C. Du pollen
Le pollen, ou p ou ssiere fécondante , est la ^substance contenue dans les loges de l’anlbère et l’agent essentiel de la fécondation. Selon M. Guillemin , vu à l’aide du microscope achromatique de M. Selligue , il sc présente sous forme de très petits grains qui ne sont que des utricules de forme variée sans adhérence dans ranlhère à l’époque de la maturité. La membrane utriculaire est tantôt lisse, tantôt marquée d’éminences ou d’aspérités. etc. Quand le pollen est lisse, il n’est recouvert d’aucun enduit visqueux , tandis que les moindres éminences sont des indices de viscosité : de là deux espèces de pollens : les pollens lûsqucux et les pollens non 'visqueux. Il est à remarquer que jamais la môme famille n’offre à la fois les deux espèces; ainsi les familles des malvacées, convolvulacées , etc., renferment des pollens visqueux. Les solances caryophyllées , les graminées, etc. , possèdent, au contraire, des pollens non visqueux. Les pollens offrent encore des formes assez variées; ainsi les uns
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sont sphériques , les autres sont elliptiques , ou cycloïdes , ou polyédriques, etc. Lorsqu’on les met en contact avec de l’eau, ils se gonflent, s’arrondissent, puis éclatent plus ou moins promptement en lançant au dehors un liquide plus dense que l’eau, et dans lequel se meuvent une infinité de petits grains de couleur verdâtre. Selon M. Brongniart , chaque grain pollinique se compose de deux membranes , l’une externe et l’autre interne. Par l'action de l’eau , la membrane interne se gonfle , l’externe se rompt dans un ou plusieurs points de son étendue , et à travers chacune de ces ouvertures sort un prolongement tubuleux , qui forme une sorte de hernie dans laquelle se trouvent les petits grains verdâtres dont nous avons parlé et qu’on nomme granules polliniQues o\\ fovilla. Mise dans l’eau, celte fovilla jouit de la propriété de se mouvoir en tous sens avec une rapidité remarquable , ce qui l’a fait comparer aux animalcules qui existent dans la semence du mâle des animaux.
Projeté sur des charbons ardents , le pollen brûle et s enflamme avec rapidité. Celui de beaucoup de végétaux exhale une odeur très analogue à celle du sperme des animaux.
§ 2. Du pistil.
Cet organe , ordinairement situé au centre de la fleur, se compose de trois parties : Y ovaire , le style et le stigmate. Il est le plus souvent simple; cependant les rosacées^ les renonculacées , etc. , en offrent plusieurs réunis dans la même fleur. Quelquefois il est attaché à un prolongement particulier du réceptacle , que l’on nomme gjnophore , d’autres lois il est porté sur un rétrécissement de la base de l’ovaire auquel on dorme le nom de podogyne. Le gynophore est quelquefois susceptible de devenir épais et charnu , comme dans X^fraisier, etc.
A. De l’otaire.
L’ovaire, qui forme toujours la partie inférieure du pistil , est ordinairement ovoïde, et divisé en une ou plusieurs cavités nommées loges^ dans lesquelles sont contenus les ovules ou rudiments des graines. La position de l’ovaire, par rapport aux autres organes floraux, fournit des caractères qui servent à la coordination des genres dans les familles naturelles. Lé plus souvent sa base correspond au point du réceptacle où s’attachent les étamines et
BüTAISIQÏjE.
les enveloppes florales , sans que celles-ci contractent d adhérences avec lui; il est alors libre ou supère. Souvent, au contraire, il ne paraît plus au fond de la fleur; mais faisant corps par sa périphérie avec le tube du calice, il paraît place entièrement au-dessous du point d’insertion des autres parties; il est alors apr/elé adhérent o\\ infère. Dans ce cas, le calice est toujours monowépale, et cette position exclut absolument la multiplicité des pistils dans la même fleur.
Il arrive quelquefois que l’ovaire n’est pas entièrement soude avec le tube du calice, et qu’il est libre dans son tiers ou environ sa moitié supérieure (saxifraga) : plusieurs botanistes 1 ont dési-né sous le nom d’ovaire demidnfère. Dans quelques cas, plusieurs pistils réunis dans une fleur sont attachés à la paroi interne d’un calice très resserré à sa partie supérieure , de sorte qu’au premier coup-d’œil, l’ovaire paraît infère : M. Richard leur donne le nom à'o^aires pariétaux. L’ovaire peut être : sessile , quand il n'est élevé par auciiii support particulier; stipité , quand il est porté par un podogyne très allongé. Enfin on lui donne différents noms selon le nombre de ses loges et des ovules qui y sont contenus, et aussi selon les formes qu’il présente.
Chaque loge d’une ovaire multiloculaire doit être considérée comme une partie distincte que l’on nomme carpelle. L’ovaire biloculaire résulte alors de la soudure de deux carpelles formant un seul et même ovaire. Il en est absolument de même lorsqu il y a trois, quatre, cinq, etc., loges. C’est qu’il se passe ici un phénomène analogue à celui par lequel les pétales se soudent pour former une corolle gamopétale.
B. Du style.
Le stjle est un petit corps filiforme, prolongement du sommet de l’ovaire et qui sert de support au stigmate. Presque toujours il occupe le point le plus élevé , ou le sommet géométrique de l’ovaire; quelquefois il naît d’une des paities latérales (daphne) , ou de sa base (alchiemilla vulgaris). D’autres fois il repose sur le réceptacle (borraginées).
Dans quelques cas, le style n’existe pas, et alors le stigmate immédiatement porté par l’ovaire est appelé sessile. Souvent l’ovaire peut être surmonté d’un, de deux, de trois slyles, etc. , pendant que quelquefois il n’existe qu’un seul style pour plusieurs ovaires (apocynées). Dans certaines plantes, il offre plusieurs
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divisions plus ou moins profondes {glaieul, mauve, etc.). Lorsque le style tombe après la fécondation , il est caduc {cerisier)-, dans le cas contraiie, il c&\. persistant {buts)-, enün il est accresseut lorsqu’il persiste et s’accroît après la fécondation (les clématites les pulsatiljes ). ’
Sa forme, sa longueur, sa direction, etc., .variant bcaucoiin, lui font donner différents autres noms. *