‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 183 sur 234 · DU TI.SSÜ CELLULAIRE · texte numérisé non relu

DU TI.SSÜ CELLULAIRE

Ce tissu est composé d’un assemblage de cellules contiguës les unes aux autres, à parois minces , transparentes et percees de pores ou même de fentes par lesquels les cellules communiquent entre elles. Leur forme est variable selon les résistances qu elles éprouvent lorsque leur développement se fait librement, comme ans la moelle, les fruits charnus, etc.; elles sont ordmairemen hexagonales; elles s’allongent, au contraire, en forme de pi'^s hexaedres lorsqu'elles sont comprimées. Ces cellules peuvent etr isolées les unes des autres, et chacune d’elles formant une petite vésicule à parois distinctes; de sorte que, ®

qu’avaient pensé plusieurs botanistes, là ou deux cellules sont

HISTOIRE NATURELLE

contiguës , la membrane qui les sépare est formée de deux lames séparables. Les utricules de ce tissu contiennent dans leur intérieur des corpuscules ovoïdes, ordinairement verts, qu’on nomme globulines; ceux-ci sont eux-mêmes de petites vésicules renfermant d’autres petits grains nommés globulins^ qui, à leur tour, par une croissance progressive , rompent la vésicule qui les renfermait, deviennent autant de petites vésicules contenant d’autres granules qui se développent comme les précédents ; de là un mode d’accroissement du-tissu cellulaire. M. Mirbel , en étudiant l’organisation du marchanda , est parvenu à découvrir un autre mode d’accroissement ; il en résulte que ce n’est pas là le seul moyen de multiplication ou de formation du tissu cellulaire que la nature emploie; on peut les rapporter à trois types différents : lo les nouvelles cellules peuvent se développer à la surface extérieure et libre des cellules déjà formées ; on appelle cette formation extra-utriculaire , comme dans le marchanda ; 2" les cellules peuvent prendre naissance entre des utricules déjà existantes; on l’appelle inter-iitriculaire. Enfin de la paroi interne de chaque utricnle peuvent naître un grand nombre d’autres utricules qui finissent par absorber et faire disparaître rutriculemère dans laquelle elles se sont développées; on la nomme formation intra^utriciilaire ,

Dans les parties ligneuses, les cellules sont fort allongées, et forment des espèces de petits tubes parallèles entre eux. Leur parois sont opaques, épaissies, et dans quelques cas oblitérées entièreme[)t ; on le nomme dssu allongé ou prosenchyme . Lorsque ces petits tubes sont fusiformes, c’est-à-dire amincis insensiblement à leurs deux extrémités, ils prennent le nom de clostres. Toutes ces cellules du tissu allongé ne peuvent se toucher que par les points les plus gonûés, d’où résultent entre eux des intervalles vides qu’on appelle méats. C’est dans ces méats, ou quelqueibis dans les cellules de quelques végétaux à tissu lâche, que l’on trouve des corpuscules en forme d’aiguilles, que M. de Candolle appelle raphides, et qui y sont ordinairement réunis en faisceaux. M. Raspail les regarde comme des cristaux très fins d’oxalate de chaux.

On trouve encore une autre modification de ce tissu allongé. Ce sont des cellules fort petites , allongées et placées horizontalement sous formes de lignes. Celles-ci, partant de la moelle, et arrivant en divergeant jusqu’à la circonférence, semblent n’être

6fl>

que les appendices de la moelle ; aussi leur a-t-on donné le nom de rayons médullaires.

Le tissu cellulaire offre une consistance faible, et sè déchire aisément par l’eftet de l’accroissement de la plante; il en résulte souvent des espaces vides plus ou moins grands et remplis d’air. Ces espaces, que l’on nomme lacunes^ s’observent particulière* ment dans les plantes aquatiques.

Page 1