‹ Manuel complet théorique et pratique du jardinierChapitre 27 sur 111 · TERRAIN · texte numérisé non relu

TERRAIN

Déjà nous avons essayé d'indiquer la route que l'on doit suivre dans la disposition des jardins de peu d'étendue ; déjà nous avons fait connaître les écucils qu'il faut éviter , les vices auxquels il faut remédier; nous avons exposé , d'après les règles sévères du goût , quel devait être le but de ces jardins , quel résultat on devait en attendre , quels principes devaient servir de guides pour atteindre ce but : maintenant nous devons nous occuper des moyens de réaliser nos préceptes, de les mettre en pratique , et d'en faire l'application selon la diversité des espaces , des localités , des fortunes ( voyez le plan d'un de ces jardins, pl. II, et sa description à la fin du. volume )•

La disposition du sol , son élévation ou son abaissement relatif à la maison, son étendue, ses contours réguliers ou irréguliers , les portions qui oflrent des points de vue et celles qui ne présentent que des aspects désagréables, sont les premières choses à considérer en éta— Hissant ou réformant tout jardin fleuriste, paysager, verger ou potager. C'est dans le parti que l'architecte dessina-* teur des jardins sait tirer, d'un sol ingrat, soit par la nature, soit par ses inflexions mal placées ou son égalité , soit dans la manière dont il sait mettre à profit la moindre circonstance naturelle et arranger son dessin pour le terrain , et non celui-ci pour le dessin , qu'on reconnaît s'il a un véritable talent : mais ces considérations sur les connaissances nécessaires aux constructeurs de jardins étant d'une bien plus haute importance pour l'établisse— ment des jardins paysagers , c'est dans le chapitre second que nous les exposerons avec quelque détail. Nous nous bornerons ici à de courtes observations.

Quelle que soit l'étendue du terrain et l'espèce de jardin u'on ait à y établir , il est toujours beaucoup plus facile e faire un jardin neuf que d'en raccommoder un vieux ; car, dans ce dernier, aux mêmes difficultés vient se joindre;

Ï)U JARDIN FLEURISTE. 5t

celle de ménager certains arbres précieux , ou déjà d'une

frande beauté, certains bosquets fournissant déjà de ombrage , des bassins ou terrasses déjà construits; il faut donc accommoder son plan à ces objets préexistons 9 et le modifier de façon qo ils semblent en faire partie né— cessai re. Le dessinateur qui vient établir un jardin 9 ayant d'avance son plan en poche , et qui veut l'exécuter, nonobstant la forme du terrain et les objets qui s'y rencontrent, ne mérite pas ce nom; c'est un charlatan qui en impose par sa jactance et son assurance , mais qui dénote, au fond , une bien grande ignorance. Malheur à ceux qui tombent en de telles mains ! les jouissances qu'ils attendaient d'un jardin exécuté sous leurs jeux seront reculées de bien des années, souvent perdues et les dépenses de son établissement seront incalculables. Le choix d'un dessinateur de jardins n'est pas moins important que celui d'un architecte en bâtimens.

La position de l'habitation la plus convenable sous tous les rapports , et aussi la plus propre à faire jouir du

5' ni in qui l'accompagne, est celle qui se trouve exhaussée e quelques pieds au-dessus du sol. Bien de plus gracieux et de plus élégant qu'un perron de quatre à huit degrés qui conduit d'un beau vestibule dans le jardin j c'est autour de ce perron et sur les rampes que doivent efre accumules les végétaux en vases les plus rares et les plus remarquables. Les moins élevés sont places en haut, «t,à mesure qu'on descend f on les étage d'une manière insensible, en les contournant légèrement à la base du perron. Là , plusieurs caisses de moyenne dimension , serrées l'une contre l'autre, forment un groupe de ve'ge'taux mariés avec art, dirigent la vue en avant , et simulent l'entrée d'un premier bosquet. Toutefois f si cette ordonnance des lieux est préférable , elle n'est pas la seule ; tout terrain y tout emplacement , quel qu'il soit , peut être mis à profit par l'art du dessinateur ; mais on conçoit que la marche à suivre est aussi variée que la forme des terrains: des volumes de préceptes seraient donc nécessaires pour embrasser tous les accidens du sol. Nous dirons seulement deux mots de la situation qui offre le plus de difficultés à vaincre: c'est lorsque la maison se trouve plus basse que le jardin. 11 est alors indispensable de

disposer le terrain légèrement en pente } de façon qu'une certaine e'tcndue puisse être aperçue des fenêtres. Ce-* pendant, si cette première vue était peu agréable , si la dépense de la disposition du sol devait être considérable, on devrait y remédier d'une autre façon. Kn face de la porte du jardin ou place une belle corbeille de fleurs , très-relevée et couronnée par un massif d'arbustes ; ce massif ne serait que plus agréable s'il était formé de caisses que la corbeille cacherait à la vue, ne laissant voir que les arbustes. Deux allées, ménagées à droite et à gauche , conduiront dans les parties latéiales qui offrent un aspect ou une position plus favorables: c'est donc, dans ce cas, un déplacement Je la position principale qui , au lieu d'être au centre, se trouve sur les côtés et aux angles» Cette disposition a même l'avantage de former un contraste très-puissant; en effet f en sortant de la maison , la corbeille et le massif semblent tout le jardin ; à peine a-t-on fait quelques pas vers les extrémités du bâtiment, la scène change. Derrière le massif apparaît un tapis de gazon ; dans les angles du terrain, du côté du bâtiment, on rencontre des massifs de (leurs bulbeuses ou de plantes ea vases, étagées très-fortement, c'est-à-dire passant très— rapidement des basses à celles d'une grande élévation, surtout dans les petits terrains, afin de cacher les mors. Si l'espace le permet , derrière ces massifs de fleurs * et aussi dans les angles opposés , à l'extrémité du jardin , on doit placer des bosquets couverts, formés d'arbres ou abrisseaux de diverses élévations, selon la grandeur du jardin , et à feuillages foncés , pour donner une ombre plus épaisse. Par cette ordonnance , combinée avec art , tous les murs sont cachés, et , dans un très-petit espace , on peut ménager sept à huit points de vue , des bosquets , des tapis , des massifs , etc. Il faut observer que , dans cette position de la maison , la porte d'entrée ne doit pas être chargée de plantes ni d arbustes ; quelques-uns seulement doivent être placés entre les ouvertures du bâtiment f et former de petits groupes; mais toujours les

{dus élevés doivent être accolés à la muraille : c'était tout e contraire quand il y avait un perron d'une certaine hauteur.

L'ordonnance du jardin que nous venons de décrire

du jardin runmrsi

oITre peut-être plus «le scènes partielle* et, plu* de variété # à la promenade; mais I» }• lirre f dam laquelle on découvre sur le champ du bâûinenl i partie du }*•tî'n , produit plus d'effet irt eu Jonn lus

!;rande idée. De plus , à lue le lio ne soit

ort petit , on peul j réunir , Je* avantages de l\iutret et même en plus g. I no r par uqi No^itiori analogue. J

l e tapis de verdure, qocio que toit ion étendue f ne doit pas être is tint scilemeul d'une allée; il doit

élre de'couj nfi*S»if* t en'oucc1 et méftn* quelquefois

sillonné 'ie pUfes-h«i là où tout L* luxe des

plantes Kirotlté. Tantôt , près

<iu hù»i.!* - . . t jacinthes; tantôt un

imir trrC uo renoncules ou A* anémones : plus

' - ^ ~ une exposition de

es de porcelaine , !ans des plus vives pein-*

r « es plantes, qui jettent emenl to»>*t leur éclat a\ant la fin du printe:ripsf

de tue, qu'il est bon d'avoir n . e de i fiantes d'orangerie: on enterre les pots

5 et les p!cues-l>andes , et, en un in>tant, pes dout on déplorait la perte , on reuHîiude de nouveaux végétau* dans toute ins toute leur beauté'. Mais , si la foi - . ou le manque d'orangerie, ne lui une grande quantité de plantes en doit-il remplir sa corbeille, devenue le plant*»* annuelles qui fleurissent vers la fin de lus propre à cet usage que les balsamines, narguerites , les œillets et ruses d Inde . etc. les rlcve clans un coin du jardin , bien exposé, en Lonne terre , ou mieux sur couche . et , lorsque leur floraison approche t ou quand le terrain c|ui est destiné est vacant , on les y transporte. C'est ainsi qu'on multiplie et qu'on perpétue ses jouissances.

Mais ce ne sont plus des plantes passagères qui com^ posent les plates— bandes et les massifs plus grands placés dans l'intérieur <l« jardin, ce sont les plantes vivaces qui en forment te principal ornement. Souvent le milieu de ces plates-baades ; planches ou massifs, est occupé par

5£ t EXÉCUTION

de petits arbrisseaux, tels que rosiers, lilas de Perse r spirea, trifoliurn y pêchers nains à fleurs doubles, etc., etc., entremêlés ; d'autres fois, par des plantes vivaces les plus élevées et les plus apparentes, Telles que les astères , les hélianthes , les persicaires , hsrroia: de Jérusalem, et beaucoup d'autres. De chaque <tbté' de eette ligne principale , qui, toujours au milieu , suit \eè contours des plates-rbandes, où est al'gnéV lorsqu'elles sont droites, se placent deux, trois ou quatre rangs de plantes d'autant moins élevées quelles en smt moins voisines;. on les

1>lante irrégulièrement , ou $ien *0n leur fait former des osanges avec les deux lignes Vaines, jïe façon à figurer un grillage. Il convieL* de laisseY le même espace entre les lignes et entre les pla. *es d'unc'^rtvsjne ligne ; cet espace varie selon l'élévation Jes plantes , màk^ne doit jamais être moindre d'un pied ; il n'y a même paWJinç/oa* renient à le laisser plus grand, afin, de pouvoir, au^H&oio et selon les époques, intercaler entre les plantes vifaces des ornons ou griffes , des plantes annuelles ou en pVs> ce qu il est toujours nécessaire de se iién*q;er dans anprdin soigné , et où Ton veut réunir la variété, l'élégance » et prolonger la durée des jouissances. Ainsi, à peine leVi

(liantes vivaces fournissent-elles leurs feuillages , et déjà^ a jacinthe, la tulipe sont dans tout leur éclat; déjà, d'un autre côté, les plantes vivaces ne présentent plus que quelques bouquets épars de loin en loin, et alors paraissent, dans toute leur beauté , les reines- marguerites, les balsamines 9 les tagètes , et autres plantes annuelles dont il est facile de retarder la végétation. C'est ainsi que, de plaisir en plaisir, on arrive à l'époque où la matu^ tn deuil se réfugie dans les serres, et chasse des cam— . , jusques*-là avaient af1 1

ousiasme ; pas une se qu'un nouvel objet .

tention et bannir l'ennuyeuse monotonie^

Dans les corbeilles et les massifs composés de toutes Sortes de plantes , l'ordre régulier que nous venons d'indiquer n'est pas suivi ; le goùl seul détermine leur nombre et leur position. Cependant la loi de dégradation du centre à la circonférence est ordinairement adoptée.

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