un tout qu'on nomme labyrinthe ou oreille interne ; 2® la caisse du tympan ou V oreille moyenne, cavité située entre l’oreille interne et l’air extérieur et qui contient une chaîne de petits osselets; 3“ V oreille externe, composée du pavillon, sorte de conque destinée à recueillir les vibrations de l’air, et du canal ou méat auditif externe qui les mène au tympan.

Mécanisme de V audition, — L’audition est destinée à nous faire percevoir les sons; les sons résultent d’un mouvement vibratoire très rapide qu’éprouvent les corps sonores; le pavillon de Voreille, qui a la forme d’un cornet, sert à réfléchir les vibrations et à augmenter l’intensité du son qui arrive à son extrémité rétrécie: c’est particulièrement par l’air contenu dans le conduit auriculaire que les sons pénètrent dans l’intérieur de l’oreille. Le tympan sert principalement à faciliter la transmission des vibrations sonores de l’air extérieur vers le nerf acoustique. Les vibrations se transmettent de la membrane du tympanaux osselets de l’oreille, aux parois de la caisse et surtout à l’air dont cette cavité est remplie; elles parviennent aind à la paroi postérieure de la caisse; et là il existe, comme nous l’avons vu, des membranes tendues sur des ouvertures, conduisant dans l’oreille interne, à peu près comme le tympan est tendu entre le conduit auriculaire et la caisse. Or, ces membranes doivent agir de la meme manière que celle-ci, c’est-à-dire entier facilement en vibration et transmettre ces mouvements aux parties voisines. La face postérieure de ces disques membraneux est en contact avec le liquide aqueux qui remplit l’oreille interne, et dans ce liquide sont suspendues les poches membraneuses qui, à leur tour, sont distendues par un autre liquide dans lequel plongent les filets terminaux du nerf acoustique. Les vibrations que ces membranes exécutent doivent donc se transmettre à ce liquide, se communiquer ensuite au sac membraneux du vestibule et arriver enfin au nerf sur lequel leur action produit la sensauon du son.

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