‹ Manuel complet théorique et pratique du jardinierChapitre 98 sur 111 · IL. 3i · texte numérisé non relu

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exposition et avec quelques soins dans sa jeunesse : ses rameaux sont jaunâtres, ses feuilles lisses à deux division* crénelées , presque triangulaires , d'un vert jaunâtre ; le* Heurs mâles en chatons , de couleur jaune, les fleurs femelles remplacées par un fruit charnu dont on mange Ta mande ; cet arbre doit être placé en bonne terre, un utu humide ; on le reproduit par tous les moyens artificiels, et notamment par le procédé des crossettes sur couche tiède , abritée.

2. FrÊwk {Fraxinus , f. des jasminées) , genre trèsnombreux en espèces remarquables par leur taille , leur port , leur élégance , et dont une est fort commune dans nos bois ; la plupart des autres ne sont cultivées que dans les jardins paysagers , toutes ont un air de famille trèsmarqué ; leur bouton surtout est caractéristique par sa forme farttculière et sa couleur presque toujours noire ; leurs rameaux sont opposés ainsi que leurs feuilles ailées avec impaire. Leurs racines sont ordinairement très-traçantes et garnies de chevelu, aussi préfèrent ils les sols légers, humides et tourbeux , et y croissent-ils avec vigueur ; mais cela ne les exclut pas des autres sols : on les multiplie plus facilement de graines que de toute autre manière ; mais les variétés et quelques espèces rares le sont par la greffe. Nous ne mentionnerons que les espèces les plus dignes d'attention.

Le F. commun {eacce.sior) , est l'espèce répandue dans nos bois ; cet arbre fournit une tige élevée, ordinairement fort droite , croissant très-rapidement dans les sols humides , et aussi bien à l'ombre des autres arbres qu'en lieu aéré ; son bois est dur et employé à beaucoup d'usages f ce qui doit engager à le multiplier; son seul inconvénient est d'attirer les insectes, dont il est souvent . rongé , et surtout les cantharides ; on le reconnaît à ses feuilles à long pétiole creusé en canal à la base , et garni de folioles lancéolées , nombreuses ; ses fleurs , sans calice ni corolle , sont petites et en grappes; les étamines leur donnent une teinte jaunâtre , mais ces grappes sont bien plus apparentes lorsqu'elles supportent les fruits applatis et membraneux , assez longs. Cette espèce a produit plusieurs variétés qui méritent d'être recherchées; ce sont le F. jaspé, à écorce rayée de jaune j le F. doré ,

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à écorce d'an très-beau jaune ; le F. pleureur on parasol, dont les rameaux se recourbent vers la terre ; le F. hori~ zontal, dont la direction est parallèle à la surface du sol ; ces deux variétés fournissent des sous-variétés à e'corce jaune; le Y. panaché, à feuilles marque'es de taches blanches; à feuilles déchirées, dont les folioles sont profondément et irrégulièrement dentées ; le F. verruqueux , à écorce graveleuse , d'une teinte très-sombre ; toutes ces variétés ont un port particulier , et par conséquent 9 un usage spécial dans les jardins.

Le F. à fleurs (Ornus). Malgré qu'il soit très-rustique , on ne le cultive guère que dans les jardins ; mais en Italie , on en tire , ainsi que de plusieurs autres espèces , la manne ; il ne dépasse pas trente pieds : on le distingue à ses folioles pointues , dentées , d'un vert foncé et luisant en dessus , et surtout à ses fleurs pourvues de longs pétales blancs , et disposées à l'extrémité des rameaux en panicules pendans.

Le F. à manne f dit d'Alep , de Calabre , a les folioles rondes , très- dentées , et de longs pétales rougeâtres.

Le F. a feuilles de lentisgue , ait F. à mèche , a les » rameaux bruns , les folioles étroites et espacées.

Le F. noir a IVcorce très-foncée , et sept grandes folioles ovales , pointues , légèrement sinuées ; c'est une des espèces les plus remarquables.

Le F. d'Amérique, à écorce cendrée, à folioles velues en dessous.

Le F. de la Caroline a les rameaux verts , les folioles lancéolées, légèrement dentées, luisantes et d'un vert pâle.

Le F. à longues feuilles se distingue par ses folioles allongées , d'un vert tendre , velues , qui ont jusqu'à six pouces de long ; c'est une espèce très-remarquable.

Le F. blanc, à folioles couvertes, ainsi que les pétioles, de poils blanchâtres.

Le F. monophylle ou h feuilles simples les a Quelquefois composées , mais souvent simples , ovales, dentées > d'un vert foncé ; il produit un bel effet par sa forme globuleuse.

Le F. tomenteux ou rouge a les folioles couvertes \ leur surface inférieure d'un duvet qui devient roux.

Le F. quadrangulaire se distingue par ses rameaux carrr's.

Enfin, il suffit de nommer le F. nain, le F. crépu ( atru-virens ) , le F. à feuilles de sureau, le F. à larges fruits . le F. à petites feuilles (i).

3. BlGNONE ( Bigtumia, f. des bignones). La plupart des espèces de ce genre sont des arbustes grimpans et sarmentcux, mais trop délicats et trop sensibles aux gelées pour r'vre cultives en pleine terre dans nos climats (2).

La B. radicante , connue sous le nom de jasmin de ITirginie , est une espèce sarmcntcuse qui supporte nos hivers ; ce sera la seule que nous décrirons : c'est un des arbrisseaux les plus propres à former des festons et des uirlandes sur les rouis les ro<hers, autour des fariques, sur les arbres: il atteint le sommet des plus élevés, et se fait remarquer par ses tiges garnies de racines qui s'implantent dans IVcorce des arbres et les interstices des murs ; par ses feuilles assez grandes composées de folioles ovales , dentées, d'un veri tendre, enfin , ses feuilles du rouge le plus éclatant, très-volumineuses et formant à l'extrémité des rameaux un superbe corymbe recourbé;

(1) Il faut ajouter tes frênes viridis , feuilles à sept folioles ovales-

aigues. Canadensis', ovata\ pulvérulent*', fuglandi/olia; rho'ifolia\ sombucifolia ; rubicunda ; eUiptica ; cintrea ; lentiseijolia ; parvifolia à feuille* rondes; lancea\ longi/o/ia pubescens ; richardi , pallida\ acuminata\ nigra ; fusca , ru/a.

(a) Bigkonk a vrille* (Fi. capreolata) , jolie espèce que Ton cultive «n pleine terre comme la bignone radicante. Ses tiges sar menteuses et yoltihilcs ne dépassent guère six à sept pieds de longueur, et » au moyen des vrilles dont elles sont munies , elles s'accrochent aux arbres et an* murs qu'elles tapissent d'une jolie verdure. En été , elles se parent d'un grand nombre de Ires-joltes fleurs d'un jaune orangé en dedans et couleur cannelle en dehors. Plusieurs espèces de bignones contribuent beaucoup à la décoration des serres; telles sotit : la bignone a grandis fleurs ( B. grandiflora ) , sarmenleuse comme la précédente , à feuilles ailées, a fleurs d'un jaune safrané, grandes, courtes, en grappes; orangerie. La bignone de Norfolk ( B. pandorea ) , sarmenteuse et volu~ bile , à feuilles ailées, de cinq ou six folioles , à fleurs ventrues , d'un Liane terne rayé de pourpre- La bignone à feuilles de frêne ( B. stans ) , à tige de huit a neuf pieds , feuilles ailées, fleurs jaunes et en grappe. La bignone h cinq feuilles ( B, î'eniaphylla ) f de douze à quinze pieds , a feuilles ailées et fleurs purpurines. r r

Cet arbrisseau se plaît dans les bons terrains et a bonne exposition : on a de la peine à oblcnir des graines parfaites , c'est pourquoi 011 le multiplie de rejetons, marcottes ou boutures faites au printemps , d'autres espèces «ont encore de superbes arbrisseaux.

Le catalpa est un arbre qui appartient au même genre et en est l'espèce la plus connue, comme la plus importante et la plus cultivée. C'est un arbre remarquable par ses jrameaux étalés formant une large cîmet et surtout par «es feuilles très-grandes, à long pétiole, d'un vert clair, en cœur et entières ; ses fleurs, blanches , marquées de taches brunes, de forme irre'gulière et anomale, disposées en grands panicules terminaux , produisent beaucoup d'effet, ainsi que ces fruits en siliques presque cylindriques, souvent de la longueur d'un pied. C'est isolément ou dans les groupes d'arbres que le catalpa est le mieux placé. On le multiplie de graines dont il est bon de couvrir pendant les deux premières années les jeunes plants , ainsi que par les procédés artificiels. * 4* Pi-AQUEMINIER ( Diospiros , f. des plaqueminiers), renferme plusieurs beaux arbres de grande et de moyenne taille qui fournissent des bois très-durs et très- estimes, entre autres le bois dVbène.

L'espèce la plus répandue dans les jardins est le P. ou D. lotus, qui ne dépasse pas trente pieds, à rameaux rougeâtres, à feuilles entières, d'un beau vert luisant à leur surface supérieure , blanchâtres à l'inférieure , à fleurs sans apparence.

Le P. de rirginie est un grand arbre à feuilles plus

Srandcs, très-douces et un peu cotonneuses; il fournit es baies jaunâtres, allongées , qu'on peut manger, mais qu'on emploie plutôt pour composer des boissons.

Le P. kaki ressemble au précédent et est velu dans toutes les parties ; ses fruits rouges sont délicieux.

Enfin, xébénier, si commun en Asie , et si recherche pour son bois, prend dans son pays natal un très-grand accroissement, tandis qu'il reste nain dans nos climats.

Ces deux dernières espèces, surtout Vébénier , exigent l'orangerie l'hiver; les deux autres, qui peuvent supporter la pleine terre , demandent une bonne exposition, et on doit placer sur couche , en terre de bruyère, et

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rentrer pendant quelques années les jeunes plants qu'on obtient de semis ou de marcottes.

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