‹ Manuel d'agriculture pratique algérienneChapitre 27 sur 39 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Les plantations d'Arbres.

j I. — Leur miiwsjiié.

En parlant, dans un chapitre précisent, des irrigations, nous avons dit combien elles étaient indispensables en Algérie: l'accroissement des planifions d'urbres, la bonne conservation des i^rli'.'^i's fore-liiTes existant déjà, lo reboU semenl d'une parfic du territoire, sont autant de moyens d'augmenter le volume des eau* et leur meilleure répartition.

• Je suis entièrement convaincu, dit M. Molli, ddns Ull excellent livre sur lu colonisation et l'agriculture do l'Algérie, je suis entièrement convaincu que c'est en grande partie ù la rareté des forets que sont dus: la sécheresse du climat pendant nne grande partie de !';uini'-c, l'insalubrité de pltt- 1 sieurs points, les crues si fortes et parfois si subites de l'automne et de l'hiver et le tarissement de beaucoup de sources et, par suite, de plusieurs cours d'eau pendant l'été. »

L'exuiii laudes l r .l;;ls-Ums est là, du reste, suus nos ycui et peu', venir ii l'appui de es qui: uuus avruin.ns sur !.i th eessilc d'accroître et de conserver les plantations. Le déboisemont a eu pour résultat aux Etats-Unis, et cela depuis quelques années, qu'il a eu lieu sur unograndc échelle, de faire décroître le volume des cours d'eau ; la richesse ries b.i.-vsîris qu'ils alimentaient a diminué avec les ombre : is des forêts.

Le reboisement de l'Algérie doit donc se faire progressif vcment et chaque colon peut contribuer à celle œuvre.

S il. - Soins gi^rnm.

M. Hardy, à qui on doit la pépinière cenlrale (l'Alger, iilic merveille sur la terre de promission africaine, à posé des règles, — résultai d'une longue et intelligente (pratique,

Le reb 3 i sèment de l'Algérie doit donc se faire progressivement, et chaque colon peut contribuer à cette œuvre.

M. Hardy, ù qui l'on doit la pépinière centrale d'Alger, une merveille sur la terre île promission africaine, a posé des régies, — résultat d'une longue et intelligente pratique, — pour la plantation des arbre-, las soins et conditions qu'elles exigent pour en assurer la réussite et la prospérité.

Ces régies peuvent se résumer ainsi:

1° Creuser six ineiis à l'avance des tranchées ou des trous spacieux, de manière à roque les 'racines en Rallongeant puissent toujours irutiver de lu ! erre remuée.

« Que l'on fasso des trous ou des tranchées, dit M. Hardy, il n'en faut pas moins les ouvrir longtemps à l'avance, aûn que la terre extraite eL lu partie cn'iisi'n.' perdent leur crudité en restant exposées aux influences atmosphériques.

mai; le trou ou la tranchée reste exposée à l'air pendant tout l'été, et lorsque la terre est irempéc, à l'automne, ou plante alors ses arbres dans de bonnes conditions. Dans l'ouverture des Iranchécs et des trous, on fait deux parts de terre extraite: celle de la surface, à 10 ccnlimèlres de profondeur, est mise d'un cûté, et celle du fond est mise do l'autre. Lorsqu'on remet la terre on place, on mit l'unirc inverse, c'està-dire que l'on met celle de la surface au fond et celle du fond à la surface. »

2° Approprier r.haque espèce <ni soi ri aux. lieux.

Les pins et les cyprès son i destinés a former des abris contre les vents et à préserver les cultures de leur action destructive. On planlc les pins en massifs sur les crûtes des collines et au sommet des plis de terrain; ils viennent très bien dans des lorrains peu profonds. Les cyprès se disposent en lignes échelonnée., dans les plaines, sur les terrains plats ou faiblement inclinés.

Ces arbres se plantent à deux mètres do distance, en ayant sgin de placer en quinconce.

Comme abris d'espèces oins délicates, on peut planter des oliviers, en ayant soin de conserver entre chaque pied une dislance de six mètres.

Les mûriers demandent à être placés à une distance semblable, dans un terrain profond et perméable; mais ils

exigent une position abritée des vents, soit par un rideau d'arbres à feuillage persistant, suit par des collines.

Les noyers demandent la même condition.

Les arbres forestiers viennent. Ljscmi dans les terrains ordinaires, pourvu qu'ils ;oienl profonds.

Quant aux arbres fruitiers, il leur faut des abris, uno bonne exposition, un bon sol bien préparé: quelques-uns munie exigent des irrigations et ne peuvent s'en passer pour prospérer.

Nous reviendrons particulièrement sur les espèces prin-

La's'aison la pVu s favorable, d'après M. Hardy, dont les différentes publications nous servent ici de guide, la saison la plus favorable pour faire les plantations est du 15 novembre au 1 er janvier. Les arbres ver:s, à feuillage persislant, résineux ou autres, entrant en végétation de très bonne heure, aussi lé-i. les premières p ; iiies d'automne, doivent être transplantés dé. que la tei re est sulLsam ment détrempée, et avant le la décembre: c'est toujours par ceux-là qu'il faut commencer; on finit par les arbres à feuilles caduques, qui poussent les derniers.

i" Donner des abm encv e>[ièces sensibles, telles que les arbres frniïiers et mûriers.

6" Garantir les racines du c-j/ilnel Je l'air fendant l'arra-

« Pendant l'arrachage, les arbres ne doivent rester la racine exposée à l'air que le temps nécessaire pour les sortir de terre, les charger sur la charrette et les planter à demeure; pendant le transport, les racines doivent être complètement en a ver les ei garanties du eoniact immédiat del'air. L'absence de celle précaution explique pourquoi un si grand nombre de plantations, loin de prospérer, ne reprennent même pas. »

G" Entretenir la terre f miche, autour <!c l'nrbre la première année de la plantation cl en bon étal de. culture les années suivantes.

- La première année de la plantation, il faut, recommande M. Hardy, prendre tous les moyens possibles pour empêcher la terre de sécher au pied de l'arbre ; après un ou doux binages, on couvre la terre, sur la largeur du* trou ou de la

tranchée, d'une cauene île long f ier.iie paille ou de longues

herbes, de trente centimètres d'épaisseur au moins, étant bien affaissée; si on peut arroser, an met à chaque pied d'arbre, du iii mai au 1b septembre, 30 litres d'eau tous les quinze jours; si on ne peut pas mettre cette quantité, mieux ' 13

vaut n'en *pas mettre du tout et se borner à maintenir Tu lerre du pied do l'arbre bien couverte ; pour les arbres frui-

n'a [ni- besoin d'être aussi épaisse, mais elle est nécessaire pour empêcher la surface iln sol do se dessécher aussi vile.

■ On no doit .jamais laisser croilre d'herbes autour des arbres, et les :(rmrcs su bsi'-. i in ■ u 1 1.'^ il faiu, île temps eu temps, leur donner un binage et tenir toujours la terre en lion état de culture autour du pied, dans un rayon ipii ne doit jamais être moindre (pie celui que [ini.ji'lle rextmmlé des branches. ■>

7' Eloigner riijtwrruseïiïi'ti! Ir lit'-ttitl tir* fliinl/ituins.

<■ '['mis tes lieux nouvel lenieiu planés d'arbres à haute tige, tels que mûriers, oliviers, ai lires fruitiers, cyprès, pins doivent Cire formellenieril inicnli;s aux besiiaux de toute nature pendant au moins si\ ans; jamais les bestiaux ne doivent pénétrer dans les endroits pliiules d'arbres fruitiers et à liasses liges. ■>

Les succès obtenus par M. Hardy h la pépinière centrale garantissent l'excellence des régies qu'il a posées etque nous avons cru devoir reproduire ici.

Nous allons indiquer très rapidement les principales essences qui doivent être plantées; nous nmimenceroos par les arbres verts destinés à Servir d'abri, puis les arbres utilisés par l'industrie, enlin nous terminerons par les arbres fruitiers.

SUT, ArlniTorlt.

En première ligne, il faut placer le cjprès, l'arbre des abris par excellence ; il vient partout, croit très tite et fournil d'excellent hois d'œuvre; on le plante à un mètre en tous sens ; la buitiéme ou la dixième année do la plantation, on éclaircil en abattant la moitié des arbres, qui servcnlà faire des fermes, îles chevrons, des pieux, des échalaspour la vi.trne nu des perches pour le houblon.

La plantation doit avoir lieu dans le courant de novembre.

Parmi les espèces do pins qui viennent le mieux en Algérie, voici, d'après M. Hardy et par degré de réussite, celles qui doivent être préférées :— 4- pin d'Alep; — 2° pin pignon;— 3« pin des Canaries (très rare);—*' pin maritime; — 5" pin laricie; —6° pin silveslre.

Sous un climat frais et pluvieux, le peuplement en pins dea terrains sablonneux peut se faire par semis; mais il est impossible en Algérie, 0(1 la sécheresse dure souvent quatre ou cinq mois sans interruption ; il faut donc opérer par voie

de pl aniaiion , en ayant soin de les soigner et de Ses traiter d'après les principes que nous avons reproduits plus haut.

Voici les espèces les plus importantes: l'orme, le robinier blanc, le meiia azedarach, le noyer noir, le fréne ( le fêvier d'Amérique, le plaqueminicr d'Italie, le micocoulier, le platane, l'yprôau ou peuplier blanc et le chêne pédoncule.

Toutes ces espèces demandent un terrain profond, frais et riche.

§ V. Arbres utilisé pur l'indutd».

Le Mûrier. —Demande un bon terrain cultive et des engrais de temps en temps; la plantation doit se faire datis un lieu abrité, la feuille qui s'utilise au printemps pdùr l'élève des vers à soie étant très sensible à l'action des vents d'ouest.

Le mûrier commence à rapporter là troisième année: mais il faut avoir soin de ne pas le dépouiller entièrement de ses feuilles.

La taille a lien tous les ans, avant la cueille, et ne s'opère que sur les bourgeons d'un an ; on ramasse les rameaux coupés et le reste de l'arbre conserve son feuillage; en opérant ainsi, dit M. Hardy, l'arbre souffre bien moins que quand on le dépouille complètement ; t'est ce qui permet de récoller tous les ans sur le même individu.

Le Noyer. — Los racines du noyer étant très pivotantes, il ne faut planter cet arbre que dans nu bon sol bien profond.

Lo Chénë-Liêgë. — li existe en Algérie dé 1 nombreux peuplements de ciiènes-liége, et la concession de plusieurs forêts a déjà été faite à des soni'fii'-s ; uuiii tl^is la majeure partie des broussailles concéili'.ïs :m\ r olcrià , il existe, en plus ou moins grand nombre, de jeunes plants ça'il est bon d'aménager. Le chene-liege réussît parfaitement dans les terrains secs et le long dos ravins. C'est un arbre des plus utiles, presque une fortune pour quelques contrées de l'Algérie.

S TL — Arbre, fruitier..

s Les arbres fruitiers, dit M. Hardy, sont les plus déiicaist ils exigent avant tout de l'abri, une bonne exposition, un bon sol bien préparé-, les uns viennent dans un terrain ordinaire; les autres ont impérieusement besoin d'irrigation. Si on ne peut pas leur donner ces conditions; si on ne fait que les

Jlléïlll.

^.demandent des abris, un bon sol l uu à irrigations. .

L'ûhangkh. — H n'existe d'orangerie en Algérie que j d ou

-g demandant

l'on peut disposer (if: beaucoup d'eau : le pied dans I eau, la tête au soleil, disent les pépiniéristes a propos de cet arbre.

L'oranger demande un bon sol, bien préparé, bien ar"»"bl i et des'irriiutions copieuses. La IransplantaLion dovt lieu arec un

une exposition^ abri et de l'eau, le bibacier ou

ni'llh-r 'tu Jai«>n W r/n.'/eWi-r, cniin le iw.if'iiii'r, bien que ce soit une plante; le bananier m: m produit par l'éclat des drageons et exige pour bien réussir de la chaleur, un abri, une terre bien fumée et beaucoup d'eau.

Quant au groseillier et au framboisier, le premier ne réussit que dans les montagnes, à 7 ou 800 métros au-dessus du niveau de la mer ■ le seèomi vient, mais médiocrement, dans les plaines, et encore à la condition d'être placé dans un terrain trais et ombragé.

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