‹ Manuel d'agriculture pratique algérienneChapitre 25 sur 39 · C. Plantes tinctoriales · texte numérisé non relu

C. Plantes tinctoriales

De nombreuses expériences comparatives faites par la Cha:niTe ceci siillalive de:; cris et :i:anufaoa;res de Louviers, et par M. Chovrciil. de. l'insiiuil, sur les pu antes de Chypre, de Provence et d'Algérie , ont démontré la supériorité des garancesde l'Algérie. Le colon est donc siir d'écouler facilement les produits qu'il peut obtenir d'une culture qui a fait la fortune du comtat d'Avignon.

La garance aime les terres le ères, substantielles, fraîches et bien fumées, mais le principe colorant ne se développe bien que dans les sols calcaires. Dans le Midi, on a souvent recours à l'irrigation pour maintenir la fraici leur dans les champs de garance.

La garance se cultive en planches de i'",îi0 de largeur, en laissant une séparation de 0"\30 non plantée.

Le terrain doit être défonce a 0"',uO île profondeur, et dans un état parfait d'ameublisseinenl. Un sème du 20 septembre au 13 oclobre, sur rayons ouverts à la houe à main, à raison '" î '•) l.iWrjiuuit .* 'le i;fiui."« llic-wn

Peu de tcmps'anrùà la levec des niants, on sarcle avec soin et on recharge légèrement la plantation en prenant la terre dans la séparation de 0"\30. On facilite la croissance des jeunes plants en donnant des binages et en tenant le sol par-

Les liges forment ua [oui rage ires recherché des animaux, et qu'on peut faucher vert sans nuire au développement de la racine.

» La garance, ditM. Hardy, est en végétation pendant toute la saison des pluies; elle entre en repos pendant l'été. Lors que les liges sont mortes, on rechausse la garance en ramenant la terre, avec la bir.elle, et en mettant trois travers de doigt do terre par-dessus le collet des plantes. On répète cette opération chaijue été ; elle a pour résultat d'augmenter considérablement la partie de la plante qui contient le principe colorant.

Dans le Midi, les garances restent en terre pendant trois

uns; on Algérie, lorsque la plantation a reçu des soins convenables, on peut arracher la seconde année.

• La' recolle do. la ^ai-nnce se fa ; .t. dit M. Hardy, en pratiquant une tranchée profonde qui prend le dessous des racines et que l'on pousse en avant. Los racines seul recueillies avec beaucoup de précaution, pour :iu'elles ne se brisent pas. On !i devant roi une tuile étendue !'-;v Irne, sur laquelle on dépose la garance à mesure qu'un la recueil le, puis on la porte dans un endroit aéré et liien à i'a'uri pour la faire sécher. »

L'aisance que la cul (uni de la pirance a répandue uans le midi de la France n'est pas umqr.euienL due à lo. valeur intrinsèque île la parante, niais n lj ^ :- i à la plu=-Yaluû que donnent au sol les façons exigées par ce produit.

La culture pai'elle-mêiue donne, d'après .M. Jourdicr, une rente de !i00 à 600 fr. par hectare.

La culture du pastel, de la tïaude, du safran, n'offre pas d'avantages sérieux dans l'élal actuel île l'industrie agricole de l'Algérie, et ces produits i,e [.vivent c'.ro considérés que secondairement. Huant à ia eu! line de Tin ligo, qu'on a préconisée ii une cenaiue époque, elle nous paraît encore trou douteuse pour engager les colons à l'essayer, même sur une rùs petite échelle. ' '

D. Productions diverses.

g 1. Pavot îoirnitera.

Le pavot demande une terre légère, profonde, substantielle, profondément ameublie par les labours et fumée à peu prés comme pour le colza.

On sème en ligne à l'^ulomno, dans le courant d'oclobre ; le semis s'établit en bandes séparées par des sentiers pour faciliterles opérations de la récolte. On emploie environ un kilo de graine par hectare; on la recouvre par un léger coup de herse ; la graine, étant très line, ne doit pas être enterrée profondément.

On ijonnc, pendant la croissance, plusieurs binages, Je manière à tenir le sol parfaitement meuble et net de mauvaises herbes; le premier binage a lieu quand la planto a cinq ou six feuilles, le dernier quand elle commence ù monteren tige.

La floraison a lieu vers la rai-mai ; elle D'arrivé pas simut-

lanémenl, et l'on voit déjà dos capsules formées lorsque des boutons ù fleurs ne sont pas encore épanouis.

L'opium s'extrait dc3 capsules vivantes et encore adhéronlesiila plante. Lenionienl le plus favorable pour faire les incisions aux capsules est do liuil à onze heures du malin. On choisit, pour cotte opération, un lenipscaimect chaud. L'abondance du suc propre qui, en se coagulant, produit l'opium, n'est jamais plus grande que lorsque l'atmosphère est tranquille, etla température élevée.

Dans un rapport adressé, en 1844, au directeur do l'Inté* rieur, M. Hardy, directeur de la Pépinière centrale, indique ainsi le meilleur procédé à suivre pour l'exlraciion ;

o Le modo d'extraction qui m'a le mieux réussi consiste en deux incisions circulaires d'un seul coup, faites sur la parlie la plus renflée do la capsule, distancées do manière à partager la longueur p; aérai e de tulle- ci en trois parties égales. Il est bon que ces incisions soient faites aussi simultanément que possible, parce que le latex se porte par torrent vers la f.r. nu. r- 1 1. . ni. . > l i cuuJ. uuiim.i. mf nu .-il |cnn [.ut qu'il tombe et se perd.

« Si on incise le malin ou le soir, lorsque le iemps est sombre, tjiit! la l!?m;i!'!'ani!v ; aissc et qu'il lait du vent, il n'y a qu'une portion de laies qui l'ait son apparition ; on est obligé, quelque temps après, do réitérer les incisions pour l'extraire en entier ; en cnlier n'est pas tout à fait le mot, car, dans ce cas, il y a toujours perte-, une capsule incisée deux fois, dans ces circonstances, ne rend jamais autant que si l'on opère en une seule fois, au milieu du jour, par un temps chaud. Dans ce castoul le latex de la plante son immédiatement.

■ On peut reconnaître le dc»tv de maitirilé convenable des capsules, pour l'extraetion de l'opium, lorsqu'on les pressant entre les doigts on sent un? résislaure qui tient un peu du corps dur, tandis qu'avant cet étal on les sent molles cl élastiques; ainsi qu'au changement do couleur, lorsqu'à travers l'efllorescence cireuse qui les recouvre, on voit qu'elles pas-

Lc suc coagule est ramassé le lendemain.

Les capsules qui ont été incisée* n'en produisent pas moins de très bonnes graines qu'on récolte dès que les capsules sont mûres.

S II, U Inbu.

Les terrains argilo-sablonneux, les bois défrichés, tes pulurarcs nnupus convi 'iirienl p.u [allument au labac. Le sol qu'on desline à celte piaule est ameubli par plu-

sieurs labours , puis fumé 1res copieusement avec des fumiers trts consommes, ou lies tourteaux <!e colza ou n" oeillette.

Le tabac se sème eu pépinière pour èlve repiqué ensuite-

Les semis s'effectuent pendant la première quinzaine de novembre, plus loi rjuc plus tard.

Le semis doit se faire dans un lieu expose au midi ou au sud-est, abrité des vents de nord-ouest par un mur ou une haie vive ou sèche.

La terre doit être légère, parfaitement ameublie par plusieurs labours à la bêche , et fumée fortement par des engrais très bien cou -i) m nié s et presque réduits en terreau; le terrain doit être divisé [Kir plimeiic* de un mètre de largeur sur une longueur indéterminée; enfin, il importe que ces planches soient élevées de 1:> ;i î'ii centimètres au-dessus du sol environnant, alin que le terrain puisse bien s'égoutter par les grandes pluies.

La graine île lahac étant très fine, on doit, pour la répandre bien également, la mêler à. huit ou dix fois son volume de poussière sèche, de sable ou de cendre et la répartir sur le sol au moyen d'un tamis fin.

Une fois la graine répandue, on l'enterre légèrement avec un râteau fin ; on couvre avec un paillis très fin que l'on répand à la main de manière à pouvoir s'arrêter quand lalerro ixl i-;niv,'vl(! Ciimpièn-nent. en se cardant hien d'en meure une trop grande épaisseur; enfin l'on lasse fortement au moyen d'une batte.

Si le temps n'est pas à la pluie, on bassine en se servant d'un arrosoir a pomme très fine.

Les semis de tabac doivent être préservés des intempéries de l'hiver, grêle, pluie violente, etc., au moyen d'une couverture légère en roseau* et bro assaille fine, que l'on peut enlever et remettre à volonté, et qui est disposée en forme de toiture très inclinée.

Dès que le plant peu! être éelairci, on. procède âcelte opération cl l'on sarcle ave,; le plus <;r;ind stdn; si la plan talion languissait, ou si l'on voulait activer sa végétation, il faudrait arroser avec des en-rais liquides, eau de colombine, purin ou excréments humains. Il faut avoir soin d'employer ces engrais avec beaucoup de circonspection et en les étendant

L'arrosage doit avoir lieu le soir.

An mois de mars, on repique ;t demeure les plants de tabacs qai présententsept ou huit feuilles.

L'espacement des plantes varie suivant la qualité dûs terres; dans les terres médiocres on espace de io à ilj centimètres,

en laissant, après trois lignes, un espace de 60 centimètres pour passer.

Dans les sols de fertilité moyenne, on espace a B0 centimè 1res, en laissant, chaque deux Lignes, un passage de 80 centimètres, linfin, dans les bons fonds à sous-sol humide, on espace à 50 centimètres sur la ligne avec deux lignes à 60 centimètres, et ménageant toutes les deux lignes, un sentier do 80 centimètres; ou bien, si l'on veut, on place en ligne à IjO centimètres, en espaçant toutes les lignes de < mètre.

On arrose chaque plant repiqué et on couvre pendantdeux jours avec une feuille de chou ou une poignée d'herlie ; au houl de deux jours, on découvre le soir pour recouvrir le matin, jusqu'à ce que ie pi. nu ait acquis assez devigueurpour ne pas su faner par l'acUen des rayoïn solaires.

On arrose deux ou trois fois les plantes au pied si le temps est sec.

Trois semaines environ après la plantation on donne un binage.

Les cultures à donner pointant le développement de la plante sont : les sarclais, binai s et buttages.

Au moyen des sarclages on entretient la plantation nette

Quand la piaule aileint \'-\ ;i 20 centimètres, on bine et on rechausse le pied jus ju'à moi Lui de sa hauteur, sans craindre de sacrifier les feuilles liasses qui n'ont aucune valeur et dont l'enfouissenn'iil, un cou traire, procure, dit M. Hardy, l'avantage d'entretenir la terre fraîche.

Quand on dispose d'eau pour l'irrigation, c'est un avantage précieux, mais il no fau! pris abuser de colle ressource ; les irrigations trop fréquentes développent les feuilles, mais au .détriment delà qualité du tabac. Il ne faut donc user de l'ir- 'rigalion qu'avec prudence et ménagement.

Quelque temps après que les plantes ont été rechaussées, on éeime.

Celle opération a pour but de régler le nombre de feuilles qu'il est convenable de faire produire à chacune des plantes. Celte production doit être proportionnée à la vigueur de chaque lige.

D'une planled'une belle venue on peut espérer de quinze à vingt bonnes feuilles; celles de moindre apparence peuvent en fournir de dis à quinze; enlin, les plus chétives sont encore susceptibles do donner un bon produit si on a la

On procède à IVeiimiKc en supprimant la sommité des liges, aussilûlqiie l'un peu! reconnaître cl cumplcrle nombre de feuilles que l'on veut conserver.

Qnelqnesjours après 1' feimago.il pousse des jets vigoureux à l'aisselle fin chaque feuille, jets qu'il faut supprimer au plus tôl et a*e6 le plua i^raïul foin. ati'reinL'iLi ils absorberaient toUlo la sûte. t Nous avons vu, dit M. Duranton, inspecteur gênerai des tabacs un AlcOrîc. nous avons vu des cultiva leurs qm <.nt iprri". . ient< •]■ ]■ •> -iiit.i. n ( *i lui., -if I • n- >•! igeniJe apportée dans celle o]h't:ii ion dom ilsavaicnt cru qu'on ieilf exagérait l'impot'limeo; c'est pourquoi nous les adjurons tous de no plis se faire d'illusions et de ne pas croire qu'il soit possible do faire, en Afrique , la culture dn tabac avec moins de précaution et de soins que prioul ailleurs ; ce serait une déplorable erreur que l'expi'rience viendrait bientôt dissiper, fflnis dont le résultat pourrait causer la mine ou le découragement des colons. »

Vers lo milieu de juillet les tabacs commencent à arriver à

Voici, d'après M. Duranton, à quels signes on peut reconnaître l'époque précise où l'on doit commencer la Técolle :

> Les feuilles, qui, pendant tout le temps de la végétation, étaient lisses, planes, Iran? pivn les, Itexibles, d'un vert clair et affectaient une pnsiiiou horizontale, se gonflent de petites boursouflures, deviennent plus épaisses et opaques; leurs pu- HOles sont cassants, la couleur s<: rendu-nuit et se macule de petites tachés jaunaires. : e'.lesiuolinonten parasol leurs poinfes vers la terre, et se couvrent d'une viscosité très odorante lorsque le soleil les frappe. ■

Quand les feuilles de tabac sont parvenues a ce point, le moraenl de la récolte est arrivé.

Voici, et toujours d'après H. Duranton, qui est une autorité" Compétente en celte minière, comment il convientdfl procéder ptfnr économiser le plus possible les frais de main-d'œuvre :

o Lorsque la chaleur du jour commence à décroître, et vers les 3 ou 5 heures île I après-midi, après avoir exactement enlevé tous les bourgeons qui peuvent encore restera l'aisselle des feuilles, on coupera ras de terre, avec une faucille, les plantes que l'on veut récolter, et on les laissera se flétrirnalurellcment sur place, jusque sur le soir; a ce moment, et lorsque les feuilles seront devenues parfaitement flexibles, oa les transfiorlrra nvsc prèeiulioa, sur des civières, jusqu'au lieu qui doit leur servir de séchoir. On les déposera soigneusement sur un lit de paille par petits tas de cinq oa six tiges au plus; dès le teinte mai il ou le ftnk'm.le main au plus lard, elles seront suspendues, pour Éviter toute espèce' de fermentation dont l'effet serait de rendre les fenilles brunes, d'absorber leur gomme et de leur enlever leur souplesse naturelle.

« Dans quelques pays à cnlture en Franco, ajoute M. Dnranttm, et particulièrement dans les départements du Nord, il estd'usage do faire subir aux tabacs, après la recolle, une lésère fermentation : mais celte (j i L Ui m , ijn i exige des soins très attentifs pour éviter les inconvénients que nous Tenons de signaler, n a d'antre but que de ilonncr aux plants une maturité factice, et d'en assurer la coloration. En Afrique, il est parfaitement inutile de recourir ù de pareils expédients; la maturité peut toujours être parfaite, et mieux vaudrait, puisqu'il est si facile de l'olueisir, différer la récolle de quelquesjours que de se créer, par une aieiliell.e auLiduéi;, des embarras sans nombre et des duu-'m fort sérieux. Nous in- ■ sislons donc pour que les plantes soient immédiatement suspendues et mises en dessiccation. >

Grâce au climat d'Afrique, à son soleil toujours limpide jusqu'au mois d'octobre, la dessiccation ne nécessite pas des constructions spéciales ; tout est bon, comme le dit l'inspecteur général des tabacs que nous venons de citer, tout peut servir de séchoir : un arbre un peu touffu, une tonnelle en berceau, la galerie d'une maison marn-esque, les hangars des fermes, les toitures de maisons, enfin un simple gauiis soutenu par des pieux assez forts et recouvert de quelques brous* suillesrcinlta toujours les mêmes services.

Mais, quel que soit le lieu choisi pour sécher, il est essentiel que l'air puisse y circuler librement, que la lumière et même le soleil y pénètrent avec abondance; les tabacs séchés sous l'action du soleil seront toujours, ajoute M. Duranton, ceux dont la couleur sera la plus riche, cl l'odeur la plus douce et la plus pénétrante.

Voici, du reste, d'après les instructions rédigées par M. Ddranton, la meilleure méthode pour faire la dessiccation des tabacs :

• Quand on aura choisi, selon les circonstances des localités, le lieu destiné a servir do séchoir, on y placera des ficelles espacées entre elles, le ;jliis. ré-nliércuicnt possible, de 3iià 40 centimètres en tout sens; on les laissera pendre naturellement jusqu'à terre, et c'est le long de ces ficelles que les plantes seront fixées par une demi-elef formée sur le gros bout de la tige, en ayanl soin de les étager de manière 1 qu'elles ne forment |pas, eu se superposant, une masse trop compacte.

« Au moyen de ce système si simple et si peu dispendieux, on n'a pas d'autres soins adonner à la dessiccation que de dégarnir les tiges de leurs feuilles au fur et à mesure ([u'ellei seront parfaitement sèches, ce qui n'a lieu que lorsque la cûle est devenue ligneuse otréaislo à la pression de l'ongle. Pour

procéder a cette opération, on tlcpend le matin, et pondant que les feuilles sont encore assoupies par les rosées lie la nuit, toutes les plante.; dont !.i dessiccation est achevée, on en formé des las assez volumineux pour que la chaleur du jour ne puisse les saisir et les rendre de nouveau friables, et l'on kit imeicdialcaent le triaee par qualités.

i A ce sujet, nous ferons observer aux colons que, pour travailler avec méthode, ils doivent considérer comme les meilleures feuilles celles nui ecru[n'iU le haut de la tige; celles du milieu sieM .le i]uali;ù uio:.id:v. et eclles du lus sont toujours les plus défectueuses, il est donc convenable de commencer parcelle séparation préparatoire, après laquelle on assemble fes feuilles de chaque eiasse, en ajaril soin d'assortir les longueurs et les nuances de manière a donner à chaque munoque ou pciucce un aspect plus régulier. »

Une fois le triage terminé, M Duranlon couseille aux colons do bolteler iinmediateioei;! lents tabacs, en ayant soin de ne donner uu\ L-oUck- uu'uti faillie volume et de veiller a ce que leur poids n'escède pas m à 'io kilogrammes; dans ces contlifions les hottes sotit i n ;i ni al .1 ^ ~ et peuvent être retournées fréquemment, afin que la fermentation ne s'établisse pas dans les tas.

$ III. La houblon.

Le houblon réussit parfaitement en Algérie ; sa culture est lucrative, le produit trouverait facilement à se placer tant en Algérie, ou il se consomme beaucoup de bière, qu'en France, où il s'importe chaque année pour un million et demi de houblon de lîdLOjuo et d'Allemagne.

Lo houblon demande une lerre peu anulcuse, riche , bien ameublie, calcaire et prtiïoo lémeni labourée. Los défonce ments s'opèrent avant l'été, alin que la terre puisse mûrir ; le fumier s'enterre à l'automne.

La plantation peut se (aire soit au mois d'octobre, soit au mois de février ; celte dernière époque est préférable.

Le houblon se reproduit au moyen de drageons; il faut choisir ceux provenant d'une houblonniére de trois ans; M. Joigneaux recommande de préférence ceux qui auront trois nœuds et dont l'écorce, jaune au dehors, sera blanche on dedans.

Quand le sol est bien préparé et dressé a sa surface, do manière à pouvoir êlre irrigué, on trace dus lignes al mètre de dislance dans un sens, et d'autres à S mètres croisant les premières; â chaque point d'intersection, on creuse à la bêche une pelile foisc dans laquelle on place deux ou trois

drageons donton recouvre la partie supérieure d'un travers de doigt de icrre seulement.

Dans le Nord, quelques jours après Ja plantation, par un temps sec et chaud. 0:1 an-use les niants soit avec un mélange il'eau de fumier et d'urine de vache. soiL iuul simplement avec de l'eau dans laquelle on a délayé des tourteaux de colza. L'arrosement terminé, on répand un peu de terre sèche sur les parties mouillées.

C'est une méthode utile à suivre en Algérie.

Pendant la première année, on entretient, la plantation par des binages cl des sarclages, ne laissant qu'un ou deux jels fi chaque pied ellesattachaul à des perches nu de forts roseaux.

Si, la première année, la plante donne du fruit, on procède à la récolte sans loucher aux perches ni aux liges. Ce n'est qu'au mois de novembre qu'on supprime les l iges près de terre et qu'on enlève les perches ou Luieurs.

On in-Lue quelquefois pendant l'été; celle opération augmente considérablcmenl le produil.

La seconde année et les années suivantes, au lieu de roseaux, le houblon demande de forls tuteurs de sept à huit pieds de hauteur. Les cultures d'entretien sont les mêmes, ainsi que les irrigations et la taille ras de terre à la même

Après la taille on fume, soit avec du fumier d'étable, soit avec de la cendre, soit avec un demi-kilogramme de tourteaux do lin ou de colza pour chaque touffe.

Voici, d'après M. 1'. Joigncnux, comment on procède dans les Flandres, où la culture esl Irés-élendne :

" Tu fixeras, dil-il dans ses [iixlrucUnns agricoles, à chacune des perches quatre tiges principales, de même hauteur, et n'ayant poinl de pousses sur les côtés. Tu supprimeras les* autres, moins deux ou trois qui pourraient te servir en cas d'accident, et tu ne feras disparaître ces tiges de réserve que lorsque les lines principales auroal alleint un mètre environ. A ce moment, tu donneras à chaque touffe deux ou trois pelletées do fumier que tu recouvriras avec des huttes de trente-deux centimètres, formant l'entonnoir par le haut. Au commencement de juillet (mai à juin en Algérie), tu bineras les intervalles cl 111 verseras, dans l'entonnoir des buttes, de l'engrais liquide sur lequel tu jetteras une demi-pelletée do terre sèche. Le houblon, ainsi trailé, se ranimera et fournira plus de rosses et aussi plusdc petits rameaux que lu auras soin d'élaguer à dcu\ mètres du sol. ■

Le moment de la récolte est arrivé lorsque les cosses commencent à brunir. La cueillette terminée, on les fait sécher.

I IV, — ta lorgho.

Le sorgho a été, depuis quelques années, tros-pnrticuliorement recommandé.

La culture du sorgho est la même que celle du mais; il réussit parlai ionien l dans les terrains riches et dans les pays chauds où il donne du sucre et de l'alcool ; dans les pays froids, il arrive difficilement à maturité et ne fournit que du fourrage excellent, soit sec, soit frais,

Sans'exiset' des soins particuliers, ni des terres exceptionnelles en Algérie, le sorgho demande des labours proronds, un sol ameubli, des engrais et des himiges; dans les terres sèches, on peut le semer en avril, après une récolte de pommes de terre, pour le récolter lin juillet; dans les terrains irrigables il vient très liicn après la récolte du blé pour être coupé vers la fin d'octobre.

Uien n'est perdu dans laplanto : les tiges ou cannes fournissent du sucre ou do l'alcool à la distillation, les çrainos peuvent servir à la nourriture des hommes et des animaux , ou même dans l'industrie, car elles possèdent de grandes propriétés tinctoriales ; enfin, onnmie nous l'avons déjà dit , les feuilles donnent un excellent fourrage, recherché des bestiaux, et qui vient à une époque où les fourrages verts sont rares.

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