‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 45 sur 215 · selor ajoute · texte numérisé non relu

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Ce sont les engrais surtout qui lui permettront do faire produire à la terre tout ce qu'elle peut donner ; tar, sans engrais, il est impossible de tirer de sa propriété, d'année en année, des revenus vraiment satisfaisants, Voilà qui est certain, indiscutable, Et cependant, la plupart des cultivateurs, tout économes qu'ils soient, laissent perdre les uns la moitié, les autres les trois quarts, et un bon nombre, jusqu'aux sept-huitièmes des déjections animales, Cette affirmation surprendra sans doute nos lecteurs, mais nous allons prouver à l'évidence ce que nous avançons.

255. Sa composition.—Elle varie : lo. selon l'espèce des animaux qui le produisent ; 20, selon l'abondance et la richesse de la nourriture quo consomme le bétail ; 30, selon la quantité et la richesse des litières qu’on y ajoute, (1)

256. Sa solubilité. — Dans les déjections animales, ans Jitières, les engrais sont à peu près à l’état soluble, c'est-à-dire que l’eau, en £ondance, leur enlève toute leur richesse. Les litières elles-mêmes sont bien moins solubles; cependant une fois en fermentation, elles perdront par les lavages du quart à la moitié des engrais qu’elles contiennent. Or, il faut se rappeller qu'il n’y a,en moyenne, dans 1000 livres de déjections animales solides et liquides que 6 Ibs d'azote, environ 2 Ibs d'acide phosphorique, et environ 7 Ibs de potasse ; l’eau y entre pour environ 80% et le reste est surtout de l’humus. On comprend que ces matières infiniment précieuses pour nos récoltes futures seront lavées et entraînées par l’immense quantité d’eau de pluie et de neige (au moins 22 pouces d'épaisseur d'eau) qui tombe depuis l'automne jusqu'au printemps,

(1) Pour la valeur comparative des fumiers, etc., et le pouvoir absorbant des litières, voir appendice I à la fin du volume.

L'azote étant un gaz est de plns entraîné par l'air, la chaleur, le vent, etc. Voilà ce qui explique l'énorme perte en matières fertilisantes, sur toutes les terres où les cultivateurs ne prennent pas un soin extrême de leur fumier, Le cultivateur, qui laisse ainsi perdre ses fumiers, peut être comparé à quelqu'un qui, en recevant une somme d'argent quelconque, jetterait derrière lui, comme inutiles et sans valeur, toutes les pièces d'argent, les billets de banque, etc., et ne conserverait que les sous et la menue monnaie. Pareille extravagance serait considérée à bon droit comme une folie ruineuse. Et c’est cependant une extravagance aussi grande que de laisser perdre sur la plupart des terres la partie soluble des engrais !

257. Sa conservation. — S'il est facile d'indiquer les pertes évidentes, occasionnées par le lavage ‘et l’évaporation excessive du fumier, il est plus difficile d'apporter un remède radical au mal; cela demande, de la part des cultivateurs, de l'intelligence, de la bonne volonté, de la persévérance, et surtout quelques dépenses, sous forme de travail. Le mode de conservation du fumier, suivi par les meilleurs cultivateurs, diffère : 1o. selon qu'ils ont beaucoup ou peu de litières pour absorber les 80% d'eau que contiennent en moyenne les déjections animales fraîches : 20. selon que le terrain, où sont construites leurs étables, etc. peut permettre soit des caves, soit des r:mises à fumier, Ces questions serout traitées en détail aux Art. 968 et 970.

258. Les principes à observer dans la conservation et le bon emploi des fumiers sont les suivants : 10. empêcher tout lavage ; 20. ne pas permettre une fermentation trop considérable des fumiers de cheval, de moutons, de volailles, qui contiennent j'lus d'azote, lequel coûte très

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culti- fumier, à mesure qu’on l’étend, si la terre n’est pas en mier, prairie, de manière à lui conserver son azote et les autres peut matières solubles ; 40. lorsqu'il devient nécessaire de RS fumer les prairies ou les grains en croissance, n'étendre utiles que du fumier décomposé, lequel sera bientôt recouvert ts de par les herbages qui poussent, Dans ce cas, il y a peu ou ent D point de perte d'engrais, à la condition que la terre ne soit à bon pas desséchée, ni la chaleur très grande. On doit donc it une mployer le fumier en couverture, sur les prairies, plutôt sur la l'automne, et pendant ou à la veille des grandes pluies. 259. Tas de fumier.—Il faut mettre en tas bien faits er les les fumiers à conserver dehors. Ces tas ne doivent pas 1e dépasser six pieds de hauteur. Ils doivent être faits sur PEU un terrain qui n’est pas en pente et où l’eau des environs rt des ne peut pas venir le laver. Il faut mettre en dessous du , dela tas des levées de fossé, ou de la terre noire, ou même de me de la terre ordinaire, de manière à absorber les liquides qui par les seront entrainés en dessous du tas par les pluies, la fonte beau- des neiges, etc. Ces terres rapportées ne doivent pas avoir

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moins de huit pouces d'épaisseur, et elles doivent dépasser le tas de fumier d'environ un pied tout autour, Enfin, il sra très utile de retourner les tas de fumier au moins une fois, en ayant soin de mettre à l’intérieur du tas les fumiers moins décomposés qui étaient à l'extérieur, et de bâtir d'aplomb, avec le fumier le plus décom posé, l'extérieur du tas retourné, On obtiendra ainsi dans quelques semaines un fumier uniforme et de meilleure qualité. À mesure que l'on finit le nouveau tas, il est nécessaire de le recouvrir de cinq à six pouces de terre, de manière à absorber l'azote qui autrement se perdrait dans l'air.

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