‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 181 sur 234 · DU PÉRICARPE · texte numérisé non relu

DU PÉRICARPE

Le péricarpe est la partie du fruit qui contient les graines : il est formé par les parois mêmes de l’ovaire fécondé , et il existe constamment. Les anciens ont quelquefois révoqué en doute son existence, et ils disaient alors que les graines étaient nues comme dans les labiées les ombellifères . Aujourd’hui il est parfaitement reconnu qu’il existe toujours.

Sur un des points de sa périphérie, on remarque ordinairement une petite cicatrice, ou des vestiges des styles ou des stigmates, qui déterminent \q sommet organique du fruit. On donne le nom de hase à la partie par laquelle le fruit est fixé au réceptacle , et par axe on enteud une ligne tantôt idéale , tantôt réelle, partant de la base et se prolongeant jusqu’au sommet. Quand il existe matériellement, on lui donne le nom de coinmelle. Cette columelle ou petite colonne sert de point d’appui aux différentes pièces du fruit , et persiste toujours au centre du péricarpe, lorsque les pièces viennent à tomber (ombellifères).

Le péricarpe est toujours formé de trois parties : Vépicarpe, le sarcocarpe et V endocarpe.

Hépicarpe est une membrane mince, souvent transparente, recouvrant extérieurement le péricarpe comme une sorte d’épiderme , et formée, lorsque l’ovaire est infère , par le tube même du calice, dont le parenchyme se confond avec celui du sarco-

carpe : dans ce cas il offre , à une certaine distance du point d’origine du style et du stigmate , un rebord plus ou moins sensible formé par les débris du limbe calicinal.

'V endocarpe est une membrane mince, qui revêt intérieurement sa cavité séminifere. Quelquefois il se recouvre à l extérieur d'une portion plus ou moins grande, du saicocarpe qui s endurrcit, devient osseux, et forme un noyau lorsque le fruit ne contient qu’une graine , et des nucules lorsqu’il en renferme plusieurs.

Eutin le sarcocarpe ou mésocarpe est la partie charnue, souvent très développée, qui se trouve entre les deux membranes précédentes. C’est lui qui contient tous les vaisseaux du fruit unis ensemble par du tissu cellulaire phis ou moins abondant. Dans les fruits secs, il paraît ne pas exister.

Le péricarpe est quelquefois d’une seule pièce , et lorsque vient l’époque de la maturité, il s’ouvre soit en se rompant en pièces irrégulières, soit an moyen de trous dont se trouve pourvue sa partie supérieure (antbirrinum) , ou par l écartement de quelques dents situées au sommet comme dans les caryophyllées ; le plus souvent il est formé de plusieurs pièces nommées 'valves^ qui se séparent entièrement pour livrer passage à la graine.Le nombre des véritables valves est presque toujours le meme que celui des loges du péricarpe; mais, dans quelques fruits , chacune se partage en deux pièces, de sorte que leur nombre paraît double.

\a cavité intérieure du péricarpe peut être ( papaver

somniferum); dans ce cas, le péricarpe est uniloculaire. D’autres fois il est divisé en plusieurs compartiments nommes loges y et il prend les nom* de hiloculaire^ triloculaire et multiloculaire^ selon le nombre de loges qu’il contient. Chacune de ces loges est séjiarée par une lame verticale nommée cloison. On distingue deux sortes de cloisons ; celles qu’on appelle 'vraies et les c7o/sons fausses. Les premières sont formées par deux prolongements de l’endocarpe , reunis ensemble par une portion ordinairement fort mince du sarcocarpe , et elles alternent constamment avec les stigmates ou leurs divisions. Les fausses cloisons , au contraire, ont une origine très variable , et 1 on doit considérer comme telles toutes celles qui ne seront pas formées comme les précédentes; en outre elles correspondent presque toujours aux stigmates ou à leurs divisions.

On distingue encore les cloisons en complètes et en incom^ pièces , selon qu’elles s’étendent intérieurement depuis le haut

HIST(>fRE NATIIRKLEE.

de la cavité du péricarpe jusqu’à sa hase sans interrupliôii , ou qu’elles sont interrompues dans leur étendue, de manière que les loges ne sont pas entièrement séparées. Le datura stramonium offre un fruit dans lequel on peut voir ces deux sortes de loges. Le plus souvent les cloisons sont longitudinales ; dans quelques cas, cependant, elles sont transversales (cassia ftslula).

Une graine , devant recevoir sa nourriture du péricarpe , doit avoir nécessairement quelque point de communication avec lui. Ce point, auquel on donne le nom de hile ou ombilic, doit être considéré comme la limite précise entre la graine et le péricarpe.

Les graines, renfermées en plus ou moins grand nombre dans la cavité du péricarpe, y sont attachées au moyen d’un corps parlicjilier nommé (trophosperme, Rich.). Ce corps

est destiné à porter aux graines les éléments nutritifs que fournit le sarcocarpe, àl’aide de vaisseaux qui traversent l’endocarpe, toujours percé dans le point intérieur du péricarpe, où est attaché le tropliosperme ; quelquefois celui-ci ne porte qu’une seule graine ; d’autres fois il en porte un plus grand nombre qui ysont attachées au moyen de prolongements auxquels on donne le nom de podospermes , et dont la forme ainsi que les positions varient considérablement.

Ordinairement le trophosperine ou le podosperme se termine au hile ; mais quand ils se prolongent au-delà et recouvrent la graine en tout ou en partie, ils prennent le nom di’arille, dont la nature et la forme varient tellement qu’il serait bien difficile d’en donner une définition exacte. Dans le mzzjcrtz/zc;’, il est très développé, sous forme de membrane épaisse, frangée et d’un rouge clair : c’est lui qui constitue le macis. Selon M. Richard', jamais Larille ne se trouve dans les plantes à corolle monopétale.

Lorsque les graines sont mûres, il faut qu’elles puissent sortir du péricarpe d’une manière quelconque. On donne le nom de déhiscence à l’action par laquelle un péricarpe s’ouvre naturellement. Les péricarpes vraiment déhiscents sont ceux qui se divisent en un nombre déterminé de 'valves. Les péricarpes qui se rompent en pièces irrégulières et très variables, quant au nombre et à la forme , sont nommés péricarpes ruptlles. On distingue trois déhiscences valvaires ; i® la déhiscence loculicide , quand

MüTAjMOUK, CÎ09

elle se fall par le milieiî des loges, c’est-à-dire que les cloisoEs répondent à la partie moyenne des valves;

2^ La déhiscence septicide ^ lorsqu’elle a lieu entre les cloisons qu’elle partage ordinairement en deux lames;

30 La déhiscence septifrage, si elle s’opère vers la cloison qui reste libre et entière au moment où les valves se séparent.

DE LA GKaINE.

La graine , qu’on nomme aussi semence , est celte partie d’uii fruit parfait contenue dans la cavité du péricarpe et qui renferme le corps qui doit reproduire un nouveau végétal. Elle provient d’un ovule fécondé et présente une base et un sommet. Sa base est cette partie qui correspond au hile, et sou sommet celle qui lui est diamétralement opposée. Quand le hile est situé sur un des peints du bord de la graine, elle est dite comprimée , et alors celle de ses deux faces qui regarde l’axe du péricarpe est appelée face piroprement dite, pendant que l’autre est appelée dos, La graine est déprimée lorsque le hile existe sur Tune de ses faces.

Les graines varient beaucoup, quant à leur position et à leur direction, par rapport au péricarpe ; ainsi elles sont : dressées, quand elles sont fixées par leur extrémité au fond du péricarpe, ou d'une de ses loges (synanthérées) ; renversées, lorsqu’elles sont fixées à la partie supérieure du fruit (ombellifères) ; ascendantes, si le trophospenne étant axillaire ou pariétal, elles dirigent en haut leur sommet (pomme, poire) ; suspendues, lorsque leur sommet est dirigé vers la base du péricarpe; et péritropes , quand leur axe rationnel est Irausversal relativement aux parois du péricarpe.

On reconnaît deux parties dans la graine ; l’épisperme et l’amande.

§ I. De V épisperme.

épispenne ou tégument propre (spermoderme de Caudolle) e^t la pnrtu; (pii enveloppe la graine et (|ui est pr(\sqiie toujours simple, t )iie!(piciois il est composé de dmix membranes, lun-^ e\léri(Mire , s(<uv(mt dure et 'olirle, que Oairtner nomiiU* testa ; l’autre liitérieui\' , miuia* , appelée irgiucn (virin;.

HISTOIRE NATURELLE

A la surface de l’épiderme se trouve situé le hyle dont nous avons parlé , vers la partie cenlrale ^ où sur l’un de ses côtés on remarque une ouverlura fort petite, nommée par M. Turpin omphàlode , et qui est destinée à livrer passage aux vaisseaux nourriciers qui , partant du trophosperme , se rendent dans le tissu de répisperme. Si ce faisceau de vaisseaux se continue quelque temps avant de se ramifier, la ligne plus ou moins saillante qu’il forme reçoit le nom de 'vasiducte ou de raphé ; et le point intérieur où viennent se terminer ces vaisseaux, celui de chalaze ou à' ombilic interne. On trouve encore un autre organe perforé, souvent dirigé du côté du stigmate , que M. Turpin a nommé micropyle et que Ton considère comme le point par lequel le fluide fécondant arrive à l’embryon.

Dans quelques graines, à quelque distance du hile, on observe un petit renflement en forme de calotte, nommé ernbryotége par Gœrtner, et que M. Mirbel appelle opercule ; ce petit corps se détache de la graine pendant la germination , pour livrer passage à l’embryon.

L'épiderme n’offre dans son intérieur qu’une seule cavité renfermant rarement plusieurs embryons à la fois. Quelquefois il adhère tellement à l'amande , qu’il est très difficile de Ten séparer.

M. de Candolle considère l’épiderme comme formé de trois parties plus ou moins distinctes, et qui sont: le test, partie la plus extérieure; Vendoplèvre^ partie la plus intérieure ; et le 5arcoderme , partie intermédiaire aux deux précédentes.

§ II. De V amande.

L’amande est la seule partie essentielle de la graine ; elle est renfermée dans la cavité de l’épispermeet semble n’avoir aucune communication vasculaire avec lui , à moins que ces deux organes ne soient soudés et confondus. L’amande peut être entièrement formée par l’embryon; d’autres fois, elle contient en outre un corps accessoire nommé endosperme par M. Richard (j)érisperme Juss.; albumen , Gœrtn.').

A. De l’endosperine.

endosperme est cette partie de l’amande qui entoure l’embryon , et n’a avec lui aucune continuité de tissu ni de vaisseaux.

Il est formé d’une substance blanche ou blanchâtre, composée d’un tissu cellulaire dans les mailles duquel se trouve déposée de la fécule amylacée ou un mucilage épais ; il change de nature pendant la germination, acquiert la propriété de se dissoudre dans l’eau, et peut alors servir de nourriture au jeune embryon ; il se sépare toujours facilement de ce dernier organe.

La substance qui le forme est susceptible de varier : tantôt il est sec eX farineux (graminées), tantôt coriace (ombellifères) , d’autres fois oléagineux et charnu (ricin) , ou corné (rubiacées), ou mince et membraneux (labiées).

B. De l’eiT-bryon.

Vembj^'on est le corps essentiellement organisé de la graine , et qui contient les principes rudimentaires d’une nouvelle plante. Il n’a de liaison organique avec l’endosperme que pendant son accroissement; mais aussitôt que la graine est mûre, il ne tarde pas à se détacher de ses enveloppes. On l’appelle épispermiqiie quand il n’existe pas d’endosperme, et endospermique dans le cas contraire. La position qu’il peut occuper par rapport à l’endosperme lui a fait donner le nom éiintraire^ quand il est entièrement enveloppé parce dernier (ricin), et àé extraire^ lorsqu’il est simplement appliqué sur un point de la surface de l’endosperme, et logé dans une petite fossette superficielle (graminées).

L’embryon est essentiellement formé de quatre parties, savoir : du corps radiculaire ^ du corps cotylédonaire ^ de la gemmule et de la tigelle,

lO Le corps radiculaire ou radicule constitue celle des extrémités de fembryon qui doit donner naissance à la racine lors de la germination. Avant cette époque, elle est toujours simple et indivisée; mais quand elle vient à se développer, elle pousse souvent de petits mamelons, qui deviennent autant de filets radiculaires, comme le montrent les graminées. Elle est toujours facile à distinguer des autres parties de l’embryon ; lorsque celui-ci est soumis à l’acte de la germination, c’est elle qui sort la première des enveloppes séminales, ef tient constamment à se diriger vers le centre de la terre.

La radicule est quelquefois nue, et alors elle prend le nom àéexorhizes (la plupart des dicotylédones); d’autres fois elle est entièrement recouverte par une enveloppe particulière, qui se rompt pendant la germination, et ret^oit le nom ôéendorhizes

HISTOIRE ^ATEllELLE.

(la plupart des monocotylédones); enfin, dans certaines plantes la radicule est soudée et fait corps avec l’endosperme; on les wovamü synorhizes (conifères, cicadées}. Ces caractères qui sont constants ont été proposés par M. Richard, pour établir dans les végétaux trois grandes classes; mais ce mode de division n’a pas été généralement adopté. ^

‘20 Le corps cotrUdonaire est un organe destiné par la nature à favoriser le développement de la jeune plante. On peut remar- (pier en effet qu’il est épais et charnu lorsqu’il n’existe pas d endosperme, tandis que dans le cas contraire i! est très mince. Il sert donc à remplacer 1 endosperme. Ce corps peut cire simple ou double: dans le premier cas, l’embryon est monocotjlédone • dans le second, il est dicotjlédone. Cependant dans quelques plantes l’embryon paraît présenter trois, quatre, cinq, huit et meme dix et douze cotylédons; ce qui a fait proposer le nom de polycotjlédones pour ces végétaux , nom que plusieurs botanistes Jtadineltenlpas, ne regardant que comme plus ou moins divisés cbacuu des deux cotylédons. Il arrive quelquefois qu’à l’époque de la germinaîioa les cotylédons restent cachés sous terre, et alors Jls sont dits hypogés; d'autres fois la tigelle, en s’allongeant, les porte au-dessos du sol, et on les appelle éplgés. Dans ce cas, les cotylédons se transforment pres(jue toujours en deux feuilles (jui sont dites séminales.

O La gemmule est le petit corps simple ou composé qui naît entre les cotylédons, ou dans la cavité même du cotylédon si celui' Cl est unique. Elle est formée par plusieurs petites feuilles pbssces diversement sur elles-mêmes, et qui , par leur développement, constituent les feuilles primordiales, C est en un mot le rudiment de toutes les parties qui doivent se développer à l’air extei leuK Quelquefois la gemmule est enveloppée dans une espèce U etui qii on nomme colcoptile,

1 ^ ^^gclle est celte partie de l’embryon qui souvent unit la

base du corps cotylédoiiaire avec la radicule, et qui n’existe nas toujours d’uue manière bien manifeste. La gemmule et la tigelle constituent par leur ensemble la plumule certains auteurs.

L’extrémité radiculaire forme toujours la base de l’embryon qui est dit homotrope , si la radicule répond au bile; orthotrope ^ quand il est rectiligne; antitrope, lorsque l’extrémité cotylédonaire correspond au bile, et que par conséquent sa direction est opposce à celle de la graine; enfin amphitrope, quand l’embryon

est tellement recourbé sur lui-même, que ses deux extrémités se rapprochent en se dirigeant vers le hile.

Vembryon dirotjlédoné présente pour caractères généraux une radicule cylindrique ou conique, nue, saillante, et constituant lors de la germination la \éritable racine de la plante; deux cotylédons attachés à la même hauteur sur la tigelle, et dont la consistance et l’épaisseur sont d’autant plus grandes, que l’endosperme est plus mince ou n’existe pas du tout; une gemmule nue, cachée entre les deux cotylédons; enfin une tigelle plus ou moins apparente, mais toujours distincte.

'V embryon monocotylédoné celui qui, avant la germination, ne laisse distinguer aucune des parties qui le constitue. Ce n’est en effet qu’une masse charnue, où toutes les parties sont unies et confondues. Ce n’est qu’après la germination qu’on y remarque une radicule enveloppée ordinairement d’une coléorhize, et qui est tantôt sous la forme d’un simple mamelon , tantôt aplati et large de manière à former la masse la plus considérable de l’embryon, qu’on nomme alors macropode. Le cotylédon est unique, sans incision ni fente, de forme très variée, et toujours latéral relativement à la masse totale de l’embryon. Le plus souvent il renferme la gemmule , et lui forme une espèce de coléoptile ; celle-ci est le plus ordinairement formée de petites feuilles emboîtées les unes dans les autres , dont la plus extérieure a été nommée piléoîe par M. Mirbel, et qui forme aux autres une espèce d’enveloppe close. Quant à la tigelle, elle n’existe presque jamais, ou se confond avec le cotylédon ou la radicule.

Ces différentes dispositions sont loin d’être générales, et beaucoup de végétaux y forment des exceptions.

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