RÉCOLTE DES PLANTES RACINES
647. Patates (pommes de terre).—Les patates doivent être arrachées et rentrées aussitôt qu'elles sont mûres, ce que l’on reconnait aux fanes (appelée cotons par nos cultivuteurs). Aussitôt que celles-ci commencent à sécher, ce qui arrive ordinairement vers la fin de septembre, à moins
qu'elles ne soient échaudées), les patates sont mûres et ont tout à perdre en restant en terre. Une suite de mauvais temps peut les faire pourrir complètement, tandis que, si elles sont arrachées, séchées, et mises sur le champ en petits tas chaulés, puis recouverts de paille et d'un peu de terre battue, afin d'empêcher l'eau d'y pénétrer, elles se conserveront parfaitement, jusqu'à ce que le temps de les encaver soit venu.
648. Charrue et herse.—Quand les rangs ont été bien faits, il est facile d'arracher les patates à la charrue. On emploie à cet effet la charrue ordinaire ou la charrue à deux versoirs. Il se fabrique maintenant plusieurs instruments spéciaux pour faire la récolte des patates ; riais les meilleurs sont trop coûteux, et ne sont pas encore d’un usage général,
649. Comment procéder ? — La plupart des cultivateurs brûlent les tiges ou fanes des patates. C’est un moyen rapide de s'en débarrasser ; mais comme ces fanes contiennent beaucoup de matières fertilisantes, outre les cendres qui en proviennent, il vaut mieux en faire un compost mélangé de chaux et de terre, S'il est bien fait, dès l'automne suivant ce compost pourra être étendu sur les prairies avec grand avantage. Dans les cas ordinaires, on enlèvera d’abord les fanes sur une petite partie du champ, lorsqu'elles sont trop longues pour être arrachées à la charrue. Puis on ouvrira :es rangs à la charrue, et on laissera un rang non ouvert pour chaque rang qu'on ouvrira, ce qui permettra au laboureur d'ouvrir plusieurs
angs à la fois. Puis, quand les premiers seront ramassés, on pourra ouvrir ceux qui sont laissés dans les intervalles. En ramassant les pommes de terre, on en fera de suite de petits tas, qui pourront contenir à peu près 40 minots, et
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qui devront rester sur le champ jusqu’à ce que les patates
soient bien sèches.
650. Mise en tas.—La gravure suivante indique com- 8 il ment se font les tas de légumes sur le champ. Ils doivent
avoir trois pieds de largeur sur une longueur convenable,
et une hauteur aussi considérable que possible. On doit
les entourer d’une
petite isole et les
faire dans un endroit
qui s'égoutte facile-
ment.
651. Chauler et couvrir temporairement. — S'il y à la moindre apparence
Fig. 151.—Tas de légumes sur le champ. MEL
de pourriture, il sera très utile de saupoudrer les patates avec de l4 chaux fraîchement éteinte. On peut en mettre en quantité, sans le moindre risque de dommage, On couvre ensuite ces tas de 10 à 12 pouces de paille, puis de 2 à 3 pouces de terre, qu'on bat avec le dos de la ferrée. On fait au-dessus un trou de trois pouces, que l’on bouche avec de la paille, afin de faire disparaître l'humidité du tas, et en laisser échapper la chaleur, $i l’on n'a pas le temps de couvrir immédiatement le tas avec de la terre, il faut le couvrir chaque soir avec de la paille, pour que la pluie n'y pénètre pas, et se hâter de le couvrir au plus tôt de terre bien battue, avant que la pluie ne vienne mouiller toutes les patates et les exposer à pourrir. On doit les laisser ainsi jusqu'au temps, où la température permettra de les rentrer sans danger. Si les patates étaient rentrées immédiatement tout humides, où mises dans une cave
chaude, elles courraient risque de pourrir complètement
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avant l'hiver et prendraient bientôt, dans tous les cas, un mauvais goût,
652. Herser chaque jour.—Il faut, chaque après-midi, et plutôt s’il y a apparence de pluie, herser plusieurs fois la partie du champ, où les patates découvertes par le passage de la charrue ont été ramassées ; car si l’on négligeait de fe faire, une grande quantité de patates, à peine couvertes de terre, seraient exposées aux gelées, si fréquentes dans nos nuits d'automne. Les herses à dents à ressort conviennent bien à ce travail,
653. Herser sur le travers.—Aussitôt que les patates sont arrachées sur une largeur suffisante, il faut encore herser sur le travers, et ramasser de nouveau les patates qui peuvent 8e trouver à la surface, Après ces opérations, Si elles sont bien faites, il en restera bien peu en terre. Si l'on gi peut labourer de suite, pour les guérets d’automne, et faire de suivre la charrue par une ou deux personnes, il ne doit rester aucune patate en terre.
Fig. 152.—Arrache-patates,