‹ Manuel d'agriculture pratique algérienneChapitre 10 sur 39 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le fumier et les engrais.

g 1. — Pt.i«U« Bt ricbMM dq B0l.

Nous avons déjà dit (Chap. I, §v)queles conditionne puissance du sol sont de deux sorles : !a première est sa constitution, c'est-à-dire ses propriétés physiques, sa consistance, sa composition et sa nature ; la deuxième comprendles principes nécessaires au développement des plantes, les malières qu'elles absorbent, renfermées dans l'humus produit par la décomposition du terreau végétai et animal. La première consliiue la puissance du sol. la deuxième sa richesse.

Le meilleur terrain est celui qui coniient de l'argile, du calcaire, de la silice et de l'humus, c'est-à-dire lous les éléments utiles de la production; malheureusement tous les sols ne sont pas parfaits : souvent l'un des éléments constitutifs domine; tantûl c'est l'argile, tantôt le calcaire, d'autrefois la silice, enfin il arrive que le sol ne coniient que deux do ces principes et que le troisième fait défaut. Dans ces différents cas, il imparte de modilier l'état du sol en lui donnant l'élément qui lui fait plus ou moins défaut : celte opération amende la terre.

On appelle (loncnnu-iid^i-wiih les matières qui améliorent le sol en modifiant sa constitution physique, ininéralogique ou chimique; les terres trop légères sont amendées par des marnes argileuses; les terres argileuses lesont par des sables, des pierres, des plâtras et surtout de la chaux.

Ouani ll lu ciW.cJe du sol, chaque récolle en enlève une portion qu'on lui restitue au moyen d'engrais.

On nomme engrais toutes les substances qui restituent au sol les matières nécessaires à l'alimentation des plantes, c'est-à-dire l'humus composé d'azote combiné au carbone et de sels dont les plus importants sont les phosphates.

La richesse d'un engrais résulte de lu plus grande quantité de malières animales qu'il renferme. C'est cette proportion de sels ammoniacaux combinés au carbone et à différents sels qui constitue son énergie.

G'esl donc par les amendements el les engrais qu'on agit sur la fertilité des sols, qu'on en augmente la puissance. Amendements et engrais n'ont été jusqu'à présent que trop négligés en Algérie.

Les amendements ou engrais minéraux sont de deux espÈces : les premiers, qu'on appelle amendements modifiants, exercent principalement leur action sur la puissance du sol sans apporter grand'cïiose à sa richesse ; ce sont les sables, les graviers ou cailloux siliceux ou durs, l'argile calcinée.

Les seconds, nommés amendements stimulants ou assimilables, en même temps qu'ils modifient les propriétés du sol, ['niini^seni a ia vr^'iat ion .1rs principes assimilables ou produisent par leur action ia décomposition des débris organiques (1): ce sont la chaux, la marne, le pi il tre, les cendres, la suie, le sel marin, les nitrates de potasse et de sonde, les phosphates, etc.

Les sables, les graviers siliceux, les scories modifient la ténacité des sols argileux ; la chaux en moindre quantité produit le même résultat. Un très bon procédé, dont on obtient de bons effets, c'est de calciner l'argile elle-même et de laméler au sol ; on l'emploie avec avantage Jans les endroits ou le combustible a peu de valeur, lorsqu'il n'y a pas de frais de transport et qu'on est privé d'amendements calcaires.

On procède ainsi : on creuse une tranchée de 0,50 de largeur sur 0,30à0,i0, de profondeur; on l'emplit de fagots en ménageant la circulation de l'air pour activer le feu, el l'on forme au-dessus de latranchée une espèce de voûte avec des mottes d'argile ayant encore un peu d'humidité (8).

La trop grande perméabilité des sols sableux se modifie par le mélange d'argile qui les rend plus compactes. L'argile doit être, dans ce cas, employée sèche et à l'état pulvérulent afin que le mélange puisse s'opérer.

La trop grande légèreté des tourbes peut être modifiée par le mélange de sable et de graviers, de pierres calcaires, cendres et briqueleaux.

Quelquefois, souvent même, nn sol peut être modifié par un procédé peu dispendieux : c'est lorsque le sons-sol contient l'amendement. Ainsi des argiles à sous-sol sableux, des sables à sous-sol argileux peuvent être modifiés, soit par des labours profonds, soit par des défoncements.

g II. — De= oiJiEmdemaiiIs.

S m. - d« nMud.

Ces amen de nie 11 is, formés soit de substances calcaires, on contenant du soufre, du phosphore ou du chlore, réagissent sur les matières fertilisantes pour les rendre plus assimi-' labiés, tout en fournissant eux-mêmes uux végétaux certains principes qu'on retrouve dans leurs tissus.

T. La chaux. — Les sols argileux, tes terres siliceuses fraîches, les sols tourbeux des bruyères et des landes^ les lerres schisteuses ou Granitiques, les sols chargés de fer, de terreau acide, tels que les tourbes, les terres Ou croissent la fougère, le genêt, la bruyère, l'ajonc marin, la digitale, lu petite oseille, les joncs, etc., se trouvent très bien de l'usage de la chaux; ces sols doivent toujours Être chaulés quand l'emploi de la chaux est possible.

On chaule de diffArenies manières: dans quelques contrées on conduit la chaux sur le sol, on la dispose par petits tas et quand elle est éteinte «réduite en poussière on la répand à la pelle, aussi uniformément que possible, par un temps calme et une bellejournée.

Dans d'auires contrées les tas sont recoiive rte d'une couche de terre de 15 à 30 c. d'épaisseur. Si, quand la chaux fuse, il se produit des fentes ou des crevasses à la terre qui là recouvre, on a soin de les reboucher. Dès que la chaux est éteinte et réduite en poussière on la mélange a la terre qui la recouvre, puis on reforme les las; au boni de huit jours, on renouvelle le mélange et on le répand sur le sol.

Enfin, quelquefois on fait un compost de chaux, de terre et de fumier; le mélange est formé en (asqu'on retnneet reforme au bout de hait jours; puis l'opération est renouvelée une seconde fois quinze jours plus tard. Cette opération flsfl/t dernière.

La chaux ne produit d'effets Utiles que si son application a lien par un beau temps et sur nn sol sec et assaini. Appliquée par un temps pluvieux ou sur un sot humide, la chaux forme pâte, se granule et produit peu d'effet.

Que la chaux soit appliquée éteinte en poussière ou sous forme de compost lerreux.elle doit être enterrée par des labours superficiels, suivis d'un ou de plusieurs hersages. Enfouie par un labour profond, elle forme sous la couche remuée, dans les. sols humides, une croûte calcaire qui ntiit beaucoup aux plantes.

En général on applique la chaux sur le pied de 3 a 5 hectolitres par hectare et par an ; de telle sorte que si Ton chaule tous les cinq ans, la quantité à appliquer varie de quinze k vingt-cinq hectolitres. Les terres argileuses sont celle* qui demandent le plus fort chaulage.

La chaux ne dispense pas de l'emploi des fumiers; elle accélère au contraire lourdècomposilion, et employée à trop forte dose on irr.iw.r l, ,- imp ïn'quemmont elle précipiterait l'épuisement de la fertilité du sol. La chaux, ilit un inspecteur d'agriculture, M. Lerour, doit être considérée comme une substance très convenable pour mettre en action certains principes de la fertilité du sol , mais il ne faut jamais chauler, sans que le chaulage soit précédé ou suivi d'une fumure, si le sol n'est pas très fertile.

11. La maiink, — L'emploi de la marne remonte à une antiquité reculée : les Gaulois la connaissaient.

La marne exisii 1 naim ■dlemerH nu sein de la terre dans les terrains fin-iiiïiiimiJ -rcondaires ou tertiaires.

II existe trois espèces <le marnes.

Les marnes calcaires, contenant beaucoup (le calcaire (50 ii (t:i O.ti), pru tl'inyili' rl encore moins île sable;

Les marnes siliceuses, contenant beaucoup de sable à 76 0/0). peu d'argile r-t une faible quantité de calcaire;

Les marnes argileuses, contenant beaucoup d'argile (50 à. 70 0/0), peu de calcaire et de sable.

La marne calcaire s'emploie sur les terres argileuses, argilo-siliceuses, siliceuses, schisteuses, etc., et sur colles acides, les sols île landes et les terres tourbeuses; elle convient à tous les sols non calcaires.

La marne siliceuse convient spécialement aux terres argileuses, compactes et froides; son action chimique est faible , mais par contre son action mécanique est très remarquable.

La marne argileuse est appliquée avec avantage "sur les terres légères, graveleuses cl sablonneuses.

La quantité à employer est très variable suivant la nature du sol et celle de la marne elle même. Un sol argileux doit en recevoir plus qu'un sol sableux; une terre à couche arable profonde plus que celle qu'on laboure superficiellement. La dose doit être d'autant plus considérable que la marne est moins calcaire; dans les sols légers, la marne devra être proportionnellement plus argileuse (1).

Les elTels de la marne durent plus que ceux de la chaux, et se prolongent quelquefois plus de vingt ans.

Un marnage trop abondant peut être corrigé par un labour plus profond, qui accroît l'épaisseur de la couche à laquelle

n,. l. i . h. ,n.. ■ ii, |. m - : .i. ■!■■ ■■[ | ,i m, ii|...nr >.f .1 ramener les parties île la marne tl'un ancien jnarnage descendue dans les rouelles profondes du sol.

Il' faut bien se garder de croire qu'un marnage peut remplacer le fumier. Un marnage sans fumier, dit M. Jourdier (2),

peut donner une vigueur passagère à la lerre en aidant a la consommation itu peu lî." r I eu r-u 1 nutritifs qu'elle possédait encore; mais bienlûl il la laisse plus appauvrie qu'avant. Les

l-s'1i.. .)UI "i.ltill 1.1 t |UK ■)•' Illjf il f jm I ■,'HL .f-^UAr llrU il ■>

proverbe : La marne enrichi! Irx /ie,vs et appauvrit Ici enfants. Répondons, d'après ce qui prérèdc : La marne ne dispensepas du fuinke, mai.-: elie en uin/iiiciilc l'effet. Chaque fois qu'on ne perdra pas ce principe de vue, la marne enrichira tous ceux qui sauront s'en servir.

On marne en automne ou en hiver. La marne est déposée en tas égaux sur la terre ; quand ils commencent à se déliter on les étend également; quand la marne est bien délitée et presque sèche, on l'enterre par un labour moyen ou profond, suivant l'effet qu'on veut en obtenir, ou à l'aide d'un scarificateur.

III. Le plaire. — Préconisé par Franklin, le plâtre est repoussé par quelques agronomes. Les reprnrhes qu'on adresse a l'emploi du plâtra de produira des légumes qui ne cuisent pas, des fourrages qui occasionnent la tympan! te ou mémorisation, ne paraissent pas fondés, cl les petits inconvénients qu'il présente réellement sont plus que compensés par la supériorité du rendement.

Le pliltre agi! favori hleincni sur les sols secs, les terres légères et riches, les limons argile-siliceux, sains et fertiles; 01) l'emploie peu sur les sols calcaires, à moins que ces terrains soient perméables cl abondamment pourvus d'humus.

Le plaire réussit sur les plantes de ta famille des légumineuses et des crucifi-ies. sur le chanvre, le lin, le sarrasin ; peu sur les prairies naturelles cl nullement sur les céréales. Son action est très iirmwncée sur les fourrages de la famille des légumineuses, Irélles, luzernes, sainfoins et vesces.

On emploie le plâtre en poudre, cuil ou préférablement cru; ou peut aussi employer les vieux, plairas pulvérisés, leur action est pluslonguc mais moins énergique que celle du plaire neuf.

On répand le plillrc à la dose de 'X à :i hectolitres par hectare ; et le plâtrage ne doit revenir que tous les cinq ou six ans. On le sème au prinfemps quand la végétation est déjà commencée, en évitant les temps de pluie, et profitant de la rosée du malin ou du soir, pour qu'il s'attache aux feuilles (les plantes. Pour que le plàl re produise îles effets, il faut que l'atmosphère soit à la fois clianoe et humide : les pluies prolongées comme les erandes chaleurs nuisent à son action. En Algérie, les plâtrages doivent avoir lieu plus tôt que dans les climats froids elhumides.

IV. Les CENDRES. — Composées de tari ion aie de chaux, de sels de potasse et de soude, de phosphates, de silico et d'oxvde de fer, les cendres de bois non lessivées constituent un aroen-

bernent très énergique qu'on répand sur les toTres égonltées, dénature siliceuse, argileuse, granlllque et schisteuse; on les applique avec le plus grand succès sur les trèfles, les luzernes et les céréales en végëlalion; elles ont une action remarquable sur les prairies naturelles, acides, marécageuses, qui ont été assainies, et sur celles siluées sur les Hauteurs.

' Ces cendres sont plus nuisibles qu'utiles aux sols qui contiennentdu carbonate de chaux.

Les çharrées ou cendres lessivées, c'est-a-dire celles qu'on emploie le plus souvent, les cendres non lessivées étant utilisées dans les ménages ou recherchées par l'industrie, les charrêes, dis-je, conviennent aux terres argileuses, schisteuses ou granitiques; dans les sols tourbeux et de bruyère, elles neutralisent une partie de la couche arable ; on les applique rarement aux terres calcaires.

On mêle les enarrées avec les fumiers ou les composls, et on lés applique a l'automne ou au printemps, avant ou après les sécheresses; sur les prairies, on les répand à raison de 85 hectolitres par hectare; nn peu de pluie fait bien après l'opération. Leur effet dure cinq ans a peu près.

Quand on les répand sur une terre non couverte de végétation, on les enterre par un hersage.

Les cendres de houille ou de charbon de terre sont aussi employées et conviennent particulièrement aux sols compactes otargileux ; elles contiennent surtout de l'argile calcinée, des oxydes et des sulfures de fer, et peu de carbonate do chaux. Leur effet ne dure qu'un an.

[1 faut éviter d'employer ces cendres sur les terres siliceuses qu'elles rendraient plus légères encore.

On les applique sur les terres labourées, à la dose de iO à 50 hectolitres par hectare.

V, La suie. — La suie est un engrais précieux trop souvent perdu, qui convient plus particulièrement aux terres calcaires; on l'applique avec succès mélangée aux cendres cl aux composts calcaires; pure, la suie doit être employée avec précaution ; répandue pendant la sécheresse, elle nuit aux plantes. En Angleterre, on la répand sur les prairies où elle excite la végétation et détruit la mousse.

La suie de charbon de terre est plus énergique que celle d,e bois.

VI. Le bel bahin. — Les avantages du sel comme amendement sont préconisés par quelques agronomes et contestés par d'autres; mais, en toute occurrence, il doit être employé avec discernement; â hante dose, il stérilise la terre. Bépandu sur les prés humides, à la dose de 200 kilogrammes par hectare, le sel améliore le fourrage, qui est alors recherché par les animaux. Le sel est employé ainsi en Angleterre, et

c'est ainsi, incontestablement, qu'il rend le plus de service».

VII. Nitrates et sels ammoniac aux. — Les nitrates de potasse et de soude, le sulfate d'ammoniaque ont été essayés par quelques agronomes, et dans la plupart des circonstances, ont produit un excédant de récoltes pour les céréales surtout, mais le prix de ces amendements ne compense pas les résultats.

Les eaux ammoniacales qui s'échappent des usines à gaz, les résidus de chaux qui ont servi à la puriflcalion du gaz, contiennent des sels extrêmement fertilisants, et dont on pourrait tirer un grand profit ; mais ces résidus doivent être mêlés à des composis ou a des fumiers; enfin la difficulté des transports n'en permet en général l'usage que dans un rayon très rapproché des villes et des usines.

Du reste, en thèse générale, un cultivateur soigneux peut, comme le fait remarquer M. Jourdier (t), recueillir ponr ses terres une foule de déchets et de débris que les établissements industriels laissent perdre. Mais il fera bien de s'adresser, avant de s'en servir, aux hommes compétents, aux chimistes, presque toujours disposés à l'aider de leurs renseignements.

VIII, Les ruosPHATBs. — Parmi les sels les plus importants qu'il importe de restituer au sol, il faut placer les phosphates; dans un rapport iu en juin 1S&1 , dans le sein d'une commission de l'Assemblée législative, M. Dumas posait Je principe que, " parmi les moyens économiques propres à rendre à l'agriculture tous les produits essentiels que les plantes ont soustraites au sol, le dernier mat de la chimie se résumait en ammoniaque et phosphate terreux. »

Dans un travail remarquable, publié au Moniteur, stfr» l'utilité agricole du phosphore, M. Elie de Beaumont a posé les mûmes principes : . Sir Bumphry Davy.l'illuslre chimislo anglais, attribuait la stérilité de quelques-unes des parties de l'Afrique septentrionale, de l'Asie Mineure et de la Sicile, qui furent si longtemps les greniers de l'Italie, a l'épuisement des phosphates par suite d'une longue exportation de blé du sol de ces contrées, sans restitution convenable de ces principes indispensables à la bonne venue du froment. »

Jusqu'ici les phosphates n'ont pu se produire qu'à l'aide d'engrais animaux déjà employés par l'agriculture; cependant on a proposé l'emploi du phosphate amtnoniaco-magnésien, fabriqué a l'aide d'urine et de terre magnésienne calcaire. Enfin, on a trouvé en Angleterre et en Espagne des gisements de roches contenant des phosphates, et des essais nombreux ont eu lieu et ont éle consignés, par M. Elie de

(i) CtUotUtti'igtinlW)'

Beanmoht et M. de Molon, dans des mémoires intéressants. Leurs conclusions sont Éminemment favorables a l'emploi de ces phosphates.

§V. — Du «ngnjt animaux.

Ces engrais agissent surtout en fournissant aux végétaux les matières utiles à leur alimentation ; les plus essentielles sont : 1° l'azote sous forme d'ammoniaque libre ou combiné avec le carbone a l'état d'humus ; 2" les phosphates.

Les plus employés île ces engrais sont : ia chair des animaux morts, le sang, les poils, les plumes, les conieset les os.

I. Chairs et issues. — Les chairs et issues dus animaux qu'on peut facilement se procurer aux environs des villes, dans les abattoirs et les clos d'équarrissage, sont d'excellents engrais; mais leur emploi est difficile on raison des odeurs qu'ils répandent et de la difficulté de les diviser; le moyen ie plus convenable de les employer est de les enfouir par portions dans les fumiers ou dans des composts de chaux, avec addition de plaire et de sulfate de fer en poudre.

Le marc de colle, les résidus de suif, les débris de poissons fournis par les pêcheries, les cocons dévidés de vers à soie, le sang, sont des engrais animaux d'une grande richesse.

Il en est de même des vieux chiffons de laine, des débris de cornes, des plumes et des poils.

Ces engrais conviennent à tous les sols.

II. Os. — Les os sont employés a l'état frais ou crus, cuits ou lavés, enfin à l'état sec. En Angleterre, l'opinion que les os secs sont égaux en valeur aux os frais a de nombreux partisans.

Les os s'emploient à l'état de poudre ; ils agissent d'autant plus rapidement qu'ils sont plus divisés, mais la durée de ieur action est d'autant plus courte.

On augmente la division des os et l'on rend en même temps leur phosphate de chaux plus soluble en le transformant en bi-phosphate au moyen d'une addition d'acide sulfurique. On procède ainsi : on mêle 20 kilog. de poudre d'os avec tu kilog. d'acide sulfurique et 30 litres d'eau, et on agite le tout; le mélange se transforme, vingt-quatre heures après, on une bouillie épaisse qu'on étend par l'addition de 1 ,01)0 lilres d'eau, et on la répand sur les champs.

Les os agissent avec plus d'efficacité sur les sols légers, perméables, frais sans être humides, que sur les lerres furies, compactes et froides. Leurs effets sont moins énergiques sur les sols calcaires que sur ceux qui ne le sont pas.

Réduits en poudre line, les os s'appliquent à la dose de fS a 20 hectolitres pour la culture des plantes crucifères, des navets et du colza. Employés conjointement avec le fumier

sur les sols riches, les os conviennent 1res bien aux céréales, blé, orge, elc.

La. durée d'aclion des os n'excède sjiière une année.

III. Noir animal. — Lesns calcinés en vases clos forment le noir animal employé après a\mr été pulvérisé pour la clarification du suer»; c'est généralement après nvoirétc utilisé dans les raffineries que le noir animal est livré à l'agriculture; il est alors imbibé de sani: cl il conserve une certaine quantité de sucre; dans cet étal il es! meilleur; malheureusement la falsification le dénature trop souvent.

Le noir animal convient surtout aux sols qui manquent de calcaire; il ne réussit pns non plus sur les terres siliceuses légères; il agit particulièrement sur les terres argiio— siliceuses non calcaires; on applique le noir anima) aux céréales, au sarrasin, aux navets, aux choux, au colza; un peut le répandre aussi sur les prairies naturelles ; il sert à ranimer les Céréales languissantes au printemps; on en lire grand parti pour les premières récolles qu'on veut obtenir après le défrichement des landes et des bois.

On l'emploie dans la mesure de 4 à 10 hectolitres à l'hectare ; son action ne dure qu'une année.

Il est dangereux de répéter trop souvent l'emploi du noir animal, el il faut avoir sou) de le faire alterner avec de hons fumiers de ferme.

IV. Lf. guano. — Le guano, qu'on renconlre sur les eûtes du Pérou, du Chili el de l'Afrique, parait u'élre autre chose que des déjections et des délins .l'ois"uux ;ovumulés depuis des siècles et formant des dépôts qui oui jusqu'à 10 el20 mètres d'épaisseur. Le plus recherché est celui du Pérou, qui renferme la plus gran le proportion d'azote; celui du Chili contient au contraire des phospliaies de chaux en assez forte quantité (48 à 52 %).

Le guano agit avec beaucoup d'intensité sur les prairies naturelles et sur les céréales, le froment, le maïs, elc. ; il ne convient nullement aux légumineuses, et n'a pas d'action heureuse sur les crucifères, les navets, le colza, les pommes de terre et les carottes.

Il importe de répandre le guano avan l la semence, car, mis en contact avec elle, il en détruit souvent la faculté germinative. On peut le répandre sur les plantes en végéialiou, mais, autant que possible, par un temps souvent couvert, au printemps et lorsque les grandes pluies ne sont plus a craindre.

La quantité qu'on emploie en moyenne est de JOO kil. par hectare pour les céréales et 250 pour les prairies. Pour les céréales on le met habituellement en deux fois, moitié avant les semailles, moitié au printemps, sur la céréale en végétation ; c'est la meilleure méthode.

Appliqué à une dose convenable, le guano peut être comparé au parcage des moutons, à la poudrctle, i la colombine, etc.

5 VI. — De» EUffraii rigéWnr.

On classe sous ce nom : les plantes semées pour être enfouies, celles recueillies pour le même usage, les tourteaux, les marcs et tes résidus végétaux de diverse nature et l'engrais JaufTret.

I. Récoltes ehfol'Ies en vert. — Les engrais verls sont très profitables et très utiles dans le Midi; ils conviennent surtout aux terres sèches et chaudes. Au début d'une exploitation agricole, quand on manque d'engrais, les récoltes enfouies rendent degrnnds services, enfin on peut les employer avec succès pourles champs éloignés de fa ferme ou d'un accès difficile aux voilures; ce qui est très commun en Algérie où les roules existent beaucoup plus dans l'imagination des administrateurs qu'en réalité.

Les plantes qu'on cultive le plus spécialement pour enfouir doivent réunir trois conditions :

4° De ne pas épuiser la terre et d'emprunter surtout leurs éléments a l'atmosphère, c'est-à-dire d'avoir peu de racines et beaucoup de feuilles; ces plantes restituent nu sol plus qu'elles ne lui ont pris.

2° De pousser très vite, afin de ne pas occuper le sol très longtemps.

3° De ne pas coûter cher de semence.

Le lupin blanc est général me ni ^n;iloyé dans le Midi. On le sème à l'automne, à raison de 300 à 250 litres a l'hectare ; on l'enfouit quand ii est en fleur, vers le mois de juin. Le lupin qui a bien végélè donne une quantité de fanes qui produisent autant d'effet que 26.000 M. de fumier de ferme. Cette fumure n'a d'effet que pendant une année.

Le sarrasin réussit aussi bien ; un hectotilre suffit par hectare, mais on lui reproche d'avoir une faible puissance fertilisante.

Le trèfle incarnai est excellent et réussit bien après un défriche m erU ; enfin les moutardes blanche et noire sont un engrais recommandablc et de la culture la plus simple.

l'our opérer l'enfouissement des plantes, il faut avoir soin de rouler ou de herser avant d'enfouir, de manière à coucher la récolte dans la direction du labour qu'on effectue ensuite. 11 importe que les plaales soient bien enfouie?, afin de pouvoir pourrir. On séme sur l'enfouissage des engrais verts.

La durée d'action île cet engrais dépasse rarement une année, mais il est précieux et ne saurait trop être recommandé

Di j 1 1 L- J I3v

an début d'une exploitation agricole ou lorsque l'accès des champs est difficile.

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