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reproducteurs avec un grand soin, et ne garder dans le troupeau que ceux qui peuvent donner de beaux produits.
702. Engraissement des moutons.—Dans les pays où l’agriculture est prospèr?, l'engraissement des moutons et leur préparation à la boucherie se fait le plus souvent par des cultivateurs qui ne s'occupent point de l'élevage et qui achètent en été ou en automne le nombre de moutons
Fig. 178.—Border Leicester.
qu'ils peuvent engraisser avec fruit. Nous nous demandons si cette division du travail ne devrait pas être encouragée davantage ? Combien de terres pauvres sont ruinées et abandonnées qui auraient pu servir à élever des moutons, lesquels auraient maintenu et augmenté la fertilité de la terre, sous un système convenable de culture et d'élevage ? Nous recommandons particulièrement cette question pour étude et discussion dans les cercles agricoles.
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703. Division du travail.— Bien des cultivateurs dans notre province gardent d'année en année sur leurs terres quelques moutons, sans soins particuliers et le plus souvent à perte, parce qu'il leur faut de la laine, disent-ils, et nullement parce que leurs moutons leur donnent des profits. Si le même nombre de moutons que l'on hiverne était acheté à de bonnes conditions, soit comme agneaux, soit comme brebis à engraisser, et que l’on en fit une spécialité, tandis que d’autres se chargeraient de produire ct d'élever sur de mauvaises terres de bons moutons qui, vendus, seraient engraissés sur de meilleures terres, ces deux industries distinctes, de l'élevage et de l'engraissement, devraient payer bien mieux, et l’éleveur et l’engraisscur, qu'elles ne le font actuellement,
704. Tonte des moutons. — Nos éleveurs de la province sont loin de s’accorder sur l’époque la plus convenable pour la tonte des moutons. Plusieurs recommandent de tondre les moutons dès ou avant le mois de mars, afin d'empêcher les pertes de laine, et de mieux détruire les poux qui infestent généralement les moutons pendant l'hiver. D'autres, en plus grand nombre, demandent que les moutons de concours ne soient tondus qu'après le premier mai. Les troupeaux qui ont le mieux réussi à notre avis, dans la province, sont tondus dès l'automne et tenus dans une bergerie suffisamment chaude et spacieuse. On obtient ainsi de très beaux agneaux et d'aussi bonne heure que l’on veut, pourvu que les troupeaux soient bien soignés et bien nourris.
705. Manière de tondre. — En règle générale, les moutons sont très mal tondus, avec de mauvais ciseaux ; et la laine qui leur reste après la tonte, longue ici, courte là, donne au pauvre mouton, sans compter les nombreuses
blessures, une apparence très misérable. On devrait toujours se servir de bonnes cisailles, faites spécialement pour la tonte, et les tenir en bon état. Trop souvent, on se sert de ciseaux ordinaires et la tonte ainsi faite est exécrable. En tondant, il faut appliquer surtout la partie large des cisailles sur Ia peau, et ne pas tondre avec la pointe, ce qui expose le plus souvent à couper la peau. Ja batterie de la grange convient bien à la tonte des moutons, Les meilleures cisailles ont des ressorts intérieurs entre les poignées, pour faire ouvrir les lames avec plus de force, mais ces ressorts blessent la main, et il vaut autant s’en passer, vu leur peu d'utilité, Le grand point à observer en tondant, c’est d'éviter d'atteindre la peau avec les pointes, en pressant légèrement les lames sur l'animal ; il faut se tenir la main basse et appuyer la partie large des lames sur la peau. De cette manière on ne blesse pas l'animal. Nous recommandons tout particulièrement à nos lecteurs les détails qui suivent et qui permettent de tondre les moutons avec une grande perfection.
706. lère Position.—D'abord, le tondeur, qu'on suppose se servant de sa main droite, assied le mouton sur la croupe, met son genoux droit à terre et appuie le dos äu mouton sur 6a jambe gauche repliée, A, figure 179, Prenant les cisailles de la main droite, et tenant la bouche du mouton de la main gauche, il tond d’abord la laine courte en avant du cou, et continue en suivant la gorge et la poitrine jusqu’au ventre, en passant par les pattes de devant. Plaçant cisuite les pattes de devant B sous son bras gauche C, il tond le ventre en travers, d’un côté à l’autre jusqu'aux aines. Lorsqu'il tond le ventre et les aines, la peau étant naturellement lâche sur ces parties, il tend la peau de la paume de sa main gauche,
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pendant que les cisailles font leur œuvre. 1i dépouille ensuite le scrotum F, puis l’intérieur des cuisses GG, et enfin, les côtés de la queue H. Ce sont là les parties ; "il peut atteindre dans cette position. Pour cette période de l'opération, on peut se servir de petites cisailles ; et comme
Fig. 179.—Tuonte: 1ère position.
la laine est courte et sans liaison, il vaut mieux la tondre 4e
la pointe des cisailles, tenues soigneusement de la manière indiquée en D.
707. 2ème Position.—La gravure 180 représente la seconde période de l'opération. On donne au mouton la position indiquée, en dégageant d'abord ses pattes de devant de leur position de la figure 179, et en le tournant
doucement sur le côté droit, pendant que le tondeur, les deux genoux en terre, supporte l'épaule droite sur luimême. On peut être certain d’une chose, c’est que plus un mouton se sent à l'aise, plus il se laisse tondre tranquillement. Le tondeur, supportant la tête de Ja bête de la main gauche, enlève d'abord la laine de derrière la tête, puis
Fig. 180.—Tonte : ?e position.
celle qui se trouve tout autour du cou en arrière, jusqu’à la naissance de l'épaule. II glisse alors la tête et le cou A sous son bras gauche C, et ayant ainsi la main gauche libre, il s’en sert pour tendre la peau pendant que, de lu main droite, il tond la laine, partant du point où il avait cessé dans la figure 179, pour se rendre jusqu’à l’épine
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ur, les R dorsale, opérant ainsi sur toux le côté le plus rapproché r lui- de lui. Dans la figure 180, la toison est enlevée jusqu'à lus un environ la moitié du corps ; la main gauche B est posée à quille- | plat, tendant la peau ; la main droite tient les cisailles au \ main
», puis
Fig. 181.—Tonte : 3e position.
point voulu. et dans la bonne position. Le tondeur procède ainsi jusqu'à la cuisse, la croupe et la queue D, qu'il dépouille entièrement, du même coup.
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auche À 708. 3ème Position. —— À ce point de l'opération, le
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, de tondeur, encore à genoux, pousse de côté la partie détaavait È chée de la toison, et tenant le mouton par la tête, le tourne
l'épine sur le côté gauche tondu : il place alors son genou droit,
(figure 181,) par terre, en le passant sur le cou de la bête, et il appuie son pied droit B sur le bout des oreilles, la cheville du pied maintenant par terre la tête du mouton.(l) La laine ayant été enlevée jusqu'à l'épaule dans la seconde position, le tondeur n'a rien autre chose à faire que de commencer à tondre Jà où il avait cessé, et d'enlever la toison à partir de l’épine dorsale, où il s'était arrêté (figure 180), dans la seconde opération, en se dirigeant vers le ventre où s'était arrêtée la première opération représentée dans la figure 179, la main gauche E libre tendant encore la peau, pendant que la main droite F promène les cisailles sur tout le côté jusqu'à la queue. La toison (r se trouve alors entièrement détachée. En aidant au mouton à se relever, il faut veiller à ce que ses pattes ne soient pas embarrassées dans la toison ; autrement, dans sa hâte d'échapper au traitement inusité qu'il vient de subir, il mettra en pièces la toison.
(1) L'artiste a représenté par erreur le mouton reposant sur son côté droil, et la tonte se pratiquant du ventre vers l’épine dorsale, ce qui est la posture voulue pour la seconde position. Il a aussi représenté la tête du mouton retenue par la jambe gauche A, tandis qu'il aurait dù représenter le mouton couché sur le côté gauche, et la tonte se pratiquant de l’épine dorsale vers le ventre, et la tête D retenue par terre avec la jambe droite, tel que l'indique le texte ci-dessus,
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