DISPOSITION DU TERRAIN
de ce coté s'étendre à loisir. Une éclaircie dans les arbre*
produira cet artifice.
Nous avons déjà dit que la position du bâtiment sur ]c pencbant d'une colline est celle qui prête le plus à la formation de belles scènes; en effet, eucaissé dans une vallée, il est cerné de toute part , et le désir de donner de l'essor à l'imagination ne permet pas d'y rester sans impatience. Au contraire , mis en évidence sur la pointe d'une montagne, l'aspect seul du lointain attache ceux qui le voient pour la première Ibis, et les détourne de jeter les yeux sur le jardin, qui, d'ailleurs, vu presque perpendiculairement , perd beaucoup de sa grâce , tandis que la vue du même loinlain devient bien promptement ennuyeuse et monotone pour ceux qui l'ont souvent sous les yeux. Une scène, pour produire d'agréables sensations toujours renaissantes, pour ne jamais fatiguer celui qui l'a tous les jours devant lui, doit donc être bornée, et offrir des détails à étudier ; les lointains et l'horizon ne doivent y paraître que par des échappées , et d'une manière un peu imparfaite, afin de les retrouver avec plaisir dans la promenade. Si l'imagination se plaît dans le vague, il faut du moins qu'il ait quelque apparence de réalité. Lu fin , les deux cotés du tableau, le cadre de la scène , les plaus latéraux , les coulisses de cette décoration, si nous pouvons nous exprimer ainsi , doivent offrir mille agrémens , mille variétés. Tous ces avantages se trouvent réunis , lorsque le bâtiment occupe le milieu d'une vallée ouverte dans un sens, lorsque le terrain est concave relativement à l'habitation , comme l'appelle M. VValelcy. La situation sur le plus haut point d une pente très-<!ouee, et sur le penchant d'un coteau, est ««tissî très-favorable, et demande la même disposition : ce sont les vues déjà existantes, ou celles que l'on crée, qui indiquent le caractère qu'on doit donner à toute la construction. Mais les terrains plans et convexes offrent de plus grandes difficultés à vaincre.
Ceux qui n'offrent aurune inflexion , et , malheureusement ils sont nombreux , parce que celle position était presque de rigueur pour les jardins symétriques, exigent d»* giands « Ho ris de génie de la part de l'artiste ; car, c'est par l'artifice des plantations qu'il pourra simuler
SITES ET PAYSAGES. 91 quelques accidens de terrain : c'est en alternant graduellement des plantations basses et élevées , ouvertes ou enta sse'es ; c'est en disposant ces arbres de cliaque côté en araphithe'âtre , qu'il parviendra à suppléer au dcTaut du terrain , et à vaincre, sans des dépenses énormes eu mouvemens de terre , une difficulté qui paraissait insutmontable. Il doit seulement remarquer que , dans ce cas, les pelouses doivent éHre plus étroites, plus variées , ( lus entrecoupées de massifs, de bosquets, de clairières, de groupes, d'arbres isolés. Les pelouses, ou vallées latérales , doivent être plus multipliées , plus soignées.
Quant au terrain convexe, c'est à-dire relevé au centre, et incliné des deux côtés, le meilleur moyen d'en tirer parti est de diriger les vues vers les [entes, et de traiter, en général , tout ce terrain d'une manière un peu découverte, y placer des massifs, des groupes nombreux , mais peu étendus, et des bois seulement aux extrémités. Un beau désordre pai ait ici, plus que partout ailleurs, un effet de l'art ; et un air décousu, s'il est savamment combiné , n'y déplaira pas.