‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 98 sur 215 · Blé, orge, avoine, seigle et · texte numérisé non relu

Blé, orge, avoine, seigle et

féveroles.—Tous ces grains doivent Fig. 148a.—Moyette ronde. / Placement des gerbes.

se récolter comme nous venons de

l'indiquer et être mis en moyettes bien faites. Leur paille,

si elle est hachée . . coupe-paille et fermentée, vaudra pour

la nourriture des bestiaux environ la moitié du bon foin,

mais surtout en mélange avec du trèfle, des lentilles ou du

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blé-d’inde coupés et rentrés bien verts. Quant aux féveroles, il est rare qu'elles mûrissent dans le nord de la province, cependant elles y produisent d’excellent fourrage. Celui-ci et les fèves mûres peuvent se mettre en quintaux ou moyettes, comme le grain.

634. Le sarrasin.—Pour mieux récolter le sarrasin, ne point l'égrener sur le champ, et surtout pour bien utiliser sa paille qui donne une assez bonne nourriture, en mélange avec d’autres matières plus riches, il imparte de le faucher aussitôt que toutes ses fleurs sont passées. On sauve ainsi le meilleur grain, le premier mûr et le plus payant. Le reste ne sera pas perdu, au contraire il mûrira debout et ce qui ne mûrira pas enrichira le fourrage. On le fauchera à la moissonneuse ou au javelier, et on le ramassera à mesure, le mettant soigneusement par grosses brassées. On le prendra ensuite par la tête, ayant soin de bien serrer le grain ensemble, écartant en même temps le pied de la gerbe (qu’il n'est pas nécessaire de lier), de manière que l'air y passe et sèche le tout. Si les brassées sont ainsi plantées sur le milieu des planches avec soin, les gros vents même ne les dérangeront guère, et elles sècheront suffisamment pour que la paille et le grain se conservent parfaitement.

635. Pois, lentilles, vesces.—Les pois, les lentilles et les vesces doivent tous être fauchés avant parfaite maturité. On les crochette avec soin par rouleaux, que l’on retourner: comme on fait du foin. Après les avoir ainsi tournées de beau temps, au bout d’un jour ou deux, on pourra grossir les bottes, puis les rentrer. On ne saurait trop fouler ces récoltes dans la tasserie, en vue d'emnêcher le plus possible l'air de les mettre en fermentatic... Les fourrages de ces récoltes ont une grande valeur, même quand les semences

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MANUEL D'AGRICULYURE. 251

en sont parfaitement mûres, à ia condition d’avoir été serrés et conservés en bon était. Ici encore, les couvertures en pulpe seront très utiles, puisqu'elles permettront de faire des veillottes assez grosses et de les mettre bientôt à l'abri de tout mauvais temps.

636. Récoltes en terres neuves, mouillées, &c. — Il arrive souvent, surtout dans les années pluvieuses ou tardives, qu'il est très difficile de serrer en bonne condition les récoltes des terres neuves, ou des terres trop basses et inondées, ete, Dans ce cas, on fera bien d'adopter le système do séchage des récoltes, suivi en Suède et en Norvège, pays froids et très humides. Les cultivateurs de ces pays ont la précaution de se préparer d'avance des piquets minces et longs, bien effilés des deux bouts, Ces piquets ont 9 pieds de longueur et trois pouces d'épaisseur. Au moment de la récolte ils font un trou profond dans lequel ils placent bien solidement un piquet. [s en plantent ainsi autant qu'il en faut pour y mettre la récolte, Sur chaque piquet, on entile sept à huit petites bottes de grain lié, ayant le soin de planter les bottes de manière que le grain pointe vers la terre. Il sèche ainsi au moindre soleil et à tous les vents, tandis que la pluie qui survient coule à terre, laissant le grain suspendu et ainsi à l'abri de tout risque de germination et de perte, Ce système mérite d'être adopté partout où le grain ne saurait pas être conservé plus facilement,

637. Récolte des fèves naines.—La plupart des cultivateurs arrachent leurs fèves quand elles sont mûres, et les laissent sécher sur le champ. Nous préférons les arracher avant qu’elles ne soient out-à-fait mûres, ct qu'elles ne puissent s'égrener ; nous les mettons aussitôt en petits meulons sur le champ. Pour cela, on prépare d’avance le

petit échafaudage que nous allons décrire. On prend quatre grosses lattes de quatre pieds de long ; on les c réunit ensemble au moyen d'un gros fil de fer passé dans ‘ le haut, On fixe également à six pouces ( du bas de chaque latte, un gros fil de l laiton que l’on attache en lui donnant la forme d’une boucle. Au moment de faire b les meulons, on met les lattes debout en é les écartant sur le sol d'environ 3 pieds,

Fig. 149.

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ve £ à Aùe ) AA QUES boucles, de chaque côté, Sur ces lattes LA \ M" servant de traverses, on en place quelques-unes plus légères , Q , Ü A a et l'on remplit cet échafaudage de fèves, à mesure qu'on les : . . . à arrache. On peut ainsi faire des meules de 4 pieds de Ex < : ; di diamètre et de 5 à 6 pieds de hauteur. Les fèves y sèchent ; . ile , mn parfaitement, et après une quinzaine de jours elles sont | A #91 0 prêtes à battre. Il y a déjà grand nombre d'années que Re nous pratiquons cette méthode avec grand succès, \ à 638. Leur transport et battage.—Pour transporter les fèves dans la grange, on arrache d’abord les lattes du bas, d puis toutes les autres, et on les met en place jusqu’à l’année | | Ce suivante, Au lieu de lattes, nous emploierons à l'avenir ie bi des morceaux de bois d’un pouce carré. Les lattes sont ÿ

quelquefois trop faibles, et il s'en brise toujours quelquesunes. Nous avons l'habitude de battre les fèves à la batteuse, en les engrangeant. Pour cela, nous nous servons d'une batterie (1) n'ayant que quatre dents, et nous laissons le plus d'espace possible entre la batterie et le cylindre de la batteuse,

(1) Nous entendons ici, par le mot ballerie, la pièce fixe en fonte, armée de dents, placée en dessous du cylindre du moulin à battre,

communément en usage dans nos campagnes,

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en fonte, à battre,

639. Battage des grains.—Il y a peu de chose à dire d'important sur le battage des grains. La plupart des cultivateurs à l'aise possèdent leur propre machine à battre. Ces machines font pour la plupart un travail rapide et de bonne qualité. L'essentiel, c’est de retirer le plus de grain possible et de bien utiliser le fourrage après qu'il est battu, et surtout de mettre son grain à l'abri des souris et des rats.

640. Hacher la paille en battant.—Maintenant que plusieurs cultivateurs se servent de hache-puilles, nous recommandons fortement les moteurs à deux chevaux actionnant en même temps le hache-paille, et 1a batteuse à un cheval. De cette manière, la paille sortirait des deux machines toute hachée, elle prendrait infiniment moins de place, et tout l'ouvrage se finirait d'une seule opération, De même, avec un moteur à trois chevaux, on pourrait faire mouvoir en même temps une batreuse à deux chevaux et le hache-paille.

641. Dégâts des rongeurs.—On ne se fait guère d'idée des dégâts que causent dans nos granges, fenils, greniers, caves, etc., les souris et les rats. Il est certain que dans bien des circonstances une partie considérable de la récolte y passe. On devrait toujours gurder plusieurs excellents chats, que l’on nourrira suffisamment et qui chasseront non plus ur manger, mais pour satisfaire leur instinct naturel qui est de chasser. Celui-ci est infiniment plus développé chez un chat ou un chien bien nourri que chez ceux qui crèvent de faim, à la condition de ne pas être gâtés par trop de petits soins à la maison. N'oublions pas qu'une dizaine de jeunes rats mangent autant que le plus gros porc à l’engrais. (Voir le tableau de l’article 802, page 335).

642. Eloigner la vermine.—Le moyen infaillible d'éloigner la vermine, qui fait tant de dégats dans les grains non battus, est de les mettre en meule et de construire la plateforme de la meule, fig. 150, de telle manière que les rongeurs ne puissent pas arriver au grain. Pour cela il suffit de mettre une feuille de tôle sur les montants qui supportent la sole de la meule, et de rapprocher suffisamment les perches qui supportent le grain pour que celui-ci ne passe pas à travers, et qu’il ne puisse pas en quelque sorte servir d'échelle pour y monter. Dans la gravure qui suit, la sole, est placée à côté de ses appuis, au lieu d'être dessus, afin de mieux faire voir la feuille de tôle repliée légèrement vers le sol en tous sens, qui empêche la vermine de grimper sur lu sole, quand celle-ci est en place.

Fig. 150.—Base des meules de grain.

643. Meules de grains. — Ce que nous avons dit à l'art. 578, des meules de foin, s'applique également à celles de grain. Sur nos terres si longues et si étroites, il y a souvent tout avantage à mettre le foin et le grain en sûreté, à proximité du champ qui l’a produit, quitte au cultivateur à le transporter aux premières neiges pour le battre.

644. Transports, Charrettes.—En règle générale, une charrette bien faite et bien proportionnée est la voiture qui permet à un même cheval de traîner la plus forte c' ‘rge. On calcule que l'effort utile d’un cheval attelé seul est d'environ un quart supérieur à celui du même cheval attelé sur une voiture à deux chevaux, La charrette a

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aussi l'avantage d’être moins encombrante, plus facile à tourner et plus commode dans les endroits difficiles d'accès.

645. Voiture à deux chevaux.—La voiture à deux chevaux offre ce grand avantage qu'un seul homme la conduit plus rapidement et sans fatigue, étant toujours monté sur sa voiture ; on évite avec deux chevaux de mauvais passages, où une charrette serait exposée à verser ; enfin le harnais double sert sur la faucheuse et la moissonneuse, et les chevaux sont ainsi tout prêts à être attelés sur la voiture double. Il est done utile d'avoir une voiture double, de manière à utiliser au besoin les chevaux qui conduisent la moissonneuse, etc.

646. Largeur des roues.—Les roues larges de 5 à 6 pouces sont bien supérieures à celles de 2 à 3 pouces, sur une terre et dans les chemins de campagne. Une roue large enfonce bien moins dans une prairie, ete., et en conséquence porte une plus grande charge, sans augmentation de fatigue pour le cheval, De plus les roues larges brisent moins les chemins, et on ne saurait trop en recommander l'usage.

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