‹ Manuel d'agriculture pratique algérienneChapitre 24 sur 39 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Les Plantes industrielles.

Diins les chapilres pnVéïietiis, nous avons passe en revue les plnnlcs destinées à l'alimentation do l'bomme ei des animaux, nous allons', dans celui-ci, examiner les végétaux qui servontdo malière; ^i-l'id pour les diveiseaiploisdc l'industrie, cl qui son! classes on piaules oléagineuses, textiles, tinctoriales, ou employées à divers usages.

Les avantages des niHures industrielles sont d'être lucratives et de rapporter imr::édi::!emenl un profit ncl très élevé., mais elles présenienuies inconvénients qu'il est utile défaire ressortir, aûn qu'un cultivateur sensé ne s'y lance pas élourdimenl. Ces cultures, dit avec raison H. Jourdior, n'enrichissent le présent iju'en romproineUant l'avenir. • Ce sont, ajoute-l-ll, do toutes les cultures les plus épuisanles, d'autant, plus qu'une [ois récoltées, elles sort enlevées au loin, et quen général aucun de leurs debrrs n'est rendu au sol qui les a produites. De plus, elles ne fournissent ni litière ni nourriture pour les bestiaux, et par conséquent elles ne restituent en aucune manière les engrais qu'elles ont absorbés. On ne doit donc se livrer n celle culture qu'autant qu'on a quelque moyen d'entretenir aulremcnt un bèlail suffisant, ou de tirer du dehors les engrais nécessaires. On néglige trop souvent cetto considération, qui est cependant do la plus haute importance. •

A. Plantes oléagineuses.

Les planles oléagineuses les plus cultivées ou du moins los plus recommandées en Algérie sont le sésame, l'arachide, le ricin, le colza, la navette, lacamoline, le madia; viennent ensuite le lin, le coton, le pavot, qu'on cultive plus particulièrement, les deux premières commoplanlcs textiles, la troisième pour l'opium, mais dont les graines peuvent encore être utilisées pour taire de l'huile.

S I, — Sfaune,

il fnut au sésame une terre douce, légère, riclic et substantielle, profomlémeui .iniuuLI iu pur trois labours successivement plus profonds, dc.iiné.s par intervalles et par autant de hersages. M. Hardy recommande de choisir un terrain Incrément incliné vers l'est et abrité, autant que possible, des

On sème au printemps, en mars ou avril, lorsque lespiuies froides ou torrentielles sont passées.

Le semis se fait il lu volée ou en lignes; mais l'cnsemcnccment en lignes est préférable, en ce qu'il permet de mieux distancer les planles et de faciliter les sarclages et les binages.

On espace les lij;r.e:; de :i0 à Xi cculinié;re&, ol l'on n''];aml la graine de manière qu'il se trouve de cinq a six graines par 10 centimètres. On enterre à 2 centimètres au plus.

Quand les planles commencent ;l avoir trois ou quatre feuilles, on les éclairai I de manière à les espacer de 2fi à 30 centimètres; quelques jours après on donne un premier

Pendant la croissance de la plante on donne encore plusïl'iiî's Minimes cl sarclages.

Quand les rameaux sot . l arrivés aux deux tiers de leur développement, il faut écimer, c'est-à-dire supprimer l'extrémité qui ne contient que des fleurs à l'état do boutons. Cette opération est indispensable pour obtenir des graines d'une égale maturité.

Quand les premières capsules commencent à éclater, on coupe le sésame ras de terre ; on ramasse les liges sur une grande toile et on laisse en las jusqu'à ce que toutes les capsules soient mitres.

Le rendement d'un hectare, suivant M. Hardy, varie entre 10 et 1o quintaux métriques, selon le soin donné à ia culture.

L'arachide se sème vers la fin d'avril, lorsque la température iv L déjà nssr.7, élevée pour avoir réchauffé la terre; il lui faut un sol argilo-siliceux, très friable, bien ameubli e-t récemment fumé.

On séme en lignes espacées de 50 centimètres l'une do l'autre, en ayant soin de placer les graines à 10 à 1b centimètres de dislance. On emploie environ 20 kilogrammes do graines pour ensemencer un hectare,

Pendant le Lemps que la plan Le nid à crollre, on donne de fréquenis binages, afin d'enirelenir la terre bien meuble; l'on bulle et l'on rechausse.

La récolte a lieu à la fin de l'clô, lorsque les feuilles commencent à jaunir.

Le rendement varie suivant le lorrain, la fumure elles soins d'entretien, de l.SiOO à 3,000 kilog. à l'hectare.

S m. — Lo ricin.

Le ricin se sème à la fin de mars ou dans le conranl d'avril, soit en baie, soil on rai-ré ; on espace au moins d'un mèlrc en lout sens. Le sol doit Olre profondément labouré, soil à la bérlie, soit avec une charrue puissante.

Une plantation de ricin pcul d iirer de cinq à six ans, et no demande d'autre culture d'entretien que quelques binages

que les lîiyrses mûrissent successivement'; elle se prolonge pendant tout le conranl de l'année Une plantalion de deux ans nous a produit, du mois de juin au mois de juin suivant, c'est-à-dire pendant nue aimée, :i,-2ïO kilog. à l'heclare. •

« Dès que les capsules coiiiuu'iu'cnl à blanchir sur le thyrse, ajoute lo directeur île la pépinière d'Alger, on coupe ce thyrse avec un petit croissant ou un érlicnilloir, on réunit ensuite los capsules sur une aire ou une lerrasse on plein air, à la plus grande ardeur du soleil ; elles s'ouvrent successivement d'elles-mêmes, et l'on n'a plus qu'à relever la graine nette tous les cinq ou six jours. »

M. Hardy recommande cette culture el pense qu'elle peut donner de grands hé né lie es ; je crois qu'il es! utile, avant do l'entreprendre sur une grande échelle, que le cultivateur procède avec prudence, car le colza affectionne les climats humides et brumeux.

Le colza demande une terre riche, profonde, très bien fumée el ameublie par deux ou trois labours.

On sème soit directement en lignes distantes de 30 centimètres, soit en pépinière, pour repiquer ensuite.

L'ensemencement en pépinière se t ni ! à la lin d'août OU au commencement do septembre ; lorsque le semis est bien soigné, on peut mettre en place à la (in d'octobre.

On transplante soit au moyen du plantoir, soil au moyen de la charrue ; les lignes sont dislancées de 30 à 32 centime-

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1res, et les plantes placées à 12 ou 13 centimètres d'intervalle. Aussitôt la transplantation terminée, M. P. Joigneaux recommande do fouler énergiquemenl la terre avec le pied.

Dans le courant de la croissance, on donne deux ou trois biliaires el. sarclages, puis l'on n'diau-se les pieds.

Le colza arrive a maturité, en Algérie, an commencement lie mai; an coupe i. la UhwU'.h I or- que li:s siliqi:es et le.-; Iilus commencent à jaunir ; on met en javelle ou petit tas jusqu'à ce que la maturité soit complète; on bat Sur place ou l'on transporte sur l'aire.

La navette est moins difficile que le colza snr le choix du terrain, mais elle est aussi moins productive. La navette se contente d'une (erre légère, graveleuse, médiocrement

On sème en place et en ligne à la fin de septembre ou au commencement d'octobre, sur une terre préparée comme pour le colza.

Pendant ta croissance, on donne plusieurs binages et l'on éclaircit de manière à ce que lesplanlsse trouvent de 2o à 30 centimètres l'un de l'autre.

| TI. — L» oamslins.

La cameline se sème à la même époque et de la môme manière que la navette et le colza.

Le» soins d'entretien sont îles binages cl des sarclages pour ameublir le sol et détruire les mauvaises herbes.

Cette plante a l'avantage do pousser très-vile et de pousser partout, pourvu que la terre soit bien préparée et bien fumée.

S VII. — Lo madia sitivu.

Lemadiasativa est très rustique et peu difficile sur le choix du sol, qui, toutefois, doit être profond et point humide.

On sème sur labours profonds, en lignes distancées de 3ii à io centimètres.

On éclaircit et l'on bine.

La récolte a lieu lorsque la floraison est passée; on arrache ou l'on conpe avec soin, de manière à ne pas secouer la graine qui s'égrène facilement; ou transporte sur l'aire, au moyen de toiles, et l'on bat.

£ VUE. — Le lin, le ooton et lo pavot.

Nous retrouverons plus loin ces trois plantas, les doux premières dans les piailles textiles, la troisième dans les piaules à usages divers.

B. Plantes textiles.

Colle culture a été très discutée dans ces dernières années; après avoir 616 tenléo sur une grande échelle, un peu sans doute dans l'espoir d'obtenir les primes considérables données par l'Etat el par l'Empereur, elle a diminué dans tine. proportion assez rudal'le, et e ji i cl 1 1 ie es colons paraissent même y avoircomplélemenl renoncé. Cepemlanl le succès n'est pas douleux, et i! ne faut pas oublier que lo colon a déjà été cultivé en Algérie par les indigènes, surtout dans la province d'Oran; mais beaucoup de niions l'ont essayé dans ces derniers ternu; fans discernement, cl dans des proportions hors de leurs moyens.

Plusieurs traités excellents ont été publiés sur la culture du colon; nous cilcrons entre autres ceux do MM. Hardy el Jules Dnval, auxquels nous renvoyons nos lecteurs pour do plus amples détails, nous bornant ici a un résumé succinclsur la matière.

Le colon demande une terre profonde, perméable, substantielle, ni trop forte, ni trop légère; les sols argilo-calcaires lui conviennent parfaitement, mais il n'aime pas les lorrains glaiseux, froids, rpii retiennent l'humidité.

Du 4 sr avril au 15 mai arrive le moment favorable pour

Srocédcr a l'ensemencement. Jusqu'à ce que la pratique ait idiqué exactement l'époquo la plus favorable pour semer, il est bien nécessaire d'étudier le moment lo plus propice. La graine demande une température assez élevée, on mémo, temps que J'humid i!ë tiéee^eirc pour tiermer. On peut eommencer à semer quanti les boureomis di s saules paraissent et surtout quand les mûriers blancs en plein vent sont déjà verts, sans quo les feuilles se rouillent sur les bords par suito du refroidissement de l'atmosphère.

Quand lo terrain est bien aniounli et hersé, on trace des lignes équi dis tantes de 1 mètre; ces lignes tracées, on recommence la mémo opération dans le sens opposé, mais en espaçant cette fois les lignes de 80 centimètres. Les points où

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les lignes se croisent sont les places que les plantes doivent

occuper.

A chaque place marquée, on creuse a la bêche une petite fosse de 40 centimètres en carre sur autant de profondeur. On commence en tête île la ligne transversale, on répand la terre do la première fosse, puis, en allant a reculons, on remplit cette première fosse avec la terre de la seconde que Ton ouvre, et ainsi do suite, de manière qu'une fosse ouverte est aussitôt recombléo par la terre de la fosse voisine.

Lorsque le moment de semer le colon ost venu, on fait tremper sa graine pendant deux jours pour hâter la germlnaison. Un décalitre de graine est plus que suffisant pour un hectare.

La mise de la grnino en terre se fait a peu prÈ3 de la même manière que pour les haricots plantés par touffes. Sur chaque place préparée, on fait un potet avec une binette, on y dépose quatre ou cinq graines dislancées l'une de l'autre de 6 il 6 centimètres, puis on les recouvre de deux travers do doigt de lerre, que l'on appuie avec le dos de la binette pour que ta sécheresse pénètre moins.

Si, au moment du semis, la terre était sèche, il faudrait humecter la place dos plantes en y portant do l'eau.

Si le semis est bien fait, la températuro et l'humidité favorables, les graines lèvent au bout de cinq a six jours.

Quand les plantes sont assurées, qu'elles ont trois ou quatre feuilles, on n'en laisse que deux a chaque touffe et on supprime les autres.

Dans le cas où toutes les graines d'un potet ne lèveraient pas, il faudrait enlever en molle ot avoc précaution un oudaui plants d'un potet voisin. Les plants déplacés doivent être ombrés et arrosés a plusieurs reprises.

Lis pl.mis hu'fi al isi'-s, on se borne à donner des binages pour empêcher l'herbe d'cnvnhir la plantation.

Quand les plantes ont 50 ou 60 centimètres de hauteur, on ramène la terre au pied et on forme une petite bntto pour les empêcher de s'incliner.

Pendant la croissance de la plante, on bine et l'on irrigue.

En juillet, dès que les premières Heurs du cotonnier commencent ii s'épanouir, on êcime la plante, afin que la sève, qui reflue alors vers les rameaux latéraux, donne plus de développement aux capsules, et haie ai égalise la fructification.

Les nrrosemonls, supprimés au moment do la floraison, sont donnés une dernière fois lorsque la majeure partie des capsules est formée.

La maturité des premières capsules de coton arrive en sep-

tembre ; elles ne mûrissent pas toutes a la fois. Cette circonstance est importante en ce que la cueillette n'exige pas instantanément i emploi d'un grand nombre de bras. La cueillette dure environ trois mois; deux personnes exercées et habiles peuvent suffire h la recolle continue d'un hectare. Les femmes et les enfants sont les meilleurs auxiliaires pour la cueillette du. coton, travail plus minutieux que fatigant, et qui exige nue certaine dextérité. Les cueilleurs suspendent devant eux un sac de toile, dans lequel ils jettent le coton au fur et à mesure qu'ils le retirent des capsules . Quand le sac est plein, on le vide sur une toile ii l'extrémité du champ.

« Il faut attendre, recommande M. Hardy dans son Manuel sut la culture du colon, que les capsules soient bien ouvertes et que la majeure partie du coton soit pendante et flotle au dehors pour le détacher; l'opération en esl plus expédilive et plus facile, mais il faut éviter qu'il tombe à terre où il se salit ot perd de sa valeur. Cependant si le temps menaçait de se mettre à la pluie, il faudrait tacher de retirer le coton de foutes les capsules qui commencent à s'enlr' ouvrir, car la pluie gâterait infailliblement celui qui serait exposé à l'air. Quand le temps esl au beau, il y a à récolter tous les jours dans la plantation.

t 11 tant apporter le plus grand soin à la récolte du colon, afin d'éviter que des matières étrangères viennent se mêler dans le lainage, ce qui lui retirerait une grande valeur; une vigilance de tous les instants est indispensable pendant les opérations de récolte, de séchage et d'égrenage, pour que le coton conserve toute sa purelé, ne soit pas sali par des éléments étrangers, et ne subisse pas par là de dépréciation à la vente. »

Le colon, au fur et à mesure qu'on le récolte, doit être rentré dans un lieu bien sec, après avoir été débarrassé luimême do toule son humidité; pour cela on le dépose sur des claies en roseaux en couches minces. Quand il est suffisamment sec, on peut te mettre en las, à l'abri de la poussière, des souris el des rais.

L'égrenage se fait au moyen d'une machine très simple, quo l'on fait mouvoir avec le pied. Dans les petites exploitations, c'est le travail des soirées d'hiver et des jours pluvieux. Une recommandation essentielle , c'est de mettre le plus grand soin à retirer le colon taché et souillé, car la présence de quelques poitrines d<; culot) di'fecUit'ux thiiii mu: huile de très belle qualité suffirait pour lui faire perdre nn tiers de sa valeur.

La graine est mise do coté, on choisit pour la reproduction la première mûre et la mieux formée; celle qui reste

peut être employée 1 différcDts usages ; on en extrait de l'huile très bonne pour graisser les cuirs et les machines, ou on la concasse et on la laisse fermenter en tas pour s'en servir comme engrais; cet engrais est excellent et s'emploie très utilement dans les terrains qu'on destine aux plantations de coton.

S II, -Lotit..

La cullurc du lin est appelée a un grand avenir en Algérie; elle doit y occuper une place imporlanle dans l'assolement; au dire infime de- industriels ries départements du Nord, le lin algérien est de qualité supérieure ; quant au colon, c'est une des cultures les plus avantageuses qu'il puisse entreprendre.

Le lin demande une lerre légère, profonde et parfaitement ameublie.

Dans les Flandres, où l'on se livre à la culture du lin sur une grande échelle, et où l'on obtient des produites! estimés, voici, d'après M. P. Joigneaux, comment on procède aux travaux préparatoires du sol ;

•> Tu sèmeras le lin. dit-il dans ses Instructions agricoles, après un froment, un chanvre, un trèlle, des pommes de terre ou sur gazon rompu. Tu donneras un bon labour avant l'hiver et un labour léger au printemps. Après quelques jours de repos, tu herseras, lu rouleras; puis, quand les mauvaises herbes commenceront à pousser, tu herseras de nouveau, et tu herseras encore, mais légèrement, au moment de semer; tu roulera» après ce troisième hersage ; tu sèmeras ensuite et recouvriras très légèrement avec la herse renversée, o

M. Victor Borie, dans ses Travaux des champs, recommande de semer dans nne lerre très meuble * préparée « par trois labours suivis de hersages et de roulages. *

M. Hardy donne les mêmes conseils; .« Le lin, dit-il, aime une terre profonde, légère, substantielle, en très bon état de culture. Dans les terres très fortes et qui sont en mémo temps humides cl grasses, le lin ne prend aucune consislance et verse. Les labours doivent être très profonds et le sol parfaitement ameubli. «

Le lin se sème en France au printemps ; en Algérie on le sème ii la niHiiiî i'poi[iie, ou à l'automne; mais l'automne doit être préférée; on procède à l'ensemencement dans le courant d'octobre.

On sème en ligne ou à la volée ; l'cnsemcncemenl en ligne est préférable; on économise, en choisissant ce mode, deux

tiers do semence ; les planta sont mieux et pins régulièrement espacés, enfin les opérations île sarclage et de binage s'exécutent avec plus lie facilité.

Le lin se cullivo soit pour la filasse seulement, soit pour la graine qui fournit une huile excellente pour les arls et l'industrie.

Si l'on sème pour la filasse seulement, on doit doubler la quantité de semence, c'esl-a-dirc en répandre 400 litres par hectare.

Si, au contraire, on lient u obtenir à la fois de la graine et de la filasse, on ne répand ijue 200 ou 215 litres de graine par hectare.

» En Algérie, dit M. Hardy, le mode de culture raixle du lin, qui donne à la fois do la graine et do la filasse, quoique grossière, sera encore longtemps le plus avantageux, attendu que les terres n'y sont ni assez bien nettoyées, ni assez bien divisées poflr que l'on pnis?e les ensi'iuena'r très épais en vue d'obtenir de la filasse fine de premier choix, ùl'exclusion de la graine, sur laquelle alors on ne compte pas. C'est pourquoi nous conseillons de ^'îiiei' 1res clair et de préférence en ligne, afin de faciliter les opérations de sarclage. »

La récolte se fait avant que la plante soiltout à fait mûre, et on la laisse en javelles vingl-qualic heures avant do la mettre en chaîne ou on bottes, les pieds écartés. On procède au hallage aussitôt que lagraine est parfaitement sécho.

On s'occupe ensuile des opérations du rouissage et du (oillage.

Le rouissage est une des grandes questions qui ont occupé et occupent encore les agronomes et l'administration ; le rouissage a pour objet rte dissoudre une pomme résine qui maintient l'adhérence des fibres do l'écorce entre elles et à la paille ligneuse do la plante, s'oppose à leur subdivision en fibrilles plus ténues, altère la blancheur et la durôo dos (issus.

Les agronomes et les industriels recherchent le meilleur modo de rouissago ; l'administration, au poinl de vue do la salubrité, a cru devoir ranger colle opération dans la première classe des élablissemenls insalubres.

Le lin qui est roui le plus promplemenl donne une meilleure filasse, des fils plus élastiques, plus forts, plus durables ; or, moins l'on pourra faire durer la macération, mieux vaudra le lin.

Quelques essais ont été faits pour débarrasser le lin do ses sucs concrets s;ins le secours de l'eau ; mais les expériences suivies pendant plusieurs années ont prouvé qu'on ne pouvait pas se dispenser de faire rouir dans l'eau.

Le rouissage se fait soit dans des bassins nommés rouloirs,

soit dans des cours d'eau. Indépendamment des considéraiions de salubrité, il y a un motif pour donner la préférence aux eaux courantes : en plongeant le lin dans l'eau croupie des rouloirs, il éprouve une fermentation capable d'altérer l'adhérence des fibres ; aussi le lin roui en eau courante se vend toujours un tiers plus cher que celui macéré en eau stagnante. Enfin, un dernier motif en faveur du rouissage par les eaux courantes, c'est que l'opération s'achève en quatre ou cinq jours dans les rivières, et qu'il en faut au moins quinze dans les routoirs

Les bottes retirées du routoir ou de la rivière, on les délio pour les étendre sur un pré qui ne soit pas trop humide, par couches très minces qu'on retourne plusieurs fois et qu on laisse ainsi sécher sepf eu liuil jours.

Quand le lin ne contient plus d'humidité, on le lie par grosses gerbes qu'on dépose dans des pnmgcs. en prenant garde de les y eniasser. un réserve habituellement les préparât ons si!ti = i'i-|iienîe; pour l'hiver.

Ces préparations consistent, après avoir mis le lin dans nn four dont la chaleur soit amorlîe :

1° Dans le leill.t.^e ou brovace, opération qui consisleà briser le lin pour le séparer de f'écorce, dont les débris forment la chcnevetie;

a^Danslcpeignagcouserançage, qui a pour objet de diviser les fibres et (le séparer lis iiivcr= -s lenteurs on hrins. l.es peignes employés pour celte fabrication se nomment sérans.

D'après Parc'nl-Thieli'ik'let, le rouissage ne serait pas aussi dangereux qu'on veut bien le dire ; les expériences qu'il a faites k ce sujet paraissent concluantes; cependant elles sont discutées et nii-cs en iloulo car les cliniisles officiels et jusqu'à présent l'adnimislration s'csl vr.ngée de l'avis do ces derniers.

» Les.mnircs, dit M. A. Trebnrhet u propos du rouissage, ne sauraient apporler trop tic soin à maintenir l'exécution des règlements à cel éi-ard cl à veiller ii a) que le rouissage n'aitlieuque loin îles Uae.ilauonseï sur les narliesdes rivières

qu'ils ont récoltés, soit sur les |h i's, suit dans les rivières, nii.^.Mii\ ou fessés 'lui avoisinenl leurs demeures.

« S'il n'est pas possible de leur interdire complètement une préparation sans laquelle on ne pourrait tirer parti d'un produit si nécessaire à notre industrie, il faut au moins que les emplacements soient convenables, et que l'on prenne

veillent ïes opérât!

tivaleurs qui fou!

tontes les précautions nécessaires pour atténuer les inconvénient:", de Cf. ltL- i:péi';:[i(>r' .

Le chanvre demande une terre forte, argileuse et fraîche, riche en humus; les étangs et marais desséchés lui conviennent particulièrement. Le sol doit être bien ameubîi et abondamment fumé.

On donne ordinairement trois labours : le premier en octobre ou en novembre ; le seeoiid en Pvricr, pour enfouir le furni. i ,l..r.l t-ii ~ni,l..l.< ■!,• : . i il t-nmv j 1 1- . ■..*.[.\ |.< troisième à la fin de mars, au moment de semer.

On sème à la volée ou en planches, ù ndson de trois a six hectolitres par hectare, suivant que l'on veut obtenir une filasse plu; forte ou plus fine ; comme pour le lin, plus on sème dm, plus la iilasse est line.

Parmi les planés de dïniiYiv.'Ies unes sont mâles, les autres femelles; les pic.lt :iùk-s mûrissent les premiers, on les arrache dès qu'ils commentent a jaunir; quant aux picAs femelles on les aiTaclic lorsque lu jirainec:! presque mure.

Si l'on veut la meilleure lilas-e pnsjible.il faut toutefois avancer le moment de la récolte et arracher les pieds femelles avant qu'ils soicnl détli'iiris et lorsque leurs tiges commencent àjaunir. Si l'on veut récoller en même temps la graine (connue sous le nom ùochùnevis, servant ûla nourriture des oiseaux ou fournissant une huile utilisée en peinture), la filasse est moins bonne et moins abondante.

Les préparations de rouissage et de teillago du chanvre sontles mêmes que celles du lin.

M. Hardy recommande comme une plante qu'il serait bon d'acclimater en Akène le rhanïre pean'.de la Chine, pouvant donner dans une terre bien préparée de 3,000 û 3,300 kilog. dechanvre teille.

fl faut, dit-il, à ce chanvre, dont on trouve des graines a, la Pépinière centrale, une terre profonde, très meuble et naturellement fraîche . Les marais desséchés et dont le sol a élô

» C'est à l'a peut rccueill:

des règlemei

'ée par les avis qu'elle l'art, a faire à ce sujet

à propos de prendre

mettre aux dispositions qu'elle jug dans l'intérêt de la santé publique. •

III, — La chnnito.

;IV, — CLsoviu gtaulde la Chine,

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