‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 178 sur 234 · DES ORGANES SEXUELS · texte numérisé non relu

DES ORGANES SEXUELS

Les organes sexuels, dans les végétaux , consistent dans TeVaorgane male, et dans le pistil, organe femelle. La plupart des végétaux offrent ces deux organes réunis dans la même fleur qu’on dit alors être hermaphrodite ou monocline ; quand au contraire les fleurs n’offrent que l’un ou l’autre de ces organes, on les dit unisexnées ou diclines,

§ I. De V étamine.

L’étamine est ordinairement formée de 3 parties distinctes: X anthère, {^.pollen et le Jilet. Le nombre des étamines dans une fleur varie beaucoup; ce qui les a fait distinguer en fleurs monandres, diandres, triandres, tétrandres, etc. , selon qu’elles contiennent une, deux, trois, quatre, etc., étamines; le plus souvent elles sont égales, mais quelquefois elles sont inégales , et alors, quand, sur quatre étamines, il y en a deux plus courtes, on les appelle didynames; on les nomme tétradynames, lorsque, sur six étamines, quatre sont plus grandes que les deux autres.

Ordinairement les étamines sont alternes avec les divisions de la corolle et opposées avec celles du calice. Tantôt elles sont plus courtes que la corolle et le calice, on les dit alors incli^ses (primula vcris); tantôt elles sont plus longues, etc. , elles sont nommées exertes (lycium europæum).-

Les étamines sont quelquefois réunies ensemble par leur filet ou par leur anthère ; d’autres fois elles sont réunies et confondues avec le pistil.

Dans certaines fleurs, constamment un certain nombre d’étamines avortent. Le plus souvent alors elles sont remplacées par des appendices particuliers auxquels on donne le nom àe^stami^ nodes.

Relativement à l’insertion des étamines sur les différentes parties de la fleur, on en distingue trois principales : l'insertion dans laquelle les étamines sont insérées sous

l’ovaire (labiées) ; l'insertion périgynique , dans laquelle elles sont attachées au cabce (rosacées) ; 3® l’insertion épigynique qui a lieu toutes les fois que l’ovaire est enveloppé par le calice et y adhère, et que les étamines sont attachées à son sommet, (ombellifères, synantbérées).

HiSiOillFi ^AiüjlbLLE*

(iOO

A. D<i (Uct

Le filet ou filament est la partie de rélauiine qui supporte l’antlière ; il est ordinairement droit et allongé, filiforme, et susceptible de présenter [dusieurs modificalions de forme : ainsi il peut être capillaire, aplati, subulé, etc. Sun existence n’est pasabsojument nécessaire; il manque souvent, et ranlhère est alors Lorsqu’il porte plusieurs anthères, ou mieux quand plusieurs filets sont soudés ensemble, ils portent le nom à'androphoresy et les étamines prennent le nom de mouadelphes ^ diadelphes, etc., selon que les filets sont réunis en un , deux , ou un plus grand nombre d’andropliores.

B. De l’aiubére.

L’anthère est une capsule membraneuse, le plus souvent formée de deux petites loges dans lesquelles se trouve renfermé le pollen. Elles sont réunies l’une à l’autre par leur côté, au moyen d’un corps intermédiaire , nommé conncctfi et qui prend quelquefois un développement très considérable. Chacune de ces loges est elle-même partagée intérieurement en deux parties, par une cloison longitudinale ;dans quelques cas cependant, ranlhère n’a qu’une seule loge ; rarement elle en présente quatre ( bulomus umbellatus).

Chaque loge présente ordinairement sur Tune de ses faces un sillon longitudinal par lequel elle s’ouvre le plus souvent, mais dans quelques cas cette dchisctnce se fait par des pores situés dans divers points ou par de petites valvules (lui se soulèTeiit de bas en haut. On donne le nom de face au côté par lequel se fait la déhiscence, et celui de dos à lu face opposée. Lorsque la face est tournée vers le centre de la fleur, l’anthère est introrse ; lorsque, au contraire, elle regarde la circonférence, elle est extrorse.

L’anthère est le plus souvent supportée par le filet; celui-ci peut être attaché à la base de ranlhère, et alors on la dit basifiixe; s’il est attaché à la partie moyenne, elle est dite médiifiæe ; lorsque le filet s’attache à la partie supérieure de ranthère, on la dit apicifixe,

La forme des anthères offre un grand nombre de modrfications , qui les font appeler : sphcrdidales , didjmes\ ovoïdales , eblongues, Hneaires^ sagiciccSf cordifiormes, etc.

Les anthères peuvent être soudées, entre elles, de manière à t’orinçr une sorte de tube. La famille des synanthérées présente cette disposition.

La structure anatomique des anthères a. été étudiée récemment par le docteur Purkinje. D’après lui, chaque loge de l’anihère SC compose d’une membrane extérieure, prolongement de l’épiderme général q«ii revêt toutes les autres parties du végétal; on peut la nommer La face interne ou Veudothèque,

examinée au moyen d’une lentille, présente une couche de cellules séparées par des f)hres très fines, et qui paraissent élastiques, l’auteur les nomme cellules fibreuses. Ces cellules, de formes très variées , ont cela de remarquable que souvent elles ont une forme très analogue dans les plantes d’une meme famille naturelle : ainsi elles sont, rectangulaires , perpendiculaires au raphé, et offrent des fibres élastiques, courtes, droites, placées sur leurs côtés et implantées à la manière de clous. Dans les graminées, au contraire, elles sont cylindriques, distinctes, marquées de fibres annulaires , transversales dans les cypéracées.

Les fibres forment la partie essentielle de cet organe; car c’est par elles que se fait la dispersion du pollen , en raison de leur élasticité, qui non seulement tend à rompre la suture de chaque loge , mais encore à étaler les valves et à repousser le pollen,

Page 1