‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 97 sur 215 · RÉCOLTE DES GRAINS · texte numérisé non relu

RÉCOLTE DES GRAINS

624. Avantage des moissonneuses.—Autrefois, presque tous les grains se coupaient à la faucille. Aujourd’hui, c'est à peine si les blés se coupent ainsi. De fait, dans bien des fermes, on fauche toute la récolte à la faux nue. J'ignore si les pertes de grain qui s'en suivent ont été calculées ; pour ma part, je suis convaincu qu'il ne s'en égraine pas moins de trois à quatre minots par arpent, en

moyenne avant que le grain ne soit engrangé. La paille ainsi faite est toujours considérablement endommagée.

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En évitant ces pertes, on économiserait amplement de quoi couvrir tous les frais de la récolte. Si nos terres étaient bien aplanies, bien épierrées à la surface, cultivées en planches larges et que les rigoles n’y fussent pas trop profondes, l'usage de la moissonneuse avec râteau méca-

Fig. 142.—Moissonneuse,

nique et surtout de la lieuse serait certainement très profitable. Tout bon cultivateur doit donc se hâter de faire ces diverses améliorations, afin d'arriver, par l'emploi des machines, à diminuer la durée de ses travaux, faire ses récoltes en bonne saison, économiser les frais de la maind'œuvre, et enfin améliorer beaucoup la qualité et augmenter la valeur de ses grains.

625. Moissonneuse-lieuse, — Avec de l'entente entre cultivateurs et des terres bien préparées, une seule mois: sonneuse-lieuse devrait suffire aux besoins de plusieurs. On n'aurait ainsi qu’une seule machine à acheter et à entretenir pour plusieurs terres. Or, cet instrument peu

répandu dans notre province est probablement le plus | , ,e ) utile de tous ceux dont nous nous servons, parcequ il nous permet de mettre les grains en quintaux, à l'abri

du raauvais temps, et cela en bonne saison.

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Fig. 143.—Moissonneuse-lieuse.

626. Avantages des moyéttes ou quintaux.— Il est prouvé que les grains, coupés de 6 à 10 jours avant leur cons parfaite maturité et qui mûrissent en guintaux ou moyettes D ture

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bien faits, sont plus lourds, plus beaux et plus farineux que

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D: Li ceux qui mûrissent avant d'être coupés. La paille ainsi

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Fig. 143.—Moissonneuse-lieuse.

Fig. 144.—Manière de faire les liens et les moyettes.

a AN = Il 68t ivant leur conservée est aussi infiniment meilleure pour la nourri-

umoyettes À ture du bétail. De plus les risques d'une tempête de

grêle ou de gros orages, qui souvent ruinent les plus belles récoltes, à la veille de la moisson, sont ainsi diminués d'autant. Si ces faits étaient mieux connus, il me semble que tous les grains seraient mis en moyettes ou quintaux.

627. Grain en javelle.—I1 n'y a aucune raison de laisser le grain sur le champ en javelle ; il est ainsi exposé à s'égrener, il perd sa couleur, et diminue en qualité ; la paille, qui rouit à la rosée et à la pluie, perd une grande partie de sa valeur nutritive. Puis s'il survient une tempête, ce qui arrive fréquemment pendant les récoltes, une forte partie du grain est égrené et perdu, Lecteurs, le remède est dans vos mains: préparez bien votre terre, et ameublissez-la parfaitement en semant; tassez-la au moyen du rouleau ou du brise-mottes, faites vos rigoles avec précaution, puis entendez-vous entre plusieurs voisins pour faire vos récoltes en commun, au moyen d’une moissonneuse-lieuse, Trois chevaux et un homme abattront et lieront facilement jusqu'à quinze arpents de grain par jour, et deux hommes mettront le tout en quintaux à mesure, plaçant ainsi votre récolte en sûreté aussitôt qu'elle sera coupée.

628. Comment faire les liens ?—Comme il y aura toujours sur une terre quelque partie de la récolte où la moissonneuse-lieuse n’arrivera pas, tout cultivateur doit

apprendre à faire

a de bons liens en . Paille, en vue de es Mettre le grain en quintaux, ce qui nécessite des

Fig. 145.—Lien en paille,

gerbes, qui n'aient qu'un pied de diamètre sur les liens, et ne demandent pas à être liées avec des harts.

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Pour faire un lien, on prend dans sa main en la tirant par les épis une poignée de bonne paille longue ; on la divise en deux parties, que l'on croise deux fois, près des épis ; on ramène ceux-ci par dessus le lien en le déposant par terre, de manière que la brassée de grain qu'on y mettra tienne le lien serré ; on place le grain de la brassée et du lien dans la même direction (voir fig. 145 en b, a,) puis on lie, comme avec une hart.

629. Comment faire les Moyettes ?—Pour faire les moyettes ou quintaux, on prend une gerbe sous chaque bras (voir fig. 144) et on les plante debout, solidement sur le milieu d'une planche, afin de leur donner un bon appui. On rapproche les têtes, en ayant soin de laisser un intervalle d'environ 10 pouces entre la partie inférieure des gerbes.

Les deux premières gerbes doivent former le centre de la moyette, et doivent être placées de manière que la moyette une fois achevée soit = orientée du nord au É sud, ce qui lui don- :

nera le plus de soleil possible, On placera """# Æ ainsi deux brassées Fig: 146.—Moyette sans couverture,

doubles de chaque côté de la première, ce qui fera 10 gerbes en tout, et on aura soin de placer chacune des brassées comme la première, sans les appuyer du tout sur les premières placées. Elles se tiendront ainsi plus d’aplomb et seront moins exposées à être renversées par le vent.

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630. Leur couverture.—Il est préférable de toujours couvrir les moyettes, mais surtout lorsque le beau temps n'est pas assuré. Pour cela on prend dans ses bras une nouvelle gerbe, le pied en l'air; et divisant la tête de cette = œerbe en deux parties égales. on l’appiique = solidement

ns ei : ainsi ouverte

Fig. 147.—Moyette avec couverture. SE une dé

moitiés de la moyette (voir fig. 147), puis on couvre de même l’autre moitié.

631. Où placer les liens ?—En examinant ces gravures, on remarquera que les bouts des liens sont tous à l’extérieur de la moyette, ce qui met le grain du lien à l'intérieur. On verra aussi que le bout des liens est dirigé vers le bas de la gerbe. Aïnsi fait, le lien est moins exposé à pourrir et le grain du lien est en sûreté. En agriculture, comme en toute chose, il est bon de faire son travail avec le plus de perfection possible. Cela demande sans doute de l'intelligence et de la réflexion, mais le succès dépend en grande partie de ces deux qualités.

632. Couvertures en pulpe.— Ceux qui se servent de couvertures en pulpe, pour couvrir les veillottes de foin, se serviront des mêmes couvertures pour leurs moyettes

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de grain, Dans ce cas il vaut mieux faire une moyette ronde. On place les deux premières petites gerbes, d’un pied surle lien,comme dans les moyettes décrites à l'article 629, On dispose les deux autres en Croix, (voir fig. 148a, 1,2,3,4,)ayant soin de laisser un espace d’au moins 6 pouces entre Jes pieds des gerbes, de manière que l'air etlevent | puissent passer Fig. 148.— Moyette de grain couverte en pulpe.

entre elles et les sécher. On continue à placer les autres serbes en rond, mais en les plantant le plus d’aplomb possible et espacées du pied, afin que l'air puisse les sécher au plustôt. Dans la fig. 148, les gerbes paraissent trop rapprochées les unes

des autres, du pied surtout. C’est 60600 une erreur qu'il faut absolument 00 60 éviter, afin de faire sécher suffisam-

ment les gerbes. F6 eo CE |

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