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CHAPITRE XIV

Les céréales.

Dans le sens le plus Étendu, le mot céréales embrasse nonseulement les graines farineuses, mais encore les légumes secs, les tubercules et les fruits produisant une fécule nutritive et paniflable.

Dans l'acception plus restreinte, mais plus ttsiiée du mot, céréales est le nom commun en agriculture des graminées farineuses, cultivées pour leurs grains, qui servent à la nourriture de l'homme et des animaux; les principales sont: le froment, le seigle, l'orge, l'avoine, le mais et le sarrasin, à cause de l'analogie de ses usages, bien qu'il soit d'une famille toute différente.

S I. — La froment.

Les froments se partagent en deux grandes sections :

1° Les froments proprement dits dont le grain se détache nettement de l'épi par le battage;

2° Les épeautres dans lesquels la balle reste adhérente au grain et ne s'en sépare que très difficilement.

Ces derniers sont peu cultivés, et leur seul mérite est d'être très rustiques et de prospérer dans les mauvais sols où les froments ne viendraient pas. Les premiers seuls doivent nous occuper ici.

Les variétés de froment cultivées en Algérie sont nombreuses, mais on peut les partager en dons classes, les seules même qui existent réellement, "savoir : les froments à grains tendres et à chaume creux; les froments à grains durs et ù chaume solide.

Les froments ou blés tendres appartiennent aux pays du Nord et aux terres humides;

Les blés durs sont originaires d'Afrique et les seuls qui étaient cultivés par les indigènes avant la conquête. Le Midi

el les pays chauds leur conviennent particulièrement. Le poids du blé dur est plus fort que celui du blé lendre, parce qu'il contient plus de farine : en outre, sa farine, plus sèche, absorbe plus d'eau en pétrissant et rend plus de pain.

Le blé d'Afrique est dur, ramasse, pesant, plein, bombé, peu profond dans la rainure, lisse et jaune clair à- la surface ; il glisse dans la main, sonne quand on le fait sauter, el résiste sous la dent.

Les deux variétés de froment, dur ou tendre, réussissent du resle très bien en Algérie; toutefois on a remarqué que les blés tendres sans barbe, arrivés à l'époque de la malurilé, s'égrenaient facilement, et que le vent, en agilant les épis, causait d'assez grandes pertes. Il est donc utile de choisir les variétés qui ne présentent pas cd inconvénient, telles que les tu/eile- i : : bues, les riclie;i-> de Naples, la pétanielle de.\ice,la sai/ette d'Arles, etc.

Le froment demande un terrain argiio-caleaire ; ce dernier élément est m.lisn. nsable pont- la bonne qualité du grain ; il vicni mal dans les terres sablonneuses.

Le blé n'exige pas une grande profondeur de sol, mais un terrain propre et ameubli; il aime aussi qu'il soit riche, mais non pas fumé directement. L'engrais frais donne beau-

lenlu, on doit, en*vue du^blê, fumer la récolte précédente.

Ou doit attendre, en Algérie, pour semer que les premières pluies aient bien détrempé la terre, ce qui a lien ordinairement vers le 1 3 octobre. Les ensemencements peuvent continuer jusqu'au 15 décembre au plus lard; sans doule, on peut encore semer jusqu'à la lin de décembre et en janvier; mais souvent il est difficile de le faire dans de honnoa conditions. Les récoltes de céréales ne sont abondantes et assurées qu'aulanlquc les ensemencements ont eu. lieu de bonne heure à l'automne.

Si, par une cause indépendante, les semailles ont lieu, après la lin de décembre, il faut semer plus épais.

Pour semence il no faut choisir que le blé le plus sain ot lo mieux nourri, qu'il soii bien nettoyé, de bonne mine, fin d'écoree, coulant et lourd; autant que possible, il ne faut employer quo du blé de l'année,

On sème communément à la volée, et l'on répand généralement un hectolitre el demi de semence par hectare ; le somoir économise un tiers environ de la semence et fait un meilleur travail.

On recouvre habituellement avec la charrue, mais il y a avantage à se servir soit de l'extirpai eut', soit de la herse qui font cinq ou six fois plus de besogne.

I,a semonce M\ Cire enterrée à six ou sepl conUmclres,

Pendant lo cours de sa végétation le blé donne lien à plusieurs cui tares d'entretien qui ne sout négligées par les cultivateurs qu'au détriment des récoltes; les principales sont :

Vlœ&rigolages. — On appelle ainsi l'établissement des sillons ou rigoles destinés a l'écoulement des eaux pluviales. Ces sillons sont tracés suivant la conformation du terrain, et les lignes d'inclinaison au moyen d'une charrue ù double versoir, et l'on repasse doux fois dans la même rnio; plus le sol est incliné, plus ces sillons doivent Ûtro nombreux; enfin, il Taut donner aux rigoles le moins de pente possible, afin d'éviter les ravinements.

2° Les rehersages et les roulages. — Ces opérations ont pour but de sarcler et biner, d'appuyer lo sol, de briser les moites et de butler en quelque sorte le pied du blé ; elles on! lieu au mois de mars ou plus tût si le sol est bien essuyé. On roule dans les terres légères, on herse les terras fortes, ou mieux encore on so sert d'uno herse à donts do for dans les terres fortes, et d'une lierso a dents de bois dans les terres légères. Il ne faut pas s'effrayer des dégàls plus apparents que réels causés parla herse; voici ce que l'illustre agronome Thaer pensait C>; celle i;ui ui unie D|n':raLiun : » li faut « se livrer à celte opération sans aucune des crainles dont la » première fois on aura beaucoup de peine à se défendre. « bi, après cela, le champ a (ouïe l'apparence d'avoir été « semé récemment, de sorte qu'à peine on y aperçoive une " [ouille verte et qu'on n'y voie plus autre chose que la terre, " c'est alors que l'opération a le mieux réussi. »

Après le hersage, on passe le rouleau pour affermir la terre autour du jeune plant et écraser les mottes, afin de faciliter l'action de I;e faux lors de la moisson.

Dans les blés semés en ligne, on fait passer la liouo binouse entre les rangs, et s'il tait sec on roule ensuite.

3' L'cpamnrttge. — Celle opération a pour but de diminuer l'excès de végétation herbacée des blés qui nuirait nu développement des épis vt amènerai! la verse. On épnmpre, soit en coupant à la faux ou a la faucille, ie sommet des feuilles et des jeunes tlp/es, soit en faisant passer un troupeau de moulons sur le champ; mais pour cela il faut avoir un berger adroit et intelligent, et qui soit bien sûr de ses chiens.

4° Les sarclages. — Cette excellente opération est longue et coûteuse, mais les femmes et les enfanls peuvent la pratiquer, et l'augmentation de récolte qu'elfe procure pale les frais at au delà, et le sol resle en bon état pour les cultures suivantes. On sarcle quand le sol est sur le point d'être re-couvert par le blé; plus tôt, les mauvaises herbes repousseraient encore.

5° L'écliar (tonnage, — Cette opération vient en dernier lieu; doux règles sont a observer pour l'ùchardonnago; d'abord de ne pas attendre que les graines du chardon soient mûres, car en élu-aidan! la p]jiniu pour l'arracher, on la ressèmerait; ensuile lie ne pas se contenter do couper la planle au collet. Si la racine n'est pas enlevée , au lieu d'une tige qu'on a supprimée, il eu repousse cinq ou six.

L'éclmrdonnage se fait au moyen de longues tenailles en bois nommées moettes, qui sont en tout supérieures aux sarcltilles avec Icsqnclic-? nri fail phis ;W. ru;U que de bien.

On enlève aussi les nielles, les sauves, les ivraies dont les graines se mêleraient au blé dans le battage et le saliraient.

Le froment vient en maturité, en Algérie, vers le milieu de juin.

Dans l'état actuel de la culture, les blés indigènes doivent être préférés ; ils sont plus rustiques et plus productifs; les blés tendres demandent une culture plus avancée, des terres mieux préparées ; ils font plus délicats, plus sensibles aux influences des hreaillard?. des rusées et des fortes chaleurs, ils s'égrènent facilement. Les blés tendres barbus doivent être préférés comme résistant mieux aux inQuences que nous venons de signaler.

S - Le Sêgl,.

Le seigle n'est et ne saurait être qu'une culture très-secondaire en Afrique, où toutes ou presque toutes les terres sont propres à la culture dufroinenl; eepeivhr.l le seigle est cultivé sur une faible étendue de territoire pu Knbylie, cl dans quelques tribus arabes où il donne de fves beaux produits.

Les colons feront bien cepeiidaui d'en semer un peu dans les plus mauvaises terres, pour sa paille, qui est préférable il celle de toutes les autres eéivales pour fabriquer les liens des gerbes et faire les e-ouvertmes de chaume ; enfin son grain, mélangé dans la proportion d'un cinquième parmi la mouture du cultivateur, maintient le pain frais en été. C'est là un avantage qu'apprécieront les colons qui ne vont pas chez le boulanger et ne cuisent pas chez eux tous Icsjours.

Tout ce que nous avons dit plus haut au sujet du blé se rapporte à la culture du seigle, qui se moissonne dix à quinze jours plus lot que le froment.

Le seigle talle moins que le blé, ainsi doit donc employer plus de semence, soit de 2 à 2 hectolitres ci demip:u bu ci are. On enterre aussi moins profondément le seigle, parce qu'il pourrit aisément.

Le rigolage doit être fait avec pins de soin que ponr le blé,

le seigle craignant plus l'humidité.

Les sarclages et les hersages sont moins indispensables que pour le blé; le seigle, poussant de bonne heure, étouffe les mauvaises herbes; cependant nn coup de herse légère active la végétation et augmente le rendement.

§ IU. - L'orge.

L'orge est, en Algérie, la base de l'alimentation des chevaux et des bestiaux, sa culture est donc très -ré pan due parmi les indigènes et les colons.

L'orge demande une terre franche, meuble et riche; tons les sols lui sont bons, pourvu qu'ils ne soient pas humides; les terres sablonneuses toutefois ne lui conviennent pas.

L'époque des semailles est la même que pour le blé ; on peut toutefois retarder jusqu'au 15 jamier. Cependant, dans le cas de semailles tardives, il vaut mieux cultiver les variétés précoces.

La variété la plus généralement adoptée, celle que les Arabes cultivent jusque dans les oasis, c'est l'orge à six rangs (hordewn hexastiown). Dans le cas de semailles tardives la petite orgo carrée doit être préférée comme plus précoce.

On sème ordinairement deux hectolitres de grain a l'hec-

Toutce qni a été dit à propos du froment pour la préparalion du sol ou les cultures d'entretien s'applique à l'orge; un hersage énergique au printemps lui convient particulièrement. L'orge se cnltive aussi pour fourrage vert. Si elle a élé semée de bonne heure, on peut la couper au mois de mars et obtenir encore une assez bonne récolte en grain.

La moisson a lieu uno quinzaine de jours avant celle du froment.

La paille est une excellente nourriture pour le bétail. Le produit de l'orge est à peu près lo double de celui du blé en grain.

S IV. — L'oTCias.

L'avoine est, en Algérie, une culture d'importation européenne qui a parfaitement réussi.

L'avoine n'est pas difficile sur le choix du terrain, elle ne craint que les sables arides ou irop calcaires.

La variété adoptée de préférence est l'avoine blanche d'hiver.

On semé dés le mois de novembre, a raison de quatre hcelolilrcs a l'hectare; on enterre profondément pour Éviter le il l'Humée ment.

Les soins d'entretien sont les niâmes que pour ie f-nment; l'avoine s'accommode surtout très bien îles hersages eu printemps; il ne faut même jamais oublier de rchersor à celte époque, aussitôt que les 111:111 vaises herbes apparaissent, sans cola elles étoufferaient l'avoine.

L'avoine doit f ire coupée un peu vertu pour éviter la perle causée par les vents; on la laisse alors javeler, e'esl-iWiiv rester sur le sol au moins une huitaine de jours pour que le grain arrive à sa pavhile malurité.

La paille fourni: mie bonne nourriiui-e pour le bétail. L'avoine constime une excellente nnurriturc pour les che-

vaux de trait pendant l'hiver; elle n'a ce que l'on a cru loiifrlemps, l'meonvcmuin m Le produit eu cvaiii, suivant la fertilité do de vingt ii soixante hectolitres, et le produi 1,&O0(U,0OO ki'"

Le maïs cal une culture des pays méridionaux ; il n'est pas exigeant sur la nature du lorrain, pourvu qu'il soit un peu frais, bien fumé cl bien divisé pir les labours.

Pour'lea terres fraîches ou irrigables, on donne la préférence au grand jaune ordinaire, au blanc dos Landes, ou grand d'Auiûriquei on réserve pour les secanos les cspôcos petites et précoces, telles que le quarnnmin et le maïs h poulet,

Le mais est cultivé comme planlo sarclée, il nettoie le sol et sa place dans l'assolement est sur les fumiers. On le sème en ligne. Les Arabes le cultivent à l'an'osa;:e ; mais en Icaeimmi de bonne heure, à In fin de février ou au commencement de mars, il réussi! bien duns les terres non irriguées.

On séme le mais derrière la charrue, sur le revers de la bande de terre, de manière que les crains soient enterrés de six à dix centimètres ; ou espace tes lignes et les plantes de soixante centimètres, de manière à former un quinconce. Si les planlssont trop serrés, on les dégarnit; s'il y a des vides, on sème du mais précoco.

On bine et on sarcle le maïs plusieurs fois.

Le premier binage a lieu aussitôt que les jeunes plantes sont sorties; le travail p'exéeule à bras ou mieux encore ù la houe a cheval. Quinze jonrs après, on bine de nouveau ; lorsque le maïs a atteint vingt a trente centimètres de hauteur,

on le bulle une première fois, pots une seconde vingt Jours après; on retranche les branches latérales, et, après lafieondalion, les épis mùles qui garnissent le sommet. Ces sommets sont donnés comme fourrage vert et conviennent a. tons les animaux.

La récolte se fait dès que l'épi est desséehêet le grain dur, On détache les épis de ta lige, on les dépouille de leur enveloppe, et on les expose quelque temps au soleil.

On enlève après la récolte les tiges qui servent, ainsi que les enveloppes, à la nourriture <lu bétail.

Le rendement du maïs varie de 30 a. 80 hectolitres à l'hectare; l'hectolitre devant peser de OS a 7B kjl.

1 00 kilos de grains rêpondenl à «00 kilos do tiges, SB kilos de spaliies (feuilles qui enveloppent l'épi et qui servent pour la literie), et 50 kilos de ra/les (on appelle ainsi l'épi dépouiilé de ses grains). Les rafles servant tijuvtnt à diauircr lu foui 1 , mais on peut en tirer un meilleur parti ; d'après M, Jourdier, le prince de Schwarzenberg a nourri B,000 personnes, tout un hiver, avec du pain de rafle do maïs. Les colons pourraient les employer utilement pour les animaux en les concassant et en les faisant macérer ou cuire.

Malhieu do Dombasle a indiqué le moyen suivant pour conserver io maïs : a On enlève entièrement les fauillos ûu moment de la récolte et l'on entasse les épis dans une cago a. claire-voie élevée sur des piliers do hois, à huit ou neuf pieds au-dessus du sol. et surmontée d'une toiture en chaume. Cette cage ne doit pas avoir plus de trois piedi de largeur, afin que l'air circule facilement dans toute la masse. On peut lui donner six pieds d'élévation sons 1rs gouttières et une longueur indéfinie. Lo pourtour et le fond do la cage sont formés de lattes espacées enlro elles do manière à ne pas laisser passer les épis. Les gouttières de la toiture doivent dépasior d'une couple de pii/ils Us iuivs intérieures de la cage. D'après une eipérience de plusieurs années, je me suis assuré quolo maïs s'y conserve Irès bien, pourvu qu'il soit récolté passablement mûr. 0

On sème aussi le maïs à la volée pour le couper en vert comme nous le verrons en parlant des fourrages.

S VI. — La SuruiB.

La culture du sarrasin ne sera jamais bien étendue on Algérie; sa paille n't.'.-t bonne que comme litière et son grain a pou do valeur pour la nourriture de l'homme; toutofois elle est excellente pour les animaux et particulièrement pour ]a volaille qu'elle engraissa rapidement.

Le sarrasin n'est pas exigeant pour le choix dn terrain, il vient très bien après un défrichement récent et ne demande aucune façon pendant sa végétation.

Trois mois suffisent à sa végétation et il n'épuise pas le sol. On le sème en mars a raison de 60 litres a l'hectare.

Le sarrasin peut rendre de très grands services comme fourrage vert, mai3 plus particulièrement comme engrais vert. Quand on n'a pas assez d'engrais, on pent le semer pour l'enfouir au moment de la floraison.

Enfin, dans les contrées où l'on s'occupe d'apiculture, le sarrasin est d'une bonne ressource, parce que sa fleur fournit en abondance aux abeilles les matériaux pour la confection du miel et de !a cire.

S Va. — Lo Millat.

Le millet est avantageux a cultiver ponr l'élève de la volaille et aussi comme fourrage vert.

On sème en mars sur labours profonds, à raison de 15 à 20 litres par hectare. Si l'on sème en ligne, on doitbiner et butter. Semé à la volée, on supplée au binage par des hersages donnés dans le milieu du jour pour ne pas endommager les jeunes plants.

Le millet résiste bien à la sécheresse.

On récolte quand la majeure partie de la graine est mûre, et l'on met en petites meules après un javelage de plusieurs jours. On bat au fléau.

Le millet donne environ 30 hectolitres a l'hectare.

On cultive deux espèces de millet, le millet blanc on commun , et le millet à grappes ou d'Italie -, le millet commun est le plus estimé.

$ VIU, - La Sorgho.

Nous n'avons à nous occuper ici que des diverses espèces de sorgho cultivées par les indigènes, nous proposant de revenir, à propos des plantes hiJu.-iLnelies, sur lo sorgho sucré.

Les variétés cultivées, tant dans le Sahara que dans le Tell, sont : le grand sorgho à balais {holcus torghum} on sorgho rouge; le sorgho blanc, Bechna ou Douràh des Arabes; le Rgïnffa des Arabes (fï. cernuus) et Bouche (ff. spicatus) connu aussi sous le nom de millet à chandelle.

Les deux dernières espèces ne sont point délicates sur la nature du sol et viennent parfaitement sans irrigations.

On cultivables sorghos comme le millet.

Semées Épais h la fin de niai, ces variétés de sorgho fournissent un excellant fourrage vert à faucher dans les mois de juillet et d'août.

S ix. - u m.

Le riz était cultivé par les indigènes avant la conquête, et il l'est encore dans les oasis du Sahara ; il pourrait 1 être encore par les colons; mais, dit avec juste raison, M. Hardy, "les rizières submergées sont excessivement malsaines cl ne feraient que perpétuer l'insalubrité des plaines et des lieux basque l'on s'cITorcc d'assainir. L'immense quantité d'eau que colle culture aquatique absorbe donnerait des produits bien autrement avantageux en l'employant à la production des herbages, des racines alimentaires et des récoltes industrielles. •

Mais si la culture du riz est abandonnée comme présentant dos inconvénients, et il n'en est pas de même du riz sec do Cochinchine ou riz de Carro, dont M. Hardy, directeur do !a pépinière d'Alger, est un des ardents promoteurs. Cette espèce vient parfaitement en Algérie ; mais il lui faut encore des arrosages fréquents; quant a nous, nous croyons que l'eau dont tes colons peuvent disposer, — et il leur en manque souvent, — serait plus utilement employée.

Le riz sec se séme en avril, dans un terrain naturellement frais et facilement irrigable. Après deux ou trois labours, on trace des billons de 35 à 40 centimètres de distance, et on sème en ligne au bas de chaque billon. On irrigue ensuilo deux fois la semaine. On a soin de biner de temps on temps et de ne pas laisser crollre d'herbes étrangères.

La récolte peut avoir lieu en août.

Jusqu'à ce jour, les pépinières du gouvernement se sont seules adonnées à cette culture, nous pensons que les colons feront bien de les laisser continuer celle production de fantaisie.

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