O DI COMBIEN DE MANIERES DES CORPS BRUTS PEUVENT -ILS
DIFFÉRER LES UNS DES AUTRES SOUS LE RAPPORT DE LA j
COMPOSITION? i
Les différences que l’on observe dans les minéraux peuvent dépendre de la nature , du nombre et de l’arrangement des! atomes simples dont se composent leurs molécules. Les corps bruts peuvent être iQ ou des corps simples, a® ou des combinaisons définies, 3® ou des mélanges hétérogènes.
"Voici la liste des substances qu’on rencontre à l état de siai-| plicilé ; le soufre, le carbone, le tellure, l’antimoine , l’arsenic,! l’or, le platine, le palladium, l’argent, le mercure, le bismuth, le cuivre et le fer. Les combinaisons définies peuvent être ou des composés binaires, ou quaternaires, ou rarement | d’un ordre plus élevé. Les composés binaires sont très nombreux dans la nature; les plus importants sont les oxides, les sulfures, 1 les chlorures, etc. Les composés ternaires sont formés de deuxj composés binaires qui ont un élément commun : le soufre, l’oxigène, le chlore; ainsi le sulfate de baryte est un composé! ternaire dans lequel entrent le soufre, l’oxigène et le bariium. j Les composés quaternaires ou ceux d’un ordre pins élevé sont j moins fréquents dans la nature; ce sont tantôt trois composés j binaires ayant un même élément minéralisateur, tantôt un composé] binaire et un composé ternaire réunis. Nous avons exposé dans! l’Introduction de la Chtmie les lois d’après lesquelles les corps! simples se combinent; nous n’y reviendrons pas ici. ( Voyez |
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Nous devons ajouter qu’il existe des masses minérales quij sont évidemment hétérogènes parce qu’elles résultent de Tagré-
nation de masses plus petites ou de particules d’espèces différeutes. routes les roches composées , sont dans ce cas; les espèces homogèues, peuvent être partagées en deux séries; les unes ne iout homogènes qu’en apparence, elles résultent de Tagrégaliüii de molécules de diverses natures j exemple : les argiles ; les autres, qui sont les seules réellement homogènes, sont dans toutes leurs parties formées de molécules semblables : elles constituent les espèces minérales.
De Tanalyse des minéraux.
Pour connaître les matières qui composent un minéral , on a recours à une opération chimique, connue sous le nom d’analyse. Deux moyens principaux sont employés pour arriver à ce but. Tantôt on emploiele feu pour le fondre, et cette méthode a reçu le nom à' analyse par la uoie Tantôt on emploie les réactifs
liquides, et ce mode a reçu le nom d’analyse par la voie humide.
Analyse par la voie sèche.
C'est au moyen du chalumeau qu’on pratique le plus ordinairement cette opération. Cet instrument est très précieux, en ce qu’il permet de faire des essais sur de irès petits fragments de matière, qu’il donne des résultats très précis, et qu’il demande très peu de temps. Pour opérer, on place un fragment du corps que l’on veut essayer, tantôt à l’extrétnité d’une pince dont les branches sont en platine^ tantôt sur une feuille mince de métal. Saussure employait une petite lame d’un minéral connu sous le nom de disthène : mais le support le plus communément employé c’est un charbon convenablement creusé.
On peut se servir pour les chalumeaux d’une chandelle ou d’une bougie. Berzélius préfère une lampe, alimentée avec l’huile d’olive. Pour souiller au chalumeau, il faut inspirer l’air par le nez, pour que l’action soit continue. Dans le jet de flamme produit par le chalumeau, on observe le feu d’oxidation qui occupe l’extrémité du jet, et le feu de réduction qui occupe la partie centrale et bleue de la flamme. On emploie le chalumeau ou seul, ou avec des réactifs connus sous le nom défendants. Dans le premier cas on reconnaît si la matière est infusible, ou si elle peut se fondre; on observe alors si elle donne un verre transparent et incolore, ou diversement colorié, ou une fritte et scorie, c’està-dire une matière poreuse ou boursouflée. Oa a expérimente
avec soin sur la plupart des minéraux, au moyen du chalumeau, et ou a étudié les caractères que présente cette opération , et les produits qui en résultent.
Les réactifs du chalumeau sont le borax, le carbonate de soude, le phosphate de soude et d’ammoniaque, et le nitrate de potasse. Le borax, quiestle plus employé, sert principalement de fondant; il forme un verre qui prend différentes nuances , suivant les oxides métalliques avec lesquels il est fondu.
Analyse par la voie humide.
On donne ce nom aux modes variés qui sont employés pour arriver à la connaissance des éléments qui entrent dans la composition du corps brut, lorsqu’on emploie pour arriver à ce but des réactifs liquides, et qu’on forme des dissolutions.
Pour pouvoir opérer par la voie humide, il faut commencer par mettre le corps en solution ; à cet égard les substances minérales se partagent en trois classes : i® substances solubles dans l’eau; 2® substances attaquables par les acides; 3^ enfin les substances qui ne peuvent fournir de solution qu’après avoir été fondues avec la potasse ou la soude. Quand ou a obtenu une solution, on a ordinairement deux problèmes à résoudre: i^la recherche de l’acide, ou du principe électro-négatif de la combinaison; 2" la recherche de l’alcali, ou du principe électropositif. Nous avons présenté dans la chimie les caractères à l’aide desquels on peut arriver à la solution de ces questions.
8® COMMENT s’établissent LES DIFFERENCES ENTRE LES CORPS QUI SONT FORMÉS DES MEMES ÉLÉMENTS.
Nous avons vu que lorsqu’on veut chercher quels sont les éléments qui entrent dans la composition d’une espèce minérale, on a recours à une opération connue sous le nom d'analyse; si on se borne à cette recherche , l’analyse prend le nom de qualitative; mais si on veut établir les différences entre des corps qui sont formés des mêmes éléments, il faudra alors en déterminer les proportions : l’analyse prend alors le nom de quan^ titative. C'est toujours par la voie humide qu’on procède, il faut être pourvu de balances sensibles à un milligramme. On n’arrive pas toujours à trouver par l’analyse la substance que l’on cherche, mais si on arrive à obtenir une substance de composition connue , en la pesant 011 obtient par un calcul facile la propor-
lion du corps que l'on cherche ; ainsi , dans l’analyse des minéraux d’ar-ent, au lieu d’obtenir l’argent métallique, on obtient son chlorure, on le pèse, et comme sa composition est rigoureusement connue, on a immédiatement le poids de l’argent contenu dans le minéral analysé. Il faut eu général chercher à obtenir des combinaisons dont les proportions soient établies sur des expériences précises, et qui soient complétein^t insolubles.
go l’ Analyse suffit-elle toujours pour établir claire»