‹ Manuel complet théorique et pratique du jardinierChapitre 99 sur 111 · Tupélo ( Nissa , f. des éléagnées ), arbres d'autant · texte numérisé non relu

Tupélo ( Nissa , f. des éléagnées ), arbres d'autant

fdus précieux que leur bois est fort dur et excellent pour e charronnage , maigre' qu'ils croissent dans les sols hu~ mides et même marécageux; ils sont fort propres à garnir et embellir les lieux aquatiques et même ceux qui sont souvent submerges.

On peut cultiver en pleine terre:

i°. Le T. des forets , espèce très-élevée , et qui n'a pas autant besoin d'humidité' ; ses feuilles sont grandes, entières et velues ; les fleurs, peu apparentes , sont remplacées par des fruits ovales, de couleur bleue, et delà grosseur d'une olive.

2°. Le T. aquatique , qui se plait dans les sols tourbeux et fréquemment inondés; ses feuilles sont de moyenne grandeur et oblongues , à pointe allongée , ses fruits, de même forme et couleur, sont moitié plus-petits.

Les autres espèces demandent ^orangerie; on remarque surtout parmi elles le T. cotonneux, à feuilles velues et à fruits semblables à ceux des précédens , mais beaucoup plus gros , et le T. blanchâtre , à fruits rouges.

Tous ces arbres se multiplient de graines mises en vases , afin de rentrer, même les premières espèces, en orangerie pendant quelques années.

6. Érable {Acer , f. des érables), grands arbres dont plusieurs sont indigènes et forestiers , et dont plusieurs autres, d'oiigine étrangère, sont parfaitement naturalisés et très-répandus dans les jardins. Ils s'y font remarquer par leur port fort élégant et majestueux, leurs belles masses, leur beau feuillage ; de plus , leur bois est assez estimé et est employé à plusieurs usages. On les cultive en touffes ou en hautes liges; les uns se contentent des plus mauvais sols, croissent au milieu des rochers; alors ils forment naturellement buissons ou taillis; les autres forment arbres et n'atteignent toute leur beauté que dans une meilleure terre , c'est-à-dire légère et substantielle ; mais, en les recépant du pied, on; en obtient de superbes taillis , de même que des premiers on obtient des liges fort pittoresques, en les dirigeant et les plaçant en meilleur terrain. Les principales espèces «ont ;

L'E. champêtre • arbre peu élève et très-rameux , k écorce d'un brun rougeâtre , presque toujours crevassée et semblable au liège: à feuilles à long pétiole , petites, à trois ou cinq lobes obtus, d'un vert foncé; à fleurs verdâtres, en grappes pendantes et remplacées, comme celles de la plupart des érables, par deux fruits accollés à la base , ailés, opposés ou divergeas , formant paquets.

L'E. de Montpellier est encore plus ra aïeux que le précédent, mais a de l'analogie avec lui; son écorce est Tougeâtre ; ses feuilles petites ; à trois lobes pointus, d'un vert très-foncé , coriaces ; ses fruits sont légèrement teints de rouge ; dirigé en tige , il forme une tête globuleuse très-serrée , de l'effet le plus pittoresque.

L' E. de Crète , plus petit , à feuilles un peu allongées , à trois lobes entiers, coriaces.

L'E. opale ou à feuilles rondes a également les feuilles coriaces , mais à cinq lobes obtus et dentés , glauques et velues en dessous.

L'E. hybride a les feuilles moins coriaces, à trois lobes très-dentés.

L'E. de Tartarie a les feuilles dentées , peu lobées, les fleurs rougeàtrcs , les fruits rapprochés.

Toutes ces espèces ont de l'analogie entre elles par leur forme rameuse et touffue , leurs feuilles de petites dimensions, leur port général , et vont en décroissant de taille depuis la première ; elles semblent appartenir à de mauvais sols et à des terrains montueux. Passons aux espèces plus e'ievées.

L'E. sycomore, dit faux platane, parce qu'il ressemble en effet beaucoup à cet arbre , mais s'en distingue sur-le-champ par ses feuilles opposées, tandis que le platane les a alternes , est un des arbres les plus utiles comme les plus beaux ; il s'élève directement , offre une tf te étalée et en tout un port superbe ;scs feuilles, à longs pétioles rouges , sont grandes , à cinq lobes très-pointus , d'un beau vert , mais plus tendre en dessous; les fleurs sont verdâtres et en grappes pendantes. 11 ne vient bien que dans les sols légers, et ne se multiplie guère que de graines (i).

(i) Variété à feuilles panachées de jaune, que Ton snaltipiie et perpétue par la greffe sur ion type, *

I/E. durci , dit ayart. est peu répandu ; il se distingue du sycomore par ses feuilles à cinq lobes courts et obtus, blanchâtres en dessous.

Uli. plane, à feuilles de platane, dit aussi plasne, ressemble beaucoup au sycomore ; ses feuilles sont a-peuprès également vertes aux deux sui faces (i).

L'K. à sucre, a l'écorce cendrée très-lisse , les feuilles , à cinq lobes pointus, ne sont pas dentées, mais sinuées ; sa sève, recueillie pendant l'hiver, fournit à-peu-près une livre de sucre par vingtaine de litres. Au reste, c'est un fort bel arbre.

L'E. cotonneux ou de Virginie ( Eriocarpon ) , a les rameaux unis, rouges , les feuilles à cinq lobes pointus et dentés, glauques en dessous; les fleurs rouges, les fruits un peu velus.

L'E. rouge ou tomenteux a les feuilles velues en dessous.

L'E. de Caroline ou barbu a les feuilles à trois lobes tourts; ces trois espèces , assez semblables, ne portent pas les deux sexes sur le même individu.

VK. jaspé ou de Pensylvanie est un fort bel arbre qu'on multiplie principalement par la greffe, à cause de la croissance lente des individus provenus de graine. Il se distingue par ses tiges et ses rameaux d'un vert glauque, fortement rayés de blanc ; les feuilles très larges, à trois lobes dentés en scie , les fleurs verdàtres , ses rameaux et son feuillage sont du plus bel aspect.

L'E. de montagne (Spicatum ), se rapproche du précédent , mais a les fleurs jaunâtres , les feuilles légèrement velues et glauques en dessous , à lobes pointus.

L'E. à feuille de frêne (Negundo) , diffère de tous

(i) On en connaît une variîté a fcuilleslaciniccs ( Acer platanoïdes laciniosura ).

Antres espèces :

Erable de ' Naples (A. neapolitanum ) , de grandeur moyenne, à feuilles grandes , épaisses, arrondies et à cinq lobes. Cet arbre est nouvellement introduit dans nos cultures.

# Erable a feuilles d'obier ( A. opulifolium ) ; arbre petit , à feuilles coriiforraes et à cinq tabès; fleurs jaunâtres.

Erable du Népaul{ A. ojblongifoljum ) ; espèce toul-à-fail u ou v elle » paraissant devoir former nn arbre assez éitié.

d'ornement. 433

les autres par ses feuilles composées de cinq folioles lancéolées , dentées d'un vert tendre ; cependant il ne lève qu'à une seule feuille, et ressemble alors beaucoup aux autres érables : ses rameaux sont d'un vert glauque et très-lisse. Cet arbre remplît une place distinguée, soit en tige, soit en taillis, croit avec vigueur et fournit un bon bois. On le multiplie de semences , de réjetons et de boutures.

7. Marronniers (Esculus , f. des érables [1] ) , arbres dont l'utilité est contestée , mais dont la beauté et l'agrément ne le seront jamais ; leur beau feuillage , leurs fleurs en grappes formant plumet, les feront toujours remarquer avec plaisir dans les jardins d'ornement. J'adopte la division en deux genres, suivie par quelques botanistes (2).

Le Al. d%Inde est un très-grand arbre , à racine pivotante qu il est important de lui conserver, formant par ses branches une masse imposante et magnifique. 11 ne vient

guère qu en haute tige , et on ne le multiplie que de semences, parce que ce moyen est le plus simple, le plus prompt, le plus naturel; ses feuilles, à longs pétioles, très-grandes, sont composées de folioles partaut d'un point commun, de grandes dimensions, lancéolées, dentées et ridées; ses fleurs blanches marquées de rouge ; ses fruits enveloppés d'une capsule coriace recouverte de pointes molles. C'était un des arbres les plus employés pour les avenues et pour toutes les grandes plantations des jardins symétriques.

Les Pavià sont des marronniers à fleurs tubulées , à capsule non épineuse; ils demeurent arbustes et forment

[1] Ces arbres méritent , sous tous les rapports, d'être séparés de* érables , et formen! même un contraste des plus eboquans pour le botaniste par leur réunion dans une même famille ; ils doivent former un ordre à part, ainsi que Ta déjà proposé M. Dcsfontaincs.

Note de V Auteur.

(2) Marronnier rubicond (AE. rubiconda); espèce nouvelle tris-remarquable par ses grandes fleurs d'un beau pourpre. Il s'élève autant que l'autre , croit aussi vite , est aussi robuste , et peut s'employer au* mimes usages.

bien touffe , excepté* le P. jaune , qui est un grand arbre trop peu cultive' en France (t).

Le P. à fleurs rouges se distingue par ses folioles dentées , et surtout par sa corolle tubuléc composée de quatre pétales routes.

Le P. h petites fleurs ou h longs épis se fait remarquer par ses deux caractères déno mi natifs, et de plus par ses fleurs odorantes et ses folioles velues en dessous.

Le P. jaune a les fleurs de cette couleur, mais offre deux variétés à fleurs rouges.

Ces arbres se multiplient de graines , de marcottes et de greffes sur le marronnier ; ils demandent une bonne terre.

8. Magnolfers {Magnolia, f. des magnoliers), genre nombreux en espères, et qui renferme plusieurs arbres de la plus grande élévation. Quelques-uns supportent nos hivers quand ils sont empaillés et abrités; mais on ne saurait trop faire de frais pour posséder ces végétaux (2).

Le îVl grand/flora est un des plus beaux arbres connus ; il s'élève verticalement à une grande hauteur, et m? termine par une tète rameuse et régulière ; ses feuilles sont très-grandes, épaisses , lancéolées, d'un vert luisant dans leur état parfait , jaunâtres lors de leur développement. Ses superbes fleurs ont jusqu'à buit pouces de diamètre, sont solitaires, odorantes, terminales, du plus beau blanc, à étamines d'or, et se succédant pendant long-

Ci ) Pana de VOhio (P. okiotmsis ) ; celui-ci est un arbre qui atteint au moins vingt-cinq pieds d* hauteur. Ses fleurs sont blanches et ses capsules épineuses. Le Pavia hybride ( P, hybrida ) , est un charmant arbrisseau a &eurs rouges.

(a) Outre les espèces citées par l'auteur, on possède encore les suivantes:

Maçnolier a fleurs brunes (M. fusrata); arbrisseau de six pieds; feuilles oblongues , fleurs à cinq pétales d'un blanc jaunâtre, bordes d'une ligue de carmin tirant sur le brun ; elles répandent une odeur très-agréable. Orangerie.

Magnolier nain ( M. pu m i la ), Arbuste d'un pied à un pied et demi ; feuilles très-grandes, elliptiques , coriaces; fleurs d'un beau blanc à six pétales épais, exhalant une agréable odeur d'ananas. Serre tempérée. Ces deux espèces sont à feuilles persistantes; elles tombent «haque année dans les suivanie*.

temps; les fruits, rn cônes rougeàtres, conservent leurs graines suspendues par de longs filamens.

Le M. acuminè ressemble au précèdent, mais n'a pas d'aussi belles fleurs ; elles sont d'un bleu verdàlrc peu apparent.

Le M. glauque , du Castor , bleu , de marais, est un arbrisseau formant buisson, qui ne dépasse pas quinze pieds; les feuilles ne sont glauques qu'en dessous ; les fleurs blanches , quelquefois pourpres et doubles; il demanda un sol humide.

Le M. auriculé ressemble au premier pour les fleurs, mais a les braiiches nombreuses, et n'atteint que la moitié de sa taille.

Le M. à grandes feuilles , de même taille que le precédent , est très-remarquable par ses feuilles ovales, glauques en dessous , longues de deux pieds.

Le M. parasol a les feuilles à-peu-près de même longueur, mais plus étroites.

Le M. yudan , à rameaux et nervures des feuilles légèrement velues , exige l'orangerie , ainsi que celui à fleurs bordées , arbrisseau en buisson , de hauteur d'homme , à fleurs blanches ornées d'une bande de couleur carmin.

On connaît encore plusieurs espèces de magnoliers , tant d'orangerie que de pleine terre, mais toujours avec vêtement d hiver; ce sont des arbres qu'il serait bien précieux pour nos jardins d'ornement de pouvoir naturaliser complètement , et nous avons tout lieu de croire que l'es-

Magnolier a feuilles eordiformes ( M.cordata) ; feuilles son vont ovales, quelquefois cordiformes; fleurs moyennes, d'un jaune verdatre.

Magnolier de Thomson ( M. thomsoniana) ; tige élancée ; fleurs trèsgrandes; Manches. Espèce nouvelle.

MtiJioUer de Soulanges (M .«ulangiana) ; hybride du Yulan et du discolore % à fleurs pourpres en dehors, odorantes. Il a été obtenu par le chevalier Soulange-Bodin , qui a cru devoir lui donner son nom. * Magnolier grêle ( M. gracilis). C'est peut-être une variété du discolore , a tiges diffuses et moins fortes et a feuillage plus étroit. Ses fleurs eont d'une, couleur plus foncée.

Magnolier discolon (M. discolor); de dix à douce pieds ; feuilles ovales , grandes, persistantes quand on cultive cet arbrisseau en orangerie ; fleurs grandes , a six pétale* campaniformes, d'un blanc pue ea dedans et d'un beau pourpre en dehors.

poir en est fondé ; ils exigent une bonne terre , riche €t profonde ; les jeunes plants, (ju'on obtient de semis et de marcottes par torsion , incision , ligature , d'uae reprise difficile , demandent à être place's en terre de bruyère ou en bon terreau, sur couche ou sous châssis, et en pots , pour les rentrer au moins pendant deux ans.

9. Tilleul (Tilia . f. des tiliacées) , était d'un usage général dans les jardins symétriques, pour la formation des allées voûtées, des galeries, des amphithéâtres, des boules sur tige, etc. Il méritait bien celte préférence, par la docilité avec laquelle il obéit aux ciseaux du jardinier, par les nombreuses ramilles qu'il fournit, par son beau feuillage. Abandonné à lui-même , le tilleul prend une belle forme ordinairement arrondie , a un beau port, offre des masses épaisses ; il doit donc figurer dans toute espèce de jardins d'ornement. Ses feuilles nombreuses sont arrondies , un peu en cœur, dentelées , légèrement duveteuses. Ses fleurs, odorantes, sont peu apparentes; une longue bractée foliacée , d'un blanc jaunâtre , en accompagne le pédoncule. L'écorce des jeunes rameaux de cet arbre est toujours très-lisse, et le plus souvent colorée en rouge.

Les espèces les plus répandues sont le T. à petites feuilles , et le T. à larges feuilles ou de Hollande : du reste en tout semblable.

L'Amérique en a fourni deux espèces très-remarquables : le T. argenté, dont les feuilles sont inférieurement garnies d'un duvet blanc très-épais, et le T. de Caroline , à feuilles velues très- grandes (i).

10. Tulipier ( Liriodendron , même f. que le précédent). C'est encore un des plus beaux arbres d'ornement qu'on puisse cultiver , et il est bien naturalisé en France, puisqu'il fournit de bonnes graines. Cependant, dans sa jeunesse, i) est assez sensible aux gelées et demande à être couvert ; il demande une terre substantielle,

(i) Tilleul rouge ( Tflia rnbra ) ; il se distingue du tilleul Je Hollande par ses rameaux a écorce tres-rouge.

Tilleul pubescent ( T. pnbcscenj) , remarquable par W feuilU» trèh* grandes et ses rameaux étales.

D ORNEMENT. 4^7 forte , un peu fraîche , et une exposition à l'ombre, mais aére'e ; on ne le multiplie guère c|ue de graines. On n'en connaît qu'une espèce, mais qui a fourni plusieurs varie'te's dans la forme des feuilles, et une à fleurs jaunes. Tous ces arbres sont d'un bel effet isolément ou en grou- )es; on les reconnaît à leurs rameaux lisses et bruns dans eur jeunesse, à leurs feuilles à long pétiole accompagné de deux stipules ovales et concaves, alternes, à trois lobes a dont celui du centre tronqué , enfin du plus beau vert tendre (voyez pl. I, fig. 9). Leurs fleurs solitaires ont la forme d'une tulipe évasée ; les pétales sont jaunâtres , bordés de vert; et avec une tache aurore; les fruits en cônes et nDmbreux (1).

11. Robinier (Robinia, f. des légumineuses, ainsi que le suivant) , fournit une douzaine d'espèces d'arbres et arbustes très-répandus dans les jardins, etqui le méritent autant par leurs fleurs nombreuses, très-odorantes; ils se plaisent dans les sols légers et substantiels, mais ce— endant viennent à-peu-près partout; on les multiplie icilement de semences.

Le R. faux acacia, vulgairement acacia, est un arbre ma l-à -propos décrié sous le rapport de l'utilité ; il' croit fort \ite et fournit un fort bon bois , surtout coupé en taillis : il vient également bien en touffe ou en tige , et des deux manières s'emploie avec avantage dansles bois et les jardins. Son feuillage , clair et léger , forme contraste. Ses feuilles sont armées à la base de deux aiguillons forts et acérés, et sont composées de quinze à dix-neuf folioles ovales, entières; les fleurs, blanches, forment de jolies grappes pendantes dans les aisselles et au sommet des rameaux ; leur odeur est fort agréable

(1) La varié! é a fleurs i aune s ( Liriodendron tulipiferaflava), mérite la préférence par ses fleurs plus grandes , plus odorantes et d'un jaune éclatant. Les autres variétés sont : à lobes aigus ( Acutiloba); h lobes obtus ( Oblusiloba ); à feuilles entières ( Integfifolia ).

(a) On en possède plusieurs variétés qui sont: Robinia pseudo-acacia soectabilis , sans épines , à feuilles plus grandes , ainsi que les fleurs dont la carène est jaune et qui sont plus odorantes; R. P. crispa, tortuosa, hybriâa% sophorœfolia , monstruosa , microphyUa , toutes fort •ingulieres. Ou les multiplie par la greffe sur leur type.

il* w

Le R. visqueux ne diffère guère du pre'cédent que par la couleur brune de ses rameaux et leur viscosité'; ses Heurs sont rosées et se renouvellent souvent à l'automne.

Le H. sons épines ne fleurit presque jamais; il se reconnaît à sa tige très- rameuse , garnie d'une multitude de feuilles ailées , affectant la forme globuleuse , et de l'effet le plus agréable et le plus pittoresque.

Le R. rose [ïfispida) f acacia rose , est un charmant arbrisseau qu'on ne peut multiplier que de greffes en fente; ses rameaux brunâtres et les pétioles des feuilles sont couverts de poils ; les folioles sont grandes , ovales , d'un , vert foncé ; les fleurs t roses , grandes et nombreuses , se répèteul ordinairement vers la tin de Tété (i).

Les espèces suivantes , dont quelques auteurs ont formé un genre , sont des arbrisseaux épineux originaires de Sibérie, qui forment volontiers touffe globuleuse, d'un vert foncé et terne.

Le R. caragana a ses rameaux grêles t les feuilles accompagnées a une épine , composées de folioles presque rondes , les fleurs jaunes , solitaires , mais nombreuses et rapprochées.

Le R. caragana ferox a les feuilles terminées par une pointe ; leur pétiole et les stipules deviennent épineux.

Le R, caragana argenté offre les mêmes épines ; ses folioles sont ovales , soyeuses et blanchâtres ; ses fleurs roses.

, Le R. altagana ou de la Daourie a les rameaux jaunâtres! .les feuilles accompagnées de deux épines , et composées de folioles velues a pointe (a).

(i) Variété plus grande dans toutes ses parties, nommée R. hispida crborta,

(a) Robinier barbu ( R. jubata). Arbrisseau de six pieis, laineux , épineux ; feuilles à folioles nombreuses et étroites , soyeuses ; fleurs jaunes.

Robinier épineux (R. spiuosa) ; en buisson baut de deux à trois pieds; quatre paires de folioles lancéolées; pétiole commun terminé en épines; fleurs jaunes.

Robinier icailhux ( R. squamosa), remarquable par ses rameaux écailleux; feuilles à neuf paires de folioles , avec une impaire; fleurs en grappes. Cette espèce est de serre chaude , ainsi que les robiniers vwlaçga et tomentosa.

d'ornement. 4-^9

Enfin , on cultive encore deux ou trois arbustes trèshas : ce sont :

Les K. frutescent , pygmè et de la Chine.

11. VmGiUER ( Virgilia) 9 bel arbre nouvellement introduit en France , et q^ui pataît devoir s'y naturaliser , puisqu'il ne craint pas le froid; cependant il n'y a pas encore fructifie f et on ne le multiplie guère que de marcottes, dont la reprise est assez difficile, et de greffes sur le sophora du Japon. Cet arbre présente une belle tige se terminant en boule; ses feuilles, composées, sont grandes et d'un beau vert; les fleurs , blanchâtres, forment, par leur réunion, de belles grappes terminales qui ont tout leur éclat au commencement de Tété.

i3. Noyer (Juglans, f. des téréhiothacées , ainsi que le suivant ). Les noyers, en tant qu'arbres d'ornement , peuvent être employés avec avantage dans les jardins paysagers : les espèces indigènes et exotiques sont également remarquables par leur beau port , leur beau feuillage , et par les masses que forment leurs branches. Nous ne parlerons pas ici des usages nombreux auxquels on emploie leurs fruits et leur excellent bois. Les noyers ne viennent bien qu'en hautes tiges et dans un sot léger et profond ; on ne les multiplie guère que de semences, et les espèces rares, ainsi que les variétés, de greffe. Il faut, autant que possible, leur éviter les transplantations, la conservation de leur pivot et de leur cime étant nécessaire pour leur belle venue.

Le N. commun ( Régi a ) est un fort grand arbre à tête touffue et majestueuse , à feuilles à longs pétioles , composées de cinq ou sept grandes folioles ovales , légèrement dentées luisantes et d'un beau vert; les fleurs mâles sont en chatons et paraissent avant les feuilles : les fruits sont des noix ; c'est-à-dire une coque ligneuse enveloppée d'un drupe charnu. Toutes ces parties sont fort odorantes.

Le N. noir est un arbre superbe qu'on doit chercher à répandre en France abondamment : il a de longues feuilles composées d'une vingtaine de folioles lancéolées, dentées : ses fruits, assez volumineux, presque rouds^ #on l hérisses d'aspérités et terminés eu poinle.

4fO ARBRES

Le N. cendre ou cathartiaue a les feuilles très-dentées, et surtout très-velues, ainsi que les bourgeons.

Le N. blanc , où quelques auteurs voient une dixaine d'espèces distinctes, a les folioles ovales , arrondies au sommet , au nombre de sept ; la noix anguleuse (i ).

Le N. à feuilles de frêne est moins élevé que les précédens , mais n'en est pas moins également un fort bel arbre ; ses feuilles sont compose'es d'environ dix-neuf folioles dentées, lisses, d'un vert tendre; les fruits, fort petits, sont disposés en grappes (a).

14. Aylante (Aylantus) , vulgairement vernis du Japon. C'est un fort bel arbre , du meilleur effet dans les jardins paysagers, surtout isolé , et dans les lieux ombragés, où il croit également bien , et qu'il serait utile de répandre dans nos bois : il n'est pas délicat sur le choix du terrain , et se multi plie abondamment de rejetons et de tronçons de racines. Cet arbre fournit une tige droite peu rameuse , mais chargée , surtout aux extrémités , de grandes feuilles composées de onze à quinze folioles lancéolées, dentées , d'un beau vert tendre ; les fleurs, peu apparentes, forment un grand panicule terminal. Sa croissauce est fort rapide, ce qui le recommande encore aux compositeurs de jardins.

15. Mûrier (Morus, f. des orties , ainsi que le suivant). Nous ne nous arrêterons pas sur ce genre, dont nous avons déjà parlé avec détail en traitant des arbres fruitiers, mais nous dirons que tous sont d'un effet agréable et pittoresque dans les jardins : leur tête , rameuse , touffue , bien garnie de feuilles d'un beau vert, leur donne un bel aspect. On les multiplie de toutes façons avec assez de facilité (3).

(1) Noyer pacanier ( Juglans olivaeformis ) ; feuilles composées ne treize folioles lancéolées; fleuri mâles en chaton allongé, grêle et raincux; fruits petits, oblongs, excellens.

(a) Cette dernière espèce n'est pas un noyer, mais le Pterocarya h feuilles de frêne ( Pterocarya fraxinifolia ) ; se» fruits sont petits et à deux ailes.

JJ UKBIftlUEIT*

Je rappellerai que les espèces les plus cultivées sont ; le M. blanc, à feuillage d un vert tendre et luisant , plus cultivé pour les vers à soie ; le M. noir, dont le Feuillage est également clair, mais cependant un peu moins ; les feuilles plus grandes , les fruits noirs et recherche's pour la table. Enfin , le plus beau, et celui qu'on doit préférer dans les jardins sous tous les rapports, est le M. rouge d'Amérique , beaucoup plus grand, à larges feuilles rudes d'un vert fonce' , à fruits rouges. Toutes ces espèces ont ordinairement les feuilles en cœur, allongées ; mais , sur les rameaux vigoureux, elles se découpent le plus souvent en lobes très-irrcguliers , comme celle du genre suivant , qui était autrefois reunie aux mûriers. On cultive encore le M. rose d'Italie , le M. de Bysance , à petites feuilles entassées, et le M. blanc d 'Espagne, h grandes feuilles.

16. B110USSONETIA , ou mûrier à papier, de la Chine. C'est un arbre très- cultivé pour l'ornement des jardins, et qui pourrait être utile , soit par ses fruits très-sucrés, *oit par son écorce filamenteuse, avec laquelle on fabrique des étoffes et du papier : il est peu délicat sur le choix du terrain, croît avec rapidité , el se multiplie facilement de graines, racines, rejetons et marcottes; le moyen des rejets est préférable comme plus prompt. Les

{'cunes tiges sont quelquefois atteintes de la gelée, mais es racines n'en souffrent pas. Cet arbre est dioïque , à feuilles nombreuses , d'un vert terne , velues des deux côtés, presque toujours très-irrégulièrement lobées, à fruits globuleux , rougeâtres , très-nombreux. Dans les massifs et isolément , le broussonetia produit un bon effet par le contraste de sa nuance et par sa tête ordinairement arrondie.

Les treize derniers genres des grands arbres à feuilles caduques , pour la plupart indigènes 9 et formant l'essence principale de nos bois f tres-nombreux en espèces 9 très- important sous le rapport du parti utile quon en tire , appartiennent à la famille des amentacées , et la composent presque en entier; tous ont donc les feuilles alternes , tes sexes séparés , mais souvent sur le même individu ; les fleurs mâles toujours en chatons.

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