DU TISSU VASCULAIRE
Ce tissu se compose de lames de tissu cellulaire roulées sur elles-mêmes de manière à former des tubes, ou de cellules plus ou moins allongées, placées bout à bout, et dont les diaphragmes ont souvent disparu. Ce sont eux qui, parcourant les différentes parties du végétal, y portent l’air et les fluides nécessaires à son existence. Ces canaux s’unissent par de fréquentes anastomoses , et constituent ainsi le réseau vasculaire. Leur calibre est le pfus souvent cylindrique, quelquefois ovale ou anguleux; leurs parois sont peu transparentes, d’une certaine épaisseur, et plus résistantes que les lames du tissu cellulaire qui les forment. Ils sont toujours disposés dans le sens de l’axe de la plante. Ces vaisseaux offrent sept modifications principales :
Les vaisseaux en chapelet ou mcnilijormes àes, tubes poreux, resserrés de distance en distance, et coupés de diaphragmes percés de petits trous. Selon plusieurs anatomistes, eus diaphragmes n’existeraient pas. On les rencontre principalement au point de jonction de la racine et de la tige, de la tige et des branches, rtc. Ils sont simples ou rameux, et servent , seian M. Mirbel, à faire passer la sève des gros vaisseaux dé la lige dans ceux des branches.
Les vaisseaux ponctués ou poreux représentent des tubes continus, offrant un grand nombre de pores disposés régulièrement par lignes transversales. Ces vaisseaux s’anastomosent fréquemmenl entre eux, et s’observent dans les racines, les nervures des feuilles, et dans toutes les parties où la sève circule aisément, selon M. Mirbel.
3® vaisseaux fendus, annulaires , fendus , rayés o\\ fuisses
trachées, sont des tubes coupés de fentes transversales. Ce sont, de même que les trachées , les principaux canaux de la sève dans toutes les parties du végétal ; on les observe très bien dans le
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bois dont le tissu est lâche et mou, en particulier[dans la halsa^ mine des jardins.
40 Les trachées sont des tubes formés par une lame argentine, transparente et élastique , roulée en spirale , et dont les bords se touchent exactement, sans cependant contracter d’adhérence. Ces vaisseaux paraissent isolés dans le tissu du végétal , et se remarquent surtout dans les jeunes pousses, soit autour de la moelle, soit au centre des filets ligneux.
50 Les 'vaisseaux mixtes sont ceux qui , dans les différents points de leur trajet, présentent alternativement la structure des vaisseaux monilif ormes poreux , fendus ou des trachées.
60 Les 'vaisseaux propres , ou réservoir des sucs propres, sont des tubes courts non poreux, remplis d’un suc qui est particulier à chaque espèce de végétal. M. de Candolle en admet cinq espèces; savoir : X^sréservoirs 'vésiculaires , en cæcum , tubuleux ,fasciculaires accidentels. Ces vaisseaux se trouvent dans l’écorce, la moelle, les fleurs, etc.
7 O Les 'vaisseaux simples ou séveux sont des tubes dont le volume varie, et qui ont des parois minces, opaques et non poreuses; ils sont souvent ramifiés et anastomosés entre eux, et servent à la circulation de la sève.
Ces différents vaisseaux se réunissent fréquemment entre eux pour former des faisceaux allongés, soudés par du tissu cellulaire et connus sous le nom de fibres, par opposition avec la partie molle , composée presque entièrement du tissu cellulaire , qu’on appelle parenchyme. •
L’origine de tous ces vaisseaux a été très long-temps un point de discussion, sur lequel les botanistes ne pouvaient tomber d’accord. Ce n’est que dans ces derniers temps que M. Mirbel , dans son travail sur le développement du marchanda , a porté quelque lumière sur ce point obscur de la physiologie végétale. Selon lui , très probablement les différents vaisseaux ou tubes , qu’on observe dans les plantes, ont eu pour point de départ une origine commune, une utricule. Cette utriculene diffère en rien de toutes celles au milieu desquelles elle est placée, et cependant, par le développement, par l’âge, elle se transforme de tant de manières , qu’il admet que toutes les ulricules , bien que semblables, ne jouissent pas absolument des mêmes propriétés; qu’il en est quelques unes qui , sans qu’on puisse le reconnnaître par aucun caractère extérieur, ont la faculté de pouvoir se modifier) ?ous l’influence de certaines causes, et même de changer entière*^
ment de nature. Ainsi la cellule, qui jouit de la propriété de pouvoir devenir un tube fendu ou une trachee, n offre rien à l’extérieur qui la distingue des autres. Cette utricule , une fois qu’elle a éprouvé les modifications nouvelles dont elle est susceptible, s^accroît avec ses nouveaux caractères, comme toutes les autres parties de la plante, par suite de l’assimilation des matériaux que lui fournit la nutrition.
En outre, on trouve dans presque tous les plantes des poils
et des glandes. .
Les glandes sont des organes formes par un tissu cellulaire
très fin, dans lequel se ramifient un grand nombre de vaisseaux. Elles sont .spécialement destinées à séparer de la masse des liquides un fluide particulier à chaque végétal. Elles ont, par leur usage et leur structure, la plus grande analogie avec celles des animaux. Leur structure et leur forme varient beaucoup ; ce qui en fait distinguer les glandes 'vésiculaires ^ globulaires ^ utricu^
laires , papillaires y eic, .
Les poils sont des organes filamenteux plus ou moins déliés, et qui paraissent servir à l’exhalation et à l’absorption. Souvent ils ne sont autre chose que les canaux excréteurs des glandes sur lesquelles ils sont placés. Peu de plantes sont dépourvues de poils : on les remarque surtout sur celles qui vivent dans les lieux secs et arides; ils paraissent alors servir à augmenter l’étendue de la surface absorbante. Quand les poils se trouvent en grand noinhre sur un organe, on le dit pubescent. La forme des poils varie beaucoup, ce qui les a fait nommer simples, rameux, capités, en goupillon , etc. Ils sont généralement formés de cellules plus ou moins allongées, ou de plusieurs cellules placées bout à bout, ou enfin d’un nombre plus ou moins grand de cellules diversement groupées.
40 COMMENT, DANS LA GENERALITE DES ESPECES, IL EXISTE UN CERTAIN ACCORD PLUS OU MOINS SENSIBLE , ENTRE LA REPAR- TITION DES DIVERSES MODIFICATIONS DU TISSU ET LES GRANDES DIVISONS ADMISES PAR TOUS LES PHYTOLOGISTES , DE VEGETAUX ACOTYLÉDONES , MONüCOTYLEDONES ET DICOTYLEDONES, DE SORTE QUE, POUR l’oRDINAIRE, ON PEUT RECONNAITRE A LA QUELLE DE CES TROIS DIVISIONS APPARTIENT UNE ESPECE , PAR LA SEULE INSPECTION DE SA STRUCTURE INTERNE.
Lorsqu’on vient à rechercher les différents rapports quil y a dans les diverses modifications du tissu des trois grandes divisions
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des végétaux, on trouve que, sauf la série des acotylédones, tous les végétaux contiennent les mêmes modifications de tissu* mais ce tissu y est disposé de telle manière qu’il suffit de jeter un coup d’œil sur la structure interne d’un végétal pour reconnaître à laquelle des trois grandes divisions il peut appartenir. Considérons d’abord la tige des dicotylédones : nous voyons dans sa coupe transversale une disposition de parties én couches concentriques formées en allant de la circonférence au centre de Yêpi^ derme ^ de Y enveloppe herbacée, des couches corticales, du liber, de Y aubier, du bois, de Vétui médullaire et delà moelle. Nous en avons parlé en traitant des tiges en général. D’un autre côté, les nervures qui composent les feuilles sont ordinairement ramifiées et anastomosées. '
Si, au contraire, nous coupons transversalement une tige de monocotylédones, nous la voyous formée d’une masse de tissu cellulaire, dans laquelle se trouvent épars des faisceaux vasculaires. Un caractère non moins essentiel, c’est que, dans celles-ci, les parties ou couches les plus dures sont à la circonférence, tandis que dans les plantes dicotylédones les couches les plus dures se trouvent à l’intérieur; ainsi rien de semblable dans la tige. Si nous passons à l’examen de la disposition des parties fibreuses dans les feuilles de ces plantes, nous trouvons encore une différence très grande : en effet, les fibres ne sont disposées que parallèlement, tandis qu’elles sont diversement ramifiées dans les dicotylédones.
Quant aux plantes acotylédones, il sera toujours très facile de les dhtinguer au premier abord, ces plantes n’élant composées que d’un seul élément anatomique, le tissu cellulaire: de là le nom de végétaux cellulaires que leur donne M. de Candolle, par opposition à celui de végétaux 'vasculaires qu’il donne aux phanérogames , c’est-à-dire aux monocotylédones et aux dicotylédones.
5° DIRE CE QUE u’oN SAIT TOUCHANT LES PRINCIPAUX PHENOMENES DE LA VIE VÉGÉTALE, TELS QUE l’aBSORPTION , LA TRANSPIRA- TION , LA RESPIRATION, LE MOUVEMENT ET l’ÉLABOR ATION DES FLUIDES, LA NUTRITION, l’aCCROISSEMENT DE PARTIES AN- CIENNES, l’apparition de parties nouvelles, la formation DES ovules avec OU SANS LE CONCOURS DE LA FÉCONDATION, LA GESTATION DURANT LAQUELLE l’oVULE FECONDE PASSE A l’ÉTAT DE GRAINE, LA GERMINATION, LA TENDANCE DES RACINES VERS LE CENTRE DE LA TERRE ET DES TIGES VERS LE CIEL , LES MA- LADIES, LA MORT, etc.
Nous allons dans cette section étudier les principaux phénomènes qui président à la vie végétale, tels que la nutrition, la fornîation des ovules, la germination, etc.
DE LA JVÜTRITION.
La nutrition est cette fonction par laquelle les végétaux s'assimilent iiue partie des substances solides, liquides, ou gazeuses qu’elles puisent au sein de la terre ou au milieu de l’atmosphère, et qu’ils absorbent soit par leurs radicelles les plus déliées, soit au moyen de leurs parties vertes. Cette grande fonction résulte de l’accomplissement d’actes secondaires qui sont l’absorption , la transpiration, l’expiration et l’excrétion que nous allons étudier successivement, ainsi que la marche des sucs nourriciers.
§ I. De V absorption ou succion.
L’absorption est l’acte par lequel les plantes aspirent les matériaux nécessaires à leur existence. Cette fonction s’exerce dans la terre par les extrémités capillaires des racines, qui offrent en cet endroit de petits rcnflèments composés de tissu cellulaire, et qui portent le nom de spongioles y et dans l’atmosphère au moyen des parties vertes, telles que feuilles, jeunes branches, etc.
Lorsque l’on vient à rechercher la comjiositiou élémentaire d’un végétal, on le trouve composé de carbone, d’hydrogène, d’oxigène, d’un peu d’azote et de quelques autres substances qui ne font pas partie essentielle de leur orgauisation^ tels sont le
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fer, la chaux, la silice, etc. Voyons la manière dont ces différents matériaux y ont été portés.
L’eau est, sans contredit, le principal agent de l’introduction des aliments dans la plante; elle les dissout et les rend ainsi plus aptes à l’absorption. Le carbone^ très rare et insoluble , ne peut être porté dans la plante par le secours de l’eau; mais à l’état d’acide carbonique il est assez commun et soluble dans l’eau. C’est donc à cet état qu’il est absorbé; et comme les végétaux, exposés à la lumière , décomposent l’acide carbonique , s’approprient le carbone et rejettent l’oxigène , plus de doute que c’est ainsi que s’explique dans les végétaux la présence de ce corps. Remarquons pourtant que tout Voxigène de l’acide carbonique n’est pas rejeté, et qu’il concourt, ainsique celui d’une certaine quantité d’eau et d’air, à donner au végétal celui qui est nécessaire à sa composition. Quant à la présence de l’hydrogène , elle -s’explique par la décomposition de l’eau dans l’intérieur du végétal. L’azote provient évidemment aussi de la décomposition de l’air dans rintérieur de la plante.
Toutes les autres substances que l’on trouve dans les plantes y arrivent toutes formées, et y ont été charriées par l’eau qui les entraîne en dissolution. C’est donc à tort que quelques physiologistes ont admis qu’elles se formaient pendant l’acte de la végétation.
Pour démontrer avec quelle force prodigieuse l’absorption se fait dans les racines et dans les branches , il suffit de rapporter la belle expérience de Haies. Ce physiologiste , ayant coupé un cep de vigne sans rameaux, d’environ sept à huit lignes de diamètre, et trente-trois pouces au-dessus de la terre , y adapta un tube à double courbure , qu’il remplit de mercure. La sève de la vigne eut la force de soulever en peu de jours la colonne de mercure jusqu’à trente-deux pouces et demi au-dessus de son niveau.
§ II. De la marche de la sève.
La sève ou lymphe est un liquide incolore, essentiellement aqueux , tenant en dissolution les matériaux nutritifs du végétal. Les anciens pensaient que la sève s’élevait par la moelle ou par l’écorce; mais les expériences de Duhamel et d’autres botanistes ont prouvé que cette ascension a lieu par les vaisseaux du corps ligneux et surtout par ceux qui avoisinent le plus l’étui médullaire; en outre il se répand du centre à la circonférence , soit par les
anastomoses des vaisseaux qui le contiennent , soit par les pores dont ils sont percés.
Les premières expériences directes sur le mouvement des fluides dans l’intérieur du tissu végétal furent faites par Corti , sur le chara et le caulinia fragilis. Il en tira les conséquences suivantes : i® chaque cellule de la plante offre un mouvement particulier du suc; 2° la circulation dans une cellule est indépendante de celle qui a lieu dans les autres cellules; 3° le courant du fluide tourne sans cesse le long de la face interne des parois cellulaires; 40 la direction de ce courant est invariable; 5^ le cours des sucs a lieu dans toutes les cellules suivant ie même ordre.
Depuis, MM. Schultz et Amici se sont livrés à de nouvelles recherches sur le même sujet. Selon M. Amici chaque cavité du tissu cellulaire constitue un organe distinct, et c’est dans sou intérieur que le fluide se meut en tournoyant , indépendamment de la circulation particulière qui a lieu dans chacune des cavités adjacentes. Ce mouvement peut être aperçu en raison des particules solides qui nagent dans ce fluide. On peut voir à l’aide d’un excellent microscope que ces particules, qui sont des globules d’une ténuité extrême , et quelquefois colorés en vert très prononcé, remontent le long d’une des parois de la cavité; arrivées vers le diaphragme horizontal qui sépare cette cellule de celle qui lui est superposée, elles changent de direction , suivent un cours horizontal jusqu’à ce qu’atteignant la paroi opposée elles descendent, en la suivant jusqu’à la partie inférieure, où leur cours redevient horizontal pour recommencer ensuite la même marche. On remarque que la direction du mouvement de chaque vaisseau ne semble avoir aucun rapport avec celle qui s’exécute dans les tubes circonvoisins. Selon M. Amici, on ne voit aucun globule passer d’une cavité dans une autre.
M Schultz, par des espériences plus récentes, a vu que dans la chélidoine^ aiusi que dans la plupart des végétaux à sucs colorés, on peut apercevoir le mouvement progressif qu’exécute la sève dans les vaisseaux qui la contiennent. Selon lui, lorsqu’on enlève l’épiderme sur un fragment d’une jeune feuille ou d’une stipule de figuier, en particulier du ficus elasticn^ on met à nu les vaisseaux. Si l’on examine alors celte partie, 011 voit dans les vaisseaux séveiix, qui forment en général des faisceaux grêles à côté des trachées, le fluide circulatoire se mouvoir avec une rapidité plus ou moins gi-ande, selon l’état de la chaleur atmosphéri-
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que. Dans un même faisceau, on remarque souvent deux courants en sens opposés, c’est-à-dire un vaisseau où le fluide est ascendant, et un autre dans lequel il est descendant. On voit aussi quelquefois des anastomoses qui servent à établir la communication entre deux vaissseaux voisins, et par lesquels le fluide de l’un passe dans l’autre. Ces faits prouvent que dans les végétaux le mouvement du fluide nourricier offre une très grande analogie avec la circulation du sang dans les animaux ; car ce n’est point un simple mouvement ascensionnel. Mais cette circulation végétale diffère de celle des animaux, du moins de ceux d’un ordre supérieur, par l’absence d’un centre commun, qui soit l’agent d’impulsion qui communique le mouvement à toute la masse du fluide.
On a émis une foule d’hypothèses pour expliquer le mouvement du fluide dans le végétal, mais aucune ne satisfait entièrement l’esprit. Nous allons rapporter les principales. M. de Saussure pense qu’il est dû à l’irritabilité dont est douée la membrane qui forme les tubes. M. Amici pense que la force motrice du fluide existe dans les petits grains verts ou transparents, tapissant les parois des tubes où ils sont disposés par rangées ou chapelets, et qui , par une action analogue à celle des piles voltaïques, impriment au fluide son mouvement. Un grand nombre ont com- . paré la marche de la sève , dans le tissu végétal, à l’ascension des liquides dans les tubes capillaires. Toutes ces hypothèses sont loin d’expliquer parfaitement la cause de ce phénomène, et il faut plutôt l’attribuer à une force vitale particulière. Cependant il faut reconnaître que plusieurs circonstances, telles que la chaleur , rélectricité , etc. , favorisent cette fonction.
Dans ces derniers temps, M. Dutrochet a essayé d’expliquer d’une autre manière l’ascension de la sève. Ayant reconnu que, toutes les fois que deux liquides de densité différente sont sépares par une, membrane organisée, soit végétale, soit animale , il s’établit entre eux un courant qui fait que le moins dense , attiré par celui qui l’est davantage, tend à traverser la membrane pour se porter vers lui, il en déduit que la marche de la sève doit être le résultat de cette force particulière qu’il nomme endosmose quand le liquide le plus dense se trouve contenu dans la membrane, et alors le liquide moins dense, pour se porter vers le premier, distend la membrane qui alors devient turgide, selon M. Dutrochet. Il donne, au contraire, le nom à' exosmose au phénomène par lequel le liquide moins dense, étant renfermé dans 1^
membrane, la traverse pour se réunir au liquide plus dense, dans lequel plonge la membrane.
La formation de la sève a lieu à deux époques différentes de l’année, au printemps et vers le mois d’août. Lorsque la sève , après avoir parcouru tous les organes , est parvenue dans les parties herbacées, elle se trouve mise en communication avec l’atmosphère, se décompose, perd Lair qu’elle contenait, la plus grande partie de son eau et les autres substances qui sont devenues inutiles à la nutrition. C’est alors que, réduite à la condition de sucs propres, elle redescend des feuilles vers la racine en suivant une route inverse à celle qu’elle avait d’abord parcourue! Elle prend alors le nom de suc particulier, de sève descendante, ou mieux de suc nourricier, c’est le cambium de Grew et Duhamel. La nature de ce liquide n’est pas la même dans tous les végétaux: chez quelques uns il est blanc et laiteux; chez d’autres brunâtre ou jaunâtre; chez quelques autres enfin, il est balsamique et résineux. Quant à sa marche , elle a lieu dans les dicotylédons, le long de l’écorce et de Eaubier, et c’est alors que se forment les nouvelles couches (voyez Accroissement des tiges dicotylédones); dans les monocotylédoues , sa marche n’est pas très bien connue : on pense généralement que le suc passe dans l’intérieur de la tige , là où se produit le développement des filets! igneux.
§III, De la transpiration,
La transpiration est cette fonction par laquelle la sève , parvenue dans les parties vertes du végétal, perd la partie surabondante de l’eau qu’elle contenait. Quand la transpiration est considérable, et si la température est peu élevée, cette eau se répand sur les feuilles en y formant des gouttelettes. Lorsqu’au contraire la température est un peu chaude, elle se vaporise et est absorbée par l’air ambiant. Haies , par l’expérience suivante, conclut que la transpiration était favorisée par un air sec et chaud, et qu’au contraire elle était faible pendant les nuits fraîches et humides : un pied ^helianthus annuus, qui, terme moyen, perdrait une vingtaine d’onces pendant douze heures du jour , pourrait en transpirer jusqu’à trente onces dans le même espace de temps , celui-ci étant chaud et bien sec. Selon Senebier, la quantité d’eau exhalée est à celle absorbée par le végétal comme a à 3.
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§ IV. De V expiration.
Les végétaux, comme les animaux, sont soumis à une sorte de respiration qui se compose de l’inspiration ou absorption et de l’expiration. Il ne nous reste à parler que de cette dernière fonction.
Par expiration ou émanation gazeuse on comprend le dégagemènt de tous les fluides que le végétal n’a pas décomposés pour son alimentation. La lumière et la coloration des parties exercent une grande influence sur les résultats de ce phénomène. Ainsi, les parties vertes, soumises à l’action de la lumière, dégagent beaucoup d’oxigène, tandis que dans l’obscurité elles n’expirent que de l’azote et de l’acide carbonique. Toutes les parties végétales qui n’oflrent pas la couleur verte ne dégagent que de l’acide carbonique, et jamais d’oxigène, lors même qu’elles sont exposées à la lumière. Presque toutes les plantes vieilles ou malades n’expirent que de l’azote pur.
§ Y. De V excrétion.
On nomme ainsi la fonction par laquelle certains liquides , plus ou moins épais, de différente nature, susceptibles de se condenser et de se solidifier, sont rejetés au dehors par la force de la végétation, et par l’intermédiaire des glandes , des nectaires, des feuilles, etc. La nature de ces excrétions est assez variée; ce sont tantôt des résines , tantôt des gommes , des liqueurs sucrées , de la manne , de la cire, etc. Les racines sont aussi susceptibles de déperditions, mais à un degré moindre, soit parce qu’elles offrent moins de surface que les feuilles , soit à cause de l’humidité du milieu dans lequel elles sont placées.