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GRAINES DE PRAIRIES ET PATURES

MÉLANGES SPÉCIAUX DE GRAMINÉES ET DE LÉGUMINEUSES POUR PRÉS, PATURES, HERBAGES, PELOUSES D'UTILITÉ ET D'AGRÉMENT, ET PLANTES FOURRAGÈRES DIVERSES POUR ENSILAUE, FOURRAGES VERTS, ETC,, APPROPRIÉS A LA NATURE DES SOLS. (1)

1000. Mélanges de graines pures.—On reconnaît do plus en plus le profit qu'il y a à employer, pour l'ensemencement des prairies et pâtures temporaires ou permanentes, des mélanges composés de graines pures récoltées séparément, à l’époque de leur maturité respective, sur les plantes constituant la base des bonnes prairies et herbages.

1001. Leurs avantages.—Ces compositions ont de

(1) Nous empruntons la plus grande partie de ce chapitre au magnifique travail de M. de Vilmorin. Nous y ajoutons des extraits, et quelques gravures, tirés du bulletin de la ferme expérimentale d'Ottawa sur les plantes fourragères spéci£ s au Canada, après avoir consulté à ce sujet M. Fletcher, l’habile entomologiste et botaniste de la ferme expérimentale centrale d'Ottawa. Les auteurs de ces travaux voudront bien nous pardonner les quelques additions que nous avons cru devoir faire au texte, ici et là, en vue de le rendre, si c’est possible, plus utile à nos lecteurs.

grands avantages sur les graines de foin recueillies au bottelage ou dans les greniers :

10, Elles sont dépourvues de poussière, de débris de feuilles et de paille, et aussi des semences des mauvaises herbes, inutiles où nuisibles, dont il est rare que même les bonnes prairies soient exemptes,

20, Elles peuvent être mieux appropriées à la nature du terrain, et varient suivant que l'on se propose de créer des prés à faucher où des pâturages, et suivant la nature du terrain auquel on les destine : qu'il soit sec où humide, sablonneux, argileux ou calcaire, ete. ; on peut tenir compte également du climat, de l'exposition, etc, convenances qu'on est forcé de négliger lorsqu'on sème des graines de foin ordinaires.

30. La concordance de maturité dans les espèces employées est aussi une condition importante à observer ; on ne doit pas négliger non plus le rapport des proportions de chaque espèce, en ayant égard à leur mode de végétation, à la grosseur relative de leurs graines et aux époques de floraison, particularités qu'il est difficile de rencontrer dans le pêle-mêle, ordinairement vendu où employé sous le nom de graines de foin ou fonds de grenier, etc., dont la qualité et la composition varient nécessairement avec l'époque de la fenaison, parce que les semences des espèces précoces sont perdues si la fauchaison est tardive, ou parce que celles des espèces tardives ne sont pas encore mûres si la fauchaison est précoce, de sorte que les fonds de grenier ne représentent en résumé jamais, par les espèces de graines qui les composent, l’ensemble des prairies d’où proviennent les foins qui les ont fournies.

40. Si, à toutes ces considérations, on ajoute que le prix d’achat d’une composition spéciale, pour une surface

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donnée, n'est pas en général plus élevé que celui de fonds de grenier, on verra que l'ensemencement d'un arpent, au moyen des compositions, revient en fin de compte et tous frais compris, à bien meilleur marché, tout en donnant des résultats plus assurés et supérieurs, et que la préférence que nous réclamons pour Îles compositions (chaque fois du moins qu'au lieu d'employer ses propres fonds de grenier, on achète des graines de prairie) est grandement justifiée.

1002. Essais en petit. — Les indications très sommaires que contient cet ouvrage sur les qualités de toutes ces plantes, sont, nous le savons, bien insuffisantes pour permettre à beaucoup de cultivateurs de faire eux-mêmes le choix des espèces qui doivent composer leurs prairies, et surtout pour fixer les proportions dans lesquelles chaque sorte doit y entrer, Les considérations, qui doivent motiver ce choix, sont trop complexes et trop nombreuses, pour trouver place ici, ce qui nous empêche aussi de donner des exemples de ce genre de compositions ; Car nous savons que ces indications et exemples sont souvent plus propres à égarer qu'à guider les cultivateurs. Mais elles donnent une idée assez nette de ce que sont ces plantes et permettent de faire en petit l'essai des espèces qui paraîtront les plus désirables au lecteur.

1003. Epoque des semis des prairies, pâtures et herbages.—Les prairies naturelles et pâtures, dont la base principale est formée par des graminées, avec adjonction d'une petite proportion des quelques légumineuses et autres plantes recommandées dans cet ouvrage, se sèment le plus habituellement au printemps ; cependant les semis

d'automne (de fin août au commencement d'octobre, et faits toujours plus tôt que plus tard,) présentent dans bien des circonstances des avantages tellement marqués, qu’on devrait les pratiquer plus générelement.

1004. Semis d’automne.—Chaque fois qu'on aura à ensemencer des terres saines et surtout des terres légères ou autres, souffrant ordinairement des sécheresses printanières, et n'étant pas sujettes par leur nature à être soulevées par l'effet des gelées (ce qui pourrait alors déchausser les racines des jeunes plantes et les faire

périr,) on fera bien, si l’on peut être prêt à ce moment, de semer de préférence en automne ow mieux encore à La fin de l'été. Favorisé par l'humidité et la température modérée de la saison, le semis de fin d’été ou d'automne lèvera généralement bien et souvent mieux qu'au printemps, où l’on a toujours à redouter les temps secs, chauds et venteux, si desséchants et si désastreux, qui font que souvent des semis de printemps échouent complètement.

1005. Leurs avantages.— Un des grands avantages des semis de fin d'été ou d'automne est que, la germination

s'en étant faite avec succès, les jeunes plantes sont déjà assez fortes, assez robustes, assez bien enracinées et installées pour se bien défendre contre l'hiver, que la prairie est tout établie au retour de la belle saison et qu'elle peut déjà, dès le mois de juillet suivant, donner une bonne coupe de foin ; tandis que, d’un semis de printemps, on ne peut rien espérer qu’un regain qu’il est préférable de ne pas faire pâturer du tout avant les neiges. Par le semis de fin d'été ou d'automne on peut done, comme on le voit, gagner presque une année.

1006. Graines trop enterrées. — Une des principales raisons qui, en dehors des intempéries des saisons et autres

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circonstances défavorables, font très souvent manquer les semis de prairies, c’est qu'on enterre trop profondément les graines, et en ce cas, on ne se fait pas faute de s'en prendre à la qualité des semences. Un assez grand nombre d'espèces ont des graines très menues et fines qui doivent être peu recouvertes et : îme non couvertes, tandis que d’autres à graines plus volumineuses peuvent et doivent être enfouies davantage, mais cependant toujours fort peu. Aussi a-ton pris pour règle de diviser les compositions en deux mélanges ; l’un formé des graines grosses, qu'on sème d’abord sur toute la surface et qu'on enterre par un coup de herse, l'autre comprenant les graines menues ou fines, qu'on répand également et très uniformément sur toute la surface, par-dessus les autres, et qu'on recouvre ensuite par un léger coup de herse en travers ; un simple tour de rouleau même suffit dans beaucoup de cas.

Toutefois, il est très important d'observer qu'on doit s'abstenir d'employer le rouleau dans les terres qui se tussent, se plombent facilement et dans celles qui, étant collantes, se croûtent à la surface ou se durcissent facilement; mieux vaut dans ce cas se contenter d’une herse très légère, ou couvrir au moyen d’épines faisant l'office de herse légère, Le rouleau est indispensable au contraire dans les terres cendreuses, légères et très friubles, où il est même bon de rouler, d’abord avant de semer pour affermir le sol, et encore après le semis pour couvrir la graine,

1007. Terre bien ameublie.— Un point important aussi pour la réussite de ces sem’ c’est que la terre ait été

préalablement bien nivelée, bien hersée en long et en

travers pour en émietter la surface et combler tous les

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