‹ Manuel d'agriculture pratique algérienneChapitre 4 sur 39 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

La Ferme «I le Village.

f I. — A qui donner lu préférenwî

Nousn'avons point à discuter ici si l'Administration a tort ou raison de créer des villages. En agglomérant les populations sur des poinls choisis à l'avance par des oiliciers de génie, en les groupant dans des enceintes ferméesou tortillées, on avait

Eonr bot, surtout à une époque déjà éloignée, de pourvoir à i sécurité de ces populations. Si lesvillages ont été une erreur qui a engagé la colonisation dans une fausse voie, nous ne pouvons cependant blâmer le sentiment qui les a fait préférer aux fermes isolées. Mais les raisons sur lesquelles on s'appuyait, il y a quinze ans , ont disparu ; le pays est complètement pacifié , partout on circule avec autant de sécurité qu'en France, et les crimes sur les personnes ne sont pas plus nombreux en Algérie que dans la Métropole ; il s'agit donc pour nous de rechercher, au point de vue du colon qui arrive, de quel cote il doit porter son choix; s'installerat-il prétèrablement dans une ferme, ou prend ra-t-il une maison dans un village.

Quant à moi, je repousse complètement l'Installation dans un village, et je préfère la ferme.

Voici pourquoi.

j II. — Lei Juconréotate da Tttlige.

Un emplacement étant choisi,— je l'admets aussi excellent que possible, ce qui n'a pai toujours lieu,— on procède au lotissement, on trace des rues, des boulevards , on désigne l'emplacement de l'église, de la mairie, de l'école, de la gendarmerie, etc. ; puis le restant est divisé en lots uniformes de 20 mètres sur 30.

Quand sur ce morceau de terrain, le colon a construit une maison, il lui reste une conr dans laquelle une charrette ne peut pas tourner ; des hangars pour ses instruments ou ses récoltes, des écuries et des étables il n'en est pas question.

Quant aux terres a cultiver, elles sont placées en dehors de l'enceinte, souvent à des distances éloignées et presque toujours morcellées : une prairie ici, là-bas un champ, de ce coté quelques ares pour un jardin, il s'ensuit de ce morcellement une perte de temps et de força ; des déplacements continuels, une surveillance difficile, une irrigation d'ensemble impossible ou tout au moins très- coûteuse.

Perle de temps , transports inutiles, du domicile aux champs, des gens, des bêles, des instruments, des fumiers el des récoltes, plantations livrées au pillage des maraudeurs, par suite d'une surveillance impossible, installation incomplète par suite du manque d'espace, tels sont une partie des inconvénients du village.

Au point de vue do la morale, les inconvénients sont plus grands encore; l'esprit rural disparaît pour faire place à l'esprit citadin . le colon contracte au village des habitudes d'oisiveté et d'intempérance ; les jours de mauvais temps nu de chômage, ainsi que les soirées sont employées au cabaret; tandis que l'homme boit et se grise, la femme va causer chez la voisine an lieu de s'occuper des soins de l'intérieur; les enfants livrés à eux-mêmes font des dégâts et engendrent des querelles, les jeunes filles font pis quelquefois,

Au point de vue économique et moral, l'installation au village doit donc être complètement repoussée.

! m. — La Ferme isolie *H prtthvu*.

Le système suivi aux Etats-Unis et dans les colonies anglaises me semble préférable.

Le terrain à coloniser reconnu , l'État se réserve au centre un emplacement où seront construits un jour édifices publics, Église, école, hùtel-de-ville, etc. Des alignements sont tracés aniour de ces emplacements, et tenus à la disposition des industries qui ont 1 habitude et le besoin de se grouper dans les villages; quant au lorrain à cultiver, chacun peut en acheter ce qu'il lui plaît, sans aulre limite qne celle de ses ressources, et bâtir la où il veut.

Le cultivateur a tout intérêt à placer son habitation an centre de sa propriété.

Au lieu d'être limité, il peut étendre progressivement ses constructions, augmenter ses êtables et bergeries, abriter ses récoltes, ses instruments aratoires.

Dans heaucoup de villages, on oblige les colons a réunir leur bétail au troupeau commun ; dans d'autres on proscrit les cochons et les volailles comme incommodes ou insalubres ; dans la ferme , le cultivateur est libre de tenir son bétail comme 11 lui plaît, de le parquer ou de le nourrir à rétable t 11 établit sa porcherie à sa guise, et laisse sa volaille

chercher sa nourriture sur les fumiers, sans crainte de désaccord et de querelles avec les voisins.

Au village, le jardin est situé au dehors, quelquefois assez loin de l'habilalion ; il coûte plus qu'il ne rapporte ; on y cultive quelques légumes pour la maison, et il arrive souvent qu'au moment de la récolte, les maraudeurs ont fait main basse surle plus beau.

Dans une ferme, le jardin lient a l'habitation , il est enclos, à l'abri des vols; tout le monde y travaille dans les moments perdus, la ménagère et les enfants autant que le maître ou les ouvriers; le mauvais temps retient-il le monde à la maison, qu'a la moindre éclaircie, c'est au jardin qu'on va donner un coup-d'œil, aujourd'hui on défonce un carré, demain on sarcle une plate-bande ; on greffe ou on échenille un arbre; au bout de l'année le jardin a été entretenu, il a donné des produits pour la consommation de la maisonn, sans qu'il en ait coùié une journée de travail d'ouvrier; au village, le mauvais temps aurait été passé au cabaret.

La ferme étant placée au milieu de la propriété, l'œil du . maître peut toutvoir ; il embrasse tout; surveille tout; rien n'échappe ni le jour ni la nuit. Là, pas de travail inutile; pas de perte de temps, les gens, les bêles et les instruments sont an centre du travail; il n'y a pas de déplacements onéreux, d'allées et de Tenues inuiilrs ; If travail rxis/e-t-il mir le

(icrsonnel soit réparti sur différents points de l'exploitation, e maître peut aller de l'un a l'autre.

g IV. — Le» avantages de ln ferme.

Dans un article publié récemment dans le Journal d'agriculture pratique, M. Jules Duval a résumé ainsi les avantages de la ferme sur levillage.

» Sur sa ferme, le colon est toujours il portée, quelquefois au centre de ses cultures; pour y arriver, point de courses inutiles et aussi peu que possible do temps et de forces humaines perdues.de bestiaux fatigués, d'instruments aratoires traînés sur les routes. 11 combine et mène avec ensemble les divers membres de son corps de domaine-, d'un regard il surveille tous ses auxiliaires, d'un pas il les atteint ; comme le capitaine ï latélo d'une compagnie qu'il mène an feu, il les encourage de -a piv-i'nD.M't de sa parole, souvent de son exemple. La nuit, quelques tournées, le fusil au bras, son chien autour de lui, protègent efficacement sa récolte ; la lumière seule qui brille à îa maison atteste une vigilance oui met les maraudeurs en méfiance. Dans les mauvais jours, les travaux d'intérieur, les êlables, sa cour, les alentours de sa maison l'occupent utilement. Associée a toutes les affaires, sa femme n'a plus de loisirs inutiles; suivie de ses aînés, elle

porte an champ le repas à son mari. Les enfants eux -mômes, garçons et filles, rendent des services suivant leur âge et leurs forces. Au logis s'introduit une habitude d'une utilité capitale : on y fait son pain, simple détail qui est toute une bienfaisante révolution dans le ménage. Outre que le pain est meilleur et moins cher, la famille, affranchie tlu boulanger, qui est le fournisseur universel (nous sommes en Algérie), réduit peu a. peu tous ses comptes secondaires. Elle cesse de vendre à bas prix tout son bîc pour racheter du pain fort cher. Sur sa récolte, elle réserve sa propre consommation, et fait sur le chapitre du pain une épargne qui, renouvelée 365 jours de l'année, constitue le premier de ses bénéfices.

t Ainsi se forme une sérieuse population rurale, qui s'attache intimement et de bonne heure au sol natal par la puissance des habitudes et des impressions d'abord inaperçues. Les enfants apprennent par l'exemple, !e goûl et la pratique de l'agriculture. Les mœurs s'épurent en se concentrant au sein dé la famille. La vie n'est pas coupée en deux parts, dont la meilleure se donne à la ville avec ses oisivetés, ses dissipalions, ses spéculations , ses connûmes; (die est liée tout entière à la ferme, avec laquelle le propriétaire s'identifie de corps et d'dme, de nom même ; l'horizon de son domaine devient le cercle de son activité et de son ambition. Il peut montrer avec une juste fierté , dans une œuvre d'ensemble, son prœdium rusticum, les fruitsde l'ordre, de l'intelligence, de 1 économie. 11 se niait et s'enracine aux champs où sa vie s'écoule, et devient l'homme du pays, le paysan, ce mol dont le noble sens a été sottement dénaturé par le dédain de la cour et de la ville, cl qu'il convient de réhabiliter. »

Dans une discussion soulevée il y a un an sur celle question, a \aSociiHi: tjïittnr!v de oiluiùsutton-, le propriétaire do la seule ferme qui mérite réellement le nom ferme modèle, M. Dupré de Sainl Maur s'était déjà prononcé pour l'installalion libre des colons, et, avedadoiilili? autorité de l'agronome et du praticien avait [ait ressortir tous les avantages de la ferme, et tous les inconvénient qui résulient pour les populations rurales de leur parcage dans des villages où les habitations trop restreintes sont éloignées du lieu des travaux.

Il y a plus mémo; au point de vue de la sécurité générale, les fermes isolées, qui couvrent tout le territoire cl se prélent un muluel appui, valent mieux que des villages. Quarante fermes de quarante hectares en moyenne, couvriraient une lieuecarrée de territoire qui serait gardé et garanti bien mieux que si quarante familles étaient réunies dans un hameau; les champs, les récoltes, les planlations seraient plus à l'abri des déju-iiilalions ilr-s m a nui i leur; cl îles pillards.

Ainsi , par les motifs qui précèdent, et nous appuyant sur l'autorité d'hommes habitant ou ayant habité l'Algérie, nous

croyons devoir conseiller ara colons qui veulent s'installer en Algérie, de choisir de préférence leur terme isolée à une exploitation rurale ayant son habitation dan» un village.

§ Y. — Fant-U inhaler la Wrraï

Il nous reste un autre conseil à donner; c'est d'acheter la terre que l'on veut mettre en valeur.

La terre, pour rien, coûte très-cher, plus cher que celle que l'on achète.

Les concessions faites par l'Administration ne sont pas faites a titre gracieux , mais a titre onéreux. Le colon concessionnaire s'engage à remplir les clauses et conditions d'un cahier des charges; jusqu'à ce que ces conditions soient remplies, le colon n'est que délenteur de la (erre, mais non propriétaire ; il construit, il défriche , il plante, mais tant qu'il reste une clause à remplir, une mesure administrative peut le déposséder ; cela no s'est jamais fait, je dois le dire ; mais enfin cela pourrait se faire, et la première condition pour un cultivateur, c'est la sécurité dans sa possession. Sans sécurité, il n'y a pas d'emprunts hypothécaires, il n'y a de crédit possible que de la part des usuriers et des juifs. £ Pour qui veut prospérer en Algérie, c'est une loi d'acheter sa terre, et quelque soit la valeur qu'on la paie , elle reviendra toujours meilleur marché que celle qu'on peut obtenir pour rien.

S VI. — Choii du terrain.

Petite ou grande le colon doit s'arranger autant que possible de manière à ce que sa propriété soit d'un seul tenant ; les propriétés morcelées font perdre du temps, car le temps passé sur les chemins pour aller d'une pièce a l'autre ne profite pas.

Une précaution à prendre, et qui est trop négligée, c'est de se clore, soit par une haie, soit par un fossé, par un mur même si c'est possible. Quant aux champs, qu'ils soient exactement délimités, que des bornes soient plantées et reliées entre elles ; les clôtures arrêtent les maraudeurs, quand aux bornes elles évitent les querelles et les procès.

En achetant, le colon peut choisir sa terre; je n'entends pas comme nature de sol; en général, toutes les terres sont bonnes en Algérie, celles-ci pour le blé, celles-là pour la vigne, les autres pour les cultures industrielles, on l'Élève du bétail; ce n'est pas de la nature du terrain que je veux parler.

Une ferme n'est a proprement parier qu'une grande manufacture, plus compliquée seulement que les industries les plus compliquées; comme le» manufactures, il faut que la ferme

puisse facilement, en tonte saison, et le plus économiquement possible, transporter les produits de la récolte sur les marchés de consommai ion. Il importe donc dans le choix que l'on fait d'une propriété de ne pas trop s'écarter d'une bonne roule. Malheureusement les bonnes routes sont rares en Algérie, souvent l'on cherche bien loin la cause d'un échec dans notre Colonie, qnand il n'y en apas d'autre que la difficulté d'écouler les produits, ou de les transporter a bas pris.

SI à proximité d'une route bien empierrée, le colon peut trouver des terres facilement irrigables , son succès est assuré. M. de Gasparin a dit : » dans le midi, deux de soleil et deux d'eau, ne ion t pas quatre, il font seize;* en Algérie, on peut dire qu'ils fout tout.

; VU. — Loi WthnsnM.

La terre choisie, parlons des bâtiments.

Autant que possible qu'ils soient placés au centre même de la propriété; l'exploitation n'en sera que plus facile ainsi que la surveillance.

Une faute commise trop souvent en Algérie, comme en France du reste, c'est d'immobiliser une grande partie du capital dont on dispose pour construire des bâtiments luxueux; le cahier des charges en fait, du resle une obligation au concessionnaire; en achetant sa terre, le colon pourra s'installer a sa guise comme il lui plaira, à son aise, progressivement, suivant les besoins de son exploitation.

Le colon doit dépenser le moins possible en bâtiments; le luxe n'est pas nécessaire dans une ferme; cependant si l'économie est indispensable, il ne faut pas que ce soit au détriment de l'hygiène.

La maison doit être vaste ; quelques mètres, de plus ou de moins de maçonnerie ne font pas une grande différence; mieux vaut se mettre de suite à I aise. Se loger trop à l'étroit a des inconvénients partout, mais nulle part autant qu'en Algérie. Il ne faut pas non plus se loger eu trop grand nombre dans une même pièce.

Par économie aussi, on se dispense quelquefois de creuser une cave; c'est là encore une économie mal comprise. La cave assainit le bâtiment, puis elle est indispensable pour conserver le vin. la boisson, les légumes et les provisions ; on peut aussi v établir la laiterie; l'économie bien entendue, c'est non pas de faire des dépenses utiles, mais bien de ne pas faire de dépenses inutiles; en Algérie tous les matériaux sont bons pour construire, le colon doit choisir ceux qui sont a proximité ; s'il a de l'argile qu'il fasse de la brique et de la tuile, qu'il fabrique sa chaux, s'il le peut; s'il n'a que la pierre

qu'il en fasse 1" extraction, qu'il rassemble lui-même et à meilleur marché le plus de matériau* possible. Ce que l'on ne débourse pas, ce que l'on fait soi t-méme est toujours le premier gagne.

Autant que possible la maison doit avoir ses ouvertures au Nord et à l'Est; et Dire élevée d'un premier étage.

La ferme ne se compose pas seulement d'une maison; il faut encore une écurie, une èloble, une bergerie, des hangars, de quoi loger les porcs cl la volaille.

Ces bâtiments seront iiiilriiomlenls de la maison cl indépendante les uns des aulres, reliés enlr'eux si l'on veut par des palissades de manière à avoir une cour fermée.

L'isrîleiupnt îles hfilimotils est utile, en ce que, si le feu prend à l'un, on a l'espoir do pouvoir sauver les aulres; le four entre autre, de peur des incendies, doit élre placé en dehors.

J VTJI, — Logomspl foi animaux.

Les écuries, élablcs et bergeries ne demandent pas à être constrnils en Algérie aussi solidement qu'en France. Ce sont plutôt des hangars que des constructions dans l'acception absolue du mol. Les froids sont rarement à craindre pour les animaux; mais il est essentiel de les mettre à l'abri despluies torrentiellesde l'hiver, du soleil ardent île l'été, de l'humidité et de la fraîcheur des nuits. Ce qu'il ne faut pas économiser aux animaux, c'est l'air. Un cheval pour vivre à l'aise en France a besoin de 30 à 3S mètres cubes d'air; en Algérie il ne saurait lui en falloir moins.

L'écurie doit avoir au minimum i mètres de hauteur; * métrés !iu vaudraient mieux; elle doit avoir IS mètres Su de largeur, dont i mètres pour le cheval et la mangeoire, et 1 mètre 50 pour le passage des gens de service. Quant à l'espace entre chaque cheval, il faut compter sur 1 mètre 50. Ainsi donc, si le travail de la ferme exige cinq chevaux, il faut que l'écurie ait les proportions suivantes : hauteur, 4 mètres à i tnèires '60; lurfreur, :> moires 30; longueur, 9 mètres environ, de manière à réserver à l'une des extrémités de l'écurie, une place cloisonnée et vitrée pour y mettre un lit, et tout à coté, une autre place pour les harnais. La porte doit élre à deuxhalUnls, <isse?, large pour que le eheval et le conducteur puissent passer de front; un excellent système de fermeture est celui adopté dans les haras ; les portes sont partagées en deux sur la hauteur; on peut ainsi, dans le jour laisser la partie du bas fermée et celle du haut ouverte, soit que les chevaux restent à l'écurie, soit que les bétes soient au travail; ce système de fermeture tout en permettant de donner de l'air, est en général suffisant pour empêcher la volaille d'entrer dans les écuries.

En ouïra, des fenélres h;iut percées et garnies de ïolels sont tim'-iains iHiurri'ïiouïcter l'air.

L'écurie iloit iire placée sur un terrain sec, pavée en briques sur champ ou en pavés de grès, bien cimentés, avec une pente douce ménagée derrière les chevaux, afin que les urines puissent s'écouler iarif.'-mem dans une rigole qui les conduit dans un réservoir placé en dehors.

Pour l'élable, !a bailleur doit être de i mèires, la largeur de 5 ; quant à la longueur, eJle doit être proportionnée au nombre de télés, en prenant [miir base qu'il fa ni entre chaque 1 mélre 30: c'est-à-dire que pour 20 vaches, J'ètable devrait avoir % mètres de longueur. Comme pour l'écurie, il faut choisir un lerrain sec. un peu plus élevé que celui de la cour, le paver en'brique- sur champ, avec une penic ménagée pour que les urines viennent su de verser dans un réservoir.

Les moulons eiijieiiL ~i mêles carrés au moins; c'est à peine si dans la praliqui', en l'ranre, on leur en accorde un; c'esf un mal contre lequel s'élèvent les TiUriuaires et les agronomes.

Le terrain snr lequel on place la bergerie doit être sec; les moulons, pins que tout autre animal, craignent l'humidité; les portes doivent être très- larges, et il ne faut pas épargner les ouvertures afin de pouvoir renouveler constamment l'air.

La loge de? porcs doil être assez gnttido pour qu'ils puissent se retourner facilement il faut la placer dans un endroit frais, abrité du soleil, renouveler l'air constamment; que la litière soit toujours propre, ou mieux, disposer un plancher à claire-voie qu'on lave tous les jours : l'anse doit être placée de manière ù pouvoir la remplir et la nettoyer sans entrer dans la loge.

Quanl an poulailler, il faut choisir un emplacementàl'abri du soleil et s'arranger de manière ;'i ce que les volailles ne manquent jamais d'eau claire : le sol sera bien battu et garni de sable; dans beaucoup ..le fermes on laisse glaner les poules de tous les eûtes; mieux vaut les renfermer et n'en avoir uni-

Juemenl que pour les besoins de la maison. Les poules ne oivenl jamais pénétrer dans les écuries où les plumes qu'elles perdent causent souvent des accidents graves aux animaux.

i X. — La grmngc

Les granges sont parfaitement inutiles, des meules bien construites suffisent.

Du reste, c'est assez l'usage en Algérie, de conserver les fourrages et même les réi raies, au moyen de meules reposant sur un lit de fagots ou de paille. Ce mode de procéder préserve bien la récolte 'le niinuiLliié. mais non des rats, des souris ou des mulots qui font du grands ravages. En Angle-

creux et lisse en dessous, isole parfaitement la recolle et ne permet pas aux rais cl aux souris de parvenir jusqu'aux gerbes. :

Nous voudrions voir ro support adopte en Algérie, car ses avantages sont incontestables.

Quant à la conservation du ara in, le silo arabe est encore ce qu'il y a de préférable; les indigènes excellent dans la construction de ces greniers sou 1er raiu s.

S XI. — Hangar «a outils.

On ne laisse que trop souvent, eu Algérie aussi bien qu'en France, les voilures el. les oulils au milieu îles cours, et cela faute d'un hangar pour les abriter. C'est une économie lort mal comprise. Exposés aux injures dos temps, les outils S'usent vite; le fer se rouille, le bois se tourmente et pourrit. Un hangar est nécessaire ; il faut qu'il soil assez vaste pour tout abriter, chariot, charretle el tous les oulils quels qu'ils soient; la pluie comme le'graml soleil détériore les instruments; instruments mal entretenus, tenue mal soignée: "Mobilier qui reluit, dit le proverbe, maison qui prospère; mobilier qui se rouille, maison qui décline. ■

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