‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 36 sur 215 · Pc · texte numérisé non relu

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184. Charrue tourne-oreille.—Cette charrue a l'avantage de tourner tous les sillons du même côté. On s’en sert en tournant le versoir à chacun des abouts, Ce genre de charrue est fort estimé, dans les pays où les terres sont drainées et profondément ameublies. Il faut en choisir le modèle selon la nature de ses terres, Elles sont surtout utiles dans les terrains en pente et permettent de tourner tous les sillons vers la pente, ce qui rend le travail plus facile, mais appauvrit le haut du champ, qui se trouve ainsi dénudé des terres plus riches de la surface. En parcil cas, il est très important d’engraisser et d'améliorer tout particulièrement le haut des champs.

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Fig. 58.—Charrue tourne-oreille,

185. Terres à fortes pentes. — Ces terres sont peu propres à la culture. Ilne faut jamais les labourer de haut en bas; les chevaux feraient ainsi un fort mauvais travail, et là terre serait exposée à être lavée et entrainée vers le bas de la pièce à chaque orage. Le mieux est d'y laisser pousser ou &’y planter des arbres, ou, si cela n’est pas praticable, d'en faire des pâturages à peu près permanents.

186. Polysocs.--Lorsque la terre est très facile à labourer, ou que le labour doit avoir peu de profondeur, les

polysocs (à plusieurs socs) sont utiles. La figure 59 représente une charrue à deux socs d'un bon modèle. On y adapte au besoin des coutres tournants, lorsqu'il s’agit de labourer dans le chiendent, etc.

Fig. 59.—Charrue à deux sillons. (Bisoc).

187. Le trisoc, fig. 60, est un instrument très-utile, Il sert à enterrer les pois, le blé d'automne, etc., à une profondeur uniforme, sans qu’il en reste un seul grain sur la terre. Il ameublit Ja surface et enterre le fumier, etc, dans une terre déjà labourée. Il peut même remplacer la charrue, pour l’ensemencement en grain des terres bien ameublies, qui ont produit une récolte de patates ou d’autres racines, laissant la terre l'automne dans un état d’ameublissement et de propreté presque complet.

188. Labours trop superficiels.—Quelques cultivateurs en vue d'avancer leurs travaux, labourent quelque fois tous leurs chaumes sans autre charruc que le trisoc.

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Cette pratique est défectueuse, parce que de tels labours ne sauraient avoir la profondeur voulue, savoir de 6 à 8 pouces au moins, Des labours trop superficiels, dans des terres qui n’ont pas été nettoyées et profondément ameublies d'avance, privent la plante d’une réserve suffisante d'humidité dans les sécheresses. Ils exposent de plus, faute

Fig. 60.—Tri-socs.

de profondeur, les racines des plantes à souffrir de tous les changements excessifs de température, auxquels elles sont exposées avant leur parfaite maturité. Enfin, la nourriture que peut trouver la plante étant presque toujours en proportion de la profondeur du labour, ces plantes ne peuvent pas donner leur plein rendement,

189. Quand labourer ?—Un grand nombre de cultiva teurs labourent peu ou point l’automne : les uns, parce que, disent-ils, leurs terres sont trop fortes; les autres, parce qu'elles sont trop légères. Quant les terres sont fortes, on prétend qu’il devient im possible au printemps de herser les labours d'automne, à cause de la croûte qui s’est formée à la surface. Si, au contraire, les terres sont légères, on prétend que les labours d'automne sont trop lavés et qu'il devient impossible d'enterrer les semences, Ces objec-

tions si générales, il y a vingt ans, disparaissent com. plètement par l'emploi des herses à ressort, des scarifica. teurs et des instruments analogues, dont l'usage se répand un peu partout dans les campagnes. Ces divers instru. ments d'ameublissement sont décrits plus loin.

190. Labours d’automne.—-Sous notre climat, tout bon cuitivateu” doit s’efforcer de labourer l'automne, parce que : Lo 1l profitera ainsi de l’action si bienfaisante des gelées, de l'air, de la neige, etc; 20 il avancera grande. ment ses travaux du printemps suivant, ce qui est un avantage incalculable dans notre pays, où la belle saison est si courte; 30 il augmentera beaucoup ses récoltes,

puisqu'il est prouvé que les semailles, bien faites dès les |

premiers beaux jours du printemps, donnent, en général, de bien meilleures récoltes de grains que n’en donnent les semailles tardives.

191. Labours de printemps.—Ces labours sont souvent indispensables. Il ne faut pas oublier, cependant, qu'en temps de sécheresse ils exposent la terre à se dessécher profondément. Il ‘aut donc, après un labour de prin-

temps, se hâter d’ensemencer le champ à mesure qu’on le |

laboure, si la terre est sèche. Encore faut-il rouler pesam-

ment les terres légères, toujours en vue de conserver à la D

terre l'humidité indispensable à la levée et à la croissance régulière des plantes.

192. Faut-il labourer profondément ?—Cela dépend des circonstances. Si la terre est aussi bonne en dessous du guéret qu à la surface, et que l’on puisse égoutter toute la profondeur du labour, les labours profonds augmenteront d'autant la couche arable, la nourriture des plantes, et, par conséquent, les récoltes. Si au contraire le soussol est plus pauvre que ia couche arable et que l'on

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manque d'engrais, ou s’il est impossible d'égoutter le sous-sol, il faut s'abstenir de labourer trop profondément, Mais rien n'empêche de faire un bon labour, jusqu'à neuf et dix pouces de profondeur, dans toutes les terres naturellement riches ou que l'on peut engraisser.

193. Labours profonds ou de défoncement.—Ces labours ne doivent jamais se faire au printemps. On s’exposerait ainsi à rendre infertile toute la couche remuée. Il faut donc faire à l'automne seulement tout labour de défoncement, afin d'exposer la nouvelle couche remuée par la charrue à l’action désagrégeante et bienfaisante de l'air, des pluies et des gelées, pendant plusieurs mois, avant d'y

confier la semence.

194. Comment les faire ?—Ces approfondissements de la couche arable doivent, en général, ne se faire que graduellement, d'année en année, et pouce par pouce. Le

défoncement du sous-sol ne peut-être utile qu'autant que la terre s’égoutte bien. Il ne faut donc jamais défoncer, si la terre n'est pas drainée, soit naturellement, soit

Fig. 61.—Charrue sous-sol,

artificiellement. A la suite du drainage, rien n'améliore la terre comme un bon défoncement, surtout s’il est suivi d'une forte fumure. La plante peut alors trouver en

abondance la nourriture et l'humidité dont elle a besoin, aans les conditions qui lui sont nécessaires,

195. Charrue sous-sol.—S'il devient nécessaire d'ap. profondir le sol au-delà de neuf à dix pouces, il faudra, toujours à l'automne, faire suivre la charrue ordinaire par une charrue sous-sol, attelée de deux forts chevaux, qui marche dans le sillon ouvert par la charrue ordinaire. Cette opération coûteuse de défoncement aura pour effet de remuer profondément le sous sol, sans l’amener à la surface, et, par conséquent, sans nuire à la fertilité de la couche arable,

196. Palonniers pour trois chevaux de front.—-Il est souvent utile d’atteler trois chevaux de front dans les labours profonds, ou d’autres travaux trop fatigants pour deux chevaux. La gravure ci-jointe représente la forme la plus simple d'un palonnier pour trois chevaux. Le crochet d'attelage du régulateur est placé de manière à répartir également le tirage entre le cheval attelé seul, et les deux autres chevaux ; pour cela, il faut que le centre du palonnier du milieu soit en ligne avec le crochet d’attelage du régulateur. La chaîne, qui attache le palonnier simple (marqué 1) au régulateur principal, doit être asscz longue pour le mettre à la hauteur des palonniers marqués 2 et3,

Fig. 62.—Palonniers.

197. Palonniers en acier.—Maintenant que l'acier est à bon marché, il est préférable d'acheter les palonniers (batculs) tout faits en excellent acier. Ils sont ainsi infiniment plus durables, et de plus ils sont agencés de manière

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