Nouveaux instruments.—Maintenant que la main à d
d'œuvre coûte cher et qu'elle est difficile à trouver, nous £ conseillons à tous les cultivateurs d'étudier, par l'entremise
des cercles agricoles ou autrement, la valeur et le fonctionnement de ces divers instruments nouveaux ou perfec-
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tionnés, mais de ne les acheter que lorsqu'ils seront bien sûrs d'y trouver leur profit.
578. Meules de foin.—1I1 est souvent très avantageux de mettre le foin en meule sur place, surtout dans les champs éloignés des granges. Le foin est ainsi sauvé bien plus facilement ct plus rapidement; de plus les meules étant étroites, le foin peut être ainsi mis à l'abri un peu plus tôt que s'il fallait le mettre en grange. Ce qui empêche la plupart des cultivateurs de faire des meules, c'est la difficulté qu'ils éprouvent à leur faire une couverture à étanche d’eau, qui assure leur conservation, On obviera parfaitement à cette difficulté au moyen de couvertures temporaires en planches, dont nous nous sommes nous-mêmes servi et qui réussissent parfaitement.
Fig. 139.—Meules couvertes en planche.
579. Base des meules.—Afin d'empêcher le foin ou les fourrages en meule de porter sur le sol, où l’eau des environs et l'humidité de la terre en exposeraient le fond à des dommages, on fera d'avance une base à la meule, au moyen d'une couple de rangs de vieilles perches ou de branches d'arbres, etc., pour une meule de foin; ou ai moyen d'une fondation, soulevée de terre d'environ dix-huit pouces, pour une meule de gerbes de grain, etc.
580. Largeur et direction.—Les meules couvertes en planches doivent être faites d'environ 16 pieds do largeur, par travées d'environ 10 à 11 pieds de longueur, se touchant les unes les autres, sur la longueur exigée par la quantité de foin à conserver. On mettra le pignon de la meule au nord-est, si c'est de ce côté que viennent les plus grosses pluies ; ou bien on l'orientera du nord au sud, selon les vents dominants. On ne donnera pas plus de onze pieds de longueur à chaque travée, sur environ douze pieds de hauteur de carré, et on finira complètement une première travée avant d'en commencer une autre. Il est préférable de décharger les voitures tantôt d'un côté de la meule. tantôt de l’autre, afin qu’elle soit également foulée, et qu'elle ne soit pas sujette à pencher du côté où elic aura été moins pressée. Si le vent était trop violent pour en agir ainsi, il faudrait fouler la meule avec beaucoup de soin, du côté opposé au déchargement, En construisant la meule, les rangs de foin doivent commencer à l'extérieur en venant vers le centre qui doit toujours être tenu un peu plus haut que les côtés, afin de bien lier toute la meule.
581. Enfaîter et ratisser. — Ayant monté la meuie aussi haut que possible, on l’enfaîtera en retirant graduellement le foin vers le centre, sur les deux côtés seulement, égalisant le foin et Je foulant le plus possible, On montera ainsi le faîte aussi haut que l'on pourra. Avant de le finir, on peignera les pignons et les deux grands côtés avec précaution, au râteau, de manière que la pluie descende le long du foin, sans entrer dans la meule. Cela fait, on placera à chaque bout de la travée, à environ 3 pieds du pignon, deux perches légères préparées d'avance, d’environ 12 pieds de longueur, aplaties sur la face supérieure
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de fer. Ces deux paires de chevrons mobiles étant placées à cheval sur la meule, celle-ci est prête à couvrir.
582. Couverture. — La couverture peut être faite de planches d'un pouce d'épaisseur et de douze pieds de long, sur 9 à 10 pouces de largeur, et aussi sèches que possible, afin de ne pas trop peser. Deux hommes posent les planches sur les chevrons, ies fixant à chaque chevron, par une couple de clous, placés de manière à être couverts par la nouvelle planche, que l’on cloue à son tour par dessus. Il suffit que les planches se recouvrent l’une l'autre, sur une largeur d'environ 1 pouce, pour faire une couverture à étanche d'eau. La planche devra être posée de manière à dépasser d'environ 1 pied le côté du pignon extérieur, ce qui la mettra en ligne ou à peu près avec le pignon intérieur, Les deux c£snières planches du faîte devront être clouées solidement Füne à l'autre,
583. Allonger la meule.—A là seconde serrée, or uilongera la meule d'environ 10 pieds. Il faudra mettre dans cette seconde travée le même nombre de charges, pour le moins aussi fortes que celles de la veille. On dépassera ainsi la hauteur de la première travée qui, dans l'intervalle aura baissé d'au moins deux pieds. On procèdera pour la confection de la seconde travée comme pour celle de la première, ayant soin de bien fouler le joint entre les deux travées. Le tout étant fini, on râtellera sur les trois côtés la nouvelle travée, et on la couvrira comme celle de la veille, faisant déborder la planche, de 18 pouces environ, pardessus la meule déjà faite, afin que la pluie ne puisse pas se faire jour entre les deux travées. On pourra ainsi allonge: la meule au besoin, mais on aura soin de faire la dernière allonge, de telle manière que la couver-
ture puisse dépasser le dernier pignon et le protéger, comme on l’a fait pour le premier.
584. Avantages.—Comme nous l'avons dit plus haut, il est très avantageux de faire des meules, dans les champs difficiles d'accès, ou éloignés de la grange. On peut ainsi serrer en temps de presse, deux fois plus de foin ou de grain, qu'on ne le pourrait, s’il fallait le transporter à 20 arpents et plus. Un autre avantage, c'est que si par malheur le feu détruisait les granges, toute 14 récolte n'aurait pas à y passer ; enfin le foin et le grain peuvent se serrer plus tôt, étant moims exposés à chauffer, et ils se conserveront mieux en meules bien couvertes qu'en grange.
585. Lier chaque meule ou travée.—Afin de mettre la couverture de ces abris en sûreté, il est indispensable de lier chaque travée au moyen d’un fil de fer, attaché d'un côté à une forte pièce de bois en dessous de la meule, faisant le tour de la meule au centre de la travée, et tendu au moyen d’un levier, puis attaché de l'autre côté à une autre pièce de bois, ces pièces sont généralement placées d'avance à cet effet en dessous de chaque travée. La figure 139 indique une meule de trois travées, couverte en planches et liée comme on vient de le dire. Après quelques jours les meules fouleront considérablement. Il faudra en conséquence surveiller leurs attaches et les resserrer au besoin. Cette précaution est indispensable ; autrement la couverture serait tôt ou tard enlevée par le vent.
586. Graine de trèfle. — Tout cultivateur peut facilement récolter toute la graine de trèfle, dont il à besoin, Pour cela, 11 importe de faucher très-vert la première récolte des trèfles rouges, et d'en faire du foin.
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Si la terre est riche, la seconde récolte sera abondante, Pour les autres espèces de trèfle, il n’est pas nécessaire de faucher la première récolte ni d'attendre une seconde récclte pour en faire la graine. Dans les deux cas, on la laissera mûrir et on la rentrera comme une récolte de grain. Il est bon d'attendre les gros froids d'hiver pour la battre. Il faut passer le foin de trèfle deux fois dans la batieuse, cribler deux fois la balle, et avoir soin de fermer complètement les éventails, et de tourner le crible lentement. Par ce moyen, on obtiendra une partie considérable de la graine, et la balle, qui contient toujours plus ou moins de graines, pourra servir facilement à l'ensemencement des prairies et des pâturages. Les semences, qui restent dans la balle, réussissent ordinairement bien mieux que celles qui sont parfaitement nettoyées, puisque la balle les protége et les nourrit jusqu’à ce qu’elles aient pris racine dans la terre.
587. La graine de mil.—On ne doit pas attendre, pour récolter le mil en vue de la graine, que le foin soit tout à fait mûr. On pourra le moissonner comme on le fait du grain, le mettre en quintaux et le laisser ainsi sécher complètement, Il vaudrait mieux le battre immédiatement rentré, de beau temps. Le foin battu et la graine séparée, on pourrait passer ce foin au hache-paille, le saler légèrement et le fouler le plus possible. En le traitant ainsiet en l'ébouillantant au moment de le donner aux animaux, on aura encore une excellente nourriture. La belle graine de mil étant maintenant rare et chère, la plupart des cultivateurs soigneux devraient laisser mûrir le mil le plus pur et vendre ce dont ils n’ont pas besoin. Les mils, engraissés avec l'acide phosphorique et la cendre, donneront de fort belle graine et beaucoup de foin. La graine de mil de la
province de Québec, si elle est bien faite, est toujours p'éférée à toute autre, sur nos marchés, et se vend beaucoup plus cher que la graine nous venant des États-Unis.
588. Doit-on faire pacager les prairies ?—La plupart de nos cultivateurs font pacager leurs prairies et leurs chaumes aussitôt que les foins sont enlevés, ou que les récoltes sont engrangées. C’est sans contredit une bien mauvaise pratique, qui détruit très vite les prairies, et qui diminue la récolte future du tiers, sinon de la moitié. Au lieu de faire manger ainsi l’herbe dans sa racine, et de l’exposer par là aux gelées, on ferait bien mieux de semer chaque année une petite pièce de blé-d'inde ou de lentille, que l’on ferait manger en vert pendant l'automne. Quelques planches ainsi employées, le long d’un pâturage, donneraient fort peu de peine, et on en verrait bientôt les profits. Mais ce qui n’est pas pardonnable, c’est de faire pacager l'automne les champs ensemencés au printemps en graine de mil et de trèfle. C’est tout simplement faire arracher tout-à-fait le jeune plant, ou le faire enfoncer dans la terre par les pieds des animaux. L'eau remplit ces trous, la glace s’y forme dès l’automne, et au printemps suivant il n'y a plus apparence de prairie. Est-ce surprenant? Les culiivateurs qui agissent ainsi sont surtout ceux qui se plaignent que le trèfle gèle ! Encore une fois, est-ce surprenant ?
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