CLASSIFICATION DES FRUITS
Après avoir décrit les différentes parties d’un fruit miir et parfait, il ne nous reste, pour compléter leur histoire, qu’à donner leur classification. Celle de M. Richard étant plus généralement adoptée, ce sera elle que nous allons rapporter ici.
Les fruits considérés en général doivent être divisés en trois classes principales : ce sont les fruits simples , les fiuits muU tiples et les fruits composés.
Les fruits simples sont ceux qui proviennent d’un pistil unique renfermé dans une fleur ;
814 HISTOIRE NATURELLE
Les fruits multiples^ ceux qui résultent du développement de plusieurs pistils renfermés dans une même fleur ;
Les fruits composés sont forn)és par la soudure de plusieurs pistils appartenant à des fleurs distinctes.
Suivant la nature'de leur péricarpe, on les divise encore en secs et en charnus, selon qu’ils restent clos ou qu’ils s’ouvrent en un plus ou moins grand nombre de pièces ou valves ; ils sont indéhiscents ou déhiscents-, enfin ils sont oligospermes ou poly^ spermes, selon que les semences y sont en petit nombre ordinairement déterminé , ou en nombre considérable que l’on ne peut déterminer.
, PREMIÈRE CLASSE, ^Fruüs simples.
PREMIÈRE SECTIOI^, — {Fruits secs.)
A. Fruits secs et indéhiscents.
Ces fruits sont ordinairement oligospermes, et leur péricarpe est en général mince ou adhère avec la graine : on les considérait autrefois comme des graiues nues.
Caryopse. Fruit dont le péricarpe est entièrement confondu avec la graine, et offrant des formes variables (orge, blé, millet).
Akène. Fruit monosperme dont le péricarpe est distinct du tégument propre de la graine, et qui souvent est couronné de soies ou de paillettes que l’on nomme aigrettes.
Polakène. Fruit qui, à sa parfaite maturité, peut se séparer en diverses parties dont chacune peut être considérée comme un akène.
Samare. Fruit coriace , membraneux , très comprimé , offrant d’une à cinq loges indéhiscentes , ordinairement élargi latéralement par des ailes.
Gland. Fruit provenant toujours d’un ovaire infère, pluriloculaire et polysperme , dont le péricarpe présente toujours à son sommet les vestiges des dents du calice, et est renfermé en partie ou en totalité dans une sorte d’involucre écailleux ou foliacé, nommé cupule.
Carcénde, Fruit sec pluriloculaire, polysperme, indéhiscent ; tilleul).
Tvwxis gynohasiques. Ceux dont les loges sont très écartées les unes des autres , et qui semblent constituer autant de fruits séparés , du milieu desquels s’élève le style qui paraît naître immédiatement du disque ou gynohase. (labiées , borraginées ),
B 2. Fruits secs et déhiscents.
Ces fruits sont le plus souvent polyspermes ; on reconnaît :
Le follicule , fruit géminé ou solitaire ^ar avortement , membraneux , uniloculaire, univalve, s’ouvrant par une suture longitudinale.
La silique allongée , bivalve , ordinairement partagée en deux loges par une fausse cloison parallèle aux valves; les graines y sont portées par deux trophospermes suturaux.
La silicule ne diffère de la précédente que parce qu’elle est moins large.
La gousse ou légume , fruit bivalve dont les graines ne sont attachées qu’à un seul trophosperme qui suit la d rection de l’une des sutures. Ce fruit est le plus souvent uniloculaire, mais quelquefois il est divisé par de fausses cloisons en un nombre plus ou moins considérable de loges.
La pîxide est globuleuse , s’ouvrant transversalement en deux valves hémisphériques superposées ( jusqiiiame ).
lu'élatérie pluriloculaire, souvent relevée en dehors par des côtes saillantes, et se partageant, à l’époque de la maturité, en autant de parties eu coques y qu’elle présente de loges.
La capsule. On réunit sous ce nom tous les fruits secs et déhiscents qui ne peuvent être rapportés à aucune des six espèces précédentes.
DEUXIÈME SECTION. — {Fruits cliarnus.)
Tous ces fruits sont indéhiscents, munis d’un péricarpe épais et pulpeux , et renfermant un nombre variable de graines. Ce sont :
La drupe , fruit charnu renfermant un noyau dans son intérieur, et dont le sarcocarpe est très épais.
La noix ne diffère de la précédente que par l’épaisseur moins considérable et la sécheresse de son sarcocarpe que l’on nomme alors brou.
HISTOIRE NATURELLE
"Le niiculaîne , fruit provenant d’un ovaire libre, et contenant dans son intérieur plusieurs petits noyaux nommés nucules ou osselets,
La mélonîde, qui résulte de la réunion de plusieurs ovaires pariétaux , soudés avec le tube du calice qui souvent devient charnu et très épais. On la divise en mélonide à nucules et en mélonide à pépins ( pomme).
La balauste, fruit pluriloculalre , polysperme, provenant d’un ovaire infère et couronné par les dents du calice (grenade).
La péponide^ fruit indéhiscent ou ruptile à plusieurs loges éparses dans la pulpe, renfermant chacune une graine tellement soudée avec l’endocarpe, qu’il est très difficile de l’en séparer (cucurbitacées). Souvent on remarque au centre de la péponide une grande cavité produite par le déchirement du parenchyme, et qu’on a, mais à tort, regardée comme une loge,
V hespéridie offre une enveloppe très épaisse et est divisée à l’intérieur en plusieurs loges par des cloisons membraneuses qu’on peut séparer sans causer aucun déchirement (orange , citron).
La baie , comprenant tous les fruits charnus , dépourvus de noyaux, qui ne font partie d’aucune espèce précédente. ( raisin , groseille).
DEUXIÈME CLASSE. — • Des fj'uits multiples*
En général , les fruits multiples sont formés par la réunion de divers fruits simples , tel est le fruit de quelques apocynées, formés parlaVéunion de plusieurs follicules; ciàmà^irenonculacées^ formé de plusieurs petits akènes ou cariopses réunis sur un réceptacle.
M. Richard appelle syncarpe un fruit multiple provenant de plusieurs ovaires qui ont appartenu à une même fleur , soudés et réunis ensemble , même avant la fécondation ( magnolia).
TROISIÈME CLASSE. — Des fruits agrégés ou composés.
On reconnaît trois espèces distinctes de fruits agrégés; ce sont :
Le ç6ne oq strobile, formé d’un nombre plus ou moins grand
rutriculês membraneuses , logées dans l’aisselle de bractées très léveloppées , sèches et disposées en forme de cônes 1(coniferes).
Le sorose, fruit résultant de la réunion de plusieurs ovaires ioudés en un seul corps à l’aide de leurs enveloppes florales, :harüues et entre-greffées de manière à offrir l’aspect d une baie
mamelonnée (mûrier, ananas). . „ u -
Le srcône est formé par un involucre monophylle , charnu a son intérieur, fermé et contenant un grand nombre de petites drupes provenant d’autant de fleurs femelles, (figue).
30 CE qu’on entend par ces mots : tissu végétai., faire connaître LA FORME PRIMITIVE DE CE TISSU , ET LES PRINCIPALES modifications que SOUVENT IL ÉPROUVE EN VIEILLISSANT.
Maintenant que nous venons d’étudier et de définir les differents organes que le végétal est susceptible de présenter, nous allons étudier sa structure anatomique en général. Et d abord si on examine à l’œil nu, et mieux à travers un microscope, 1 organisation intérieure d’un végétal, on voit qu’il est compose de cellules à parois minces et diaphanes , d’une extrême petitesse , tantôt régulières, tantôt irrégulières, et de tubes ou vaisseaux cylindriques , épars ou réunis en faisceaux. Ces deux formes élémentaires qui composent les végétaux ont été nomniees tissu cellulaire et tissu 'vasculaire. Ce sont elles qui, modifiées de différentes manières et réunies convenablement , constituent ce qu’on doit entendre par tissu -végétal.