‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 135 sur 215 · Comment activer l'absorption. —“ Les principes · texte numérisé non relu

Comment activer l'absorption. —“ Les principes

nutritifs étant plus ou moins bien digérés, c'est-à-dire liquéfiés dans l'estomac et le duodénum, première partie de l'intestin, il convient, pour en activer l'absorption par l'animal à travers les muqueuses digestives :

10. De réveiller l'énergie vitale, exciter le système nerveux qui préside à toutes les fonctions, par des toniques

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20. D'activer les fonctions dépuratives qui doivent débarrasser l'animal de tous les vieux matériaux usés de l'organisme, ainsi que des résidus des matières premières travaillées ; on atteindra ce but par les divers moyens suivants :

Les diurétiques, comme le nitre, la thérébentine, qui excitent les fonctions des reins et augmentent la production des urines

Les sudorifiques, comme l’ammoniaque, le souffre, qui excitent les fonctions de la peau et des muqueuses et augmentent les perspirations ;

867. ‘‘ Le pansage, qui ranime l’activité de la peau, y amène le sang et la chaleur, débouche les pores de l’épiderme et favorise très énergiquement la perspiration cutanée, Le pansage a encore un autre effet; en vertu de la relation sympathique et organique qui existe entre les différentes parties de la membrane fibro-vasculaire (peau et muqueuses), qui forme l'enveloppe extérieure et intérieure du corps, l’activité fonctionnelle de la peau engendre celle des muqueuses qui tapissent le canal intestinal et favorise la digestion.

868. ‘‘ Une bonne litière, propre et sèche, une étable chaude et sèche, sans excès cependant, sont aussi des conditions excellentes, parce qu'elles favorisent la perspiration cutanée et pulmonaire ; il faut surtout éviter que les étables ne soient humides, comme il arrive trop souvent en hiver dans les étébies peu aérées, et pour cela pratiquer des soupiraux et des ventilateurs, afin de renouveler l'air, qui d’ailleurs est vicié par les produits gazeux de la respiration.

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869. La tonte. — ‘ On a même vanté avec raison l’efficacité de la tonte des bœufs et des moutons pour l’engraissement, et des chevaux pour le travail, ce qui s'explique facilement par la plus grande perspiration cutanée et par une sensation de froid qui excite instinctivement l’animal à consommer davantage et à mieux absorber les principes liquéfiés de sa ration,

870. Juste proportion de boisson.—“ Si les principes nutritifs sont dissous dans une trop grande quantité d'eau, l'absorption ne pourra pas tout épuiser et les excréments seront trop clairs ; si, au contraire, il y peu d’eau, la dissolution étant trop épaisse sera absorbée difficilement, et il restera dans ies excréments une plus forte proportion d’eau relativement à celle des aliments ; dans les deux cas il y aura une plus grande perte des principes nutritifs non absorbés.

871. Favoriser l'assimilation. — ‘ I1 reste à parler de l'assimilation, fonction finale par laquelle les principes nutritifs (protéiques, gras et minéraux), deviennent partie constituante du corps, sont fixés et produisent un accroissement, puis des produits divers (lait, laine, œuf, graisse, travail...), par leur sécrétion progressive ou leur désorganisation.

872. Le repos. — ‘“ Il est bien connu que la condition éminemment favorable à l'assimilation est le sommeil, où tout au moins le repos, la tranquillité, le bien-être général, la satisfaction. Il faut laisser reposer aussi longtemps que possible les animaux de rente, ct particulièrement les animaux à l’engruis, et pour cela éloigner toute cause d'agitation, le bruit, la lumière, les mouches, les parasites. Le silence et l'obscurité qui invitent au sommeil, voilà ce qui convient. C’est pour cela qu'il peut être avantageux

quelquefois pour les bêtes de travail, de réduire la durée du travail en augmentant son activité, afin d'augmenter la durée du repos et favoriser ainsi l’assimilation qui doit réparer l'épuisement des forces. Ce sont les heures do repos aussi bien que les heures de travail qui déterminent la quantité de travail mécanique qu'un moteur animé peut produire chaque jour, en supposant l'alimentation complète.

873. ‘ L’inquiétude, l'agitation morale, est aussi nuisible à l'assimilation que le travail ou l'agitation physique. C’est en donnant plus de quiétude que la castration favorise la croissance et l’engraissement, La formation de la graisse, surtout au moyen de la protéine, demande la plus grande tranquillité, car à la moindre agitation la respiration s'accélère, et la protéine peut être brûlée comme combustible ordinaire au lieu d'être transformée en graisse et assimilée : le sommeil enyraisse autant que le manger dit un vieux proverbe, qui n'a rien d'exagéré.

“ C'est pour cela que l’on cherche à provoquer la somnolence chez les bêtes à l’engrais par l'obscurité et le silence dans les étables, par l'emploi de. ‘smences narcotiques de pavot, d'ivraie, de stramoine, de jusquiame, voir même par l'administration à faible dose de médicaments contro-stimulants, comme l'acide arsénieux, le sulfure d’antimoine, et par la saignée pour les bêtes d’un tempérament trop vif, trop sanguin, trop excitées par un fort travail.

874. Faire plaisir aux animaux. — ‘ D'une manière générale toutes les causes matérielles ou immatérielles qui font plaisir, en agissant sur les sens ou sur l'esprit, favorisent l’activité vitale et particulièrement la fonction de nutrition. Il semble que la force vitale se dilate, s'épa-

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nouit au plaisir, au sentiment du bonheur, comme elle se resserre, s'éteint à l'ennui, au sentiment du malheur, Cette influence de l'esprit sur le corps est tellement puissante et naturelle chez l'homme, que même la simple pensée à un fait vivement agréable ou pénible, produit instinctivement et subitement une accélération sanguine, et par suite un effet analogue sur la digestion et la nutrition. Aussi, le peuple avec son bon sens naturel juge du degré de bonheur d’une personne par son degré d'embonpoint. Rien ne favorise la nutrition et l’engraissement comme la satisfaction, rien ne vieillit et n'amaigrit comme l'ennui, moins cependant chez Jes animaux que chez l'homme. Ainsi s'expliquent les avantages de la compagnie, de la société pour les animaux, des promenades agréables dans les pâturages, des bons soins de l’homme qui les nourrit, les panse, leur parle, les caresse, les aime en un mot.”

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