CHAPITRE
La sol et le climat.
g 1".— Etendue.
L'ancienne régence d'Alger que nous possédons aujourd'hui est située au nord de l'équatcur, dans la zone tempérée septentrionale.
Elle est comprise entre le 33" et le 37° de latitude nord, le i" de longitude occidentale et le 6° 30' de longitude orientale; eile embrasse donc cinq degrés du nord au sud, et deux degrés de l'est à l'ouest. Le méridien de Paris la coupe en deux parties a peu près égales; La Galle tombe sous le méridien d'Ajaccio ; Nemours sous celui qui contient Cherbourg, Bennes, Nantes, La Rochelle et Bayonne.
L'étendue du territoire a été évaluée approximativement; on estime le développement de la ligne du nord, c'est-à-dire les eûtes baignées par la Méditerranée, à 1 ,000 kilomètres (250 lieues); celui de la ligne de l'est (frontière de la Tunisie), ii 4-1 o ; celui do la ligne de l'ouest (frontière du Maroc), à 350, soit une moyenne de 390 kilomètres, ou 97 lieues; on suppose la ligne du sud parallèle à celle du nord, et l'on obtient ainsi une superficie totale de 390,000 kilomètres carrés, ou 24,375 lieues carrées, ou encore 39 millions d'hectares. En prenant la limite extrême du Sahara, comme l'a. fait M. Mac-Canhy, on trouve que cette étendue de nos possessions est de 60 millions d'hectares.
Ceci est d'une importance secondaire pournotro sujet.
§11. — Constitution pby.ique.
Deux chaînes de montagnes traversent l'Algérie parallèlement à la cote : le grand Allas, qui commence dans le Maroc pour disparaître dans la Tunisie, en longeant le Sahara; le petit Atlas, plus rapproché de la cùte, et qui ne s'en éloigne guère do plus do 30 à iO kilomètres. Tous les deux s'éloignent, se rapprochent, se ramifient et forment des vallées et des plaines, arrosées par des fleuves, des rivières et des ruisseaux, formant trois régions distinctes, suivant le cours
des eaux, dont les unes viennent se perdre dans la Méditerranée, les autres dans les lacs intérieurs si tués entre les deux versants du grand et du petit Atlas ; enfin, en troisième lieu, les cours d'eau du versant sud du grand Atlas, qui aboutissent et disparaissent dans les sables du désert.
Celle constitution physique fait de nos possessions algériennes un pays essentiellement accidenté, mais ne présentant que rarement ries pentes raides et abruptes. Le point le plus élevé est de 2,100 métrés au dessus du niveau delà mer; i! est placé dans le Djurjura ; mais, en général, les sommets n'atteignent guère que 1,000 à 1,200 mètres; on y parvient par des mouvements successifs de terrains, et les plaines situées sur le versant qui regarde la mer, n'ont qu'une faible élévation.
S III. — Divijion! naturelle et ngrioulB,
te territoire algérien est divisé par la nature en deux zones distinctes, formant un contraste frappant, et connues sous les noms de Tell et de Sahara.
Cette division naturelle est en même temps la division agricole de nos possessions algériennes.
La délimilation des deux régions n'a rien d'apparent, et la ligne adoptée jusqu'à ce jour partage imparfaitement les deux zones. Au nord de celte ligne, des terres réputées terres du Tell, comprennent des terres du Sahara, tandis que les terres dn sud enclavent des terres du Tell.
Les indigènes admettent, et nous suivons cette définition, comme terres du Tell, toutes celles où les céréales croissent naturellement par lo seul effet dos pluies de l'automne et du printemps, et ils désignent comme Sahara, les contrées arides ou les cultures sont exceptionnelles et qui, par l'effet des pluies, ne peuvent donner que des pâturages.
Ces deux zones sonl séparées par une zone de transition qui a été désignée longtemps sous le nom de hauts plateaux ; M. O. Mac Carthy a donné a cette région le nom do stoppes, dont elle présente du reste les caractères principaux; c'est la zone des pâturages, et les Arabes y entretiennent de nombreux troupeaux.
LeTell occupe une étendue d'environ 1i millions d'hectares; c'est la portion du territoire sur laquelle doit, tout d'abord, s'installer la colonisation européenne, c'est celle qui doit plus particulière ment nous occuper.
L'étendue des steppes est évaluée à H millions d'hectares, dont cinq peuvent encore être cultivées en céréales. Et ce n'est qu'au delà de eelte zone que commence et s'étend la région dn Sahara Oaslen, comme M. Berbrugger a proposé de le dénommer.
§ IV. — Fora Hlom géologiques.
Les recherches scientifiques faites sur le sol de l'Algérie ont démontré la présence de presque tontes les formations géologiques ,- mais doue n'avons à nous occuper ici que des terres agricoles, c' est-a-dire du Tell.
Ces terrains sont en général des terrains de transition, des 'sols calcaires provenant de la décomposition des roches de sédiment, des terrains d'alluvion composés d'argile et de sable, des marnes et desschistes argileux ou calcaires.
Les terrains calcaires et les terrains d'alluvion dominent.
Les terrains calcaires sont partout appréciés pour leur fertilité; ils sont supérieurs pour la culture des céréales et aptes à la production des fourrages, tels que le trèfle, le sainfoin, la luzerne, la rosce, les lupins, etc.
Quant aux terrains silico-argileax à sous-sol perméable, ce sont les plus riches et les plus propres à toutes les cultures ; les légumineuses y prospèrent , toutes les cultures industrielles y réussissent admirablement; les calcaires employés comme amendements ajoutent encore a leur fertilité. Les terrains tertiaires en présentent de grandes étendues. Les plaines de Bone, du Saf-Saf, de la Mètidja, du Chelif, de la Mina, du Sig, de l'Habra, etc., ne sont que des terrains d'alluvion, vastes dépots de terres argilo- siliceuses qui, par leur composition, se rapprochent des plaines les plus riches de la Ffandre, de la Picardie, de la Beauce et de la Brie.
j V, — Constitution du sol.
Les généralités qui précédent nous ont paru utiles, mais nous devons entrer dans des détails plus pratiques.
Les savants varient d'opinion sur l'importance des matériaux qui composent le sol ; tous, cependant, reconnaissent que les conditions de puissance sont de deux sortes; l'une inhérente au sol lui-même, l'autre extérieure pour ainsi dire,
La première condition est la constitution du sol, ses propriétés physiques, saconsistance, sa composition etsa nature.
La deuxième comprend les principes nécessaires au développement des plantes, les matières qu'elles absorbent, renfermées dans l'humus, produit de la décomposition du terrain végétal et animal.
La première constitue la puissante du sol , la deuxième sa richesse.
Il j a plusieuraespèces de terres que l'on classe suivant leur composition chimique, en terres argileuses, calcaires, mar-
nenses, siliceuses, etc., et suivantleurs qualités enterre franches, légères, froides, chaudes, etc.
La connaissance exacte de la composition de ces terres est du ressort de la chimie ; cependant le cultivateur ne peut ignorer la nature du terrain qu'il travaille, car chacune des terres a ses propriétés particulières; les terres calcaires, schisteuses, siliceuses sont ordinairement légères, sèches, farilèsà labourer, ne retenant pas l'eau. Les terres argileuses, au conJraire, sont fraîches, Inimitiés quelquefois, gardent l'eau longtemps et se travaillent difficilement.
La constitution du sol présente donc une étude d'une utilité pratique.
g VI, — Désignent îui oompoient lato].
En agriculture, on donne le nom de sol ù la partie de terre qui |n;rîi. être atteinte et remuée pin' les instruments, c'est telle a laquelle les plantes empruntent les éléments nécessaires à leur subsistance, au milieu de laquelle elles se développent; mais ce n'est pas seulement cetle couche superficielle qu'il importe de connaître : le sous-sol, c'est-à-dire la couche de terre placée immédiatement après le sol arable, agit plus ou moin urlesqi I 1 continuation du sol, mais quelquefois il en diffère et se compose d'argiles imperméables, de roches, de sables, de marnes, etc. , et exerce alors une influence quelquefois pernicieuse sur la végétation, „ ,
Les matières minérales qui entrent le plus habituellement dans la composition des terres et qu'il importe le plus ûe connaître sont : l'argile, la silice ou le calcaire. Au laboratoire elles se reconnaissent très-facilement, mais le cultivateur ne saurait procéder a une analyse, il n a pas 1 attirail nécessaire de cornues, de capsules, de réactif, il lui faut des moyens simples et clairs pour savoir a quoi s en tenir a première vue. ., , . ,, ,, ,
Composée d'alumine et de silice, 1 argile forme V.X î humide, une pâte douce et onctueuse, se liant avec facilité et conservant beaucoup de ténacité. A l'état sec elle se prend en masse compacte, consistante, happant a la langue et dégageant, si on la mouille une odeur particulière, très-reconnaissable, dite argileuse.
Le calcaire est ord in ai rement dans le sol à 1 état de carbonate, d'un aspect terreux et blanchâtre ; par la calcmalion, il fournit la chaux vive; si l'on verse dessus un acide, il manifeste une ébullilion ; à l'étal de pierre, il ne fait pas feu a l'action du briquet.
La silice se présente quelquefois sous la forme de gros sable, graviers ou pierres très-dures faisant feu sous 1 action du
briquet, mais plus habituellement elle se trouve à l'état de sable ou de poussière; sèche, elle est brillante, rude au toucher, craque sous la dent. Humide elle ne fait pas paie avec l'eau, ne colle pas aux mains et Iraitée par les acides ne fait pas cbullilion.
Tantôt l'un, tantôt l'autre de ces corps compose le sol, mais le plus habituellement ils se trouvent mélangés. Le plus mauvais sol est le sol pur, ne contenant que de l'argile, du calcaire ou delà silice. Le meilleur serait le plus complet; le mélange neutralise les mauvaises qualités sans détruire les bonnes-, le mélange rend l'argile moins compacte, le calcaire moins brûlant, le sable moins mobile; enfin les plantes ont besoin de cerlaios éléments qui se trouvent dans les argiles, les calcaires et la silice ; ies terrains naturels qui réalisent ce mélange sont les terres d'alluvion et nous avons vu plus haut qu'ils se rencontrent assez fréquemment en Algérie.
Du reste, comme nous le verrons a propos des amendements, on peut modifier la nature des terrains en leur donnant l'élément qui leur fait plus ou moins défaut.
Ces éléments ne sont pas les seuls qui constituent le sol, il y a encore l'humus qui n'est que le dernier état de décomposition des débris végétaux et animaux. C'est la terre végétale par excellence. Toutes les fois qu'un sol en contient 10 °/„, il est des plusferliles et prend le nom de terre de jardin. Sa présence se constate facilement en faisant brûler un peu de terre sur uue pelle rougie-, en se calcinant l'humus exale une odeur de paille ou de corne brûlée. L'odeur de corne indiiue un hnmus riche en produits animaux, celle de paille brûlée un humus composée de débris végétaux. ■
Il est cependant un cas ou l'humus est défavorable, c'est lorsqu'il est produit par les plantes décomposées sous l'eau; il prend alors le nom de tourbe et contient des acides qui le rendent impropre à la culture.
Les terrains tourbeux se rencontrent dans lesmarais;ils ne peuvent être utilisés qu'après que des travaux de dessèchement ont été faits et que l'acidité a été détruite à l'aide d'amendements.
Les marais bourbeux sont rares en Algérie ; les terrains marécageux qui existent peuvent en général être facilement assainis au moyen de tranchées destinées a faciliter l'écoulement des eaux, comme cela a déjà été fait pour une partie des plaines de la Métidja et Uel'Habra; mais ces travaux sont plutôt du ressort de l'administration, ou de grandes compagnies qui pourraient en prendre l'entreprise, que du cultivateur lui-même.
S VIII. — Compoillton du lom-iol.
Nous avons dil plus haut que la nalure dQ sous-sol exerçait une influence très-grande sur la végétolion. Il agit principalement sur te sol par sa perméabilité. Quand le sol n'est pas assez profond pour loger convenablement les racines ries plantes, si le sous-sol n'est pas trop rocheux ou trop pierreux, i! suffit de l'attaquer par des labours profonds ; on arrive ainsi graduellement, et par des mélanges successifs, a augmenter la masse de terre végétale. Mais on doit toujours
Erocéder à celte opération lentement et graduellement, car ) sons-sol n'a pas iï humus, et les engrais et la culture ne
Kuvont lui en donner que peu à peu. Si on ramenait, dit Jourdier, brusquement et sans discernement le sous-sol à la surface, il stériliserait le sol pour longtemps.
Cependant il est des cas où il est très-utile de mélanger le sous-so) au sol, quelle que soit l'épaisseur de ce dernier, c'est quand le sous-sol peut servir d'amendement au sol. Ainsi, quand le sol est d'argile et le sous-sol de marne calcaire, le mélange des deux opère le marnage le plus simple et la moins coûteux ; il en est de même enlre l'argile et la craie entre l'argile elle sable, elc.
Le sous-sol qui présente le plus d'inconvénients est le soussol imperméable, composé d f argile ou da tuf rendant impossible, sans défoncement, la culture des plantes a racines longués, fibreuses et pivotantes, en arrêtant les eaux qui saturent la couche arable d'autant plus promptement qu'elle est plus mince. S'il n'y a pas de pente qui permette l'écoulement des eaux, il v a alors stagnation et transformation du sol en
On remédie, du reste, par le défoncement elle drainage, à l'imperméabilité des sols.
L'atmosphère joue un grand rùle en agriculture; non-seulement les plantes respirent, pour ainsi dire, et empruntent à l'air, aussi bien que les animaux, une partie des gaz nécessaires a leur existence, mais il exerce encore une influence sur le sol lui-même.
L'air et le soleil ont, par exemple, sur la terre une action mécanique et une action chimique que le cultivateur favorise en remuant le sol ; ils y produisent des réaelions chimiques et la rendent propre ii la végétation. Ainsi lorsqu'on veut planter des arbres, il est d'usage de creuser les irous à l'avance, afin que l'air ait le temps d'agir sur la terre neuve, de la pénétrer.
L'humidité et la pesanteur de l'air, la direction dei vents, la température, les pluies, les orages, les tempêtes, les rosées, les gelées, agissent en outre sur les plantes et sur les animaux en raison de leurs variations; mais pour l'étude de tous ces phénomènes et de leurs causes, nous ne pouvons que renvoyer aux traités de physique.
| IX. — Lb clilESt,
L'état habituel de l'atmosphère et l'ensemble de tout les
Shénoménes qu'on y constate, constituent le climat. Cette tudeest d'autant plus importante que le cultivateur ne peut rien faire pour empêcher complètement les intempéries, et qu'il est bien difficile, dans certains cas, de s'en garantir même imparfaitement.
L'Algérie est située dans une zone tempérée plus méridionale que l'Espagne et l'Italie , plut septentrionale que l'Egypte.
Traversé parallèlement à la cote par deux chaînes de montagnes plus ou moins élevées, qui ont de nombreuses ramifications venant aboutir à la mer, le Tell, par les différences "d'altitude et d'exposition de ses plaines, de ses vallées, de ses collines ou de ses montagnes, présente quelques différences dans les variations du thermomètre : presque Insensibles snr tout le littoral, ces variations ne deviennent plus larges que lorsqu'on s'éloigne de la cote pour pénétrer dans l'Intérieur ou franchir la limite du Sahara.
Les observations journalières faites depuis longtemps sur le littoral permettent d'apprécier exactement les variations de la température. Si l'on compare la moyenne do la température de Paris avec celle de la cote algérienne, on trouve que la première est de 10° 8', et la seconde de 17" 8', c'est-à-dire nne différence de 7"; mais cette différence résulte surtout d'une diminution des rigueurs de l'hiver et non d'un accroissement des chaleurs de l'été. Des observations faites par M. Caretie, permettent de reconnaître que la différence entre les températures extrêmes de l'été est de beaucoup inférieure a la différence des températures extrêmes de l'hiver. Pendant un intervalle do sept années, à Alger, la température de l'été n'est paa descendue au-dessous de 31°, mais ne s'est pas élevée au-dessus de 33 e . Pendant la même période, à Paris, la plus haute température est descendue a 29° 50', mais elle s'est élevée aussi à 3B°. En prenant la moyenne des sommités annuelles, H. Caretie a trouvé pour Paris 33° 17' et pour Alger 31° 9', c'est-a-dire « que les grandes chaleurs, a Paris, * sont, année moyenne, supérieures aux grandes chaleurs « d'Alger d'environ un quart de degré. »
Il résulte des observations faites que l'Algérie jouit d'nne
régularité de température qui règne tonte l'année, température dent la plus basse atteint à peine 5" centigrade an-dessus de zéro, la plus hante 31° 9' et la moyenne \1 a 8' ; les saisons s'y succèdent donc insensiblement; la chaleur n'y est pas trop forte en été et le froid peu sensible en hiver.
La température éprouve des variations quand on so dirige vers l'intérieur; surle littoral, elle est de 17° 8', elle descend à 16" sur les plateaux, à Constanlinc,Sélif,Médéali,Milianah, mais elle remonte à 20° dans le Sahara. Le thermomètre descend davantage dans l'hiver, mais aussi davantage pendant l'été. A Constanline, Médéah, Milianah et Tlemcen, il neige quelques fois pendant l'hiver, et le thermomètre s'élève à 36° pendant l'été. Il en est de même dans le Sahara; il ne se passe pas d'année où l'on n'y voie de la glace, et les chaleurs y sont aussi beaucoup plus intenses.
Enfin, pour terminer la comparaison entre Alger et Paris, la température moyenne du mois le plus chaud est de 29" à Alger, et a Paris de 23° 21'. La température du mois le plus froid est de 15° 39' à Alger, et de 0 72' à Paris.
En consultant le tableau des blindes isothermes de M. de Humboldt, on trouve l'Algérie sur le même rang que la f Chine, le Japon, la Perse, le plateau moyen du Mexique, le sud du Brésil, le Chili, l'Australie, les hauts plateaux de l'Amérique centrale et l'Ile de Madère; celte connaissance des climats similaires peut avoir son importance pour l'acclimatation de plantes ou d'animaux utiles.
Les observations barométriques constatent le même caractère de régularité que l'on observe dans la température. Les écarts sont moins fréquents qu'en France, moins sensibles dans les deux sens de l'élévation et de l'abaissement.
De la, un fait qui distinguo particulièrement le climat de l' Algérie, point de ces ouragans, point de ces grêles et de ces pluies torrentielles, qui désolent et ravagent d'immenses superficies de (errains, et détruisent, en quelques heures, les récoltes des terres riches et fertiles des pays méridionaux do la France; circonstance d'une immense importance pour le cultivateur.
g X. — Eaux pluvialei. — Humidité.
H ne pleut pas en Algérie, également dans tontes les saisons comme a Paris, par exemple. Cependant les pluies, plus abondantes en automne et en hiver, sont mieux réparties que dans beaucoup de contrées méridionales de l'Europe.
On peut diviser l'année en quatre périodes, dont une, (décembre, janvier et février) très-pluvicusc, et l'autre trèssèche, (juin, juillet et août.) Séparées par deux périodes égales, moyennement pluvieuses.
Dans la saison des pluies, il tombe la moitié environ de l'eau que produit l'aiiiii'i: culu iy ; dans la saison des sécheresses, au contraire, on estime qu'il pleut trente-deux fois de moins que dans la saison des pluies. On a comparé le mois le plus sec et le mois le plus pluvieux h Paris et à Alger, et l'on a constaté que dans le mois le plus humide il tombait près de quatre fois plus d'eau à Alger qu'a Paris, et dans le mois le plus sec cent quatre-vingt-huit fois moins.
Suivant les localités, il existe quelques différences dans les quantités d'eau* tombées. Le climat d'Oran.par exemple, est plus sec que celui d'Alger. Bone, au contraire, située prés des montages boisées ne l'Edough, jouit d'une somme plus grande d'humidité atmosphérique.
A cette répartition des eaux pluviales, sinon la plus favorable, du moins meilleure que celle même d'une grande parlie de l'Espagne, viennent se joindre et agir puissamment sur la végétation, des rosées abondantes, qui, pendant l'été, rafraîchissent le sol et les plantes, et leur procurent tous les avantages qu'ils pourraient tirer d'une pluie de quelques heures.
Enfin, la position de l'Algérie, relativement h l'Océan et au Sahara, contribue a lui procurer une plUî grande quantité d'humidité. Séparée du Sahara par des massifs de hautes montagnes, elle n'en reçoit les vents du Sud que très-afîaiblis, tandis que, par sa position plus rapprochée do la mer, elle éprouve plus fortement l'influence de l'Océan. Du reste, a l'exception des vents Sud-Est et Sud, tous les autres apportent en Algérie, sinon la pluie, du moins un air chargé de vapeurs aqueuses, car tous ont passé la mer avant d'y arriver.
Les venu d'Ouest dominent, le Nord-Ouest par exemple, souffle près du tiers de l'année, au printemps, à l'automne et en hiver; c'est souvent aussi le plus violent.
Les vents d'Est sont encore les plus fréquents, et ils arrivent toujours chargés d'une assez grande quantité d'humidité.
Sur toute la cote, enfin, et jusqu'à une grande distance dans les vallées qui débouchent à la nier, la brise de mer, qu'il ne faut pas confondre avec le vent du Nord, souffle assez régulièrement depuis dix heures du matin jusqu'à quatre heures du soir, et rafraîchit notablement l'atmosphère, dans les moments les plus chauds de la journée.
Tels sont très succinctement les caractères généraux du sol et du climat de l'Algérie, dont la connaissance est indispensable pour quiconque veut s'y fixer, et travailler comme colon-cultivateur.