II. la
soins; mais, rentrée en serre , elle vit pendant plusieurs années. On la nomme vulgairement patina christi (i).
Ces quatre derniers genres fleurissent vers la fin de Vête, et leurs fleurs se succèdent pendant assez de temps.
Les six genres suivons sont des pjantes grimpantes gui se mêlent en conséquence à d autres en s'y accrochant , ou qui exigent le soutien d'un tuteur ou d une ramée.
1. LlSERON ( Conçofoulus, f. des convolvulace'es ). Plusieurs espères sont indigènes ; une entr'aulres , à tiges traînantes , qu'on ne saurait trop détruire. Celles qui servent d'ornement sont : le L. tricolore, le L. bleu, et quelques autres. Toutes ces plantes se reconnaissent à leurs tiges grimpantes accompagnées de vrilles, ou se tortillant elles-mêmes, à leurs feuilles lisses et en cœur, et enfin à leurs fleurs en vases, portées sur de longs pédoncules. Le L. tricolore est le plus beau; ses fleurs bleues aux bords, blanches au milieu et jaunes au fond, sortent des aiselles des feuilles : elles durent long-temps , et forment de belles toulfes (i).
2. IPOMÊA ( f. des convolvulace'es ) , connus aussi sous les noms de jasmin de Virginie , fleur de cardinal , quamoclit. Plusieurs espèces sont fort remarquables, les
Elus cultivées sont I I. écatlate et PL pourprée : les eurs de celles-ci sont superbes par leur grandeur et leur couleur pourpre en dedans et violette en dehors. Les fleurs de l'écarlate sont plus petites , mais du rouge le
(1) On cultive en pleine terre de bruyère et on multiplie de rejetons une petite plante de la même famille, agréable par la douce odeur de ses fleurs.
Pachysandre couché ( Pacbysanda procumbens ) plante vivace , de l'Amérique septentriouale ; tiges de six pouce» ; feuilles lobées ; fleurs roses, petites, sessiles, formant de jolis épis.
(2) Deux autres espèces intéressantes sont cultivées en orangerie. Liseron satiné ( Convolvulus cneornm ) ; arbuste ne s' élevant guert
qr'à deux pieds, a feuilles satinées et recouvertes d'un duvet argrnté ; tout l'été, fleurs blanches % teintées de rose. Terre légère ; peu d'humidité; multiplication de boutures.
Liseron linéaire ( C. linearis ); il diffère do précédent par ses feuilles étroites et plus longnes, moins soyeuses , et par ses fleurs d'un rose pâle , qui paraissent tout l'été ; il se cultive de même.
ANNUELLES. iSl plus vif. Ces plantes sarmentcuscs exigent le soutieu d un ircillage ou d'un arbre , à cause de leur grande élévation : elles font un effet charmant mêlées à des arbustes, quand l'exposition est assez chaude pour leur permettre cette position. Leur véritable destination est autour des fabriques et des cabanes (i).
3. Gesses { Lathyrtts9 f. dss légumineuses ), vulgairement appelées pois de senteur. Ces plantes font un fort bon effet dans les parterres , mélangées avec d'autres à tiges fortes qui les soutiennent, ou bien dans les massifs d'arbres et arbustes dont elles garnissent la tige et les premiers rameaux. L'espèce surnommée pois de senteur est , en outre , agréable par son odeur : la couleur de ses fleurs varie à l'infini.
L'espèce dite pois vivace, pois à bouquets, est encore recommandable par la beauté et le grand nombre de ses flrurs , ordinairement rouges, qui se succèdent pendant fort long-temps : elle forme des touffes magnifiques (2).
Toutes deux ont les feuilles grandes , ailées , composées de plusieurs folioles , et sont munies de vrilles avec lesquelles elles s'accrochent aux corps environnans. Leur culture n'exige pas de soins.
4. DoliC ( Dolichos , f. des légumineuses). Ce genre nombreux appartient aux régions des tropiques, et les
(1) Iront»-:*. Plusieurs espèces , outre le pourpre et Vécarlate , sont aujourd'hui en possession d'orner uos serres ; les plus remarquables sont : Ipoméa changeant ( ï. mutabilis ) ; feuilles cordiforraes , a trois lobes; lige ligneuse ; de juillet en septembre, fleurs grandes, nombreuses , d'un beau bleu nuancé de rose ; Ipoméa remarquable ( I. iusignis) ; feuilles cordiformes; tige herbacée , grimpante; racine tubéreuse , fleurs à limbe rouge-pale intérieurement , rouge à l'extérieur; très-belle plante. Ipoméa panicuU ( 1. paniculala); feuilles palmées; tige longue et grimpante ; fleurs a limbe d'un beau rose. Ces trois espèces se cultivent en serre chaude , en terre substantielle, et se multiplient de boutures ou de rejetons On peut se* mer sur couebe en mars , pour repiquer en pleine terre en avril , Y Ipoméa quamoclit ( î. quamoclit ) , dont les tiges grimpantes , de sept à huit pieds de longueur , se parent , de juillet en septembre , de jolies fleurs écarlales.
(a) On en cultive deux autres espèces fort jolies :
Gesse de Tanger ( Latbyrus tingilanus), annuelle, a tiges grimpantes; de juillet en octobre , fleurs grandes, d'un pourpre, fonce. Quv la seme en place eu avril et mai.
,5a PLANTES
plantes qui le composent lessemblent beaucoup aux haricots. On ne cultive guère dans les jardins que le D. d'Egypte , dont les fleurs , d'un violet tendre , ou blanches , sont en grappes pendantes ; il exige une bonne exposition et une terre assez forte.
La famille des légumineuses fournit encore plusieurs espères qu'on peut cultiver dans les jardins d'agrément , mais dont il est parlé au jardin potager, notamment les haricots d Espagne et vivaces , quelques espèces de pois et de fèves.
5. COUGE {Cucurbita , f. des cucnrbitacécs V Co/oquinte , calebasse, bouteille, congourde , sont les noms vulgaires de ces plantes grimpantes et élevées, à feuilles foncées , larges, rudes, découpées, couvertes de poils; on les cultive surtout contre les murs et autour des arbres pour les cacher et leur donner un aspe< t pittoresque ; leurs fruits, de forme et de couleur très-variées, souveut panachées, produisent un bon effet. Les unes sont en bouteilles, d'autres en boules, d'autres eti croissant, beaucoup chargées de verrues, etc. , leurs fleurs sont assez grandes , et de couleur jaune ou blanche.
La coloquinte à le fruit rond et très-amer. La calebasse les a allongés et plus ou moins enflés dans • certaines parties.
Le pastèque les a de couleur rouge , et les graines sont souvent noires.
Beaucoup d'espèces de ce genre servent d'alimens. On en parle au jardin potager.
6. MomoruicHJE ( f. des cucurbitacées ). La M. lisse a les tiges crénelées, et les feuilles accompagnées de vrilles. Ses fruits sont rouges, anguleux et de forme ovale. La M. piquante , plus petite , a ses tiges et ses feuilles couvertes de poils roides , et les fruits verdàtres , petits, également velus: lorsqu'ils sont mûrs ils se con-
Geste tubéreuse ( L. tuberosus ) ; fleurs d'un rouge rose , réunies en frappe au nombre de cinq a six, paraissant en juin el en juillet. Celle espèce vivace se multiplie très-aisément par la séparation de ses tubercules en automne.
tractent au moindre mouvement, et lancent les graines f au loin (i).
§. III. Des plantes annuelles de bordures.
Les plantes des trois genres suivans que nous allons, décrire, s'élevant peu, sont propres à former des bordures; on doit donc les semer sur place, en rayons, serres, elles n'exigent aucun soin. Déjà nous avons dit que la nigelle des champs sérail très-propre à cet usage.
1. AtiiaNASIE {Athanasia, f. des flosculeuscs ). j Cette plante très-Lasse , se cultive en bordure et en touffede vingt a trente graines ; seme'es en place, ses
fleurs jaunes sont très-durables; elle demande du terreau, de l'humidité, et une bonne exposition, tant que ses tiges sont faibles.
2. Giroflée de mahon (Hesperis* f. des crucifères), appartient au genre Julienne , elle est encore connue sous le nom de mahonnille ; elle forme de char- 4 mantes bordures; ses fleurs sont toujours simples, mais, présentent beaucoup de variëtés de couleur ; les pc'tales
sont disposées en croix comme ceux de toutes les cru- |
cifères simples. On peut les semer pendant toute la belle
saison, afin de faire succéder leur floraison; on peut
ainsi , dans une plate-banle , en semer de mois en mois
trois ou quatre rayons , qui croîtront et fleuriront Tua j
après r autre , et rendront la bordure perpétuelle. *
3. WëlïLOT. * ( Melilotus , f. des légumineuses). I' L'espèce à fleurs bleues, connue sous les noms de baurnier,
trèfle musqué , baume du Pérou, est la plus cultivée ; ^ tilc est fort agréable par son odeur. On l'emploie en toufle et en bordure; ses petites fleurs , réunies en paquets ronds , sont fort nombreuses.
(i) U Anguine a long fruit ( Trichosantes anguina ) , est mit joli» plante d'un genre voisin ; ses tiges sont longues et velues ; ses feuilles cordiformes, trilobées; en mai et juin , elle donne ses fleurs qui sont grandes, campasifornies y blanches , ayant, à chaque lobe de la corolle t une bordure defilamens blancs el d'un effet singulier ; elle est plus délicate que les précédentes , el demande a être semée sur couche.
1j CSnCCC lie kJlurtic, qui tsi y\u> cic»r». , sciau iuh
belle dans les jardins ; ses fleurs sont blanches et en grappes un peu allongées.
Nota. Plusieurs plantes annuelles appartenant à des genres plus nombreux en espèces vivaces, bisannuelles, etc. , seront décrites avec elles; telles sont plusieurs campanules, la giroflée , quarantaine, le cynoglosse à feuilles de lin, Valcce de la Chine, Y onar que pourpre , la bu-« grane , queue de renard , etc. etc.
SECTION IL
DES PLANTES BISANNUELLES ET TRISANNUELLES.
Ces plantes participent des annuelles et des vivaces et en forment l'intermédiaire ; leur durée est limité de même que celle des premières, mais excède une année. Au reste, ce caractère est peut-être encore moins constant que j>our les plantes annuelles, et il est fort commun de voir ces végétaux devenir vivaces en changeant de climats ou de position, et quelquefois annuels , niais plus rare* meut. { i )
Le plus grand nombre des plantes bisannuelles et tri— manuelles, et ce sont celles chez lesquelles ce caractère est permanent , ont cela de commun avec les annuelles qu elles ne fleurissent et ne fructifient quNiuc seule fois
(i) Les plantes annuelles ne deviennent jamais vîvaces, et ne peuvent le devenir dans aucun cas ; elles sont organisées de manière à périr lorsqu'elles ont donné l'unique récolte qu'elles doivent produire ; mais •ans les rendre vivaces , on peut dans quelques espèces , prolonger un peu leur vie eu retardant leur fructification. C'csl ainsi qu'un bananier, qui ne vit que dix-huit mois au plus dans son pays natal , peut durer dix a donre am dans nos serres, s'il n'a pas asset de chaleur pour développer ses régimes; encore ferons-nous remarquer que cette plant» est presque vivace , puisqu'on la reproduit d'oeilletons.
Mais ou cultive Irès-lncu , comme annuelles, toutes le< plantes rivaces qui peuveu germer, se développer et donner leurs graines dans l'espace de qua'<*e, cinq , ou six mois, temps que dure la chaleur suf» plante " leur végétation t dans nos climats. C'est ainsi que nous avons fa*! nue 'lanto annuelle de la capucine, qui est vivace en Amérique , et l^eme q°un arbre, le ricin palma-chriiti.
BIoAK NULLLE5. 1^3
1>endant leur existence. Mais, au lieu d'exécuter toute eur révolution clans l'espace <le quelques mois , un pic-* micr développement de leurs tiges et de leurs racines a lieu chez elles la première année, et ce n'est que la seconde qu'elles remplissent le vœu de la nature, celui de reproduire leur espèce. Pour quelques-unes même ce développement complet n'a lieu que la troisième année ; et plus tard encore pour quelques espèces , telles que le rondier des Indes , qui ne fructifie qu'une fois cl à l'âge d'environ cinquante ans. Ces végétaux , après avoir enfin rempli la destination assignée à tout être organisé, pé— Tissent, laisant de nouveaux germes destines à les perpétuer.
Cependant, d'autres plantes bisannuelles et trisannuelles donnent des fleurs et des graines dès la première année , et continuent à en fournir les suivantes jusqu'à leur mort : mais en général ces espèces sont d'une durée moins constamment limitée : il est plus facile de prolonger leur existence de quelques années , de même qu'il arrive plus fréquemment de les voir périr après la première floraison : c'est ce qu'on remarque surtout pour plusieurs espèces d'onagres et de campanules.
Nous ne nous étendrons pas sur la culture et l'emploi des plantes de cette section : comme elles participent des vivaces et des annuelles , et que nous aurons soin d'indiquer avec lesquelles chaque genre a plus d'analogie
minant l'article de chaque genre.
Nous nous bornerons donc à dire que les plantes de cette section ont l'avantage de pouvoir se multiplier par les moyens artificiels , et par conséquent la conservation des variétés à fleurs doubles ou à couleurs précieuses est plus assurée et plus permanente. Quelques espèces qui supportent bien notre climat pendant la belle saison, exinent un abri pendant les frimas : on les cultive alors le plus ordinairement en pots, que l'on enterre dans les plates-bandes, corbeilles, etc., pour les retirera l'approche de l'hiver et les rentrer c n orange rie ; telles sont