II
Quoi qu'il en soit, le caractère le plus remarquable e» le plus distinctif Jes jardins qui nous occupent , c'est la prodigieuse quantité de rnonumens et de bàtimens de loute espèce qui y sont disséminés. Gradins , théâtres > cirques, amphithéâtres, bains, temples, rnonumens , statues antiques, y sont accumulés souvent avec profusion. Il semble qu'on ait voulu multiplier encore les souvenirs de cette terre classique, déjà si riche en ce genre. Les Romains , surtout , paraissaient se plaire à répandre çà et là, dans leurs jardins, leurs divers appartenions. Là, était la salle des bains chauds , là , celle des bains froids ; ici , la salle des festins ; plus loin , celle des petits repas; dans un endroit plus reculé , celle où Ton aimait à se trouver en tête-à-tête. Plusieurs galeries , plusieurs salles k manger, les unes très-éclairécs, les autres obscures ; !e.; unes chaudes , les autres fraîches ; des cours, des bassins paraissaient former la richesse de ces jardins , le marbre „ surtout , y était prodigué de tous côtés , là , en colonne* ; ici en gradins; ailleurs en construction.
Souvent, les bàtimens qui remplissaient leurs jardins formaient des appartenons , et toujours ils avaient *j^c destination spéciale , tandis que ceux qui ornent noj jardins ne s'y trouvent , le plus ordinairement , que oour la forme. Mais, l'immense quantité d'esclaves, que Vendaient les riches Romains, leur permettait de se tr&ns—
!>orter à chaque instant, pour chaque objet, «tu'selorx eur caprice, dans des appartenons diiïérens , et ce*. a. pouvait motiver , en quelque sorte , tous les bâtirons répandus dans leqrs jardins. Telle est du moins l'idée que nous en donnent les auteurs qui ont traité directement ou indirectement de l'agriculture chez ce peuple , et parti**, culièrement les deux Pline.
Art. III. — Des Jardins chinois.
Les jardins chinois sont de vrais jardins naturels, c'est-à-dire qui ont pour but et principe l'imitation de toutes les beautés de la nature; ils sont même parvenus chez ce peuple à une bien plus grande perfection qu'eu aucun pays de l'Europe , parce qu'on y consacre des sommes énormes : tout y est combiné avec beaucoup