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CHAPITRE IX

De la préparation des terres.

La préparation des terres consiste en diverses façons qui ont pour but. 1" l'assainissement du sol; 2' sa division et son ameublissemcnt afin île le rendre perméable a l'air, à l'eau et aux ratines îles plantes que l'on veut cultiver ; 3° enfin, les préparations données an sol ont pour résultat de le nettoyer et do le débarrasser des mauvaises herbes.

Souvent les terres ne sont pas exactement nivelées et les eaux pluviales, sur certaines parties, ne trouvant pas de facilité d'écoulement, séjournent pendant un temps plus ou moins long, mais presque toujours irop long pour les récoltes qu'elles pourrissent. Un large fossé d'écoulement dans la partie inln'unin' du irrrain ri des sillons d'écoulement venant aboutir à ce fossé suffisent souvent pour assainir le sol.

Cependant, dans les terrains à sous-sol argileux, imperméable, la plus indispensable de toutes les préparations est ie drainage.

Le drainage est une opération qui a pour but d'assécher convenablement lo sol et le sous-sol quand, par eux-mêmes, l'un d'eux ou tous les deux gardent l'eau et ne lui offrent pas d'écoulement.

Une comparaison fait facilement comprendre les effets du drainage. Qu'une plante soit placée dans un pot, elle ne tardera pas à pourrir si l'eau séjourne au fond du pot et n'a pas d'écoulemeiii : aussi tous les pois à fleur ont au fond un trou qui permet à l'eau de s'échapper. Le drainage rond aux champs le même service que le trou des pots rend à la

Le drainage a encore d'autres résultats que de faciliter l'égoultemenl des terres; M. Jourdier les a parfaitement résumés en peu de lignes :

■ 1> La lerrc, étant moins humide à la surface, est le siège d'une évaporation d'eau moins considérable. Or l'êvaporation n'a lieu qu'en refroidissant beaucoup le soi. I.i l< ri< 'Jn'in-- (*■■(.!( n-d-fi'* (-loî-l'-'ii.ilfjr ,|u-h>*iuir. et il en résulte que les récoltes qu'elle porte sont plus vile mûres que les [autres. Généralement les blés d'un champ drainé sonl bons à moissonner quelques jours, souvent quelques semaines plus lût que les autres ;

« 2" Les personnes qui ont sérieusement pratiqué le drainage ont constaté que tlmu i<\* tiraittlrs .■nicltorcssrs les terres drainées qardfiit plus de, fraîcheur que les autres. Cela lient à ce que les pores de ces terres sont toujours libres, grâce à ce que la iillraiion de l'eau s'y opère sans obstacle. Et quand le temps devient sec, celle liberlé des porcs permet au peu d'lHimidilé que le fond a conservé deremonlcr a la surface, par l'effet île ce qu'on appelle la capillarité;

o 3° Les conduites souterraines que l'on place ainsi dans le sol constituent un vrai système vasnilaire qui aére le sol le fait respirer, pourrait-on dire. Tl est comme transformé en un immense (iltn; qui retienl toutes les parties fécondantes que renferment les eaux et les arrête à fa surface, où elles

Des ouvrages spéciaux ont été consacrés au drainage, el nous y renvoyons le lecteur-, nous rappellerons seulement que les première.-; opérations du drainage consistent en nivellements, éludes du so! cl du sous- sol , sondages, etc., qui permettent do mûrir le projet d'opération et de l'exécuter ensuite avec rapidité el succès.

Le projel bien arrêté, cm procède à l'ouverture des tranchées, d'abord au moyen d'une forie charrue défonceuse ou sous-sol ; mais au delà d'une certaine profondeur, il faut se servir d'instrument spéciaux ; le plus souvent, il est vrai, on s'en passe on se servant de ce qu'on a sous la main, mais alors on se condamne à enlever un plus grand cube de terre,

La pose des (uvaux se fail, soit au moyen d'un posetuyaux, soit à la main; mais beaucoup d'ouvriers préfèrent poser les tuyaux à la main; une fausse manœuvre du posetuyaux peut déranger la iï'c.ulanlé nécessaire à la pose et compromettre, si elle se renouvelle plusieurs fois, I opération tout entière. Toutefois la pose à la main directement eiige des tranchées moins eiroiirs. mais c'est la méthode la plus sûre, celle qui se généralise le plus, et parait en définitive devoir rosier dans la pratique.

L'util ilé du diainaue oc saurait élre méconnue, et dans les plaines de Bone, du Saf-Saf, de la Métidja, du Chélif, de la Mina, du Sitï, de l'Habra, celle opération donnerait des résullats remarquables; quant aux dépenses qu'elle nécessite,

le gouvernement a a [ferlé cent millions sur les fonds ilu budget pour faciliter les travaux, (H le Crédit fou nier a été chargé d'cxéculer la partie financière et contentieuse de la loi du 17 juillet tSiili, le gouvernement conservant la partie politique ci aiiimnistraiive de l'opération.

Il serait ù désirer, le Crédit foncier ayant ùlû autorisé à étendre ses opérations à l'Algérie, que la loi du 17 juillet fui promulguée dans notre colonie, cl que nos colons fussent appelés a jouir des bienfails du celle loi.

Après le drainage, les opérations les plus essentielles sont les labours, les hersages et les roulages.

f II, — Les labours.

Le but des labours est de détruire les mauvaises herbes, ameublir le sol, le mélanger au besoin avec une partie du sous-sol, enlin, enfouir les engrais el les amendements.

On effectue ce travail, suit à bras a\ec la biche, la pioche, la fourche ou la houe, soit avec la charrue.

Le travail avec la charrue est le moins parfait, mais on le préfère cependant, [..arec que la charrue travaille plus vile el avec une grande économie de main-d'œuvre et de frais.

» Tin bon labour, a dil M. de C-asparin, suppose que la terre a été soulevée en prismes plus ou moins larges, mais

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la surface supérieure en soit lolaiemem cachée, el que les herbes qui la recouvrai cul cessent île parai Ire, ainsi que l'engrais que l'on aurait répandu sur le sol ; de manière aussi que les tranchées aient subi un mouvement de lorauit qui diminue l' agrégation des molécules entre cl les,, qu'elles s'appuient les unes sur les aulre-s. .oui en laissant un vide au-dessous de leur point de jonction, de sorte que l'air puisse pénétrer dans le labour ; que chaque s illun rcsie bien net après le passage do la charrue, et ne soit pas encombré par la terre qui aurait surmoiiLé le versoir; que dan;, .-a marche la charrue ne s'engorge pas de terre (I), d'b.'i'bages qui retarderaient le mouvement en ob!i^"anl le laboureur à s'arrêter pour la dégorger; enlin que celui-ci ne soit pas obligé de faire des efforts trop i'ons:anis et trop fréquents pour maintenir la charrue i n équilibre et dans sa raie. Toutes les infractions à ces règles seraient comptées comme autant de

(1) Tomcdiarrot r]ui poBaiE btern devant die, quL ti charrie hibitaeilcmenii j ..iMili i-ucn; r|;ali|liï tlioic in iviMimel il JUS s* conliîtlion.

Dnitiioa b, Ci

défauts qui, à égalité do tirage ou pour des tirages peu différents, donneraient!' avantage à la machine qui ne les présenterai! pas. »

Nous avons dans un chapitre spécial (chap. III, §3) indiqué les meilleures charrues, nous y renvoyons le lecteur.

Dans la pratique, les labours portent plusieurs noms: Ainsi par exemple on appelle déchaumageuo labour qui suit immédiatement une récolte, afin de la rompre et nettoyer la terre des mauvaises herbes.

Le déchaumage s'exécute soit avec la charrue ordinaire, soit avec les scarificateurs, exlirpateurs, bisocs ou déchautneurs (voir chap. I II, § 6).

On appelle défonccmenl un labour qui a pour but d'atteindre le sol plus profondément que la charrue ordinaire et de pénétrer le sous-sol.

Les labours de défoncementsefontde différentes manières, suivant qu'on veut ramener le sous-sol à la surface ou seulement l'ameublir en le laissant en place.

Pour ramener le sous-sol à la surface, on peut se servir de la charrue Ârmelin ou de la charrue Bonnet (chap. III, § 3) l'une ou l'autre atteignent le but désiré du premier coup.

Pour ameublir le sous-sol sans le ramener à la surface, on fait passer une seconde charrue nommée fùuilleuse ou soussol (chap. III, g 3), qui n'est qu'une charrue ordinaire dépourvue de coutre et de versoir et garnie d'un soc en fer de lance qui remue la terre sans la déplacer.

La profondeur des labours dépend de l'espèce de plantes quflJ'on veut cultiver et de la fumure dont on peut disposer.

Les labours profonds améliorent la terre d'une manière durable. On no doit rien négliger pour en faire, mais ils exigent une grande quantité d'engrais, el l'on ne doit labourer profondément que si l'on peut copieusement fumer. La quantité de fumier à répandre doit toujours être proportionnée à la profondeur des labours, c'est une règle dont il ne faut jamais se départir.

L'emploi des grandes et forles charrues est nécessaire pour ces labours; ils demandent aussi des attelages plus forls, et l'on pourrait nous objecter que les petits colons-ne sont pas en mesure de les pratiquer, faulo d'instruments et de force ; nous répondrons a ceci, qu'avec des charrues légères, celles de Dombasle, par exemple, on peut obtenir le résultai désiré en pratiquant la méthode des labows doubles en usage dans le Nord. Ces labours doubles consistent à faire passer deux fois la charrue dans la raie ouverte, et à obtenir de celte manière, avec une charrue légère et un faible attelage, un labour d'une grande profondeur.

S IH. — Le haïsngu.

Le hersage esl la seconde ovs-rniiriTi des préparations de ia terre; il a pour bot de briser les molles, d'unir la surface du soi, d'enlever les mauvaises herbes, ou enlin d'enfouir une semence ou un encrais.

La herse est un Mli de bois ou do fer muni de dents en bois ou en 1er; sa tonne est variable; c'est tantôt un parallélogramme, lamùl un trapèze, tantôt un triangle. La meilleure de toutes esl la herse pandlélognmmiiiiue employée isolément ou accouplée par deux ou par trois.

Les dents des herses sont on rondes ou angulaires à leur extrémité ou recourbées de haut en bas el d'arrière en avant.

Il y a trois sortes de hersages : un seu! avec les herses à dents droites et deux avec les herses 1 dénis inclinées : le premier de ces deux derniers {/t»r.>w</e un mr-rochant) esl le plus énergique, il alieudmis le sens de l'im'l maison desdents ; le second {hersai/H m dùcynuhani) esl le moins énergique do tous, il a lieu en tirant la herse dans le sens opposé.

Pour donner plus d'énergie encore au hersage en accrochant, il arrive que l'on charge de pierres la herse aliu qu'elle pénétre davantage.

Nous avons indiqué, chap. III, § 7, les meilleures herses connues.

Le roulage est la troisième opération des préparations des terres; il a pour but de briser les molles qui ont résisté à la herse et de tasser les sols légers, atin qu'ils conservent plus de fraîcheur. On roule aussi au printemps pour rehausser, appuyer el faire [aller les ei'iva^s.

Lorsque - la terre osl trop humide il faut bien se garder d'employer le rouleau ; les mottes s'aplatiraient au lieu de s'écraser el le travail serait plus nuisible qu'utile.

Les rouleaux d'un grand diamètre exigent moins de lirageque ceux qui sonl plus petits. Quant au meilleur de tous les rouleaux réunis, c'est le r.mieau la o-skill (chap. III, §8) ; c'est le plus énergique et il convient particulièrement aux défrichements el aux sols argileux.

Ces trois opérations, labour, hersage et roulage, constituent dans leur ensemble ce qu'on nomme la préparation des terres. Mais, dit M. Jourdiev, dans sou catéchisme

d'agriculture, leur nombre et l'ordre suivant lequel elles doivent suivre, varient lellemont suivant le climat, la saison, la nature et l'état du sol, la rikolie qui a précédé et celle qui doit suivre, la nature et la quantité de lu fumure, etc., clc, qu'il est impossible de fixer des règles absolues à ce sujet.

Un cultivateur intelligent doit décider tout cela en présence des faits, mais en général, uans cet ordre d'idées, trop saut mieux que trop peu.

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