REDRESSEMENT DES PLANCHES
198. Défaut à corriger.—Bien qu'il y ait une grande amélioration sous ce rapport, on peut dire en toute sûreté que pas une pièce sur cent, dans la province de Québec surtout, n'est composée de planches bien droites, suffisamment longues et d'égale largeur. Plusieurs sont en pointe, ce qui exige des faux-tours nombreux et fait, par consé-
quent, perdre beaucoup de temps. De plus, ces labours tout tortueux ne sont pas aussi bons, et ne peuvent pas produire aussi bien que ceux parfaitements faits. Tout bon cultivateur doit comprendre les nombreux avantages des planches uniformes, en vue de l'ensemencement et des autres travaux de la terre.
199. Quand redresser ?-—Lorsqu'une pièce a été mise en plantes sarclécs, ou lorsqu'elle à été labourée et travaillée sur le travers, pour la destruction des mauvaises herbes, ete, il est indispensable de refaire les planches. Ce redressement ne doit se faire que sur des pièces qui ont été bien ameublies par des Jabours, ou au moins des hersages, sur le travers du champ, afin de remplir le mieux possible les anciennes raies et les rigoles. Il ne serait guère possible de faire ce redressement d’une manière convenable sur des terres en prairie ou en pâturage.
200. Précautions à prendre.—Dans les terres fortes surtout, il importe d'exécuter ce travail de beau temps, et avant les grandes pluies. Autrement, les raies et les rigoles se trouvars bouchées, l'eau causerait certaine. ment des dommages et retarderait beaucoup les tiavaux à faire.
201. Jalons de redressemui.—Un bon laboureur à souvent besoin de jalons pour prendre l'alignement, lorsqu'il veut tirer un sillon bien droit, soit dans la culture des plantes sarclées, soit dans le redressement de ses planches. Ces jalons doivent être au nombre de trois au moins, afin que l'œil puisse se guider sûrement sur l'alignement indiqué. Comme ils serviront d'année en année, ils devront être faits avec soin etsurtout bien droits. Ordinairement, on leur donne une longueur uniforme de 9 pieds, et on les divise par pieds et par demi pieds, de manière à s’en servir comme mesure dans les dimensions à donner aux planches, etc. Souvent on en peinture la tête de couleurs diftérentes, afin de les distinguer de plus loin.
—Jalon de redressemem.
Fig. 6
202. Curon ou Ecurette.—Un bon cultivateur doit toujours avoir un curon sur sa charrue. Les forgerons feront, pour quelques sous, la palette en fer, laquelle doit avoir une bonne et longue douille, afin de tenir solidement le manche du curon. Il est bon que le manche soit solide, en bois durable et qu'il soit marqué par pieds et par pouces, de manière à pouvoir servir comme mesure, ce qui sera utile dans bien des circonstances.
203. Comment délimiter la pièce ?—$Si la pièce à redresser n'est pas déjà délimitée par une clôture, un fossé, ou un about bien fait et bien indiqué, il faudra commencer
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par la délimiter au moyen d’un sillon de charrue bien droit et bien tiré à chacun des bouts de la pièce. Voici comment on doit procéder : on plantera solide-
ment et d’aplomb l'écurette de la charrue à
l'endroit précis, où doit commencer le sillon de délimitation, et on plantera de même un jalon
tout à fait à l’autre bout et au-delà du futur
sillon ; cela fait, le laboureur se placera en face
de l'écurette, regardant le jalon planté solide-
ment et d'aplomb à l'autre extrémité de la pièce
àtracer. L'aide plantera alors avec les mêmes
soins un second jalon, à environ 26 pieds en
deçà du premier, sur des indications précises
que lui donnera le laboureur, au moyen de
signaux déterminés d'avance. La nouvelle ligne
étant maintenant clairement indiquée par l’écu-
rette et les deux jalons, l'aide en plantera un Fig:6t troisième dans la même ligne, mais plus près du Ecurette. laboureur, Celui-ci verra à ce que le nouveau jalon soit planté d'aplomb dans la ligne précise à tracer.
204. Sillons de redressement.—Pour bien tracer ces sillons de redressement, il faut être un habile laboureur, et conduire soi-même ses chevaux en tenant une guide bien tendue dans chaque main, On choisira autant que possihle des chevaux tranquilles et bien exercés aux labours. On les conduira lentement, leur parlant avec douceur et d’un ton caressant,.
205. Premier sillon.—On commencera par placer la charrue dans la ligne exacte, marquée par les jalons, et on remettra l'écurette sur la charrue, à la place qu'elle doit occuper. On écartera suffisamment les chevaux, de manière à voir parfaitement devant soi tous les jalons.
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Puis enfin, on tracera le sillon avec grand soin, en tenant constamment la churrue bien alignée sur les jalons de redressement,
206. Devoir de l’aide. — Pendant ces préparatifs, l’aide du laboureur se placera d'avance tout près du premier jalon à enlever. Il le retirera avec précaution au moment où les chevaux vont l’atteindre. Il l’emportera avec lui, se hâtant d'atteindre le second jalon afin de l'enlever au besoin, puis il fera de même du dernier jalon,
207. Second sillon.—Afin d'avoir parfaitement droite cette ligne, à partir de laquelle sera mesurée la largeur exacte à donner aux planches futures, le laboureur ramèner® ses chevaux dans le nouveau sillon, avec les mêmes pré .utions, de manière à l’élargir suffisamment et à le redresser au besoin.
208. Second alignement.—Pendant que le laboureur tracera le second sillon de charrue, son aide mesurera avec grand soin, au moyen d’un des jalons, la longueur exacte à donner à la nouvelle pièce et il plantera la baguette au bout de la seconde ligne à tirer. [1 mesurera de même la longueur à donner de l’autre côté de la pièce, et à ce second endroit le laboureur placera l’écurette de charrue à l'endroit où ce nouveau sillon devra commencer. Il indiquera comme la première fois l'endroit précis où l’aide devra placer les autres jalons, de manière à bien tracer cette seconde ligne, et l’on procédera absolument comme il a été fait à l’autre extrémité de la pièce.
209. Chaintres ou abouts.—-Les deux bouts de la pièce étant tracés et marqués par de bons sillons de charrue, on procèdera à marquer la largeur exacte à donner aux
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chaintres ou abouts. En général ces abouts deivent avoir environ quinze pieds de largeur, de manière à pouvoir y tourner facilement, soit en labourant, soit dans les autres travaux à faire. On tracera done un nouveau sillon, à chacune des extrémités de la pièce, avec les précautions indiquées ci-dessus, ayant soin de jeter le sillon du cêté de la chaintre, de manière à indiquer clairement l’endroit où finiront les nouvelles planches et où devra s'arrêter le futur labour.
210. Division par planches uniformes, — Les abouts étant tracés, on procèdera à diviser la nouvelle pièce par planches uniformes. L'article 179 indique le principe d'après lequel on doit établir la largeur à donner aux planches, selon la nature du sol, son égouttement, etc.
211. Comment tracer la première planche ?—Quelle que soit la largeur à donner, il faut faire en sorte que la première planche à labourer soit complète. A cette fin, il faut placer le premier endos au quart de la future planche et le second endos, à une distance égale à la largeur d’une planche et un quart. Cela permettra de labourer la première demi-planche à Aue, en la ramassant. Puis le second endos étant fait, le laboureur complètera la première planche, en même temps qu'il labourera la première moitié de la seconc.. planche,
212. Tracer tous les endos avant le labourage.—Avant de commencer à labourer, il faut finir de tracer les endos futurs de chacune des planches de la nouvelle pièce. Ces endos doivent être tracés par deux raies de charrue, de Ia manière qui à été indiquée plus haut pour la délimitation et les chaintres de la pièce, et la largeur précise à donner aux planches doit être mesurée dans les lignes tracées, pour servir à délimiter la pièce.
213. Comment endosser ?—I1 importe beaucoup que les endos des planches soient faits avec grand soin. Si l'endos
en
Fig. 65.—Taillage des planches, est trop haut, ou s’il est trop creux, le centre de la planche à labourer étant défectueux, il est impossible de faire un
beau et :
de mani niveau.
faites, 5’ ment, lac est labot