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CHAPITRE XVII

Les Fourragea.

g I. — PioirïcB nitwtUn.

Dans toules les provinces on rencontre des prairies naturelles. Les vallées, les plateaux, une grande partie des coteaux peu inclines produisent des fourrages dont la supériorité, contestée a une époque, est aujourd'hui parfaitement reconnue. Le Sahara lui-même, après la saison des pluies, se couvre de plantes aromatiques qui forment d'excellents pâturages pour les nombreux troupeaux des nomades.

Des les premiers jours de pluie, en octobre ou novembre, la terre se garnit d'une abondante végétation qni, au printemps, atteint un mètre, un métré cinquante de hauteur. Dans les contrées du littoral, les plantes parviennent à leur maturité au mois d'avril ; sur les plateaux plus élevés , celte maturité n'arrive quelquefois qu'a la fin de juin.

La qualité des fourrages est variable ; elle est supérieure sur la plus grande partie du territoire ; moindre sur quelques points, mais cela lient surtout aux différentes causes que nous allons énumérer.

L'étal du sol d'abord: surles terrains précédemment cultivés, les prairies sont supérieures ; dans ceux couverls de broussailles et de souches, où la charrue, si imparfait que soit le labour, n'a pas passé depuis plusieurs siècles, les produits, au contraire, sont inférieurs comme qualité et comme rendement. Quant aux terrains humides ou irrigables, ils fournissent des fourrages plus abondants et plus savoureux que ceux venus dans les terres sèches qu'un soleil de quelques jours brûle el desséche.

Suivant la naturo des terrains, les fourrages se divisent en deux espèces bien distinctes : dans les uns, ce sont les plantes appartenant aux familles des graminées qui dominent, dans les outres, ce sont les légumineuses. Les terrains humides produisent plus particulièrement les premières-, sur les terrains secs, c'est-à-dire les coteaux, croissent en plus

grande abondance les secondes ; celles-ci sont pins estimées

que celles-] à.

Parmi les graminées les pins communes et les plus renommées, sont les lygées et les stypes, connues des Arabes sons le nom à'alfa, et qni rendent d'immenses services pour la nourriture des animaux, en ce qu'elles résistent à lachaleur et à la sécheresse ; te stipa barbata, très commun dans le désert et l'un des principaux aliments du chameau, est plus particulièrement désigné sous le nom de drin. Viennent ensuite, et appartenant à la même famille, les avoines, les dactyles, les paturins, les alpistes, les bromes, les féluques, le mil, le dis des Arabes larundofestucoïdesl, qui résiste aux plus grandes sécheresses et croit dans les lieux les plus arides ; enfin, on rencontre fréquemment le loliwm perenne (le ray-grass) dont on fait des prairies artificielles et qui a changé la face de l'agriculture en Angleterre.

Parmi les légumineuses, on trouve les gesses, les lentilles, les luzernes, dontl' abondance fait la richesse des prairies, les lupins, les vesces, les orobes, quelques trèfles, de nombreuses espèces d'astragales, dont quelques-unes sont très estimées ; enfin les sainfoins, qui viennent admirablement et atteignent, certaines espèces, — enire autres Yhedysarum corontmvm et \'hedysarum]!exuosum, — \ine hauteur de trois mètres.

Les fourrages les plus estimés sont ceux qni réunissent les graminées aux légumineuses; quant aux aulres familles de planles fourragères, elles sont peu communes; cependant la famille des composées fournit quelques crucifèreset quelques labiée; esliiiiéuo.

Parmi les prairies existant en Algérie, les unes sont très riches; mais en général leurs produits ne sont pas consommés par le bétail des colons qui préfèrent les faucher pour vendre leurs fourrages à l'administration. En 1 854, par exemple, on a exporté cent quatre-vingt mille quintaux métriques de fourrages dont moitié pour la consommation de l'armée d'Orient. Ce débouché a été, on ne saurait le méconnaître, d'un grand secours pour beaucoup de colons ; mais ce n'est pas à ce point de vue que les fourrages ont de l'importance; la conservation des prairies, la culture des fourrages a une utilité plus grande qu'une ressource d'exportation qui peut disparaître avec certaines circonstances ; les fourrages sont indispensables pour l'élève du bétail, et sans bétail, pas do fumier; sans fumier, ni céréales, ni cultures industrielles, c'est-à-diro la misère et la disette.

Les prairies les plus riches sont, comme nou6 l'avons déjà dit, celles qui couvrent des terrains précédemment cultivés et laissés en friche pour les faire reposer; un hiver suffit pour couvrir ces terrains d'une herbe épaisse et abondante.

Censndant nos grands faute,— et c'est elle qui fait les prairies

les moins riches, — c'est qu'il arrive souvent que les terres ne sont abandonnées que lorsqu'elles sont complètement appauvries. L'herbe pousse encore, mais plus maigre et moins fournie) une fnmure, même légère, serait d'une grande utilité; en même temps on pourrait obtenir un produit plus abondant en jetant un peu de semonces, des trèfles incarnats, des ray-grass, des lupulines, par exemple. Pour enrichir ces prairies, on a assez souvent l'habitude de les faire pâturer par le bétail: e'est un bon système, mais il ne vaut peint, et nous recommandons, l'emploi d'engrais pulvérulent ou purin.

Quant aux prairies envahies par les broussailles, les souches et les parasites, c'est-à-dire les plus mauvaises, il faut ies nettoyer, arracher les mauvaises herbes, extirper les broussailles et semer les vides.

Partout où l'irrigation est possible, elle donne des résultats incalculables; on ne saurait trop s'en souvenir en Algérie; malheureusement l'oau est quelquefois raro et on la réserve pour les cultures induslrielles ; c'est une faute;uno partie doit ûlre autant que possible employée sur les prairies, car ce n'est qu'au moyen de l'irrigation qu'on peut arrivera produire des fourrages verts pendant les mois de juillet, août et septembre, les plus chauds de l'année, ceux dans lesquels les animaux ont le plus à souffrir; l'hygiène, bien entendu, l'exige, l'intérêt des colons le commande.

j II. — Prairial «tifiuallgi.

Jusqu'à ce jour, dit M. Hardy, on n'a pas cultivé les fourrages, et cela n'était pas nécessaire, puisque la nature se charge du soin de les produire ot que !e cultivateur n'a que la peine de lesrécollor. Mais il arrivera ccpcndant.do proche en proche, que les prairies naturelles s'épuiseront ot disparaîtront, et que l'on sera obligé de les soumeltro au régime d'une culture en règle.

Il faudra alors ou convertir certaines parties do terrains en prés, c'est-à-dire refaire ce qu'on est convenu d'appeler des prairies naturelles; ou créer des prairies artificiel les, c'est-a-diro ensemencer ces terrains do plantes annuelles, bisannuelles ou viyaees.

Dans le premier cas, il suffit souvent, comme nous l'avons dit plus haut, d'un hiver pour que naturellement une terre laissée en friche se couvre d'une herbe épaisse et abondante ; mais ce moyen ue rôussiL [ma toujours <\La lu première annéo ; en abandonnant une Cerre tt elte-mûme on perd quelquefois

le produit de la terre pendant nn, deux on troll ans qui

s'écoulent avant qu'on ait un pré passable. Pour aToir un pré on rapport dès la première année, il faut dono prendre plusieurs pn'ni minus indispen bibles.

Dans son Ban Cultivateur M. Malhie-H de Dombasle indique les suivantes:

« Le premier soin nécessaire est d'amener le sol , par des engrais, au meilleur état de fertilité possihle, et do le nettoyer parfaitement des plantes nuisibles; sans cela il n'y a aucun succès à espérer, »

espèces de grammes A,- prairies sont celles dont la graine mûrît la première et tombe avec le plus de facilité, de sorte qu'elle se perd presque (fmjnnrs d;ms le fanage du foin. j>

La méthode indiquée par cot agronome nous parait préférable :

« Le moyen le plus assuré de former un bon mélango de plantes est donc do les prendre dans da bons prés, d'une nature de Lerre et d'une situation analogues à celles du terrain auquel on les destine. Pour cela, on observera avec soin Cépoquo de la maturité des meilleure rspt"r>':, ci l'on fera faucher, ou, mieux encore, couper à la faucille l'herbe du pré, au moment où ces semences sont sur le point do mûrir ; car les meilleures espèces do graines de prés s'égrenant avec une très grande facilité, on perd presque tomes les semences si l'on attend quelques jours trop tard pour les couper, ou si on les secoue trop fortement pour les couper ou les faire sécher.

« Les diverses plantes qui forment les prés ne mûrissent qu'a des époques successives; de sorte que si l'on ne fait pas attention a cette circonstance, on pont recueillir dans un pré des semonces de planles fort diiférentes do colles qu'on veut multiplier. Si l'on voulait obtenir un mélange d'espèces semblable à celui du pré dont on récolte la semence, il serait nécessaire de diviser ce pré en deux ou trois parties, et

de les faucher successive ment à l'Époque de la maturité de chaque espèce: on dc recueillera guère dans chaque lot que les grainesdes essences de plantes dont la maturité a coïncidé avec le moment de la récolte, et l'on mêlera ensemble toutes les graines que l'on aura ainsi recueillies. Celte précaution n'est, au reste, nécessaire que pour former des prés que l'on destine à être pâturés, car, pour les prés à faucher, il est désirable que les diverses plantes qui les composent arrivent à maturité à pen prés a la même époque.

« En récoltant aussi les graines do prés avec soin, en les criblant et en les vannant bien, et séparant encore, par ces moyens, les mauvaises graines qui en sont susceptibles , on peut obtenir des semences propres à former d excellentes prairies. =

Dans le commerce, on peut aussi se procurer, à des prix peu élevés, les semences d'un certain nombre de plantes dont on peut former de bonnes p-airies en les mélangeant avec discernement, sclou la nature du terrain qu'on leur destine.

Parmi ces plantes nous citerons en première ligne l'ivraie vivace [lolium pvrenne) ou ray-grassdes Anglais, qui pousse à peu près bien dans toules les terres comme sous tous les climats; la quantité de graines à .semer par hectare est de quarante kilogrammes si on sème seule cette graine ; mais il vaut mieux la mélanger à hi .ïn-li- tnujanie, à l'avoine élevée ou fromenlal, au dactyle pelotonné, a la fétuque des prés, à la fléole des près, à la houque laineuse, ainsi qu'au paturin des prés-, à ces graines, qui appartiennent à la famille des graminées, il est bon d'ajouter quelques plantes de la famille des légumineuses qui se rencontrent dans les bons prés : luzerne, trèfle, sainfoin, lupuline, etc.

On hésite souvent à acheter la «raine pour semer ; mais il ne faut pas y regarder dc trop près ; quand on sème un pré, ce n'est ni pour six mois ni pour un an ; la dépense première se répartit sur trois, quatre, cinq ou six années.

Quant aux quantités de chaque graine qu'il faut semer par hectare, quand on les mélange, elles vnrienl suivant les cultivateurs; voici, pour servir de terme de comparaison, ia quantité par hectare à répandre, si chacune des graines devait être semée seule : y a g jv,.si is tvnrrtn!' 1 , cinq kilog.; l'avoine élevée ou frrnutntal, cent kil.; le dactyle pelotonné, quarante kil.; la féitn/uc iks prés, cinquante kil.: ia houque laineuse, vingt-cinq kil-; le piihirhi riV* prêt, vingt kil.; enfin l'ivraie vivace, comme nous l'avons déjà dil, quarante kilogrammes par hectare.

Pour faire un mélange destiné à taire un bon pré, il faut assortir les graines dans des proportions telles que le total

forme un bon ensemencement pour chaque hectare, auquel on ajoutera en outre de dix à douze kilog. de graines de légumineuses. En procédant ainsi ou est assuré d'un bon ensemencementqui garnira bien le terrain et qui, en Algérie, fournira des le mois de mai, une bonne récolte, c'est-à-dire huit mois environ après l'ensemencement.

Nous avons dit qu'il fallait semer sur un sol bien préparé et bien fumé; pour l'entretien, voici ce que conseille M. P. Joigneaux dans un excellent petit livre intitulé : les Prés et les Champs.

« Remarque bien que l'herbe des prés ne vit pas plus de l'air qui court que l'herbe des champs. Si tu la nourris mal, elle poussera mal ; si tu la nourris bien, elle le remboursera largement de les sacrifices. C'est ce que les cultivateurs ne veulent pas se mettre en téte. La pluparl s'imaginent que les prairies se contentent des irrigations, que l'eau nourrit suffisamment pour qu'on n'ait plus besoin de s'en occuper. C'est là une grosse erreur, ne l'oublie pas; l'eau conduit les engrais, les porte aux racines, Tafralchit les plantes qui ont soif, mais elle ne leur donne pas une grande force par ellemême; les eaux que l'on dit bonnes sont celles qui roulent du limon, de la lerre neuve, de l'engrais des (erres labourées; mais ne me parle poinl des eaux claires, de celles qui ne rouleat rien. Veux-tu les rendre bonnes, celles-ci ? Fais-les passer d'abord dans un largo trou rempli de fumier, de cendres et de chaux ; remue bien le tout au moment où elles passent et lance-les ensuite dans les rigoles. Ainsi traitées, les eaux se chargeront d'enumis et deviendront excellentes; alors même qu'elles t'arriveraient d'un marais, d'une fange, d'un bois et seraient acides, elles perdront leur acidité en passant.

» Fumer les prairies tous les ans, c'est le seul moyen de les améliorer et d'en tirer de grosses ressources. »

Les prairies dont nous venons de parler, quoique artificielles, sont habituellement désignées comme prairies naturelles; le nom de prairies artificielles est réservé pour les cultures qui ne a-.iminiiiumit qu'une espèce particulière de plantes ou tout au plus deux ou trois.

i Les prairies artificielles, dit M. Jourdier, ont cela de caractéristique, que jamais elles ne sont destinées à occuper le sol d'une manière permanente; elles doivent au contraire être rompues au bout d'un'temps plus ou moins long. »

Les principales plantes qui sont cultivées en prairies artificielles sont, parmi les légumineuses : les Ircfles, le sainfoin, la luzerne, la hipuline, la vesce et le pois gris; parmi les crucifères : les choux, les moutardes; enfin, parmi les graminées : le ray-grass, le mob.» de Hongrio, le maïs, les sor-

ghos, etc. Nous allons consacrer ù, chacune un paragraphe spécial.

jiil-l™ trtflu.

On ne peut pas classer les trilles parmi les plan Les fourragères qui réussissent le mieux ni Aig rie, la chaleur du soleil dessèche trop rapidement les feuilles; une seule variété réussit hion, c'est le trèfle incarnat {trifolium incmnalum) ou farrouch.

Celle variélé estunocullure du Midi, assez rustique, qu'on sÈme à l'automne et qui se emi-unnne au mois de mai. Elle est assez difficile sur le choix des lerrains ; ceux qu'elle préfère et qui lui conviennent le mieux sont les terres argilosiliceuses, schisteuses et sUico-ar-dleuscs. Ce fourrage joue un rôle important dans l'assolement dans le Midi ; on le place cnlre le froment et lo mais.

i Le trèfle incarnat, dit Victor Boric dans ses Travaux des champs, offre uno particularité digne de remarque : pour que sa semence roussisse bien, il faut qu'elle soit répandue sur un sol battu ou sur uno terre labourée depuis longtemps. »

On doit éviter, far il y n'ussil très mal, les sols humide*, imperméables cl les terres calcaires.

Le trèllc incarnai constitue un excellent fourrage vert, mais c'esl uu assez mauvais fourrage sec.

§ IV. - Lo «ainlbLi.

Lo sainfoin osl un fourrage précieux qui no redoute ni la chaleur ni la sécheresse ; c'esl le hiui'i'aee pur excellence des pays secs et des terrains pauvres i:l cale; lires, pourvu que le sous-sol soit pcrméahlc cl profond, car la racine de celte planlc esl très pivotante.

Les lerres argileuses, froides, rompu.'!, 1 * ou humides ne couvienneoi peint au sainfoin.

Le sol doit être bien lahmré cl bien licrsé; on ferait bien de le placer après une recul le s.irciéc, par exemple. On sème en aulomne, à la voleo, à raison de 4 à 5 hectolitres de graine par hectare.

En fait de cultures d'cntreiicn, le.sr.iniein ne demande que de l'engrais; les cendres, les cini ivr s et sur I oui les plâtrages m L-rmi- i ■ l"i - ■ ■ ■ ■ Hi i.l - .'l I

Le sainfoin est vivace, mais il j a avantage à lo rompra au bout de deux ou trois ans au plus, parce que les mauvaises herbes l'envahissent facilement.

C'est la plante qui donne les produits les plus avantageux ; dans l'état ordinaire elle donne, dit M. Hardy, trois bonnes coupes dans l'année; mais Étant soumise a des irrigations bien entendues, elle donne, comme cela a élé constate maintes fois en Algérie, jusqu'à neuf et dix coupes dans le courant de Tannée.

Les pays méridionaux conviennent à la luzerne, où elle a la même importance que le trèfle dans le Nord.

La lur.ornc préfère les lorrains d'alluvion, limoneux, argile-calcaires, argilc-silkeux, cl caîcairus siliceux, ainsi qn,les terres caillouteuses sèches et profondes; les sables des dunes lui conviennent également; elle craint les sols argileux, compactes et humides, tourbeux et marécageux.

Le sol doit être bien meuble, labouré profondément. Il est utile de faire suivre la charrue ordinaire d'une charrue profonde, afin de défoncer le sous-sol ot de l'ameublir, mais en évitant avec soin de le faire revenir à la surface; car très souvent, dit Viclor Horie, lorsqu'on mêle le sous-sol à la couche arable par des labours mal entendus, on détruit momentanément la fertililé de la couche arable et l'on rend son champ stérile pendant plusieurs années.

On sème la luzerne en octobre ou novembre, à la Volée, à raison de 20 à 25 kilogrammes de graine par heclare.

Une luzernière peut durer de six a huit ans, et quelquefois

(lavnnlaop

5 VI. — Lalnpoline.

La lupuline ou minetle dorée est un fourrage secondaire en Algérie, el qu'on utilise en vert; on peut la semer dans les terrains de médiocre qualité, dans les terres à seigle, à raison de 1 5 kilogrammes par hectare.

S VU. — Le Innin bhac.

Le lupin blanc réussit bien dans les terres médiocres, les graviers, les sables ferrugineux, les argiles maigres; il redoulu l'humidité et résiste parfaitement à la chaleur el à la sécheresse.

On le sème à raison de 10 à 13 décalitres par hectare, sur un sol légèrement préparé pour y faire parquer les moutons.

S TOI, — Voiw et poil gtîi.

Le pois gris forme un meilleur fourrage que la vesce, et qui convient à tous lesanimaux; cependant il est préférable de cultiver cette plante mêlée à la vesce, et quelquefois à l'orge et au seigle. On classe ces différentes légumineuses parmi les fourrages supplémentaires beaucoup moins lucratifs et moins importants que les sainfoins et les luzernes.

Le pois gris et la vesce réussissent dans tous les terrains où l'argile domine.

On associe encore les pois avec les gesses et les lentilles, mais il faut toujours avoir soin de mêler du seigle, de l'avoine on des féveroles comme tuteurs. Le fourrage qui résulte de ces mélanges est meilleur, plus varié, et d'un produit plus considérable que celui des plantes cultivées isolément.

IDC. -Choux.

On ne cultive comme fourrage que le chou-cavalier, mais c'est un excellent fourrage pour le bétail, et une précieuse ressource pendant l'été, alors que le vert est rare et que tout est desséché par l'ardeur du soleil.

Le chou demande une terre labourée aussi profondément que possible et bien fumée ; il résiste assez bien à la sécheresse, mais à la condition de se trouver dans un terrain qui ait du fond.

On sème au mois d'août pour repiquer fin septembre; on peut encore semer en janvier pour replanter en mars.

Cette culture est épuisante, mais elle a l'avantage de fournir un excellent fourrage.

SX. — Mon!«rJ«.

La moutarde blanche fournit en abondance un excellent fourrage vert ù faucher au printemps pour la nourriture des vaches à lait; mais cet avantage, dit M. Hardy, est un peu atténué en Algérie à cause de la grande quantité de vert qui existe naturellement durant cette saison.

La moutarde n'est pas difficile sur le choix du terrain qui doit seulement Ctro bien préparé par des labours et des hersages; on l'emploie très utilement comme engrais vert.

S XI. Lî my-grasi.

L'ivraie vivace ou ray-grass demande une terre fraîche

sans cire liumide, un sol nrgilo-calcaire ou argilo- siliceux; les terres crayeuses, Mlii-niinjuses, sèches et brûlantes ne lui couvleDoentpas.

La lerre doit Sire bien préparée par des labours et des hersages afin de détruire les plantes parasites.

On sème après les premières pluies, à la volée, de 40 a 60 kilos, rie graines.

Le ray-grass constitue surtout d'excellents pâturages qui durent jusqu'à six ou huit ans. Les engrais liquides y fout merveille.

Le moha ou millet de Hongrie produit un excellent fourrage soit vert, soi! suc; il s'accommode de tous les climats et de presque lous les terrains, pourvu qu'ils soient bien fumés.

On sùme sur labours profonds, vers le commencement de mars, à raison de cinq ou six kilos a l'hectare.

Parmi les sorghos cultivés par les indigènes pour le grain qui sert à la nourriture, les deux variétés désignées sous les noms de R'ghiffa el Déclina ne sont point délicates sur le choix du terrain ni sur laqualiiè du sol et viennent parfaitement sans arroseraents. On peut les semer épais à la fin de mai; elles donnent alors un excellent fourrage vert à faucher dans Jes mois de juillet et d'août.

S XIV". — Mail, orge, etc.

Le mais, l'orge, lo srirrasin, dont nous avons parlé précédemment, somau-si cj.liI Livi'-s [xi ur cire fauchés en vert; nous renvoyons pour les détails aux chapitres consacrés à la culture spéciale de ces plantes, en faisant observer toutefois que l'on doit semer plus épais lorsqu'il s'agit de ne récolter que les feuilles ou do couper en vert.

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